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jeudi, juillet 18, 2024

Comment les décisions de Tebboune ont saboté la production algérienne du pétrole

Tout a commencé le 22 mars 2020. Un Conseil des ministres exceptionnel, convoqué par le président Tebboune dans le sillage de l’effondrement des prix pétroliers, adoptait une série de mesures destinées à atténuer l’impact de la crise sur l’économie algérienne. A cette occasion, Abdelmadjid Tebboune, faisant aveuglément à certains de ses conseillers, a jugé bon de contraindre Sonatrach à réduire ses dépenses de « 14 à 7 milliards de dollars », soit la moitié. Ces coupes visent « les charges d’exploitation et les dépenses d’investissement afin de préserver les réserves de change du pays ». À peine une semaine plus tard, le dimanche 30 mars 2020, la Sonatrach avait obtempéré sans discussion.

Le groupe Sonatrach avait effectivement réduit de 50% son budget pour 2020 reportant ainsi les projets « qui ne revêtent pas un caractère urgent, en raison des retombées de la propagation du nouveau Coronavirus (Covid-19) sur les marchés pétroliers », avait affirmé  le Pdg du Groupe, Toufik Hakkar dans un entretien au quotidien « El Khabar », paru le 30 mars 2020.

« Concernant le niveau des dépenses d’investissement et de recrutement pour cette année et face aux retombées de cette crise sur l’offre et la demande, nous sommes en passe de réduire toutes les dépenses qui n’impacteront pas le niveau futur de la production, l’objectif étant de reporter certains projets et de réduire les charges d’emploi de près de 30 %, à même d’atteindre l’objectif tracé à savoir 7 milliards de dollars soit l’équivalent de 50 % du budget de Sonatrach pour cette année », avait déclaré à l’époque  Toufik Hakkar.

Cette réduction s’était  inscrit dans le cadre des mesures préventives pour atténuer un éventuel impact de la crise sur les programmes d’investissement de la société à moyen et long termes, en attendant que les tendances du marché international et les modalités de son évolution soient claires et ce à la fin du premier semestre de cette année, avait expliqué le même PDG.

Mais  ce dernier avait caché la vérité aux Algériennes et Algériens car les dépenses ont été réduites dans le secteur le plus névralgique des hydrocarbures, à savoir celui de l’exploration et du forage de nouveaux gisements et puits pour mettre en production de nouveaux champs afin de renforcer la production nationale. Ce sont ces dépenses, principalement en devises car elles nécessitent des équipements et des partenariats internationaux, qui ont été réduites significativement provoquant ainsi le gel presque total de l’activité exploration et production sur la base de nouvelles réserves pétrolières ou gazières.

En 2021, ces décisions ont produit des effets catastrophiques car l’Algérie s’est retrouvée avec un appareil productif pétrolier totalement grippé parce qu’il avait été plombé durant toute l’année 2021 par le gel des investissements productifs.

Il faut savoir les réalisations d’investissement productif dans le secteur des hydrocarbures en Algérie durant l’année 2019, en terme de physique valorisée, ont atteint 8,2 Milliards US$ équivalent, en augmentation de 5% par rapport aux réalisations de l’exercice 2018.

Les investissements dans le segment ExplorationProduction ont représenté l’essentiel des
investissements réalisés (soit 90 % du total) avec une réalisation de 7,3 Milliards US$ équivalent.

Les investissements de l’exercice 2019 ont porté principalement sur : Les programmes d’exploration et de forage de développement, le développement des gisements, notamment
les projets Boosting Hassi R’Mel Phase III, Revamping des unités satellites Sud Hassi
Messaoud, Compression ZCINA Hassi Messaoud, Périphérie Hassi Messaoud, Tinrhert, Hassi Mouina, Hassi Ba Hamou et Isarene.

Malheureusement en 2020, aucun de ces projets majeurs et importants pour la production des hydrocarbures du pays n’a pu avancer car ils ont été tous partiellement ou totalement gelés dans le cadre des décisions adoptées en mars 2020 imposant des réductions systématiques des dépenses en devises de Sonatrach. A partir de 2021, lorsque les effets de la pandémie de la COVID-19 ont commencé à reculer permettant une relance de la croissance économique mondiale provoquant au passage une augmentation inédite des prix du baril de pétrole et des livraisons du gaz naturel, l’Algérie s’est retrouvée dans l’impossibilité de bénéficier de cette nouvelle conjoncture mondiale parce que sa production nationale… a été bloquée et ralentie par les décisions restrictives de mars 2020.

