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mercredi, juin 19, 2024

Face au déficit budgétaire, le régime algérien réutilise les mêmes recettes du passé pour reproduire les mêmes échecs

C’est une nouvelle démonstration d’impuissance du régime algérien face aux enjeux de la crise financière et économique qui étouffe le pays. Preuve en est, le pouvoir algérien s’apprête à réutiliser les mêmes recettes du passé pour combler l’immense déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser d’une à une autre faute d’une économie prospère et créatrice de richesses variées. 

Ce samedi 13 novembre, le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane a reconnu que l’Etat algérien va réutiliser le Fonds de régulation des recettes (FRR) pour tenter de gérer son déficit budgétaire. Il a affirmé à ce sujet  le financement du déficit budgétaire de l’exercice 2022 s’effectuerait par le recours au marché financier intérieur, aux banques et à des prélèvements sur le Fonds de régulation des recettes (FRR).

« Le Gouvernement recourra, pour combler le déficit budgétaire, au financement bancaire, au marché financier et aux prélèvements sur le FRR, en attendant l’augmentation continue des cours du pétrole par rapport au prix fixé dans le budget de l’exercice prochain (45 Usd) », a précisé ainsi Aimene Benabderrahmane en réponse aux préoccupations des députés sur le Projet de loi de finances (PLF 2022).

Or, le Premier-ministre ne dit pas toute la vérité sur le FRR qui est une vieille recette largement et massivement utilisée par le passé sans permettre de remédier réellement aux problèmes du déficit budgétaire.

Il faut savoir que le FRR a été officiellement lancé par l’article 10 de la loi n°2000-02 du 27/06/2000 portant LFC pour 2000, modifié et complété. Il s’agit d’un Compte d’Affectations Spéciales (CAS) qui est alimenté par le surplus de la fiscalité pétrolière. En
dépense, il assure la couverture de la dette et, en cas de nécessité, la couverture du déficit
du Trésor découlant de l’exécution de la LF de chaque exercice. Le FRR a servi comme un grand rempart pour le gouvernement algérien afin de faire face aux premiers chocs de la trésorière publique. Ainsi, ses ressources ont été épuisées en espaces de deux ans passant de 4400 milliards de dinars en 2014, à 840 milliards de dinars au début de 2017.

A partir de 2018,  aucun prélèvement n’a été effectué car pour la simple raison que le FRR s’est totalement épuisé à la fin de l’année 2017. En effet, les recettes du FRR ont été affectées par un repli phénoménal passant de 2.062,231 Mrds de DA en 2013 à 98,550 Mrds de DA en 2016 et 437,412 Mrds de DA perçues en 2018.

En 2016, l’Etat algérien avait puisé 1333,84 milliards de dinars dans le FRR (entre janvier et fin juin 2016) couvrant ainsi 75,3% du déficit global. Le gouvernement algérien savait depuis cette époque qu’il finirait par puiser tout ce qui reste dans le FRR pour financer le déficit en 2017, tout en espérant une hausse des recettes budgétaires qui permettront de suppléer progressivement aux ressources puisées jusque-là dans le Fonds.

Or, cette hausse des recettes budgétaires ne s’est jamais produite en raison des faiblesses chroniques de l’économie nationale et de l’absence d’une fiscalité moderne et d’une collecte appréciable des impôts.

Le FRR a été donc employé par le passé comme une solution miracle contre le déficit budgétaire du pays. Une solution qui a échoué puisque le FRR s’est épuisé sans pouvoir remédier au déficit budgétaire. Aujourd’hui, le gouvernement algérien veut le réactiver parce qu’il n’a aucune autre solution et qu’il demeure incapable de produire de la croissance économique pour booster la production des richesses nationales et identifier ainsi de nouvelles recettes fiscales.

Il faut savoir que beaucoup d’experts ont pendant longtemps remis en cause l’efficacité du FRR.  Malgré l’importance de ce Fonds en terme de montants, il n’a jamais eu la vocation à se faire fructifier, c’est de l’argent qui reste de coté pour des objectifs de régulation. Ainsi, le FRR algérien n’intervient pas pour le financement des investissements, son rôle était de protéger l’économie contre les chutes brutales des cours du pétrole.  En plus, ce Fonds est libellé en monnaie nationale, orienté vers le marché intérieur et placé à rendement très faible, ce qui ne fait pas de lui un fonds potentiellement capable de se procurer de nouvelles recettes. Le Fond de régulation des recettes est donc un fonds domestique de
stabilisation, hors budget, appartenant au Trésor Publique, alimenté essentiellement
par la plus-value sur fiscalité pétrolière, exprimé en monnaie locale, logé à la
Banque d’Algérie et gouverné par le Ministère des finances.

