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Victimes de la pandémie du coronavirus COVID-19 : pourquoi les chiffres de l’Etat algérien sous-estiment largement la réalité

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D’après les chiffres officiels de l’Etat algérien, l’épidémie du coronavirus COVID-19, qualifiée de Pandémie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a fait 716 cas contaminés et 44 décès depuis le 26 février 2020. Les 716 cas confirmés ont été recensés à travers 39 wilayas du pays, dont 12 ont enregistré entre 1 et 3 cas et les décès « ont été signalés dans 14 wilayas », indiquent les chiffres du ministère de la Santé algérien. 

Lors d’une entrevue avec des journalistes, le Président Abdelmadjid Tebboune a juré que ces chiffres ne sont pas truqués certifiant que « l’Algérie n’a absolument rien à cacher ». Mais dans les faits, malgré leur caractère officiel, ces chiffres sous-estiment largement la réalité de l’épidémie en Algérie. Explications.

Il faut savoir que l’Algérie utilise la même méthode employée en France pour recenser ses victimes de l’épidémie du COVID-19. Les autorités françaises s’appuient uniquement sur les données qui lui sont transmises par les hôpitaux et les laboratoires d’analyses biologiques de ville. En d’autres termes, seules les personnes ayant fait l’objet d’un test de dépistage du coronavirus sont comptabilisées. L’Algérie a reproduit ce modèle. Cependant, en Algérie, l’utilisation de ces tests de dépistage est extrêmement dérisoire.

Et pour cause, l’Algérie dispose seulement d’un seul laboratoire digne de ce nom capable de mener les analyses sur les échantillons prélevées sur les cas suspects ou contaminés au coronavirus. Ce laboratoire appartient à l’Institut Pasteur d’Alger et il est situé plus exactement à Dely Ibrahim, sur les hauteurs d’Alger. Officiellement, l’Etat algérien n’a jamais communiqué sur ses capacités réelles de mener des tests de dépistage. Mais, toutes les sources médicales assurent qu’elles sont faibles, voire ridicules. A peine 60 jusqu’à 150 tests par jour. L’Institut Pasteur dispose de trois annexes : Oran, Constantine et Ouargla. Mais ces annexes sont opérationnelles uniquement sur le papier et ces laboratoires manquent du matériel nécessaire et de l’encadrement scientifique idoine pour mener les analyses sur les échantillons du COVID-19.

Une autre réalité amère est occultée par l’Etat algérien : le pays fait face à une pénurie de réactifs et d’écouvillons pour le test de dépistage du Covid-19. Sans ces réactifs, les médecins et biologistes médicaux ne peuvent strictement rien faire. L’Algérie manque également cruellement d’écouvillons de prélèvements naso-pharyngés, eux aussi présents en quantités très limitées sur le territoire algérien.

Ces carences limitent considérablement les capacités de dépistage et l’identification des patients contaminés au coronavirus COVID-19. Dans certaines wilayas du pays, il faut attendre 3 ou 4 jours pour recevoir les résultats de son test de dépistage. Dans ces conditions, le ministère de la Santé algérien ne peut jamais obtenir des données réelles sur l’ampleur de l’épidémie du nouveau coronavirus COVID-19.

A cela, il faut ajouter que l’Algérie a imité une autre spécificité française dans sa politique de dépistage. En coordination avec l’Institut Pasteur France, l’Institut Pasteur Algérie pratique les tests de dépistage sur les seules les personnes montrant des “signes de gravité et des symptômes évocateurs” de la maladie peuvent en faire l’objet, de même que les professionnels de santé, les patients hospitalisés et les individus fragiles ou à risques présentant des “symptômes évocateurs” du virus.

De ce fait, l’Algérie n’a établi aucune stratégie pour identifier les « cas probables ». En clair, les autorités sanitaires algériennes n’étudient pas les personnes présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë dans les 14 jours suivant un contact étroit avec un cas confirmé. L’Algérie s’est très peu intéressée aux personnes présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre, ayant voyagé ou séjourné dans une zone d’exposition à risque dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques. Le ministère de la Santé algérien ne comptabilise les personnes suspectes présentant une pneumonie ou des signes de détresse respiratoire aiguë. Pourtant, les épidémiologistes considèrent ces personnes comme relevant du “cas possible”.

