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dimanche, juin 16, 2024

Formation des enseignants algériens : l’équivalent de 330 millions de dollars dépensés en 10 ans sans résultats satisfaisants

De 2000 jusqu’à 2010, les autorités algériennes ont dépensé pas moins de 45,920 Milliards de DA, soit l’équivalent de 330 millions de dollars, pour financer un programme de formation et de mise à niveau des enseignants algériens du cycle primaire et moyen dans l’optique de moderniser le système éducatif national et d’améliorer ses performances. Malheureusement, il s’avère que ces investissements n’ont pas produit des résultats satisfaisants en raison de plusieurs irrégularités constatées dans la gestion de ces fonds publics. Explications. 

Tout a commencé en 2000 lorsque la commission nationale de la réforme du système éducatif relevant du  ministère de l’éducation nationale (MEN) a établi un programme de formation en cours de service et à distance pour l’amélioration des acquis scientifiques et la qualification des enseignants des cycles primaire et moyen et ce, afin de hisser leur niveau scientifique et éducatif jusqu’à le mettre à hauteur du nouveau profil de l’enseignant.

Ce programme a porté dans sur la formation de 214 000 enseignants (136 000 maîtres de l’école primaire et 78 000 professeurs de l’enseignement moyen) sur une durée de dix (10) ans et avec un coût estimatif de 45,920 Mrds de DA. Or, les objectifs fixés par ce programme ambitieux n’ont pas été atteints en raison principalement de la mauvaise gestion financière de ce budget, a dévoilé un audit interne mené récemment par des magistrats spécialisés de la Cour des Comptes, l’institution qui est chargée du contrôle, du bon emploi des ressources, fonds, valeurs et moyens matériels publics par les organismes soumis à son contrôle.

Cet audit a démontré que la mise en œuvre de ce programme, laisse apparaître que les objectifs de formation qui lui sont assignés, n’ont été atteints que partiellement, eu égard au nombre de formés, par rapport aux prévisions initiales.  « L’exécution du programme de formation s’est heurtée, en effet, à plusieurs contraintes, en raison du décalage du dispositif mis en place avec les réalités du terrain, notamment le caractère obligatoire de la
formation et l’âge arrêté à 50 ans, les faibles incitations motivant l’achèvement de la formation, l’inadaptation du contenu des programmes et des modalités de déroulement et d’évaluation de la formation, l’insuffisance des supports pédagogiques, en plus de la faiblesse des mécanismes de coordination et de suivi du programme », peut-on lire ainsi dans cet audit qui n’a pas manqué aussi de relever plusieurs irrégularités sur le plan financier.

Les auditeurs de la Cour des Comptes ont expliqué effectivement que la gestion de ce programme de formation des enseignants  « n’est pas suffisamment encadrée, ce qui a donné lieu, notamment, à l’utilisation des crédits à des fins autres que la formation à distance et en cours de service, ainsi qu’à des reliquats budgétaires gelés depuis plusieurs années », a-t-on pu relever à la lecture de cet audit dont Algérie Part obtenu une copie au cours de ses investigations.

Le même document recense un ensemble d’insuffisances liées à une faible coordination du programme, « à un cadre réglementaire en décalage avec les réalités du terrain, et une gestion financière disparate et peu rigoureuse du programme », explique-t-on. A titre d’exemple, les auditeurs de la Cour des Comptes ont constaté que  l’octroi des crédits a été effectué sur la base du nombre d’enseignants prévus pour l’inscription et qui a été largement supérieur au nombre d’inscrits réellement et ceux ayant terminé le cursus de la formation.

Les chiffres qui illustrent ces réalités sont éloquents. 41 527 maîtres et professeurs sont restés sans formation, soit 19% du total des enseignants ciblés par ce programme.

Il est à signaler enfin que l’objectif assigné à cet ambitieux programme était de mettre fin au déséquilibre qui caractérisait les profils des enseignants par une mise à niveau des profils réels afin qu’ils répondent au profil ciblé par la réforme du système éducatif.

Aux yeux de l’Etat algérien,  la formation des enseignants constituait un axe important sur lequel reposait la réussite de la réforme du système éducatif. Cette dernière visait l’amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé par le rehaussement de la qualification professionnelle des enseignants et par la mise à jour de leurs connaissances
académiques. La qualité de l’enseignement dispensé permet de lutter contre les déperditions scolaires, la faiblesse des résultats et, par conséquent, l’exclusion sociale. Malheureusement, ces intentions louables ont été sabotées par la mauvaise gestion et la mauvaise coordination de ce programme.

