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dimanche, juin 16, 2024

Les réunions du gouvernement en Algérie : des instructions verbales sans aucun plan précis ni des engagements concrets

Encore un nouveau signe de mauvaise gouvernance qui traduit l’amateurisme du régime actuel au pouvoir en Algérie. Le Premier-ministre, Abdelaziz Djerad, a présidé une réunion ce lundi 21 décembre une réunion gouvernementale consacrée à la vaccination contre la COVID-19. Et encore une fois, les ministres algériens se sont réunies pour discuter de simples instructions verbales et d’annonces superficielles sans aboutir à un quelconque agenda précis ou un plan de travail concret. 

Encore des annonces, rien que des annonces. Ce lundi, le comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus « a d’ores et déjà arrêté une short liste des laboratoires développeurs de vaccins et les contrats sont en cours de finalisation pour les premières livraisons », a précisé un communiqué des services du Premier-ministre.

Or, cette annonce ne constitue aucune avancée notable puisque la short-liste des fabricants mondiaux des futurs vaccins contre la COVID-19 est connue depuis de longues semaines du grand public. Les médias internationaux ont rendu public cette liste depuis belle lurette. Quelle est donc l’utilité d’une réunion d’organisée pour lister ces laboratoires internationaux ?

Il suffit de lire régulièrement les données du Global Health Innovation Center de l’université américaine de Duke, en Caroline du Nord. Spécialisé en politiques et en innovations de santé à l’échelle internationale, celui-ci agrège les données des commandes de vaccins passées par les pays et organisations auprès des laboratoires engagés dans la course. Pour l’heure, les vaccins ayant enregistré le plus de commandes sont au nombre de neuf : ceux produits par les consortiums AstraZeneca-Université d’Oxford, Pfizer-BioNTech et Sanofi-GSK, les vaccins du groupe allemand CureVac, des Américains Johson & Johnson, Moderna et Novavax, du Chinois Sinovac, ainsi que celui mis au point par l’institut de recherche russe Gamaleya, surnommé Spoutnik V.

Le même communiqué des services du Premier-ministre ont indiqué que « les contrats sont en cours de finalisation pour les premières livraisons ». Des contrats avec quels laboratoires ? Pour combien de doses ? Et comment peut-on négocier d’ores et déjà un contrat avant même de définir le circuit national qui permet l’utilisation de ces vaccins dans les structures de santé publique ?

Dans les autres pays « sérieux », les gouvernements ont chiffré au préalable leurs besoins en doses de vaccins en déterminant les catégories de la population qui devront être vaccinées en priorité. Bref, établir une stratégie nationale de vaccination concrète et rigoureuse avant même de lancer des négociations avec les laboratoires mondiaux les plus avancés en matière d’essais cliniques.

Au Maroc, par exemple, le vaccin anti-Covid-19 sera administré gratuitement à 80 % de la population marocaine. Et pour mener cette  campagne de vaccination, toute la logistique est déjà opérationnelle au Maroc. En tout, 2.900 stations de vaccinations fixes et mobiles ont été mis en place et quelques 25.630 personnes du secteur de la santé (médecins, infirmiers, étudiants, etc.) mobilisées. Pour les besoins de la campagne de vaccination, les titulaires de la carte d’identité nationale ou du titre de résidence doivent s’inscrire préalablement sur une plateforme électronique dédiée. Un sms leur sera envoyé via le numéro 1717 pour les informer de la date et de leur centre de vaccination.

En Tunisie, les autorités sanitaires ont annoncé depuis le 19 août travailler à un vaccin contre le coronavirus, au moment où le pays faisait face à une hausse inédite de cas, dans la foulée de l’ouverture de ses frontières pour l’été. Grâce à cette organisation, la Tunisie a achevé sa stratégie nationale de vaccination le 6 décembre dernier en élaborant un agenda avec des engagements concrets. La Tunisie compte ainsi acquérir 6 millions de doses de vaccin contre le Coronavirus, destinés à 3 millions de Tunisiens, soit 25% du total de la population, selon le ministre tunisien de la Santé, Faouzi Mehdi.

S’exprimant au début de ce mois devant l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP/parlement), Faouzi Mehdi a souligné que le vaccin « est nécessaire pour atteindre un taux d’immunité collective de plus de 60%, ce qui serait à même de stopper la propagation de l’épidémie ». L’objectif est d’obtenir une vaccination « efficace et sûre à plus de 90% », a-t-il estimé. Le ministre de la Santé a en outre expliqué que les efforts seront focalisés sur l’élaboration d’un calendrier de vaccination contre le Covid-19 et d’une stratégie nationale pour déterminer les priorités liées à cette vaccination. Selon lui, les cas de contamination par le Covid-19 dans le pays n’ont pas dépassé les 12,7% du nombre total des Tunisiens.

Il faut savoir que l’OMS recommande de vacciner en priorité le personnel de santé, les forces de sécurité puis les catégories vulnérables ; personnes âgées et personnes souffrant de maladies chroniques. Et de laisser les moins de 18 ans pour 2022. Pour la population générale au-dessus de 18 ans, il faudra atteindre une couverture vaccinale de 60 à 70% pour assurer une immunité collective suffisante, en partant du fait qu’au moins 5% de la population ont déjà attrapé le Covid-19.

Les autorités sanitaires des pays membres de l’OMS doivent prendre en compte ces recommandations techniques pour préparer les campagnes de vaccination de leurs populations respectives.

Or, lors de la réunion d’aujourd’hui lundi présidée par le Premier ministre algérien, il n’y avait aucun plan détaillé ou explicite qui a été tracé par les ministres algériens. Et à la fin de la réunion, il n’y avait toujours pas le moindre plan concret. Les ministres algériens se sont seulement mis d’accord pour  « la consolidation du dispositif national de vaccination avec son déploiement à travers les structures sanitaires de proximité devant couvrir l’ensemble du territoire national ». Des évidences superficielles qu’un simple comité de quartier peut répéter et annoncer. Une nouvelle fois, le gouvernement algérien démontre qu’il prend en charge des dossiers qui dépassent de loin ses compétences. Et au lieu d’apporter des solutions concrètes à la pire crise sanitaire de ces 100 dernières années, il continue de faire semblant…

 

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3 تعليقات

  1. Un nouveau torchon pleins d’imbicilites, vous croyez qu’on gère une épicerie du petit coin??, c’est la santé des Algeriens qui est en jeu bon sang!!
    Vous critiquez el-issaba alors que vous avez la même légèreté de traiter la chose publique, al-issaba n’a pas infestée les rouages de l’état mais aussi des « esprits » comme le vôtre.
    On dégage tout ce beau monde et vous venez vous et ton OMS gérer ce pays, pauvres incrédules !!

  2. bis repetita! il s’agit ni plus ni moins que de réediter le lamentable fiasco de vaccination de la grippe qui ,faut -il le rappeler n’a jusqu’à aujourd’hui fait l’objet d’aucune enquête sérieuse pour connaitre les tenants et les aboutissants de cette opération.Il est à craindre que ceux qui ont faillit soient encore chargés de cette mission exigeant un minimum de compétence à défaut de professionnalisme