Concernant enfin le bilan des décès, l’Algérie ne prend en compte que les personnes décédées “en milieu hospitalier ». Or, au regard de ses  capacités très faibles de dépistage, de nombreux cas graves n’ont été hospitalisés ou sont décédés dans d’autres services ne relevant des unités de prise en charge des patients atteints au coronavirus COVID-19.

Au final, on peut dire que l’épidémie du coronavirus COVID-19 se propage toujours « sous le radar » : beaucoup de personnes sont déjà affectées sans le savoir. Beaucoup de personnes sont également mortes sans être identifiées. Et pour les comptabiliser, il faudra utiliser les grilles et méthodes scientifiques en oeuvre dans les pays développés.

 

Algérie : des primes de 40.000 DA pour les médecins, 20.000 DA pour les infirmiers et 10 mille Da pour le personnel des administrations de la Santé

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Pour motiver et encourager le personnel soignant algérien dans la lutte acharnée et dure contre l’épidémie du nouveau Coronavirus COVID-19, Abdelmadjid Tebboune, le Chef de l’Etat, a promis des primes exceptionnelles. Lors d’une rencontre avec les représentants de trois médias nationaux, une interview diffusée par l’ENTV, Tebboune a annoncé l’octroi d’une prime exceptionnelle au profit des personnels des structures et établissements publics relevant du secteur de la santé.

La prime est servie mensuellement selon des montants forfaitaires allant de 10.000 DA au profit des personnels administratifs et de soutien, 20.000 DA pour le personnel paramédical et de 40.000 DA pour le personnel médical. Elle est servie pour une période de trois (3) mois renouvelables. Son bénéfice peut être étendu à d’autres catégories de personnels mobilisés dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation du coronavirus. Le présent décret prend effet à compter du 15 février 2020, a précisé Abdelmadjid Tebboune.

Concernant le manque cruel de moyens de protection et d’équipements médicaux, Tebboune a promis que l’Etat mobilisera de grosses quantités de matériel sanitaire dans les jours à venir. L’Algérie a passé commande à la Chine pour l’acquisition de 100 millions masques chirurgicaux (bavettes) et de 30.000 kits de dépistage, rassure Abdelmadjid Tebboune d’après lequel  « nous avons passé commande à nos amis Chinois pour l’acquisition de masques et de kits de dépistage et ils nous ont communiqué un calendrier de livraison », a-t-il précisé lors de cette entrevue avec des représentants d’organes de presse nationaux, diffusé à la Télévision publique.

Concernant enfin le stock national de la chloroquine, l’un des traitements prometteurs contre le COVID-19 qui fait l’objet d’essais cliniques en Europe, Tebboune a assuré qu’elle est produite localement avec des capacités permettant le traitement de 200.000 Algériens. Tebboune a affirmé, en dernier lieu, qu’en cas d’épuisement des stocks et la poursuite de cette crise, « nous aurons recours aux approvisionnements reçus de la Chine, dont la livraison est prévue du 1 au 3 avril 2020 ».

 

L’Iran libère 70 000 prisonniers, la France 3500, la Tunisie 1420 et l’Algérie veut… remplir ses prisons !

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Le monde à l’envers. Grâce à cette crise mondiale du coronavirus COVID-19, l’Algérie a pu prouver qu’elle est un pays à… part. Pour éviter les ravages de l’épidémie du nouveau coronavirus COVID-19, plusieurs à travers le monde applique une recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et libère de nombreux prisonniers afin d’éviter la transformation des prisons en foyers dangereux pour toute la société. 

L’Iran, l’un des pays les plus durs au monde, a fait partie des premiers Etats qui s’est rendu à l’évidence en procédant à la libération « provisoire », mais libération tout de même, de pas moins de 70 000 prisonniers dans tout le pays “pour endiguer la propagation du coronavirus” et pour “assurer la santé des prisonniers”, a écrit le quotidien iranien Hamshahri. “Tant qu’elles ne compromettent pas la stabilité sociale et qu’elles privilégient les détenus atteints de pathologies, les libérations doivent se poursuivre”, a annoncé le chef de la justice iranien, Ebrahim Raisi.

En France, 3 500 prisonniers ont été libérés depuis le début des mesures de confinement, a annoncé la ministre de la Justice Nicole Belloubet.  Les prisonniers concernés ont tous moins de deux mois de détention restants à purger et n’ont pas été condamnés pour un crime, des actes liés au terrorisme ou des violences conjugales. Ils seront « assignés à domicile et seront réincarcérés s’ils ne respectent pas les obligations du confinement », précise la ministre française.

