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samedi, juin 22, 2024

Le gouvernement algérien fait payer aux consommateurs ses échecs dans la production de plusieurs produits alimentaires

Les autorités algériennes maîtrisent parfaitement l’art de rejeter la faute sur les autres. En 2021, pour compenser la réduction drastique de l’importation de plusieurs produits alimentaires de large consommation, les autorités algériennes se sont engagées à développer de nombreux projets de production nationale. Malheureusement, ces engagements n’ont pas été respectés et la baisse drastique des importations en devises a provoqué une série de pénuries de produits alimentaires procurant ainsi mille et un malheurs aux consommateurs algériens. Explications.

Prenons le cas du maïs. Les besoins nationaux se chiffrent, selon les données officielles de l’Etat algérien, à 4,5 millions de tonnes, représentant un montant de près 900 millions UDS. Pour réduire cette facture de dépenses en devises, le gouvernement algérien s’est engagé en 2021 à  cultiver le maïs sur 18.000 ha, en vue de produire 88.000 tonnes en 2021, ce qui réduira la facture de son importation d’un taux de 2%. Nous sommes en janvier 2022, et aucune avancée concrète ou notable n’a été enregistrée concernant la réalisation de ces projets de production nationale. Le ministère de l’Agriculture se garde de dévoiler le moindre bilan pour démontrer ses succès. En attendant, la réduction des importations en devises a été lancée sans calculer le coût social sur le quotidien des Algériennes et Algériens.

Un autre exemple éloquent. S’agissant des huiles, les besoins nationaux s’élèvent à 583 millions USD, soit une quantité d’1 million de tonne par an et 600 millions USD de résidus de soja, avec une quantité de 1,4 million de tonnes par an. Pour réduire ces dépenses en devises, le gouvernement algérien s’est engagé début 2021 à cultiver l’arachide sur 200.000 ha, le soja sur 200.000 ha , le colza sur 100.000 ha, en vue de réduire la facture des importations, de 983 millions USD, soit un taux de 80 % des importations de ces matières. Nous sommes en 2022, et aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans ce dossier où les autorités algériennes ont fait des annonces très ambitieuses. Les cultures nationales du colza ou du soja sont restées de simples paroles en l’air.

Toutefois, le gouvernement algérien a commencé à durcir l’importation des graines de soja pour la fabrication de l’huile alimentaire. Les autorités algériennes ont même imposé un encadrement réglementaire très sévère qui justifie permet ensuite de justifier la réduction drastique des importations en devises du soja ou ses dérivés indispensables à la fabrication de l’huile de table.

Tout a commencé en octobre 2021 lorsque l’Etat algérien a décidé d’imposer un nouveau prix plafond du bidon de 5 litres de l’huile alimentaire. Ce prix avait été revu à la hausse à 650 dinars, en vertu d’un décret exécutif publié au journal officiel (JO) n 77 qui prévoit également de nouvelles mesures pour mieux rationnaliser les importations pour cette catégorie de denrées alimentaires.

Ce décret, signé par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, le 5 octobre 2021, a modifié et complété le décret 11-108 du 6 mars 2011 fixant le prix plafond à consommateur ainsi que les marges plafonds à la production, à l’importation et à la distribution, aux stades de gros et de détail, de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc.

A cet effet, le prix plafond à consommateur, toutes taxes comprises d’un bidon de 5 litres de huile alimentaire raffinée ordinaire sont fixées à 650 dinars », alors que les prix des bouteilles de 2 litres et de 1litre resteront inchangés à, respectivement, 250 dinars et 125 dinars.

Ces prix concernent l’huile alimentaire raffinée obtenue à partir d’un mélange à base d’huile brute de soja et/ou toutes « autres graines cultivées localement », auxquelles peut être rajoutée une fraction d’autres types d’oléagineux. Quant au sucre blanc, les prix plafonds n’ont subi aucune modification, soit 90 dinars pour le kilogramme en vrac, et 95 dinars pour le kilogramme préemballé.

Le décret a prévu, par ailleurs, l’obligation de porter de façon visible et lisible les mentions « Huile alimentaire raffinée ordinaire subventionnée » et « Sucre blanc subventionné » sur l’emballage ses produits destinés aux consommateurs. En outre, les prix de vente plafonnés ou ceux en dessous des plafonds fixés doivent aussi être mentionnés sur l’emballage sur une bande rouge de 5 centimètres de largeur placée horizontalement en haut.

Les quantités d’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc destinées aux industriels et aux professionnels font l’objet, obligatoirement, d’un emballage spécifique de « 10 kilogrammes au minimum » pour ce qui est du sucre blanc et d’un conditionnement de « 10 litres minimum » pour ce qui est de l’huile alimentaire raffinée ordinaire.

