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mercredi, juin 12, 2024

Les graves conséquences des décisions de Tebboune sur le secteur du pétrole : les exportations algériennes sont effondrées de près de 50 % et la production a reculé de plus de 25 %

Les cours du pétrole brut commencent la semaine comme ils avaient fini la précédente, en forte hausse. Le baril de brut léger américain (WTI) grimpe actuellement de 1,5% à 83,5$, tandis que le baril de Brent de la Mer du Nord gagne 1% à 85,7$ (contrat de décembre). Le WTI évolue à son plus haut niveau depuis octobre 2014, tandis que le Brent est sur des sommets de trois ans. Les deux références mondiales, qui viennent d’aligner 8 semaines consécutives de progression, poursuivent donc leur marche en avant sur fond de hausse de la demande, de pénuries d’énergie dans certaines parties du monde, et de déficit d’offre.

Avec un baril de pétrole à 85 dollars américains, l’Algérie aurait pu en profiter pour renflouer ses caisses, gagner des milliards en devises et retrouver un peu de son aisance financière qu’elle avait perdu depuis 2016/2017 à cause des conséquences du choc pétrolier de 2014 au cours duquel les prix du baril de pétrole ont chuté à plus de 70 % en deux ans en mettant un terme à une période de prix historiquement élevés débutée en 2003. Entre novembre 2014 et janvier 2016, les prix du pétrole qui s’établissaient à une moyenne de 100 $ le baril recule de plus de 60%, atteignant en janvier 2016, leur plus bas niveau depuis de nombreuses années, 27 $.

Malheureusement, il demeure impossible pour l’Algérie de profiter de cette incroyable embellie financière pour la simple raison qu’elle ne peut plus pomper suffisamment de pétrole afin de l’exporter ensuite vers l’étranger et le vendre sur le marché mondial qui recherche désespérément de nouvelles quantités supplémentaires de pétrole dont de nombreux pays industrialisés notamment ont cruellement besoin pour soutenir leur reprise économique. Cette impuissance algérienne s’explique essentiellement par le manque d’investissement, d’exploration et d’autres problèmes liés tous aux décisions du gel des budgets dédiés au forage et à la mise en production de nouveaux puits pétroliers.

Des chiffres qui illustrent amplement les conséquences fâcheuses de ces décisions de gels imposées par Abdelmadjid Tebboune à Sonatrach au mois de mars 2020. En effet, en 2019, l’Algérie avait pu réaliser un pic au niveau de ses exportations estimé à  892 mille barils de pétrole par jour. Après mars 2020 et les controversées décisions de Tebboune qui ont été expliquées, commentées et analysées largement par Algérie Part dans plusieurs de ses publications, les exportations algériennes de pétrole ont baissé rapidement à 623 mille barils de pétrole, et il s’agit là d’un pic qui a été enregistré une seule fois puisque jusqu’à la fin de l’année 2020, les exportations algériennes n’ont pas cessé de baisser jusqu’à descendre au-dessous de 400 mille barils de pétrole. Aujourd’hui, depuis août 2021, ses exportations tournent autour de 405 à 410 mille barils de pétrole par jour. Une chute de près de 50 % depuis 2019.

Faute de pouvoir stocker le pétrole brut à cause de l’inexistence d’un nombre suffisant d’infrastructures dédiées au stockage des hydrocarbures, l’Algérie a préféré ainsi renforcer en 2020 la production de ses raffineries pour en finir avec les importations des carburants et satisfaire sa demande intérieure.

Il faut savoir à ce propos que l’Algérie est concentrée sur la réduction de la facture des importations du carburant depuis 2018/2019. En matière de raffinage, le patrimoine de
SONATRACH est constitué de 5 raffineries de pétrole brut (Skikda, Arzew, Alger, Hassi
Messaoud et Adrar) et d’une raffinerie de condensat à Skikda. Ces raffineries totalisent
une capacité de traitement annuelle de plus de 30 Millions Tonnes.

Durant l’année 2019, les raffineries ont traité 23,5 Millions Tonnes de pétrole brut et 3,7
Millions Tonnes de condensat. Par rapport à l’exercice 2018, le volume de pétrole brut traité a enregistré une hausse de 5%. La production des produits raffinés s’est
élevée à 26,0 Millions Tonnes, même niveau que celui réalisé en 2018.

En 2020, Sonatrach a décidé de renforcer ses capacités de raffinage réalisant ainsi une augmentation de 7,4% des volumes de pétrole et de condensat traités par rapport à 2019, passant de 27,2 millions de tonnes à 29,1 millions de tonnes, a précisé la même source.

Officiellement, cette augmentation a été favorisée notamment par la montée en cadence de la raffinerie d’Alger, ce qui a permis à SONATRACH de cesser ses importations du gasoil depuis le mois de mars 2020 et des essences depuis le mois d’août de la même année. En vérité, ces performances s’expliquent par les baisses des exportations provoquées par le ralentissement de l’activité économique mondiale à cause de la pandémie de la COVID-19 et les restrictions sanitaires qui ont paralysé l’économie mondiale. Ainsi,  moins de pétrole exporté signifie plus de pétrole raffiné localement puisque la Sonatrach a pu dédier le pétrole qu’elle ne pouvait pas vendre sur le marché international aux besoins des raffineries nationales. Or, ces performances sont une pure manipulation qui cache la vérité sur la véritable problématique du secteur des hydrocarbures en Algérie qui est celle… des capacités de production et d’exportation.

Faute d’infrastructures de stockage dignes de ce nom, l’Algérie était contrainte de raffiner ce pétrole qu’elle ne pouvait… pas commercialiser sur le plan international. Mais en parallèle, le gel des investissements productifs et des projets d’exploration de nouveaux puits ou champs a provoqué un effondrement de 25 % de la production nationale du pétrole en 2020 par rapport à 2019. Cette chute de la production s’est prolongée en 2021 parce que les autorités algériennes n’ont pas autorisé Sonatrach à reprendre ses investissements productifs provoquant ainsi le prolongement du gel de plusieurs projets de production nécessitant des travaux de forage approfondis.

Aujourd’hui, à savoir au cours du dernier trimestre de l’année 2021, la production algérienne de pétrole a reculé de plus de 30 % par rapport à 2019 et notre pays ne peut plus produire plus de 900 mille barils de pétrole par jour, avec des pics rarissimes de 950 mille barils par jour, alors que le potentiel du pays peut permettre une production de 1,4 millions de barils de pétrole par jour si les gisements existants étaient beaucoup mieux entretenus et de nouveaux gisements étaient explorés et mis en service. Malheureusement, les décisions de Tebboune et la mauvaise gestion de l’actuelle direction générale de Sonatrach ont mené l’Algérie vers une « sécheresse » alarmante dans la production des hydrocarbures au moment où la demande intérieure, notamment depuis 2018/2019, consomme jusqu’à 50 % de la production nationale du pétrole comme celle du gaz.

C’est pour toutes ces raisons que l’Algérie ne pourra pas tirer profit d’un baril de pétrole à 85 dollars US. C’est une énorme opportunité d’augmenter les revenus en devises du pays qui a été manquée.

 

 

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1 تعليق

  1. Avec un baril à 100 $ toute l’année (chose impossible), 400 000 barils/jour génèrent moins de 15 milliards $ de recette annuelle soit 33% des dépenses en devises nécessaires et incompressibles pour le fonctionnement de l’Algérie (10 milliards pour l’armée et 35 milliards pour l’importation des produits de base pour le peuple).