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mardi, octobre 3, 2023

Document. Le gouvernement algérien a menti : il n’y a aucune augmentation des tests de dépistage, au contraire…

C’est un document scientifique officiel qui l’affirme et le confirme : le nombre des tests de dépistage PCR pour détecter les patients contaminés par le COVID-19 n’a jamais augmenté. Au contraire, il est en train de baisser drastique et dangereusement. C’est effectivement ce qui ressort du dernier rapport scientifique sur la situation sanitaire en Algérie dressé par l’Institut National de la Santé Publique (INSP). 

Il s’agit d’une source très fiable sur la situation épidémiologique qui prévaut en Algérie. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.

Dans son dernier bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 8 juillet, l’INSP note que la part des tests de dépistage PCR dans le le diagnostic de l’infection Covid-19 est en diminution drastique depuis le 8 mai dernier.  « Ainsi, on est passé d’une proportion de 47,8 % au 08 mai, à 43,5 % au 08 juin et 33,3 % au 08 juillet. Le recul concerne de nombreuses wilayas, plus particulièrement celles des régions sanitaires Sud et Centre », explique ainsi le dernier bulletin de l’INSP obtenu par Algérie Part au cours de ses investigations.

Cette diminution de l’utilisation des tests PCR interpelle et soulève de nombreuses interrogations sur les déclarations de l’Institut Pasteur d’Alger et le ministère de la Santé qui veulent faire croire aux Algériens que les capacités de dépistage de notre pays ont été renforcées.

Les données scientifiques de l’INSP à ce sujet sont très éloquentes. Entre le 08 juin et le 08 juillet, on peut observer une accentuation de la pente à partir du 26 juin, traduisant une progression plus rapide du nombre de cas notifiés. « La proportion des cas PCR+ dans le
diagnostic continue de diminuer. Ainsi au 08 juin, celle-ci était de 43,5 % ; au 08 juillet, ce pourcentage est de 33,3 %, soit un différentiel de 14,5 points entre le 08 mai et le 08 juillet, correspondant à un recul de 30,3 % », explique ainsi le dernier bulletin scientifique de l’INSP.

La même nous apprend ains qu’au 08 juillet, le pourcentage de diagnostic des cas positifs de COVID-19 par les tests PCR par rapport à l’ensemble des cas Covid-19 est de 33,3% à l’échelle nationale. Il était de 47,8 % au 08 mai, soit un recul de 30,3 %. Pour vingt-neuf wilayas, cette proportion est inférieure à 50 % ! Pis encore, 4 wilayas ont des taux d’utilisation des tests de dépistage PCR+ inférieurs à 10 %. Ce sont Chlef (6,8 %), Médéa (7,8 %), Bordj Bou Arreridj (8,4 %) et Saïda (8,8 %). C’est du jamais vu ailleurs dans le monde car cela signifie que les tests de dépistage PCR sont tout bonnement inexistants dans ces wilayas et le personnel soignant utilise essentiellement le scanner thoracique pour dépister les patients souffrant du COVID-19. Or, il s’agit d’une méthode de dépistage qui n’est pas suffisante et souffre de plusieurs déficiences empêchant la détection des cas positifs peu symptomatiques.  

En guise de conclusion, l’INSP n’hésite à souligner dans son dernier bulletin qu' »on observe également un net recul de l’utilisation de la PCR dans le diagnostic malgré l’ouverture de nombreux laboratoires de diagnostic. Deux éléments peuvent être à l’origine de ce recul, une demande plus importante par rapport à l’offre et une indisponibilité des tests dans certains laboratoires, ces deux facteurs étant probablement intriqués et rejoignent le fait que l’épidémie Covid-19 a pris de l’ampleur ». Les autorités algériennes ont donc menti sur les capacités de dépistage de notre pays. Elles n’ont jamais augmenté récemment bien au contraire, elles ne font que baisser.

 

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