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mercredi, juin 12, 2024

Cherté excessive de la vie : Pourquoi l’Algérie est devenue une « économie anormale »

Les augmentations excessives des prix en Algérie n’ont aucun fondement rationnel. Elles ne s’expliquent par la conjoncture mondiale marquée par une inflation mondiale provoquée essentiellement par les effets désastreux de deux ans de pandémie de COVID-19 et des violences de la guerre opposant l’Ukraine à la Russie, les deux gros exportateurs de matières premières agricoles dans le monde. 

Non, les augmentations des prix en Algérie sont excessives et irrationnelles parce qu’elles sont brutales et trop élevées au regard du laps de temps très dans lequel elles interviennent. Prenons des exemples concrets. Les prix du « cachir rouge », le saucisson traditionnel algérien, ont augmenté de plus de 25 % entre février 2021 et février 2022. Et pourtant, il s’agit d’un produit purement local qui nécessite pas de nombreux intrants importés depuis l’étranger. Les prix des oeufs ont subi aussi une augmentation de plus de 35 % durant la même période et la tomate a vu ses prix s’envoler de plus de 65 % dans le même contexte.

D’autres légumes ou fruits ont subi ces affolantes augmentations des prix. Le citron, à titre d’exemple, a fait l’objet d’une augmentation de prix dépassant les 43 % entre février 2021 et février 2022 alors que les choux fleurs ont vu leur prix exploser de plus de 59 % pendant la même période.

Sur les marchés algériens, il n’y a pas que la pomme de terre qui subit ainsi des augmentations irrationnelles au niveau de ses prix. C’est une tendance qui s’est généralisée à de nombreux produits alimentaires comme le fenouil dont les prix ont monté de plus de près de 35 % ou encore le petit suisse en plaquette de 6, l’un des produits laitiers les plus populaires en Algérie, dont les prix ont augmenté de plus de 25 % entre février 2021 et février 2022.

Ces données proviennent de l’indice national des prix à la consommation est établi sur la base d’observation des prix effectuée auprès d’un échantillon de 17 villes et villages représentatifs des différentes régions du pays. Il est dressé par les services de l’Office National des Statistiques (ONS), un organisme gouvernementale et public en Algérie.  Cet indice permet essentiellement de disposer d’indicateurs d’évolution des prix de détail sur
l’ensemble du territoire national, permettant ainsi une analyse comparative de l’évolution des prix entre Alger et les autres régions du pays.

Cette cherté de la vie incessante et incontrôlable en Algérie prouve que le pays ne souffre pas seulement d’inflation. L’Algérie a dépassé ce stade. Elle fait aujourd’hui face à une véritable « stagnation ». Dans une économie de marché normale, une croissance lente empêche l’inflation. En conséquence, la demande des consommateurs diminue suffisamment pour empêcher les prix d’augmenter. Or, l’Algérie échappe à ce schéma rationnel et la cherté de la vie qui martyrise les algériennes et algériens relèvent de la « stagflation » qui se produit parce que les diverses politiques gouvernementales perturbent le fonctionnement normal du marché.

En vérité, l’Algérie a procédé à une trop grande création de monnaie sur une courte période (2020-2021) de temps lorsque le pays éprouve des difficultés à rembourser sa dette publique interne. La forte création de la monnaie qui a commencé en Algérie depuis 2017 sous l’ancien régime Bouteflika est à la base de la forte inflation que subissent aujourd’hui les Algériennes et Algéries car la croissance économique ne suit pas et les revenus des ménages algériens continuent de chuter provoquant ainsi un appauvrissement de la population.

L’Algérie est devenue donc une économie anormale parce que ses dirigeants apportent des réponses illogiques à une récession économique de grande envergure. C’est ce qui explique l’ampleur de la cherté de la vie en ce moment en Algérie.

 

 

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