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mercredi, juin 12, 2024

Exclusif. L’étrange alliance de Petrofac avec China Huanqiu Contracting pour la réalisation d’un important projet pétrochimique à Arzew

Une alliance a été conclue en Algérie par le groupe PETROFAC, une société britannique d’ingénierie, de technologies et de la réalisation de projets dans les domaines du pétrole, du gaz et de la pétrochimie, avec l’entreprise chinoise China Huanqiu Contracting & Engineering Corporation (HQC), a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Cette alliance a été négociée et officialisée par les deux groupes étrangers qui concourent ensemble pour remporter un important marché de réalisation d’un méga-complexe pétrochimique à Arzew  (Oran), a confirmé encore Algérie Part au cours de ses investigations. 

Ce complexe concerne le fameux complexe de polypropylène à Arzew. Ce projet a été conçu entre Sonatrach et le groupe français Total depuis janvier 2019. Il a été gelé à la suite du Hirak et des troubles politiques ayant bouleversé l’Algérie depuis 2019. Ce projet pétrochimique comprend une usine de déshydrogénation de propane (PDH) et une unité de production de polypropylène (PP) d’une capacité de 550.000 tonnes par an. Le projet représente un investissement d’environ 1,4 milliard USD pour les deux partenaires et il est supervisé par une nouvelle entité appelée Sonatrach Total Entreprise Polymère (STEP détenue à 51 % par Sonatrach et à 49 % par Total). Selon nos investigations, Toufik Hakkar, le PDG de Sonatrach, penche pour PETROFAC afin de réaliser les infrastructures industrielles de ce projet que l’Algérie veut concrétiser  pour insuffler une dynamique à son économie terne et moribonde.

Mais la direction générale peine à imposer Petrofac en raison du passé très sulfureux de ce groupe britannique et de son implication dans plusieurs retentissants scandales internationaux de corruption. Il faut savoir que Petrofac est blacklistée dans plusieurs pays comme l’Arabie Saoudite et l’Irak et ce depuis 2019/2020 à cause de son implication dans de gros scandales de corruption. Le Serious Fraud Office avait révélé en 2017 de très graves accusations contre PETROFAC, portées devant un tribunal contre David Lufkin, ancien haut dirigeant de Petrofac. Le Serious Fraud Office (SFO) est une agence du Gouvernement du Royaume-Uni, dépendant du ministère de la justice.

En octobre 2021,  Le groupe d’ingénierie pétrolière britannique Petrofac a été condamné lundi par la justice britannique à payer 77 millions de livres pour corruption sur des contrats au Moyen-Orient portant sur plus de 3,5 milliards de dollars. Cette sanction correspondait à plus de 47 million de livres d’amende et près de 23 millions de confiscation, auxquels s’ajoutent une somme de 7 millions correspondant aux frais engagés par le SFO (Serious Fraud Office), l’équivalent du parquet financier, a annoncé ce dernier dans un communiqué. Le SFO avait ouvert en mai 2017 une enquête pour des faits de corruption et blanchiment d’argent. Une audience a eu lieu vendredi devant la Southwark Crown Court, au sud de Londres, au cours de laquelle Petrofac avait plaidé coupable.

Le SFO a décrit dans un communiqué public « des méthodes complexes et délibérément opaques» pour payer des pots-de-vin «via des sous-traitants, en créant de faux contrats pour des services fictifs et, dans certains cas, en les faisant passer par plusieurs agents et pays». Les contrats concernés ont une valeur totale d’environ 2,6 milliards de livres, soit plus de 3,5 milliards de dollars, et des pots-de-vin de 32 millions de livres (44 millions de dollars) ont été payés pour garantir leur signature, selon le SFO.

De son côté, Petrofac avait reconnu avoir «échoué à empêcher d’anciens employés de proposer ou d’exécuter des paiements» entre 2011 et 2017 liés à des projets en Irak, Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis. Le groupe avait averti vendredi soir que l’amende pourrait atteindre «240 millions de dollars» mais précisait avoir demandé «une réduction substantielle» notamment liée à sa capacité à payer et au fait que l’entreprise est, selon elle, «une compagnie changée».

