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mercredi, juin 12, 2024

Exclusif. Comment Tebboune a sauvé in extrémis le mégaprojet de Tébessa d’un énorme scandale de corruption

Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune a pu empêcher de justesse un gros scandale de corruption qui aurait pu porter un énorme préjudice à l’économie algérienne et aux intérêts suprêmes de l’Etat algérien. Il s’agit manœuvres de trucage des marchés publics et de corruption autour du stratégique Projet de phosphate intégré (PPI) de Tébessa. Le Président algérien a pris une décision radicale mais ô combien salutaire en s’appuyant sur un rapport circonstancié et détaillé des services secrets algériens.

Cette décision concerne l’annulation de tous les partenariats et accords d’association conclus par la direction générale de Sonatrach sous l’ère de l’ancien PDG Toufik Hakkar, limogé en octobre 2023 de son poste et placé sous enquête judiciaire pour de graves faits de corruption et de trafic d’influence, avec des sociétés étrangères chinoises, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Abdelmadjid Tebboune a donné de fermes instructions lors des travaux d’une récente réunion du Conseil des Ministres pour permettre à Sonatrach d’exploiter exclusivement les mines prometteuses du phosphate à Tébessa. Selon nos investigations, le Président algérien a donné l’ordre de mettre à l’écart les deux sociétés chinoises introduites en Algérie depuis mars 2022 pour lancer l’investissement autour du mégaprojet de l’exploitation et exportation du phosphate de Tébessa. Cette décision a été prise par Abdelmadjid Tebboune en se basant sur un rapport détaillé des services secrets algériens faisant état d’un risque très élevé de corruption et de détournement de l’argent public dans le sillage de ce partenariat algéro-chinois porté dans les coulisses du sérail par des lobbyistes, des hommes d’affaires et des dirigeants véreux motivés par les commissions et rétrocommissions promises par les sociétés chinoises à leurs intermédiaires algériens qui ont parrainé leur implantation dans le pays, a-t-on pu encore confirmer au cours de nos investigations.

Pour rappel, le 22 mars 2022, les autorités algériennes avaient organisé la cérémonie de signature d’un pacte d’actionnaires pour la création, en partenariat algéro-chinois, d’une société par actions de droit algérien pour entamer le développement de ce qui est appelé le Projet phosphates intégré (PPI). Officiellement, ce projet impliquait les groupes algériens ASMIDAL (filiale de Sonatrach) et Manadjim El Djazair (MANAL) d’une part, et les sociétés chinoises » Wuhuan » et « Tian’an » d’autre part, avec un investissement très important allant jusqu’à 7 milliards de dollars, s’étalera sur 4 wilayas de l’est du pays. Il comprend des projets d’infrastructures connexes nécessaires pour accompagner le PPI, estimés à 5 à 6 milliards de dollars. Pour les besoins de ce mégaprojet, une nouvelle société algéro-chinoise a été créée et appelée « Algerian Chinese Fertilizers Company » (ACFC). Sa création avait été donc annoncée officiellement le 22 mars dernier et elle devra avoir pour mission d’effectuer l’ensemble des études économiques et techniques. Par la suite, une partie de la production sera orientée vers le marché local et une grande partie sera orientée vers l’export, ce qui fera de l’Algérie « l’un des importants producteurs et exportateurs » d’engrais phosphatés sur le plan international, ont promis les initiateurs de ce mégaprojet notamment l’ancien PDG de Sonatrach de février 2020 jusqu’à octobre 2023, Toufik Hakkar.

La nouvelle société dénommée « ACFC » est détenue à 56% par la partie algérienne et à 44% par la partie chinoise. Représentant un investissement d’environ sept (7) milliards USD, le PPI est le premier projet intégré en Algérie dans le domaine de l’exploitation minière et la production d’engrais, selon les données obtenues lors de la cérémonie de signature. Or, comme il avait été expliqué par les précédentes enquêtes d’Algérie Part, les autorités algériennes avaient validé uniquement la création d’une nouvelle société dédiée à l’exploitation des gisements du phosphate du pays. Aucun ambitieux projet industriel n’avait été lancé et aucun échéancier précis n’avait été fixé pour concrétiser ce lancement. Depuis 2022, aucune activité industrielle n’a pu être lancée puisque la nouvelle société algéro-chinoise a été chargée d’effectuer « des études économiques et techniques » pour assurer la faisabilité de ce mégaprojet. Des études que la direction générale de Sonatrach avait d’ores et déjà achevé depuis 2018 en cernant avec précision le potentiel industriel de ce mégaprojet. Perte de temps, mais aussi perte d’argent car l’Algérie a beaucoup tardé pour lancer cet important projet industriel considéré comme le plus ambitieux à l’échelle africaine. Un projet qui a failli être saboté par des lobbys affairistes ayant imposé dans des circonstances troublantes, voire scandaleuses, à l’Etat algérien deux sociétés chinoises disposant de très faibles capacités financières et de références industrielles peu prestigieuses pour réaliser un investissement colossal aux enjeux stratégiques. Au final, Abdelmadjid Tebboune s’est réveillé de sa torpeur en mettant fin à une « mascarade » qui aurait pu coûter cher à l’Algérie : les deux sociétés chinoises sont exclues en raison de leurs connexions avérées avec des réseaux affairistes algériens ayant orchestré des manœuvres pour détourner jusqu’à 10 % des montants financiers consacrés aux investissements colossaux du PPI de Tébessa. La Sonatrach et sa filiale Asmidal vont se lancer seules dans cette grande aventure industrielle en mobilisant des financements algériens pour concrétiser cet espoir du renouveau économique du pays.

Pour comprendre l’intérêt stratégique du mégaprojet du phosphate de Tébessa, il suffit de savoir qu’à l’horizon 2050, la population mondiale atteindra 9 milliards d’habitants : le réchauffement climatique cumulé à la baisse des disponibilité des terres agricoles nécessite une augmentation des rendements de terres agricoles disponibles et donc le besoin en constante augmentation d’engrais. Qui contrôle la production des phosphates, contrôle la chaine de valeur mondiale de production agricole. L’Algérie dispose de plus de 2 milliards de tonnes de phosphate naturel, parmi les premières réserves mondiales avec la Chine et le Maroc ; pourtant aujourd’hui non exploitées alors qu’il représente un revenu additionnel de 3 milliards de dollars US par an. Avec le PPI de Tébessa, l’Algérie deviendra un pôle industriel majeur dans domaine hyper-stratégique. Mais la malhonnêteté et la cupidité de certains dirigeants algériens et leurs complices affairistes ont tenté de saboter définitivement ce mégaprojet industriel. Retrouvez toutes les explications sur le dessous de ces révélations dans ce podcast vidéo de notre Directeur de Publication, Abdou Semmar :

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