Pour empêcher la propagation du coronavirus parmi les détenus, l’Albanie, un pays de l’Europe de l’est, a décidé de libérer provisoirement 600 prisonniers, soit environ 10% de la population carcérale du pays. La mesure étonnante vise aussi à faire baisser la tension dans les lieux d’enfermement, où les visites sont interdites depuis le début de l’épidémie.

En Afrique, les autorités soudanaises ont décidé mercredi 25 mars de libérer plus de 4000 détenus des prisons du pays afin d’y limiter la propagation du nouveau coronavirus, a indiqué l’agence de presse officielle soudanaise Suna.

Au Maghreb, la Tunisie a décidé de libérer 1.420 prisonniers pour endiguer la propagation du COVID-19. Bref, un peu partout dans le monde, des Etats appliquent la consigne demandée par l’ONU et l’OMS… sauf en Algérie où les autorités veulent remplir encore les prisons pleines à craquer. En effet, depuis le début de l’épidémie du COVID-19, les autorités algériennes ont battu les records des arrestations arbitraires et des placements sous mandat de dépôt. Khaled Drareni, Karim Tabbou, Samir Belarbi, et d’autres encore, la liste des détenus d’opinion s’est allongée depuis le début de la pandémie du COVID-19.

Mais le meilleur est à venir. Le président Abdelmadjid Tebboune veut sanctionner toute personne qui ne respecte pas les consignes sanitaires de prévention contre le COVID-19 par de la… prison ! Incroyable, mais vrai. Tebboune est le seul président au monde qui pense lutter contre la propagation de la pandémie du coronavirus COVID-19 en enfermant les gens dans les prisons. A l’OMS et à l’ONU, Tebboune et les dirigeants algériens entreront dans l’histoire par la plus étrange des portes.

 

Exclusif. La véritable histoire de l’hospitalisation du général-major Ghriss en Suisse en pleine épidémie du COVID-19

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Notre précédent article concernant la mésaventure d’un général-major algérien dans un hôpital à Genève a suscité de nombreuses réactions. Pour répondre aux questions de nos lecteurs et lectrices, Algérie Part a décidé de faire de nouvelles révélations sur cette affaire. Ainsi, le général-major qui était hospitalisé au niveau des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), la référence en matière médicale de la Suisse francophone, avec 72 services et 11 000 collaborateurs, l’établissement qui avait abrité Abdelaziz Bouteflika dans des conditions très controversées au mois de mars 2019, s’appelle Abdelhamid Ghriss, à savoir l’actuel secrétaire général de la défense nationale. 

La semaine passée, Abdelhamid Ghriss souffrant de graves problèmes cardiaques a été suivi par un médecin de l’HUG de Genève. Ce suivi a duré 3 jours plus exactement. A la fin de ces consultations, le général-major Abdelhamid Ghriss, l’un des cerveaux de l’institution militaire algérienne depuis la chute des Bouteflika au début du mois d’avril 2019, a voulu prolonger son séjour médical à Genève pour bénéficier d’une prise en charge complète et demeurer encore plusieurs jours au niveau de l’HUG de Genève craignant que la fermeture des liaisons aériennes entre l’Europe et l’Algérie l’empêcherait de jouir des prestigieuses prestations médicales de cet hôpital suisse.

Et c’est à ce moment-là que le staff médical de l’HUG de Genève a refusé de maintenir sur place le général algérien en raison de la saturation des hôpitaux suisses dont les lits de réanimation ont été affectés à la prise en charge des patients souffrant des symptômes les plus graves du COVID-19.

Frustré et exaspéré, le général algérien doit accepter « son sort » et se rendre à l’évidence qu’il doit revenir à Alger. Mais le haut gradé algérien a gardé rancune à l’égard des autorités suisses alors que son staff médical lui a prescrit un rendez-vous au mois de juin prochain. Comme par hasard, à son retour à Alger, les relations algéro-suisses ont subi un nouveau refroidissement alors que les tensions entre les deux pays remontent à la fin de l’année 2018 en raison des désaccords opposant les deux pays dans plusieurs dossiers politiques et judiciaires. Nous y reviendrons dans nos prochaines révélations.

