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samedi, juin 15, 2024

Faute de pouvoir venir à Alger, Lavrov tente de rassurer l’Algérie de… loin

Attendu avec beaucoup d’impatience par les dirigeants algériens, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, n’a pas pu se rendre à Alger comme il était prévu initialement dans le cadre d’une tournée régionale. Son déplacement à Alger était prévu le 14 décembre dernier. Mais l’influent Lavrov, l’homme de confiance du leader de la Russie Vladimir Poutine, a annulé toute sa tournée régionale qui devait commencer par Israël pour finir au Maroc tout en transitant par… Alger. 

Hier le 15 décembre devait se tenir à Marrakech au Maroc le forum Russie-Monde Arabe. Ce forum a été ainsi reporté selon plusieurs sources médiatiques concordantes en raison de la situation épidémiologique marquée par un rebond de la pandémie de la COVID-19. Des médias marocains citant l’ambassade de Russie à Rabat ont expliqué que la visite de Lavrov comme l’organisation du forum Russie-Monde Arabe ont été reportées en raison de la situation épidémiologique.

L’ambassade de Russie au Maroc a indiqué qu’après avoir consulté les participants et les parties concernées, Lavrov avait décidé de reporter son voyage officiel à une date ultérieure, en raison notamment de l’évolution de la situation épidémiologique qui s’est aggravée avec l’apparition du nouveau variant Omicron. Cependant, l’itinéraire officiel de Lavrov prévoyait également des visites en Algérie et dans quelques autres pays de la région arabe. A Alger, l’ambassade russe n’a fait aucun commentaire sur l’annulation de la visite de Lavrov.

En revanche, en Russie, des médias ont avancé une toute raison concernant l’annulation de la tournée régionale de Lavrov. Selon des médias russes, la visite en Israël de Lavrov prévue le 12 décembre dernier a été annulée à cause d’une action de protestation organisée par le syndicat des travailleurs du ministère israélien des Affaires étrangères. Il s’agirait d’une grève spontanée déclenchée par des travailleurs de la diplomatie israélienne qui a compromis la visite du chef de la diplomatie russe.

Les grévistes israéliens ont annoncé leur boycott de la visite de la délégation russe refusant ainsi d’assurer le service de protection ou l’organisation des activités protocolaires. Les autorités israéliennes n’ont pas commenté ces informations qui restent donc à confirmer ou infirmer.

Quoi qu’il en soit, Sergueï Lavrov n’pas pu venir à la rencontre de Tebboune alors qu’il devait, comme il avait été révélé récemment par Algérie Part, fournir des assurances et des garanties à l’Algérie concernant la préservation de sa sécurité nationale face à l’alliance militaire et diplomatique entre Israël et le Maroc.

Mais l’annulation de cette tournée régionale n’a pas empêché le chef de la diplomatie russe de tenter de rassurer de… loin les autorités algériennes. Preuve en est, Sergueï Lavrov a appelé mercredi à la reprise sans délai des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc en vue parvenir à un règlement du conflit au Sahara occidental. « Il faut que les négociations reprennent le plus vite possible entre le Maroc et le Front Polisario (…) Les négociations doivent débuter pour aider à élaborer des solutions consensuelles qui satisferont les intérêts des deux parties », a signalé le chef de la diplomatie russe dans un entretien à la chaîne égyptienne TeN.

Sergueï Lavrov a déclaré que « la crise au Sahara occidental doit être réglée comme toute autre crise sur la base des décisions du Conseil de sécurité », qui appellent « au dialogue direct entre le Maroc et le Front Polisario ». Exprimant, par ailleurs, son inquiétude face à l’escalade au Sahara Occidental après la rupture du cessez-le-feu en vigueur depuis 30 ans, et qui expose toute la région à l’instabilité, Lavrov a appelé « le Maroc et le Polisario à consentir plus d’efforts pour ressusciter l’espoir d’une solution ». Cette prise de position est un message destiné à Alger qui se bagarre depuis des mois pour faire valoir ses positions diplomatiques contre le lobbying marocain sur la scène internationale. La Russie joue ainsi le rôle d’équilibriste sans pour autant offenser le Maroc avec lequel elle se rapproche également. Sans plaider pour l’indépendance du Sahara Occidental comme le souhaite Alger, Moscou contrebalance l’hégémonie marocaine en rappelant que ce conflit demeure toujours irrésolu et en suspens. Un excellence exercice d’équilibriste.

 

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