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mercredi, juin 7, 2023

Exclusif. Près de 40 milliards de dollars de pertes et une dépression pendant 5 ans : ce qui attend l’Algérie à partir de 2021

L’avenir s’annonce de plus en plus sombre en Algérie à cause de la récession économique et des impacts très négatifs de la pandémie du coronavirus COVID-19. Un rapport confidentiel est en train d’être préparé en ce moment par les services de la Banque d’Algérie pour mesurer réellement les pertes financières que devra déplorer le pays d’ici la fin de l’année 2020. Et les prévisions font vraiment froid dans le dos. Et pour cause, le Produit Intérieur Brut (PIB), à savoir toute la richesse nationale, va reculer de près de 23 % d’ici la fin de l’année 2020, a appris Algérie Part de plusieurs sources concordantes bien introduites au sein de la Banque d’Algérie. 

Ce recul de 23 % se traduit dans la réalité par des pertes financières estimées à 39,79 milliards de dollars, soit près de 40 milliards de dollars. Il faut savoir que le PIB de l’Algérie avoisine les 173 milliards de dollars en temps normal. Cette année 2020, l’Algérie verra son PIB reculer de près de 40 milliards de dollars. C’est tout simplement énorme et colossal. L’Algérie fera partie des pays les plus durement touchés par la conséquences économiques et financières de la pandémie du coronavirus COVID-19.

Les prévisions des experts de la Banque d’Algérie sont nettement plus pessimistes que celles de la Banque Mondiale et de plusieurs autres institutions financières internationales lesquelles tablaient sur une contraction du PIB de 6 jusqu’à 7 %. Or, dans la réalité, la baisse sera encore plus terrible en raison de l’augmentation vertigineuse du déficit budgétaire qui risque de dépasser la barre des 20 % du PIB d’ici la fin de l’année 2020. Par ailleurs, le PIB algérien souffrira beaucoup cette année de la baisse importante des recettes l’exportation qui dépassera les -51 % tout en entraînant un creusement du déficit commercial qui s’élèvera à plus de 20 % du PIB et une détérioration du déficit du compte courant qui atteindra le niveau record de 18,8 % du PIB en 2020.

La chute de la consommation et l’investissement privés, ainsi qu’à la chute des investissements publics, qui représentent 44 % de la totalité des investissements, contribueront également à la baisse significative du PIB algérien. Malheureusement, les mesures prises pour limiter les importations et circonscrire les effets de la faible demande intérieure ne pourront pas éviter ce scénario catastrophique pour l’Algérie.

Le PIB représente la valeur de tout ce qui est produit par un pays. En tant que productrice de biens, l’industrie manufacturière y joue donc un rôle majeur. Dans la plupart des principales économies, c’est cette industrie qui tire la croissance ou permet de ralentir la récession. Or, en Algérie, l’industrie est faible, très faible pour ne pas dire quasi-inexistante. Dépendante totalement des importations, l’Algérie est donc très fragiles face aux chocs extérieurs. C’est ce qui explique en partie pourquoi cette année 2020, notre pays accusera un recul historique du PIB.

Depuis sa création en 1934 par l’économiste américain Kuznets, le PIB est devenu un indicateur incontournable: il est scruté par les marchés financiers et les gouvernements, et revêt notamment un enjeu particulier pour diverses institutions internationales qui l’utilisent comme référence dans le calcul des ratios de dette publique et de déficit budgétaire. Quand le PIB est en recul, cela signifie que les échanges monétarisés se sont fortement réduits. Et c’est très mauvais signe pour un pays.

Et pour cause, car pour rattraper ce recul, il faut créer de la croissance économique et des richesses. Or, l’Algérie ne sait pas encore faire ça ! Pour rattraper les 23 % perdus du PIB Algérien qui avoisine à peine les 173 milliards de dollars, l’Algérie devra réaliser une croissance économique dépassant les 5 % pendant 5 ans et ce de 2021 jusqu’à 2025. Cette croissance ne permettra pas au pays de se développer, mais juste de revenir à son niveau de développement et de richesse en…2019.

Mais un énorme souci se pose : l’Algérie ne sait pas faire de la croissance ! Une croissance à 5 %, l’Algérie n’a pas réalisé ce score depuis… 2004 ! Pis encore, depuis 2006, l’Algérie n’a jamais réalisé une croissance économique dépassant les 4 % ! La meilleure croissance économique de l’Algérie était de 3,80 % en 2014.  Instable politiquement, déstructurée économiquement, l’Algérie est très-mal partie pour pouvoir réaliser une croissance économique dépassant à peine les 2 %.

Dans ce contexte, on peut aisément conclure que l’Algérie est définitivement plongée dans la récession, pour ne pas dire dépression économique, qui va durer pendant de nombreuses années avec des retombées négatives sur l’emploi, les salaires et le train de vie des Algériens et Algériennes.

Signalons enfin que l’Algérie n’a jamais subi une si terrible chute de la croissance de son PIB. Jusque-là, il faudra revenir jusqu’à 1962, année de l’indépendance, pour assister à une chute du PIB atteignant les 19 %. Des moments difficiles, très difficiles attendent l’Algérie à partir de 2021. Mais le régime algérien est-il conscient des tempêtes qu’il devra affronter dans les années à venir ?

 

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