Quand Alger profite du Coronavirus pour régler ses comptes avec le journalisme indépendant

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Khaled Drareni est un journaliste libre et indépendant, c’est ainsi qu’il aime à se présenter, et c’est avec cet idéal et ces valeurs qu’il pratique notre métier, dans son pays, l’Algérie, 141ème au Classement mondial de la liberté de la presse. A 39 ans, le correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et de TV5 Monde en Algérie est l’une des incarnations de la liberté de l’esprit dans un environnement où cela suppose du courage.

Alors que l’épidémie de Coronavirus menace le monde en général et l’Algérie en particulier, la justice algérienne n’a eu rien de mieux à faire que d’incarcérer notre confrère, collègue et ami, le 29 mars, en application d’un mandat de dépôt délivré quelques jours plut tôt. Cette détention provisoire survient après sa mise en examen pour “incitation à attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale”, le 10 mars.

Le reporter s’est distingué par la qualité de sa couverture du soulèvement citoyen ‘’Hirak’’ qui secoue l’Algérie depuis un peu plus d’une année. Il est cité comme une source d’information neutre et fiable par les principaux médias dans la région et au-delà. Il exerce son métier de journaliste dans le respect de la déontologie, en militant d’une presse libre, pluraliste et indépendante.

Interpellé à plusieurs reprises, harcelé par les services et insensible au chantage, Khaled est devenu la cible du régime. Il a d’abord préféré de ne pas communiquer sur ces intimidations et se mobiliser pour les confrères victimes du même traitement. Nous avons soutenu cette stratégie, mais le passage à l’acte du régime change la donne. Nous lançons aujourd’hui un appel solennel pour que le régime algérien ressente la pression internationale de l’indignation et de la protestation. 

Le Covid-19 semble être considéré par un régime autoritaire réticent au pluralisme comme une aubaine. Les autorités algériennes profitent de la vacuité des rues pour remplir les prisons, ce qui relève d’un cynisme étrange. Dans cette période de crise sanitaire, où le rôle des journalistes est primordial dans la lutte contre la désinformation, cette incarcération est une atteinte aux droits fondamentaux doublée d’une mise en danger. Nous craignons pour la sécurité physique de Khaled.

La révision de la Constitution algérienne adoptée en 2016 avait apporté des garanties nouvelles pour la liberté de la presse. L’article 50 prévoit qu’aucune peine privative de liberté ne saurait être infligée pour un délit de presse. Lors de son premier conseil des ministres le 5 janvier, le président Tebboune a appelé le gouvernement à consolider la liberté de la presse. Dans une lettre que nous lui avons adressée le 10 mars dernier, nous écrivions : “Nous nous adressons à vous en tant que garant du respect et de la mise en oeuvre de la Constitution et des obligations internationales de votre pays. Nous vous appelons à intervenir immédiatement pour qu’il soit mis fin à des poursuites abusives, attentatoires à la liberté de la presse.”

L’acharnement contre Khaled est une menace contre les derniers médias libres en Algérie. Les détenteurs du pouvoir à Alger, qui tirent les ficelles de la justice, ne se rendent manifestement pas compte que le monde et plus encore la société algérienne ont changé. Les autorités algériennes font preuve d’un mépris stupéfiant des libertés, en incarcérant un journaliste qui ne fait que son métier dans des conditions déplorables, et de surcroît, en pleine épidémie.

Par Christophe Deloire, secrétaire général, et Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF

Excepté deux réunions de travail à l’hôpital militaire d’Ain Naadja, les médecins algériens n’ont toujours pas vu la délégation chinoise et son matériel sanitaire

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Au moment où la polémique enfle sur le devenir des aides médicales envoyées par la Chine à l’Algérie, les autorités algériennes refusent toujours de faire preuve de transparence et ne fournissent aucune information concrète sur l’utilisation du matériel sanitaire ramené par la délégation médicale chinoise à Alger. 

