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mercredi, juin 12, 2024

Confidentiel. Les émeutes et protestations violentes au sud du pays ont contraint la Présidence algérienne à prendre « des mesures d’apaisement »

La libération de pas moins de 101 détenus d’opinion décidée par la Présidence de la République ce mercredi 14 juillet n’est pas un geste fortuit ou innocent. Il s’agit d’une « mesure d’apaisement » qui a été adoptée en raison des pressions qui ne cessent de monter crescendo sur le pouvoir algérien depuis le début des émeutes et protestations violentes au sud du pays, a pu confirmer Algérie Part auprès de plusieurs sources concordantes bien introduites au sein du sérail algérien. 

La situation est particulièrement inquiétante au sud du pays. Depuis plus d’une semaine, de violentes émeutes ont éclaté dans de nombreuses localités de la wilaya d’Ouargla. Depuis plus de 48 heures, ces protestations violentes orchestrées par des centaines de jeunes chômeurs désespérés et révoltés par la précarité qui les martyrise au quotidien se sont étendus à plusieurs autres wilayas du sud. Ghardaia, El-Oued, Illizi, In Salah, dans toutes ces régions, des jeunes chômeurs brulent des pneus, élèvent des barricades fumantes, « coupent » les routes et bloques la circulation routière à plusieurs accès très fréquentés, caillassent le mobilier urbain et affrontent sans aucune réticence les forces de sécurité notamment les forces anti-émeutes qui sont mobilisées quotidiennement dans plusieurs localités de ces régions qui sont secouées par un mouvement de protestation de grande ampleur.

Et cette ampleur préoccupe réellement les dirigeants algériens et toutes les autorités suprêmes de l’Etat central à Alger, confirment nos sources. Les bulletins de renseignements quotidiens, les fameux BRQ, communiqués par divers services de sécurité à la Présidence de la République et à l’Etat-Major de l’ANP confirment un immense sentiment de colère qui anime de grandes franges de la population à Ouargla, ses diverses localités comme Hassi Messaoud et les régions environnantes comme In Salah, El-Oued ou Ghardaia. Ces BRQ prévoient bel et bien l’expansion de ces violents mouvements de colère populaire à plusieurs autres wilayas qui souffrent des mêmes maux que la wilaya d’Ouargla. Laghouat, Tamanrasset et d’autres agglomérations peuvent rejoindre ces protestations violentes dans les jours à venir, expliquent ces BRQ. Nos sources assurent également que les rapports sécuritaires mettent en exergue les graves conséquences sur la stabilité du pays de la détresse sociale et l’appauvrissement accéléré des populations du sud.

La grosse colère des jeunes de plusieurs wilayas du sud représentent bel et bien une bombe à retardement qui pourrait exploser à la figure des autorités algériennes d’autant plus que le pays patine dans une lancinante crise financière et la marge de manoeuvre de l’Etat est de plus en plus limitée face aux problèmes délicats des populations des régions les plus déshéritées.

Face à ce contexte bouillonnant, plusieurs conseillers au Palais Présidentiel d’El-Mouradia ont suggéré fortement à Abdelmadjid Tebboune de prendre rapidement des « mesures d’apaisement » afin de calmer un tant soit peu la colère populaire et de limiter au maximum les effets de « contagion » de ces mouvements de révolte au reste des wilayas du territoire national. C’est à partir de ces propositions que le locataire du Palais d’El-Mouradia, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de remettre en liberté un nombre important de détenus d’opinion. Mais cette « mesure d’apaisement » pourra-t-elle suffire réellement pour éviter un embrasement général à travers le pays si les flammes qui consument les régions du sud s’étendent à tout le territoire national ?

 

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13 تعليقات

  1. Le problème du chômage des jeunes et des moins jeunes du Sud ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, il y a quelques années, des groupes de jeunes d’In Salah avaient attiré pacifiquement l’attention du gouvernement de Sellal dans une vidéo d’un peu plus de 4 minutes sur les conditions de vie de la jeunesse de cette région.

    Il est une réalité qu’on veut ignorer ici, c’est la propagande islamiste qui imprègne de plus en plus la mentalité des populations sahariennes surtout quand elles sont dans le dénouement. Et de toute évidence les mesurettes et les promesses non tenues depuis 2013, et même avant, conduisent à ces rébellions auxquelles nous assistons.

