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mercredi, juin 12, 2024

Au moins 40% des ménages algériens s’endettent pour faire face à la cherté de la vie

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Au moins 40% des ménages algériens sont contraints de s’endetter pour faire face à l’actuelle inflation galopante en Algérie qui provoque une cherté excessive de la vie martyrisant ainsi les familles les plus modestes. Cette réalité amère a été révélée par une étude menée par le cabinet algérien ECOtechnics spécialisé dans les domaines des études de marché et du marketing, des sondages d’opinion et de la statistique. 

Menée au mois de mai dernier en plein mois du Ramadan, le mois le plus délicat et sensible pour les consommateurs algériens en raison des traditions familiales qui provoquent des pics de consommation élevés, cette étude d’ECOtechnics dévoile que l’endettement des ménages algériens pour faire face aux dépenses onéreuses du quotidien est devenu un véritable phénomène qu’il convient d’observer et d’analyser avec beaucoup de soins.

Il faut dire que le portefeuille des ménages algériens est mise à rude épreuve durant le mois sacré de chaque année car ilest fortement sollicité en raison d’une alimentation beaucoup plus riche et plus variée que d’habitude, mais aussi pour des activités qui peuvent être tout aussi dispendieuses comme l’achat des vêtements de l’Aid El Fitr. C’est donc la période idéale pour mesurer le pouvoir d’achat des Algériens et évaluer leur capacité de dépenses et de consommation.

Malheureusement, l’étude d’ECOtechnics affirme que l’endettement des foyers algériens est devenu « la source de financement la plus importante ». « Auprès d’amis, de la famille ou des commerçants. Ils sont près de 40% des ménages qui ne couvrent pas leurs dépenses avec leurs revenus à y avoir recours », explique cette source qui a réalisé de nombreux sondages d’opinion et études de marchés sur diverses thématiques en Algérie.

« Quand on rassemble ceux qui s’endettent seulement et ceux qui ont recours concomitamment à l’utilisation de l’épargne et à l’endettement, la proportion dépasse 50% », nous apprend encore la même étude réalisée et chapeautée par des experts algériens comme Saîd IGHILAHRIZ, Statisticien économiste titulaire d’un DEA en économie publique de l’Université Paris I, ou encore Ahcene YEZLI, spécialisés des études et Conseil en Marketing, diplômé d’études supérieures en management (ECOFAM).

« Le recours à la seule épargne est relativement réduit : un peu moins de 20% de ceux qui ne couvrent pas leurs dépenses avec leurs revenus. Cela se comprend bien dans la mesure où quand un ménage a une épargne pour financer ses « trous » passagers, il ne se considère pas vraiment en difficulté. C’est précisément le rôle de l’épargne », souligne enfin cette étude qui met en exergue les grosses difficultés financières et économiques auxquelles sont confrontés les foyers algériens en raison de l’augmentation vertigineuse du coût de la vie dans leur pays.

Ce constat dressé pour le mois du Ramadan peut-être généralisé facilement aux autres périodes de l’année car l’inflation demeure accélérée en Algérie et la chute incessante de la valeur du dinar algérien conjuguée à une très faible croissance économique du pays bloque dramatiquement l’évolution des salaires des Algériens. Ce qui complique de façon alarmante le quotidien des ménages algériens dans leur lutte permanente contre la cherté de la vie. Celle-ci s’aggrave de jour en jour en raison d’une crise financière et économique de plus en plus aiguë faute d’un plan de redressement national rééquilibrant le rapport entre la demande et l’offre sur les marchés nationaux. L’endettement des foyers a donc de beaux jours devant lui en Algérie. A l’avenir, il sera même l’une des plus grosses problématiques socio-économiques qui préoccupera les Algériens.

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