Des sources militaires ont confirmé à Algérie Part que les médecins chinois se  sont rendus depuis leur arrivée à l’hôpital militaire d’Ain Naadja où ils ont tenu deux réunions de travail avec des médecins algériens dont des médecins spécialistes dépêchés depuis les hôpitaux de Blida, El-Kettar, Beni Messous et Mustapha Bacha. Au cours de ces deux réunions, les médecins algériens ont étudié avec la délégation chinoise la stratégie qu’il faut mettre en place pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus le COVID-19. Excepté ses deux réunions, plus personne n’a revu cette délégation chinoise ni son matériel sanitaire alors que de nombreux médecins algériens de Batna jusqu’à Tlemcen en passant par Blida et Mostaganem réclament avec insistance des équipements et des moyens de protection qui manquent cruellement sur le terrain où l’épidémie continue de faire beaucoup de victimes sur le territoire national.

L’opacité totale qui entoure la gestion de ces aides médicales chinoises suscitent une énorme controverse. L’Etat algérien a annoncé aujourd’hui mardi 31 mars des poursuites judiciaires contre France 24, la chaîne de télévision française, parce qu’elle a diffusé une émission  où un interlocuteur émettait de graves critiques à l’encontre du pouvoir algérien l’accusant de détourner ces aides médicales chinoises destinées au préalable à la population algérienne et financées par une compagnie chinoise ayant réalisé de nombreux marchés stratégies, et payés en plusieurs centaines de millions de dollars, en Algérie.

Face à ces accusations, le régime algérien panique et s’en prend à l’ambassadeur de France à Alger. Mais aux Algériens, personne ne veut dire la vérité. Officieusement, plusieurs sources assurent que le matériel sanitaire offert par la Chine est entre les mains du ministère de la Santé. Officiellement, aucune image n’a été diffusée pour prouver ces dires et aucun centre hospitalier mobilisé contre la pandémie du COVID-19 n’a fait savoir qu’il avait bel et bien reçu des masques de protection ou des kits de dépistage offerts gracieusement par une grande société chinoise du BTP.

 

Exclusif. Pic de tensions entre la Suisse et l’Algérie parce que Genève a refusé de soigner un général-major algérien

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La crise bat son plein entre l’Algérie et la Suisse. Les autorités algériennes ont décidé de réduire le niveau de leur coopération avec les autorités suisses pour manifester leur colère à l’encontre de la Suisse qui avait refusé, la semaine passée, d’hospitaliser dans l’un des ses établissements de Santé un général-major algérien, l’un des plus influents décideurs de l’institution militaire algérienne, a appris Algérie Part au cours de ses investigations.

Ce général-major algérien souffre de maladie cardiaque qui fragile dangereusement son état de santé. La semaine passée, il a été transféré vers Genève à bord d’un appareil de la flotte des Groupe de liaisons aériennes ministériel (Glam) relevant de l’armée de l’air. Ce général-major algérien avait demandé de subir des soins au niveau des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), la référence en matière médicale de la Suisse francophone, avec 72 services et 11 000 collaborateurs, l’établissement qui avait abrité Abdelaziz Bouteflika dans des conditions très controversées au mois de mars 2019. Or, les responsables de cet hôpital suisse ont refusé catégoriquement de prendre en charge sur une longue durée le haut gradé de l’armée algérienne prétextant le contexte de la pandémie du COVID-19 qui mobilise tous les lits de réanimation des hôpitaux suisses. La Suisse déplore jusqu’à aujourd’hui plus de 300 morts de l’épidémie du COVID-19.

Les autorités suisses ont préféré refouler le général-major algérien pour ne pas encombrer leurs hôpitaux et les médecins du HUG de Genève ont préféré se concentrer uniquement sur la prise en charge de leurs patients souffrants des symptômes les plus graves du COVID-19.

Désappointé, le général algérien rentre à Alger où il doit se contenter des soins dispensés par l’hôpital militaire d’Ain Naadja. Mais, l’influent décideur algérien contacte rapidement ses interlocuteurs et plusieurs de ses collègues au sein du sérail algérien pour leur demander d’adopter des mesures de représailles à l’encontre de la Suisse. Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati a été, d’ailleurs, instruit de suspendre toute coopération judiciaire avec les autorités suisses. Et lorsque la Suisse a réclamé aux autorités algériennes de lui affréter un avion pour le mettre à la disposition de ses ressortissants pour les rapatrier, l’Algérie a opposé une fin de non-recevoir. La Suisse était donc obligée d’expédier un avion de la flotte Swissair pour pouvoir récupérer ses ressortissants bloqués en Algérie à cause de l’épidémie du COVI-19. Cette opération s’est déroulée aujourd’hui mardi 31 mars.