Notons enfin que les équilibres financiers du pays n’ont jamais été garantis par le recours au FRR. Ces équilibres s’expliquent seulement par la situation quasiment nulle de l’endettement extérieur du pays.

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6 تعليقات

  1. Démagogie, dogmatisme, despotisme et conservatisme, nous ont menés vers l’impasse, où il reste très peu de marges de manœuvre.
    Un pays sans vrai état ni gouvernement, un peuple en nombre [ au delà de ce que cette terre peu supporter] peu civique pour ne pas dire enclin a l’anarchie faute de guide, voilà un cocktail explosif.

  2. Planche à billets, inflation, hausse des prix, gel des salaires et chômage de masses. C’est le cocktail insidieux que la Ïssaba
    aux sept têtes a mis sur pieds pour diminuer la part du gâteau qui revient au peuple pour l’affamer et le pousser à el harga.
    Ce sont les baltaguis-passeurs qui vont se frotter les mains pour le marché qui leur est mis entre les mains !
    Rien ne se perd, tout se récupère !

  3. Tiens il y a des semblants d’intelligents qui donnent des idées comme si les dirigeants vont suivre leurs conseils de débiles. Et heureusement car ils ne savent que faire blablabla.

    La planche à billets, l’inflation qui en découle n’est pas l’apanage de l’Algérie. Au fait inflation et hausse des prix cela veut dire la même chose.

    Beaucoup de pays et surtout les pays développés impriment des tonnes de billets qu’ils utilisent pour soutenir les marchés financiers et non pas pour produire. Les USA par exemple ont des dettes faramineuses irremboursables et c’est pour cela qu’il est envisagé un reset mondial.

    Bien évidemment ces pays ont des monnaies cotées qui ne se déprécient que face à l’or. Elles sont stables en apparence entre elles mais c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

    Récemment aux USA aussi, un reset sur les crédits étudiants a été opéré. Ces étudiants sont obligés de financer leurs cursus avec des emprunts, au contraire d’autres pays qui contribuent par le budget de l’État au financement de l’éducation.

    La santé aussi est dans le même registre, de même que les transports et autres entreprises publiques indispensables à la vie des citoyens.

    C’est donc trop facile de tirer à boulet rouge sur l’Algérie qui ne veut pas, à juste titre, livrer son économie aux capitalistes et autres fonds vautours.

  4. Il y’a combien de dizaines de millions d’américains qui sont exclus du système de santé?
    Combien de millions d’américains ont du s’endetter pour financer leurs études parfois pour toute une vie
    Combien de millions d’américains vivent dans la précarité ou dans la rue ( Homeless)
    J’y suis allé aux Usa et pas qu’une fois, il y’a des quartiers de blancs et des quartiers des minorités surtout des familles noires dans toutes les villes…
    Il y’a l’Amérique des cartes postales, des movies et l’Amérique profonde
    Je cite ce pays car c’est la première puissance économique , financière et militaire…et qu’elle est le déficit des States ..
    Le chiffre est hallucinant mais eux impriment des billets et le monde entier les financent
    Semmar peut nous citer la dette des USA globale et celle de l’Algérie ….pour l’Algérie c’est simple , il est de zéro…elle n’a aucune dette extérieur, et l’argent qu’elle utilise c’est l’argent qu’elle a produit
    La dette des USA est de 28.529 milliards de dollars, soit l’équivalent de 125% de son PIB…
    La dette de la france a dépassé son PIB depuis l’année dernière
    La dette du royaume du Cannabis va atteindre 100 % de son PIB à la fin de l’année car le Budget et la balance extérieur sont déficitaire depuis….30 ans…le royaume emprunte sur le marché extérieur pour combler son déficit
    Ceci dit, L’état doit réduire la voilure et arrêter de subventionner les importations ( les céréaliers français, ou les producteur de viande d’Amérique latine par exemple), les subventions pour tous ( riche, classe moyenne et pauvre)
    19 millards de $ de subventions qui ne vont pas dans la poche des plus démunis mais des plus riches
    J’ai appris que 80 % des étudiants algériens sont boursier , cela ma rappel un camarade universitaire dans les années 80, il avait la même bourse que moi, moi de père retraité…lui un papa industriel…cela lui payé l’essence pour sa voiture et son bateau de plaisance et lui restait de quoi faire quelques sorties au frais de l’état

  5. Il faut vraiment oser l’impensable pour comparer l’Algérie qui ne produit rien aux USA 1ère puissance économique mondiale ! La planche à billets sans contrepartie en Algérie sert à masquer la faillite. De la même manière que la loi qui condamne un commerçant qui stocke des pommes de terre à 30 ans de prison est une aberration pendant qu’on laisse
    filer des margoulins de son clan avec des milliards subtilisés au peuple !
    Il faut avoir des intérêts dans l’affaire pour défendre l’amoral !