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mercredi, juin 19, 2024

Lorsque le Médiateur de la République réunit des investisseurs chez… un patron placé sous contrôle judiciaire dans un grave scandale de corruption

Le médiateur de la République, Brahim Merad s’est rendu hier mardi à Mostaganem pour rencontrer de nombreux investisseurs locaux afin d’écouter leurs doléances et discuter avec eux des solutions idéales et convenables que les autorités publiques doivent concrétiser afin d’améliorer le climat des affaires dans la région. 

Lors de cette visite, Brahim Merad a beaucoup insisté sur le rôle de l’administration qui est censée faciliter l’investissement et d’accompagner les investisseurs dans le cadre de la nouvelle dynamique économique.

Animant un point de presse en marge de sa visite dans la wilaya de Mostaganem, Brahim Merad a souligné que cette nouvelle dynamique permettra la création d’emplois et de richesses profitables aux communes et aidera à l’insertion économique. « Il s’agira de faciliter la mission des investisseurs en les orientant et en accompagnant leurs projets dans divers domaines », a-t-il souligné.

Jusque-là, les intentions et les déclarations de Brahim Merad ne peuvent être qualifiées que de nobles et louables. Mais, malheureusement, une bévue a gâché le succès du déplacement du Médiateur de la République à Mostaganem. En effet, Brahim Merad a commis une énorme maladresse qui a profité à un homme d’affaires local placé sous contrôle judiciaire dans le cadre d’un immense scandale de corruption impliquant l’ancien Wali de Mostaganem, et ex-ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar.

Brahim Merad a effectivement réuni tous les investisseurs de la wilaya de Mostaganem à l’occasion d’un fastueux déjeuner organisé au sein du fameux complexe touristique ZINA BEACH appartenant à l’ancienne vedette de l’ENTV, la télévision étatique algérienne, Sid Ahmed Guenaoui reconverti ces dernières en un businessman qui a fait fortune dans le tourisme balnéaire. Sauf que le sieur Guenaoui est impliqué jusqu’au cou dans l’affaire de privilèges illicites et d’octroi indus avantages décidés par l’ancien Wali Abdelwahid Temmar. Le patron de Zina Beach est toujours placé sous contrôle judiciaire en attendant la programmation du procès de cet ancien Wali et ministre réputé pour être le serviteur fidèle des frères Kouninef, la puissante famille affairiste qui incarnait par excellence l’oligarchie influente tout au long des années Bouteflika.

Le déplacement, le déjeuner et la réunion organisée par le Médiateur de la République à Zina Beach a été ainsi vécue comme une tentative de réhabilitation d’un homme d’affaires dont le sort n’a pas été encore tranché par la Justice algérienne. C’est une tentative insidieuse et malhonnête d’influencer les magistrats en charge de ce dossier en leur envoyant des massages affirmant que Sid Ahmed Guenaoui est devenu un personnage fréquentable respecté et apprécié par le pouvoir politique. Cette position pourrait changer le cours du procès dans lequel est cité le patron de Zina Beach d’autant plus que lors de cette réunion avec les investisseurs locaux de la wilaya de Mostaganem, même le Wali est venu apporter sa « caution » à cet évènement en assistant aux discussions menées par des acteurs économiques locaux avec le Médiateur de la République en occupant les locaux et salles de Zina Beach.

Soulignons enfin que Sid Ahmed Guenaoui est poursuivi par la justice algérienne dans l’affaire de Temmar pour son obtention douteuse et suspecte d’une assiette foncière au profit du développement du complexe Zina Beach. Il s’agit d’un terrain à vocation forestière d’une superficie de 11 hectares qui lui a été attribué en 2014 par l’ancien Wali Maabed Ahmed, actuellement à la tête de la wilaya d’Alger, et régularisé par l’ancien Wali Temmar Abdewahid. Il a bénéficié également du temps de l’ancien Wali Rabhi Abdenour en 2018 d’un autre terrain forestier dans le cadre de l’extension de son projet touristique. Il s’agit d’un terrain d’une superficie de 74 mille M2. Le patron de Zina Beach avait bénéficié aussi d’un crédit bancaire de l’annexe du CPA à Mostaganem d’un montant de 750 milliards de Centimes. La Justice algérienne est en train d’enquêter depuis 2020 sur la légalité de ces privilèges qui ont été octroyés à Sid Ahmed Guenaoui.

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