Il est à rappeler que plusieurs autres pays comme le CANADA, Etats-Unis d’Amérique et la France ont organisé également le rapatriement de leurs ressortissants désireux de revenir dans leur pays natal. Mais la Suisse a été traitée de manière beaucoup plus sévère car elle est jugée coupable d’avoir refusé de soigner un général algérien. Un crime de lèse-majesté.

Il est à rappeler que votre journal Algérie Part avait révélé comme l’Algérie avait gelé ses relations avec la Suisse depuis le début de l’année dernière 2019. Les deux pays sont en froid depuis exactement le 23 octobre 2018. Le ministère des Affaires étrangères algérien avait adressé une sévère correspondance à l’ambassadeur de Suisse à Alger pour l’informer de la volonté de l’Etat algérien de procéder au gel des rapports commerciaux avec la Suisse et de suspendre les visites des délégations économiques en signe de protestation contre les évolutions de la procédure enclenchée contre le général Nezzar.

Le bilan des morts de plus en plus lourd : sans un confinement total, il va y avoir une hécatombe en Algérie

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Ce mardi 31 mars a été encore la journée la plus meurtrière depuis le début de l’épidémie de la pandémie du coronavirus COVID-19 le 26 février dernier. Durant les dernières 24 heures, neuf nouveaux décès ont été enregistrés, portant à 44 le total des personnes mortes à cause du coronavirus, selon le dernier bilan publié ce mardi 31 mars le ministère de la Santé. Le nombre de contamination a augmenté de 132 en une journée, portant à 716 le total des cas confirmés, a ajouté la même source. Et encore ces chiffres « officiels » ne traduisent pas l’ampleur réelle de cette pandémie dans notre pays en raison des faiblesses flagrantes du dépistage et l’inexistence d’un système d’information sophistiqué qui relie l’ensemble des hôpitaux algériens. 

Les nouveaux décès déplorés en 24 heures touchent plusieurs régions à travers le pays. Il s’agit de quatre victimes qui ont été enregistrées à Blida, deux à Sétif, un à Oran, un à Tipasa et le neuvième à Bordj Bou Arreridj. Cela signifie clairement que la pandémie touche, désormais, toute l’Algérie et il ne s’agit plus de simples cas contaminés, mais de morts et de décès. De familles endeuillées.

Force est également de constater que ce bilan s’alourdit en raison des lenteurs extraordinaires dans les prises de décision des autorités algériennes. Un ministère de la Santé désorganisé, bureaucratisé, inefficace conseille mal, très mal le premier-ministre et le Président de la République. Un Chef de l’Etat affaibli et entouré par des conseillers très médiocres et inconscients du danger encouru par le pays, l’Algérie a perdu trop de temps à cause des tergiversations et du manque de réactivité de ses décideurs politiques. Avec un système de santé archaïque, rongé par la corruption et le favoritisme ainsi que le gaspillage des deniers publics, l’Etat algérien est tout simplement incapable de faire face aux conséquences les plus minimes de cette pandémie mondiale. Ni capacité de dépistage digne ce nom, ni des hôpitaux équipés de services de réanimation modernes, ni des enquêtes épidémiologiques menées selon les normes fixées par l’organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Algérie est tout bonnement le terrain idéal pour la propagation de la pandémie du COVID-19.

Dans ces conditions, l’Algérie n’a aucun autre choix que le confinement total que les Algériens doivent absolument respecter. Faute de quoi, notre pays se transformera en une véritable hécatombe. Avec près de 50 morts, l’Algérie est le pays le plus meurtri par le COVID-19 sur le continent africain. Et si rien n’est fait pour ralentir la pandémie dans les jours à venir, le bilan va atteindre des pics vertigineux à cause de la terrifiante vague de contamination qui va s’abattre sur les grandes villes algériennes. Tous les décideurs algériens sont prévenus, plus le confinement total et strict tarde à être appliqué, plus le nombre des morts va monter crescendo…

Après Boufarik, les médecins et urgentistes de l’hôpital de Batna se révoltent contre le manque de moyens face à l’épidémie du COVID-19

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Au moment où les ministres algériens s’affichent en camisoles médicales et en tenues de protection sophistiquées, les médecins, eux, continuent de mendier les moyens de protection et exposent leurs vies au danger  sans possibilités de se protéger comme l’exige les consignes sanitaires internationales. Et après l’hôpital de Boufarik dans la wilaya de Blida, ce sont les médecins du CHU « Benflis Touhami » de Batna qui ont entamé ce mardi un mouvement de protestation afin de dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles ils doivent endiguer la pandémie du COVID-19. 