Les propriétaires des cafés, des restaurants, des fast-food ont été tenus d’utiliser le sucre blanc conditionné sous forme d’emballage en dosettes, selon le même texte. Le dispositif actuel prévoit une compensation allouée sur le budget de l’Etat aux opérateurs pour la prise en charge de la hausse des prix du sucre roux et de l’huile brute de soja en vue de garantir le maintien des prix plafonds à consommateur.

Cette compensation est désormais allouée également au cas où la matière première est obtenue à partir de graines cultivées « localement ».

Toutefois, les prix d’achat de référence de la matière première du sucre blanc et de l’huile alimentaire raffinée ordinaire sur les marchés extérieurs sont publiés par les services du ministère du Commerce et actualisés périodiquement, souligne le nouveau décret.

Ainsi, « tout opérateur qui acquiert les matières premières, à des prix nettement plus élevés, doit en fournir les justificatifs. Dans le cas où les justificatifs fournis ne sont pas fondés, la demande de compensation de l’opérateur économique ne sera pas prise en considération », selon la même source. En sus, les exportations de la production excédentaire de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc, ne peuvent pas faire l’objet de demande de compensation.

Le décret stiple aussi de limiter la compensation aux quantités d’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc destinées au marché intérieur et aux consommateurs exclusivement. Dans le cas où les matières premières de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc obtenues à partir d’un processus de raffinage, de trituration et/ou de production, permettent de produire des quantités suffisantes d’huile alimentaire raffinée ordinaire et de sucre blanc conditionnées destinées aux consommateurs pour couvrir les besoins du marché national et des opérateurs économiques concernés, les importateurs/transformateurs sont tenus de s’approvisionner auprès des triturateurs et producteurs locaux sur la base d’un cadre contractuel à définir par les opérateurs concernés.

« A défaut et s’ils recourent à l’importation de ces matières premières, ils ne bénéficient pas de la compensation », a souligné le même décret.  » Les opérateurs économiques activant dans le domaine de l’importation/transformation, du raffinage, de la trituration et de la production de l’huile et du sucre sont tenus de déposer les structures de prix de l’huile et du sucre utilisées auprès des services du ministère chargé du commerce », a exigé encore le nouveau décret. C’est grâce à ces nouvelles conditions draconiennes que les autorités ont réussi à procéder à la réduction de la facture des importations de soja ou du sucre. Mais faute d’avoir réussi à développer des projets de production nationale des matières premières agricoles, ces mesures ont fini par persuader les producteurs algériens de se détourner des produits subventionnés comme l’huile de table pour se concentrer uniquement sur des produits alimentaires, comme d’autres huiles végétales, qui ne sont pas encadrés par des dispositifs répressifs et sévères empêchant le libre commerce. C’est ce qui explique l’avènement des pénuries de produits alimentaires subventionnés par l’Etat algérien sur de nombreux marchés nationaux.

 

 

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3 تعليقات

  1. Plus, le petit peuple est méprisé ; plus il vote comme un seul homme pour « ElHoukouma » !
    Il suffit juste de lui brandir une main de l’étranger pour le canaliser sans explications !
    El Hirak ? La ya khi ! Ma t’harakch. Wach ! Bghite trouh el habsse ? Li Sabre Inale Fi el Akhira !
    Wa Dounia, Taânââ !

  2. L’ennemie est de l’intérieur et algérien pas à exterieur
    Des commerçants véreux, des contrebandiers et l’Algérie qui stocke …un baril de 5 litre suffit mais il en achète 2 ou 3…pour les garder chez lui
    Quand on vend l’huile 7 fois moins cher que tous nos voisins direct, cela encourage la contrebande
    L’huile algérienne inonde la Tunisie, le Mali, le niger etc
    Une cargaison de plusieurs camion de bison de 5 litres a été stoppé à In Guezam par les services des douanes
    Elle est parti d’Oran…parvouru 2000 km pour être commercialisé au Mali avec l’accord du directeur du commerce de la wilaya d’Oran
    L’explication de ce cadre: la production de la région excède largement la demande et c’est pour cela que j’ai donné mon accord à un producteur privé
    Les usines de CEVITAL seules, peuvent satisfaire la demande nationale alors qu’il y’en 3 autres producteurs importants
    Cevital exporte même de grosse quantités d’huile végétal et surtout de sucre surtout vers le marché européen
    Ce qui valable pour l’huile et valable pour les autres denhrées
    J’ai de la famille à Alger, à Oran, à borj …et ils disent tous…on achète notre huile chez le commerçant de notre quartier