    D’autant plus que dans les pays voisins, le Niger surtout, les populations Touareg sont en rébellion régulière contre le régime auquel elles reprochent une marginalisation économique et politique de leur ethnie. Ça nous rappelle quelque chose, non ? Sachant aussi que l’idéologie islamiste de Boko haram tend à s’étendre à tous les pays de la région sub sahélienne, une nouvelle stratégie politique et économique est peut-être à imaginer et à mettre en place dans les plus brefs délais. En laissant de coté les beaux discours rassurants car nous avons en face de nous une idéologie basée sur le fanatisme religieux qu’aucune frontière militarisée ne peut juguler. Et comme chacun sait, cette idéologie a pour terreau l’ignorance, la précarité, le chômage, la corruption et le manque de perspectives d’avenir.
    A cela s’ajoute les conséquences du réchauffement climatique sur le mode de vie de ces populations sahéliennes. Que nos éminents décideurs viennent de découvrir depuis quelques jours… Ce phénomène tout à fait prévisible quand il est conjugué à la pression démographique affecte la sécurité alimentaire, la pauvreté et a un coût économique élevé.

    La gouvernance de Tebboune se trouve dans une impasse. Le fait de libérer des détenus d’opinion (tant mieux pour eux) n’est vraiment pas la solution à ce problème ; cette libération trahit plutôt une certaine impuissance au niveau de la tête de l’état. Nous avons là l’exemple même de ce qui caractérise nos hommes politiques qui sont dans l’incapacité à concevoir des solutions à partir de difficultés bien déterminés.
    Ce qui aurait dû être réalisé il ya une vingtaine d’années pour les populations du Sud, n’a été résolu que par des promesses et des paroles en l’air. Comme il en a été pour tout le reste. Et ce qui est rageant dans cette histoire c’est qu’à une certaine époque, l’état en avait les moyens !
    Sans être défaitiste, que peut faire ce gouvernement en supposant qu’il élabore un ambitieux plan de développement de la région saharienne alors que les caisses sont vides ? Car, il ne s’agirait pas de refaire une route, mais d’investir —effectivement— dans des structures touristiques, solaires, agricole, eau, autoroute. D’autant que d’autres régions demandent aussi leur part de développement.

    Serions-nous déjà dans le mur qui nous a été prédit par les ennemis de l’extérieur/intérieur ?

  2. On fait trop de bébés c’est cela la réalité …on est déjà à 45 millions et la population augmente de 850.000 chaque année
    De nouvelles bouches à nourrir ( produire plus d’année en année ) , de nouvelles infrastructures à construire ( écoles, hôpitaux , centrales électriques, barrages, usine dessalement d’eau de mer, et j’en passe)…
    pour les islamistes c’est Haram de le dire…c’est Allah qui subvient aux besoins de la famille mais Allah nous a donné un cerveau et notre religion la raison : on est un pays en stress hydrique, et cela va s’accentuer avec le réchauffement climatique donc on aura des difficultés de produire plus, ou d’assurer la couverture de nos besoin en eau…n’est-il pas dit dans Coran  » « wa ja3alna mina lmai’ koula chayi’n hay » …sans eau nous allons vers la catastrophe
    J’ai vécu dans le sud..en ce moment c’est invivable tellement il fait chaud…dans le nord on a la mer, les montagnes pour se rafraichir, dans le sud la chaleur est tellement ettoufante qu’on ne pas pas respirer à l’extérieur
    Le boulot n’est qu’une partie du problème mais il faut absolument arrêté d’embaucher pour des postes sans ou avec peu de qualification des gens du nord pour travailler chez Sonatrach en particulier
    Je me rappelle du gardien tué par les terroristes au site gazier de Tiguentourine ( Ain Amenas) était originaire de Tiaret..

  3. Zakaria : C’est sûr que la croissance démographique de l’Algérie joue un rôle important dans les problèmes !
    D’ailleurs, c’est la démographie africaine en général qui pose problème et qui posera de grave problèmes ! Elle va doubler en 2050 ( 2,5 milliards) et 4 milliards en 2100 ! Sauf événement majeur, ca va être le bazar !