En dépit de ces faits avérés concernant des pratiques scandaleuses et répréhensible, la direction générale de Sonatrach continue de militer pour la réhabilitation de Petrofac en Algérie. Or, Toufik Hakkar, semble avoir identifié un mécanisme sournois pour « noyer le poisson ».

Selon nos investigations, c’est le PDG de Sonatrach qui avait officié d’intermédiaire pour mettre en contact Petrofac avec la compagnie chinoise Huanqiu Contracting & Engineering Corporation (HQC) afin de créer une joint-venture dans le but de candidater ensemble à la réalisation du futur complexe pétrochimique d’Arzew. HQC est une société totalement méconnue en Algérie. Elle est, en réalité, la filiale d’une autre troublante compagnie chinoise. Il s’agit de la China National Petroleum Corporation (CNPC). Une société chinoise qui nourrit de grandes ambitions en Algérie et qui négocie secrètement depuis le début de l’année 2021 avec la direction générale de Sonatrach pour remporter la réalisationle Projet de production de Polyéthylène à Skikda, un autre méga-projet évalué à 5 milliards de dollars et que Toufik Hakkar rêve de lancer avant son éventuel départ de la direction générale de la compagnie nationale des hydrocarbures.

Depuis 2018, Toufik Hakkar, en sa qualité de membre du comité exécutif de Sonatrach et de vice-président Business Développement et Marketing de la compagnie nationale des hydrocarbures, Toufik Hakkar faisait du lobbying pour inscrire ce méga-projet sur la liste des priorités de Sonatrach dans le but de développer la pétrochimie nationale en Algérie.

Des contacts approfondis ont été entamés entre la Sonatrach et la CNPC pour concevoir la réalisation de ce méga-projet qui permettra à l’Algérie de se lancer dans la Production d’acide téréphtalique (PTA) et de Polyéthylène Téréphtalate (PET) à Skikda avec un traitement de 150.000 t/an et 120.000 t/an respectivement.

Aujourd’hui, c’est une filiale de la CNPC, à savoir HQC, qui a été incitée par l’entourage de Toufik Hakkar de s’allier avec PETROFAC afin de se positionner en force dans la course pour l’obtention du marché de la grande usine pétrochimique pour la production du polypropylène, qui sera implantée à côté de la zone industrielle d’Arzew.

Diverses sources bien introduites dans le secteur des hydrocarbures et approchées par Algérie Part sont offusquées par les dessous inquiétants de ce deal. Ces sources craignent que de voir PETROFAC, habituée aux versements des commissions aux dirigeants politiques des pays dans laquelle la compagnie britannique décroche des marchés onéreux, utiliser la HQC comme « une simple société écran » qui permet de facturer des prestations illicites afin de verser ensuite des pots-de-vin aux dirigeants de Sonatrach ou du régime algérien.

Plusieurs voix se sont élevées à Alger contre la réhabilitation de Petrofac par la direction générale de Sonatrach et estiment que la présence accrue de la société britannique sur le marché algérien des hydrocarbures pourrait ouvrir une brèche à la corruption généralisée au sein du sérail algérien.

Un autre détail troublant a été rapporté par nos sources. La CNPC, maison-mère de HQC, est liée également à la CNEC, une autre compagnie chinoise qui a créé une nouvelle société, à savoir Wuhuan Engineering, pour remporter la réalisation du méga-projet du phosphate de Tébessa, le projet phosphatier intégré (PPI) qui a tourné  finalement au méga-scandale de corruption et de trafic d’influence comme il avait été expliqué lors des révélations successives d’Algérie Part. 

C’est dire que cette alliance de Petrofac avec HQC revêt une dimension particulièrement suspecte. Soulignons enfin que le couple Petrofac/HQC est en concurrence avec 5 autres groupes étrangers dans cette compétition pour la réalisation du complexe de production du polypropylène à Arzew. Il s’agit, selon nos investigations, d’un groupement composé de Técnicas Reunidas et d’une autre société étrangère, de la société d’ingénierie japonaise (JGC) et le géant sud-coréen Samsung Engineering ainsi que l’autre géant sud-coréen Hyundai Engineering qui a formé lui-aussi un groupement avec une autre société internationale.

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