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samedi, juin 15, 2024

Malgré le Hirak et les grands procès, l’Algérie est toujours classée parmi les 61 pays les plus corrompus dans le monde

Malgré le Hirak et les grands procès organisés depuis 2019 contre les anciens membres ou figures emblématiques du régime déchu de Bouteflika, la corruption demeure une menace très élevée contre la stabilité et le développement de l’Algérie, conclut le Global Risk Profile (GRP) publie l’Indice Global de Corruption (GCI) 2021. Il s’agit de la quatrième édition de cet indice, permettant l’évaluation et l’analyse comparative du niveau de corruption et d’autres crimes en col blanc – tels que le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme – à travers le monde.

Ce nouveau rapport international établi une très prestigieuse société suisse spécialisée dans la gestion de risque place l’Algérie à une piètre 135e place sur 196 pays et 12e sur 19 pays arabes retenus, avec un score de 55,71 points sur 100. L’Algérie fait ainsi encore partie des 61 pays les plus corrompus au monde en dépit d’une très légère avancée par rapport à 2020 où elle était classée à 142e place. Le risque de corruption est donc encore élevé en Algérie.

Il est à noter que ce rapport international est une référence dans le domaine de la prévention mondiale contre le risque de corruption. En plus, cette nouvelle version du GCI s’accompagne d’améliorations majeures incluant de nouvelles mesures de risque. Le sous-indice «Crimes en col blanc» est enrichi de données supplémentaires sur le secret bancaire, les sanctions, la coopération internationale et la transparence vis-à-vis des bénéficiaires effectifs. Par ailleurs, l’édition 2021 est la première à utiliser des données collectées après la déclaration de la pandémie de COVID-19. Bien qu’un effet causal ne puisse être inféré, la crise sanitaire s’accompagne d’une perception de corruption plus élevée et d’une baisse générale de l’efficience des gouvernements, entre 2020 et 2021.

Global Risk Profile affirme que son indice mesure le niveau de « risque » de corruption dans les institutions et le secteur privé d’un pays donné à travers 43 variables réparties en deux sous-indices : un premier mesurant la corruption globale et le second réservé aux « crimes en col blanc », qui vise justement les opérations de blanchiment d’argent et autres fraudes. L’indice mesure en outre le degré de conformité d’un pays à certains corps de règles comme celui imposé par le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), loi fédérale américaine de 1977 visant à combattre la corruption d’agents publics à l’étranger, ou la loi française « Sapin 2 » entrée en vigueur en 2017 pour renforcer la transparence des procédures de décision publique et mieux combattre la corruption, pour ne citer que ces deux textes.

Notons que Global Risk Profile publie depuis quatre ans son propre classement sur les niveaux de « corruption globale ». Les conclusions de ce nouveau rapport international démontrent les dysfonctionnements graves des institutions de l’État algérien et de la justice qui peine encore à se mobiliser en toute indépendance contre les véritables affaires de corruption.

Dans le monde Arabe, les pays qui font pire que l’Algérie connaissent tous une situation politico-sécuritaire délétère comme le Liban (162e) le Soudan (164e), Mauritanie (171e), Irak (180e), Yémen (193e), Libye (194e) et Syrie (195e). Le pays arabe le mieux classé est la Jordanie (57e) qui a dépassé le Qatar (59e) et l’Arabie saoudite (66e).

 

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