Aux yeux de nombreux experts, c’est un véritable sabotage qui s’est produit car les autorités algériennes auraient pu réfléchir à l’impact et aux conséquences de ces gels des investissements et projets productifs dans le secteur des hydrocarbures. Et ces gels ont compromis la relance de la production nationale notamment celle du pétrole.

Sonatrach et ses partenaires étrangers ont payé les pots cassés de ces mauvaises décisions hâtives et irréfléchies car elles ne prenaient pas en compte les perspectives du moyen terme et du long terme des marchés mondiaux des hydrocarbures.

C’est ce qui explique pourquoi aujourd’hui l’Algérie ne peut pas exporter au-delà de 410 mille barils de pétrole par jour. Et les partenaires étrangers de Sonatrach ont énormément souffert de cette politique rigoriste sur le plan budgétaire dans le secteur des hydrocarbures puisque leur quota dans les exportations pétrolières du pays a baissé jusqu’à… 150 mille barils de pétrole par jour. Il est à souligner enfin que la contribution des gisements exploités par Sonatrach en partenariat avec ces sociétés étrangères représentait 40% du volume de la production nationale du pétrole brut en 2019, soit 19,6 Millions Tonnes.

Or, Sonatrach n’avait jamais pris en considération en 2020 les avertissements et protestations qui lui ont été formulées par ses partenaires étrangers comme Anadarko, Eni, Cepsa ou Total. La direction générale de Sonatrach a obéit aveuglement aux consignes d’un Abdelmadjid Tebboune qui ne connait rien aux nuances du secteur des hydrocarbures. La Sonatrach n’a même pas essayé de faire de la pédagogie en expliquant les dangers de ces décisions sur le futur proche de la production nationale des hydrocarbures.

La facture est plus que salée puisque des milliards de dollars sont perdus par l’Algérie au moment où le baril de pétrole a dépassé les 84 dollars…

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4 تعليقات

  1. Zemmour est un expert en tout
    Il a la science infuse et se permet de déformer la réalité
    L’année 2020 a vu un effondrement mondial des prix de l’énergie et une faillite en cascades des champs de pétrole et gaz surtout de schistes
    Les majors ont vu leurs revenus s’effondrer comme leurs cours de bourses et ce khouroutou de Zemmar nous explique que c’est un problème uniquement algerien
    Toutes les compagnies mondiales, tous les pays producteurs ont vu leurs revenus fortement baisser et on du baisser leurs productivité et arrêter ou reporter les investissements
    On ne vas comparer un petit producteur de petrole et de gaz comme l’Algerie a l’Arabie, la Russie ou les Usa qui produisent et exportent 10 fois plus
    On ne peut meme le comparer aux monarchies du golf ou l’irakqui eux produisent 3 a 4 fois plus
    Plus on a de reserves, plus on investit plus on produit
    Le jour ou k’Algerie ouvrira son marché de pétrole et de gaz de schistes, la, on pourra critiquer
    Selonle département américain de l’énergie, l’Algerie grace ses 2 millions de km2 de sahara possede la 3ème reserve mondiale de gaz de schiste et la 7ème pour le pétrole
    Pour les gisement aux nord et en méditerranée. Si d’autre pays méditerranéen ont deciyvert des gisements c est qu’ils ont attirer les investisseurs et permis aux compagnies de propecter et d’exploiter
    La Loi du 51/49 est une aberration économique qu’il faudra un jour supprimer

  2. Si l’Algérie a gagné 1000 milliards de dollars, et bien Samamra vous dira elle a perdue 10000000000000000 de dollars, quand on aime pas quelqu’un et qu’on le déteste au point de lui souhaiter tous les malheurs du monde en plus jaloux de lui on l’accuse et on déforme tout sur lui, samamra distribue sa haine par des écrits et veut convaincre ses lecteurs a partagé sa haine ,et c’est de là qu’on connait les faibles d’esprits et capricieux .