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mercredi, juin 12, 2024

Inquiétant : l’Algérie ne fait plus partie des 10 pays africains les plus industrialisés

L’Algérie ne figure plus dans le classement des pays africains les plus industrialisés. C’est du moins ce que nous apprend un rapport continental approfondi qui a évalué les performances industrielles des pays africains sur l’ensemble de la dernière décennie, à savoir de 2010 jusqu’à 2021. Il s’agit effectivement d’un « gros » rapport qui a été publié le 24 novembre 2022 par la Banque africaine de développement (BAD) en collaboration avec l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Le rapport intitulé « Indice 2022 de l’industrialisation en Afrique » fournit la toute première vue d’ensemble exhaustive des progrès réalisés par 52 pays africains au cours des onze dernières années en matière de développement industriel en se basant sur 19 indicateurs couvrant les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. Dans ce cadre, une note est attribuée à chacun des pays étudiés sur une échelle qui va de 0 (moins bonne) à 1 (meilleure).

Les pays couverts par l’indice sont répartis en cinq quintiles : supérieur, moyen supérieur, moyen, moyen inférieur et inférieur. Au total, 37 des 52 pays étudiés (les données ne sont pas disponibles pour la Somalie et le Soudan du Sud) ont amélioré leurs notes. Avec un score de 0,8404, l’Afrique du Sud est restée le pays le plus industrialisé du continent tout au long de la période 2010-2021. Le Maroc (0,8327) occupe le deuxième rang devant l’Egypte (0,7877), la Tunisie (0,7714), Maurice (0,6685) et l’Eswatini (0,6423).

Malheureusement, les conclusions de ce rapport indiquent que l’Algérie se classe au 11e rang continental très loin des 10 pays africains ayant réalisé les meilleurs progrès industriels durant cette dernière décennie. Avec un score de 0,5978, l’Algérie arrive à peine au 11e rang africain loin derrière des « petits pays » qui ne disposent même pas du dixième de ses richesses naturelles ou de son potentiel humain et matériel prometteur à l’image du Sénégal ou de l’Ile Maurice.

Comment expliquer un tel déclin ? L’Algérie souffrent d’importants obstacles structurels qu’elle peine à surmonter pour développer son industrie nationale comme l’insuffisance des infrastructures, l’accès au financement, l’amélioration du climat des affaires et la formation des travailleurs, notamment dans le domaine des compétences numériques. D’après enfin le même rapport, les pays africains ayant progressé sur la voie de l’industrialisation ont su tirer profit des progrès notables en matière de stabilité, la forte proportion de jeunes, la hausse des investissements domestiques et étrangers, et l’évolution rapide vers un espace économique intégré grâce à la Zlecaf, qui constitue une opportunité de créer un marché unique de 1,3 milliard de personnes et de générer jusqu’à 4 000 milliards USD de dépenses. Qu’attendent les dirigeants algériens pour tirer des enseignements précieux de ces expériences africaines ?

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