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mercredi, juin 12, 2024

L’état de santé du détenu politique Merzoug Touati suscite l’inquiétude

Le blogueur et militant pacifique Merzoug Touati souffre terriblement de ses conditions de détention déplorables et son état de santé est de jour en jour fragilisé par une grève de la faim enclenchée le 29 mars dernier pour dénoncer son quotidien carcéral très rude, nous apprend à ce sujet la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) qui diffuse le témoignage poignant de l’épouse de ce détenu politique emprisonné le 29 décembre 2021, au lendemain de son audition par la police judiciaire de Ghardaïa, suivie d’une garde à vue.

« Il a perdu la moitié de son poids , il n’était pas pal il était jaunâtre, je n’ai pas de mots pour exprimer la détresse que j’ai ressenti », confie ainsi dans son témoignage l’épouse de Merzoug Touati selon lequel son mari a entamé « une grève de la faim le 29 mars dernier ». « Cela fait 9 jours qu’il ne s’alimente plus pour dénoncer les conditions inhumaines de son incarcération, l’éloignement de sa ville de résidence », indique le même témoignage qui décrit un détenu épuisé par ses conditions de détention et abattu par les injustices qu’il subit au quotidien dans une prison située à plusieurs centaines de KM de son lieu de résidence.

« Merzoug avait du mal à se tenir debout , il n’y avait pas de chaise pour s’assoir, alors il s’est assied sur ses genoux pour pouvoir nous parler, il avait du mal à parler. Je l’entendais à peine », confesse encore son épouse qui a lancé un véritable cri de détresse en demandant l’intervention des autorités publiques pour soulager les souffrances de son mari.

Merzoug Touati souffre, par ailleurs, de troubles digestifs et l’administration pénitentiaire ne lui a fourni aucun traitement médical, atteste encore son épouse qui a tenté vainement de sensibiliser le directeur de son établissement pénitentiaire sur les conditions « inhumaines » de sa détention. Merzoug Touati continue de dormir par terre dans une salle bondée qui abrite également des cas COVID-19 qui ne sont guère pris en charge par les services de l’infirmerie de la prison.

Il est à signaler  que Merzoug Touati n’a pas bénéficié des dispositions de la grâce présidentielle ayant permis le 21 mars dernier la remise en liberté de pas moins de 70 détenus politiques. Le 2 janvier dernier, le tribunal correctionnel de Ghardaïa avait condamné Merzoug Touati à 1 an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA après avoir été  accusé d’“outrage à corps constitués” et de “diffusion de fausses informations” sur son site d’information www.elhogra.com.

Merzoug Touati est l’un des plus célèbres blogueurs engagés en Algérie. Il avait défrayé la chronique en 2017 après avoir été condamné le 24 mai 2017 à dix ans de prison, puis avoir vu sa peine réduite un mois plus tard à sept années d’emprisonnement. Son crime ? Avoir appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de finances algérienne et diffusé sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Début mars 2019, le tribunal criminel d’appel près la cour de Skikda avait condamné Merzoug Touati (31 ans) à 2 ans de prison ferme et 3 autres avec sursis pour les délits d’incitation de la population à porter les armes contre l’autorité de l’Etat, d’incitation à l’attroupement sur les places publiques, et d’intelligence avec une puissance étrangère susceptible de porter atteinte à la diplomatie algérienne et délit d’incitation à l’attroupement armé. Merzoug Touati avait été libéré après avoir purgé sa peine puisqu’il avait été incarcéré en janvier 2017.

 

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