  4. @Zakaria75 & Loji

    C’est curieux, c’est la première fois que je vous trouve d’accord tous les deux !

    Lo ji, parce qu’il trouve sans doute qu’il y’a trop d’algériens dans une France surpeuplée d’émigrés, bien qu’ en réelle décroissance démographique !

    Zakaria75 défend la Nomenklotura minoritaire (10% tout au plus ) qui squatte un pays trois fois plus grand que la France et sans doute autant plus riche ! Allons-nous assister à la stérilisation des femelles pour faire de la place à la progéniture des nouveaux occupants, après les vagues successives de Harragas ? Il n’y a qu’un pas que les héritiers irresponsables du royaume arabe de la France sont prêts à franchir pour défendre leur statut de gardiens du temple.
    La croissance démographique en Algérie n’est pas un problème. Notre problème, c’est l’occupant d’hier allié à ses héritiers d’aujourd’hui qui nous bectent notre oxygène pour nous achever par étouffement !

  5. Boussad : Réfléchir ce n’est pas ton fort !
    Vivre dans un pays où il y a un fort taux de chômage et où il y a peu de perspectives d’avenir (dépendance alimentaire, avancée du désert, pas de projets d’avenir,…) ! Est-ce vraiment raisonnable de faire beaucoup d’enfants ? Ce n’est pas un cadeau pour les enfants !
    Tu leur proposes sûrement l’émigration ! Tu penses comme Marine Lepen # La France et l’Algérie ont divorcé : La France a la garde des enfants👶👧👦#
    De façon global, la forte démographie africaine va créer des problèmes en Afrique et notamment au nord de l’Algérie avec un flux de migrants exponantiel lie au changement climatique !

  6. On aurait souhaité que le président des algériens s’implique dans ces tristes et regrettables affaires de mécontentement populaire pour apaiser les esprits.si c’est un grand honneur d’être investi de la fonction de président de la république c’est aussi l’exigence d’un devoir d’aller à la rencontre des citoyens, d’étudier localement la nature de leurs problèmes, de prendre les mesures qui s’imposent pour ne pas qu ils se sentent méprisés, ignorés ( hogra)

  7. @Lo ji

    Non ! Réfléchir ? Ce n’est pas mon fort M. Lo ji !
    Par contre, vous, dans vos démocraties « miroirs aux alouettes » vous carburez sec ! Après vous, c’est la fin du monde !
    Après avoir pillé l’Afrique et bien plus, pendant des siècles sans vous souciez de rien, vous découvrez
    à présent, comme par enchantement, les conséquences de vos méfaits dont le réchauffement climatique auquel vous avez largement contribué. Quant à son corollaire, les flux migratoires, vous en avez été les précurseurs pendant les colonisations en Afrique. Vous avez mis main basse sur les pays et toutes les richesses et vous aviez fait de ses habitants des domestiques corvéables à merci. Et au lieu de transformer sur place les minerais et autres ressources vous aviez fait le choix de tout expédier chez-vous (matières premières comme main-d’oeuvre) pour maintenir à jamais ces pays en jachère. Sous de faux airs d’aristocrate cultivé, vous vous donnez le beau rôle de dissimulateur qui frappe et qui pleure en même temps.
    Les migrants que vous attirez chez-vous suivent leurs richesses que vous leur aviez pillées. C’est un joli retour de boomerang ! Vous savez, le monde est un village maintenant, tout se sait et tout se découvre. Si au lieu de privilégier la France-Afrique du pillage pendant des décennies, vous aviez au moins opté pour la coopération féconde pour tous, on n’en serait pas là où nous en sommes ! Pour une fois, préférez l’empathie au cynisme ne vous fera que du bien, M. Lo ji !

  8. @Lo ji

    Il faut demander cela aux descendants de « l’ami de la France » et autres partisans de l’indépendance-association avec la France avec qui, le cordon ombilical est encore maintenu jusqu’à maintenant, ce dont on en souffre tous les jours !
    Mais, il est vrai, c’est un tabou qui se vit toujours sous le manteau, il ne faut pas le dire pour ne pas bousculer l’ordre établi, sous peine de crime de lèse majesté !