Ces médecins et urgentistes ont organisé un sit-in pour clamer leur colère et leur vive inquiétude. « On nous donne à peine 10 masques de protection pendant une semaine à 10 jours alors que nous transportons les cas suspects et tous les cas contaminés jusqu’à l’hôpital. C’est un suicide de travailler dans ces conditions », confie à Algérie Part un médecin urgentiste qui travaille au niveau de l’Unité du SAMU de ce CHU de Batna.

« On ne trouve même pas les combinaisons médicales alors que nous devons se protéger en tant que personnel soignant pour pouvoir sauver la vie des patients contaminés au  COVID-19 », s’indigne un autre médecin qui dénonce les comportements inconscients de la direction générale du CHU de Batna, dirigée par Boulegroune Messaoud. Ce dernier ne veut même pas recevoir les médecins et infirmiers inquiets face à ce manque de moyens.

« Au lieu de plaider notre cause et de nous défendre auprès de la direction de la santé de la wilaya, ils nous humilient et refusent de nous recevoir en nous demandant de travailler dans des conditions qui ne peuvent garantir ni notre protection ni la protection de nos patients », soulignent enfin nos interlocuteurs. Il s’agit du deuxième mouvement de protestation après celui du personnel soignant de l’hôpital de Boufarik. Cette vague de mécontentement risque de bouleverser plusieurs autres hôpitaux algériens et le gouvernement multiplie les promesses sans lendemain.

Panique et vive inquiétude à Tlemcen et Oran : l’épidémie du coronavirus se propage parmi les médecins à cause des graves négligences des autorités

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Vive inquiétude à Oran et Tlemcen où l’épidémie du COVID-19 commence à se propager parmi le personnel soignant à cause de graves négligences des autorités qui n’ont mis en place des consignes sanitaires imposant le respect strict des règles du confinement et des gestes barrières. 

C’est dans ce contexte que plusieurs médecins de la ville d’Oran craignent pour leur vie et leur santé après avoir été en contact régulièrement ces derniers jours avec une fonctionnaire du bureau de poste de la zone d’Achaba à Oran, situé à la Cité des 1500 logements de la ville universitaire d’Oran, qui a été diagnostiquée positive au coronavirus. Or, ce bureau de poste est situé juste tout près de l’un des hôpitaux les plus importants de la ville d’Oran. Le personnel soignant se rendait régulièrement dans ce bureau de poste pour encaisser des chèques ou expédier des colis.

Malheureusement, la direction générale d’Algérie Poste s’est comportée de manière inconsciente et n’a pas sensibilisé ses employés sur la nécessité de respecter des consignes sanitaires notamment les gestes barrière et la distanciation sociale. Les employés d’Algérie Poste continuent de « se frotter » aux clients et usagers sans la moindre précaution sanitaire.

La conséquence est désastreuse puisque cette dame a certainement contaminé plusieurs personnes de son entourage et des usagers qui fréquentent régulièrement son bureau de poste. Aujourd’hui, plusieurs médecins à Oran demandent de subir  des tests de dépistage pour éviter de propager l’épidémie dans les hôpitaux d’ores et déjà fragiles face à cette crise sanitaire.

A Tlemcen, c’est un médecin urgentiste qui a été contaminée au coronavirus dans des conditions qui demeurent jusqu’à aujourd’hui très troublantes. Malheureusement, ce médecin répondant aux initiales M.R a assisté ces derniers jours à plusieurs réunions avec d’autres médecins comme il était proche de plusieurs patients fragiles. Effrayés par cette mauvaise nouvelle, des médecins de Tlemcen ont réclamé l’ouverture en toute urgence d’une enquête épidémiologique pour déterminer tous les sujets contacts de ce médecin contaminé et évaluer les risques d’une propagation de l’épidémie. Jusqu’à maintenant, la direction de la santé de la wilaya de Tlemcen n’a pas encore répondu à cette requête.

Ces deux histoires démontrent enfin que l’absence d’un confinement sérieux et strict dans les grandes villes en Algérie aggravent la propagation de l’épidémie sur le territoire national. Une erreur fatale que l’Algérie paiera cher.