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jeudi, juin 20, 2024

Décryptage. Pourquoi l’Algérie n’exploite pas les immenses ressources en eau souterraine de son Sahara

C’est une question qui revient sur toutes les lèvres à chaque fois que le sujet de la sécheresse et de la pénurie de l’eau potable sont abordés en Algérie. Comment est-ce qu’un pays qui dispose d’immenses réserves en eau souterraine dans le sous-sol de son vaste Sahara continue de souffrir de l’accès difficile à l’eau potable ? 

En vérité, la réponse à cette question exige de la pédagogie et une profonde analyse de la situation des ressources en eau de notre pays.

Il est à souligner que les ressources en eau sont estimées en Algérie à environ 17,2 milliards de m3, 12 milliards de m 3 le volume des ressources en eau de surface dans le nord et 5,2 milliards de m3 représentant des ressources en eau dans les zones désertique. Les ressources en eau renouvelables représentent en Algérie 75% du total.

Cependant, des récentes études et recherches ont confirmé que les ressources en eau souterraine en Algérie sont inexploitées. Et pour cause,  le sud algérien dort sur un trésor en ressources en eau souterraine très impressionnant. La capacité est estimée à prés de 60.000 milliards de m3, répartie sur deux bassins. Le premier est une nappe d’une profondeur estimée entre 100-400m située dans le désert inférieur. Le deuxième est une nappe dont la profondeur se situe entre 1000-1500 m de profondeur, la capacité est de 30.000 à 40.000 km 3.  60 à 70% de ce réservoir naturel immense est situé en Algérie et 40 à 30% en Libye.

Néanmoins l’exploitation des eaux souterraines, selon les experts, engendre un coût très élevé, en plus de la haute température de cette eau évaluée à 60 ° , ce qui nécessite l’utilisation de moyens technologiques sophistiqués pour l’extraction et la transformation. Et le coût très élevé de l’exploitation de cette eau a dissuadé les autorités algériennes à se lancer dans les efforts nécessaires pour sa récupération.

Les eaux de l’Albien sont donc un thème très complexe. Cette eau de l’Albien existe en deux nappes superposées: le complexe terminal qui est à environ 400 mètres de profondeur, tandis que le continental intercalaire est à environ 2000m de profondeur. L’Albien terminal, aux eaux pures et peu profondes, se trouve entièrement dans les régions de Tidikelt, El Menéa, Adrar et Ghardaïa. L’autre Albien, dit «intercalaire» couvre une superficie de 7000km² touchant l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Ces réserves en eau, même si elles ne sont pas renouvelables, sont en mesure d’assurer l’alimentation en eau des régions du Sud pendant plusieurs siècles et permettre leur développement.

L’Algérie avait en réalité lancé un seul projet pour exploiter le potentiel formidable de ces réservoirs d’eau. Il s’agit du méga-projet de 1,9 milliard d’euros de transfert d’eau par canalisations depuis In Salah, à 770 km plus au nord, jusqu’à Tamanrasset. Le projet avait été inauguré en 2011. Ce projet a permis l’exploitation de la la nappe d’In Salah qui est dotée d’un potentiel de plus de 45.000 milliards de mètres cubes et peut largement couvrir les besoins en eau potable de toute la région à très long terme, à raison d’une consommation annuelle de cinq milliards de m3.

Deux champs de captage situés à 70 km au nord de la ville d’In Salah avaient été affectés à la satisfaction des besoins. Le transfert In Salah-Tamanrasset est également composé d’un réservoir terminal d’une capacité de 50.000 m3 pour stocker les eaux mobilisées à partir des forages, ont expliqué à l’agence APS les responsables du projet. La réalisation de cette infrastructure avait été confiée à deux groupements d’entreprises: CGC-SIPSC (Chine) et Cosider-Zakhem-Erciyas (Algérie, Liban, Turquie).

Pour envisager de réaliser un projet similaire consistant à transférer les eaux du Sahara jusqu’aux régions nord du pays, il faudra compter un investissement gigantesque qui pourrait dépasser les 10 milliards d’euros en raison de longue distance séparant les deux régions, plus de 3500 KM, et du coût élevé des équipements connexes nécessaires pour la mise en service d’un tel méga-projet. Tous ces paramètres rendent très difficile, pour ne pas dire impossible l’exploitation des eaux souterraines du Sahara algérien.

 

 

 

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