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mercredi, juin 12, 2024

Enquête. Hépatite virale A, rougeole ou la tuberculose : ces maladies dangereuses qui se développent dans des proportions inquiétantes en Algérie

Il n’y a pas que le coronavirus COVID-19 qui menace la santé publique en Algérie. D’autres maladies dangereuses commencent à évoluer dans des proportions alarmantes depuis 2018, a pu constater Algérie Part au cours de ses investigations et en accédant à des documents officiels du ministère de la Santé.  Hépatite A, rougeole ou tuberculose, plusieurs autres maladies virales ont entamé dans notre pays une courbe ascendante menaçant ainsi la santé publique. Explications. 

Les maladies virales les plus dangereuses menaçant la santé des algériennes et algériens sont classées dans la catégorie des maladies à déclaration obligatoire. Il s’agit par leur caractère potentiellement épidémique, sont considérées comme relevant de la santé publique et doivent être déclarées aux autorités, ceci afin de surveiller un éventuel départ d’épidémie et de prendre les mesures appropriées pour l’endiguer.

En Algérie, l’arrêté ministériel du 17 novembre 1990 précise les maladies à déclaration obligatoire que tout médecin, pharmacien ou chirurgien dentiste du secteur public ou privé, doit déclarer au service d’épidémiologie (SEMEP) le plus proche. Les maladies à déclaration obligatoire sont: -Bilharziose-Brucellose-Charbon-Choléra -Coqueluche-Diphtérie-Fièvre jaune -Fièvres typhoïde et paratyphoïdes -Hépatites virales -Infection par le virus HIV ( du SIDA ) -Kyste hydatique-Leishmaniose viscérale-Leishmaniose cutanée -Lèpre-Leptospirose-Méningite cérébro-spinale-Autres méningites non tuberculeuses-Paludisme-Peste-Poliomyélite -Rage -Rougeole-Syphilis-Tétanos-Toxi-infection alimentaire collective -Trachome -Tuberculose-Typhus exanthématique -Autres rickettsioses -Urétrite gonococcique -Urétrite non gonococcique La notification des maladies contagieuses constitue la première étape de la lutte pour l’éradication des maladies transmissibles. Elle doit mobiliser l’ensemble des personnels de santé.

Les statistiques obtenues par nos soins au cours de nos recherches démontrent que plusieurs de ces maladies virales se développent ces dernières années dans des proportions alarmantes. A titre d’exemple, les cas d’Hépatite virale A sont passés de 1 719 en 2016 jusqu’à 3 841 en 2018. Le même constat a été dressé pour les cas de l’Hépatite B dont le nombre identifié par les services du ministère de la Santé est passé de 2 861 en 2016 jusqu’à 3 519 en 2018. Pour rappel, les hépatites virales regroupent plusieurs maladies infectieuses universelles qui ont en commun une inflammation des cellules du foie liée à des virus : virus de l’hépatite A (VHA), de l’hépatite B (VHB), de l’hépatite C (VHC), de l’hépatite Delta (VHD) toujours associé au VHB, de l’hépatite E (VHE).

La Brucellose est l’autre maladie qui se développe dangereusement dans notre pays. En 2016, 8 575 cas de cette maladie virale ont été recensés en Algérie. Ce nombre est passé à partir de 2018 jusqu’à 11 031. La brucellose est une maladie bactérienne causée par diverses espèces du genre Brucella, qui infectent principalement les bovins, les porcs, les chèvres, les moutons et les chiens. La brucellose est une maladie très contagieuse qui touche essentiellement les bovins. Mais les chèvres, les chevaux, les moutons ou encore les porcs et certains gibiers, comme les lièvres ou les sangliers, peuvent également être contaminés par la bactérie Brucella abortus. Les animaux atteints ne peuvent être transportés en dehors de leur lieu d’exploitation, ni commercialisés, forcément. Des contrôles stricts ont été mis en place.

Chez l’être humain,  les symptômes classiques d’une contamination font penser à ceux d’une infection grippale : alternance de températures basses et élevées, maux de tête, sensation de malaise, courbatures. Dans les cas sévères, on peut observer des douleurs articulaires comparables à celles de l’arthrite, une inflammation du muscle cardiaque ou encore des risques d’encéphalite, d’ostéomyélite. Les femmes enceintes encourent un risque élevé de fausse couche.

Mais la Rougeole demeure la maladie virale qui subit l’expansion la plus alarmante et inquiétante en Algérie. En 2016, à peine 342 cas de rougeole ont été signalés dans notre pays. A partir de 2018, ce nombre a totalement explosé pour atteindre les 26 945 cas. C’est une augmentation vertigineuse. La rougeole se manifeste par une éruption cutanée précédée par une rhinite, une conjonctivite, une toux, accompagnée d’une fièvre très élevée et d’une grande fatigue. La guérison a lieu en une dizaine de jours, mais des complications plus ou moins graves peuvent survenir. Une personne contaminée par la rougeole peut infecter entre 15 et 20 personnes. Des complications dues au virus même ou à des surinfections peuvent survenir : laryngite, otite, pneumonie et, plus grave, encéphalite pouvant entraîner la mort ou de possibles séquelles.

La Tuberculose toutes formes continue de se développer aussi dangereusement dans notre pays notamment la tuberculose extra pulmonaire dont le nombre des cas est passé de 13 932 patients atteints en 2016 jusqu’à plus de 15 408 patients souffrant des symptômes de cette maladie inquiétante car une tuberculose qui se développe en dehors des poumons est habituellement due à une dissémination hématogène. L’infection s’étend parfois directement à partir d’un organe adjacent. Les symptômes varient selon le site mais s’associent généralement à une fièvre, à une sensation de malaise et à une perte de poids.

Signalons enfin que la lutte contre ces maladies nécessite de nombreux efforts et des moyens médicaux importants. L’expansion incontrôlée de ces maladies risque de provoquer l’ébranlement du système hospitalier. C’est pour cette raison que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande vivement la surveillance accrue de ces maladies infectieuses.

 

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