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2 تعليقات

  1. L’arabe qui est diffusé dans les écoles n’est pas le même que l’arabe dialectal parlé dans les chaumières. De plus, le tamazight qui est usité également est totalement négligé à l’école !
    C’est la conséquence de cette politique d arabisation avec la venue des Égyptiens !
    Elle est amplifiée, depuis plusieurs années, avec l’islamisation de l’Ecole !
    Cette arabisation Moyen Orientale forcée n’est qu’une NÉGATION DE SOI !

  2. Dans l’histoire des langues, nous sommes l’une des rares nations à avoir renoncé à enseigner la langue parlée par ses citoyens. D’autant plus que nous possédons déjà une belle langue vivante et commune : le maghribi (darija). Langue véhiculaire par excellence dans notre pays, et, notre langue maternelle, qui est à la base de notre imaginaire. Langue que l’on devrait enseigner durant les premières années scolaires à nos enfants afin qu’il ne soit pas étrangers à leur personnalité, à leur pays. Cette importante langue— maternelle — prépare le cerveau de l’enfant à l’élaboration et au développement cognitifs. Et ces procédures, une fois acquises et mécanisées, lui permettront d’acquérir facilement une autre langue et d’élaborer et d’enrichir ses connaissances en tenant compte des principes cognitifs et psycholinguistiques.
    Aussi, l’enfant, qui dans son école se retrouve en train d’apprendre une langue qui n’est pas celle parlée dans la rue par tout le monde, c’est un peu comme s’il se trouvait étranger dans son propre pays. Et c’est ce qui peut en partie expliquer le « mal vivre ».En effet la langue est un des fondements indispensables de la personnalité de l’individu. La langue maternelle fonde ainsi la manière de penser, une façon d’appréhender le monde, une culture.

    Dès 1962, certains de nos politiques, qui ont gouverné plus avec des discours fumeux et démagogiques qu’avec des idées et des projets intelligents à long terme, ont voulu faire de nous des arabophones sans tenir compte de notre longue histoire au cours des siècles. Les vrais arabes, eux-mêmes, dans leur région d’origine ont su adapter la langue arabe en la modernisant et en l’adaptant à leur histoire locale. Nous, nous avons donc pris ce chemin éducatif qui nous a menés vers une sorte d’impasse où nos diplômes n’ont qu’une valeur nationale, où nos chercheurs ne publient rien ou presque, où notre enseignement élémentaire n’est pas très performant.

    Enseigner, ne veut pas dire abrutir de mots, de phrases ou remplir les cerveaux avec un tas de connaissances ou de dogmes comme on a trop tendance à le faire actuellement. Enseigner veut dire faire découvrir, développer chez l’enfant l’esprit d’analyse comme l’esprit de synthèse et en lui apportant les outils nécessaires à ses apprentissages : le langage qui en est la base, la lecture, l’écriture, les notions de nombres, de formes, d’espace tout en recevant les prémices d’une culture.

    Et cela oblige l’enseignent à un accompagnement stricte, rationnel mais surtout bienveillant. Parallèlement, la classe doit être un lieu d’éducation à la citoyenneté. Cela implique que l’enseignant y établisse une ambiance de confiance et de fraternité. Le sens de la responsabilité doit y être développé par la participation des enfants à la vie de la classe et cela dans une structure préalablement définie et compréhensive par les élèves. Il est donc nécessaire que les enfants aient le droit de s’exprimer, de critiquer ou de débattre avec respect lors d’un travail de recherche ou d’un problème de discipline par exemple. D’où l’importance de la langue maternelle qui est à même de structurer la pensée et de fonder la personnalité de l’enfant et partant de l’adulte.

    Notre belle darija couplée à une pédagogie active et moderne aurait du être l’assise capable de former des citoyens bien dans leur tête, heureux de vivre et avide de culture et de découvertes. Tous les chercheurs de tous les pays, cherchent avec leur tête et rendent compte de leur recherche aussi bien en anglais que dans leur langue maternelle.

    Et pour conclure, écoutons le regretté Président Boudiaf interviewé par un journaliste qui lui demandait en quoi la société occidentale était supérieure.
    «Par quoi nous dépassent-elles, ces sociétés avancées ? Par la science», répond le Président Boudiaf.
    —Oui, mais la science comment la développe-t-on, M. le Président? Demande le journaliste.
    —Par une Ecole performante avec des enseignants parfaitement formés et motivés, s’appuyant sur des programmes adéquats. Mais cela ne suffit pas, il faut une pédagogie adaptée qui apporte aux jeunes générations des connaissances certes mais aussi qui développent leurs capacités cognitives, leur esprit critique et leur civisme. Élaguons ces programmes démentiels. Tablons sur le raisonnement. Éveillons la curiosité, Donnons aux enfants les capacités d’analyser et de synthétiser des situations. Cessons de faire du remplissage de cerveau!

    Quelle belle réponse ! Quelle grande sagesse !