Affaire des journalistes détenus : l’avocat d’Abdou Semmar porte plainte contre Anis Rahmani, le directeur d’Ennahar TV pour diffamation

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Abdou Semmar, éditeur du site d’informations Algérie Part, a été arrêté le 23 octobre dernier et placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach, le 25 octobre dernier. Abdou Semmar, de son vrai nom Mohamed Abderrahmane Semmar est poursuivi pour diffamation par voie de diffusion, menaces et atteinte à la vie privée des gens, selon son avocat Me Zakaria Benlahreche.
Les deux plaignants dans l’affaire ne sont autres que Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar et le wali d’Alger Abdelkader Zoukh pour des articles que ce dernier aurait rédigé sur son site. Malheureusement, la chaîne de télévision Ennahar a diffusé en boucle, pendant la journée du jeudi 25 octobre, des informations diffamatoires et erronées à l’encontre d’Abdou Semmar et de Merouane Boudiab les impliquant, sans aucune preuve, dans des délits plus graves, à savoir faire partie d’un réseau d’escrocs et de maîtres chanteurs qui extorquent des fonds et les transfèrent à l’étranger. La chaîne, représentée par son directeur Anis Rahmani, l’un des plaignants dans l’affaire de diffamation dans laquelle est impliqué Abdou Semmar n’a pas hésité à diffuser des images les montrant menottés au tribunal ou encore en train d’être transférés en prison.
Ce média est allé plus loin en diffusant des éléments de l’enquête censée être confidentiels jusqu’à la comparution des deux détenus, le 8 novembre prochain, en salissant leur réputation et en violant le principe de la présomption de l’innocence qui voudrait que tout accusé est innocent jusqu’à preuve de sa condamnation.
C’est pour ces raisons que l’avocat d’Abdou Semmar a déposé plainte auprès du Procureur de la République après de la Cour d’Alger contre Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar, pour acharnement médiatique et diffamation à l’encontre de son client.
L’attitude d’Ennahar en tant que média «est contraire à l’article 56 de la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie», a-t-il affirmé. «Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adnane Mellah sont innocents jusqu’à preuve du contraire et aucun média n’a le droit d’agir de la sorte en tentant d’influencer le déroulement du procès », a-t-il ajouté. Il est à rappeler que l’ONG Reporters sans frontières RSF a rédigé une lettre au Président de la République Abdelaziz Bouteflika pour lui demander d’intervenir « afin de libérer les trois journalistes poursuivis pour leur activité journalistique».

La Tunisie a dépassé la barre des 520 tests de dépistage en 24 heures, l’Algérie à peine 400 tests par jour…

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La Tunisie vient de franchir un pas en avant dans sa lutte contre l’épidémie du coronavirus COVID-19. Ces 24 dernières, la Tunisie a augmenté sa capacité de dépistage jusqu’à plus de 520 tests par jour. En effet, 529 tests de dépistage ont été réalisés ces dernières 24 heures. Ce qui a permis à la Tunisie d’identifier plus de 1.009 cas testés positifs au COVID-19 dont 42 décès. 

Il faut savoir que depuis le début de l’épidémie en Tunisie, à savoir le 2 mars dernier, un total de 24.055 tests virologiques ont été effectués par les autorités sanitaires tunisiennes. Ce qui nous fait une moyenne de plus de 400 tests de dépistage par jour. En Algérie, depuis le début de l’épidémie, les divers laboratoires affiliés à l’Institut Pasteur d’Algérie effectuaient une moyenne de 150 tests de dépistage par jour ! Il aura fallu attendra la fin du mois d’avril, à savoir plus de deux mois après le début officiel de l’épidémie le 26 février dernier, pour que cette capacité de dépistage soit portée à 400 tests par jour d’après les dires du premier responsable de l’Institut Pasteur d’Alger.

Ce qui démontre clairement le retard et le manque cruel de moyens des autorités sanitaires algériennes par rapport à leurs homologues tunisiennes. Et pourtant, l’Algérie est un pays beaucoup plus riche et prospère financièrement que la Tunisie, un pays nettement plus petit et modeste que son voisin l’Algérie.

Il faut savoir que la Tunisie souffre de graves difficultés économiques. Sa dette publique a dépassé au mois de novembre 2019 les 20 milliards de dollars. Le volume de cette dette publique atteindrait 74% du PIB à la fin 2020. Ce qui signifie que la Tunisie sera confrontée à un risque de faillite financière. Depuis 2011, la Tunisie a été contrainte d’emprunter près de 36 milliards de dollars pour terminer ses fins de mois.

En dépit de ces indicateurs au rouge, la Tunisie gère nettement mieux sa crise sanitaire que l’Algérie avec ses pétrodollars notamment en matière de dépistage et d’identification des cas contaminés au coronavirus COVID-19. C’est dire enfin que la mauvaise gouvernance plombe dangereusement l’Algérie la plus dangereuse de l’époque contemporaine…

Ghana, Mali, Kenya : lorsque l’Algérie est larguée par les pays africains dans la lutte contre le coronavirus COVID-19

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Face à cette pandémie mondiale du COVID-19, plusieurs pays sur le continent africain innovent pour trouver des solutions face au virus mortel qui menace leurs populations. Contrairement à l’Algérie, ces pays n’ont pas de pétrodollars ni des réserves de change de plusieurs milliards de dollars. Malgré leur pauvreté ou leurs moyens très limités, plusieurs pays africains ont devancé l’Algérie en matière de lutte contre le coronavirus COVID-19 à travers des solutions sanitaires innovantes. Tour d’horizon. 

En Algérie, on polémique sur la disponibilité d’un sac de semoule ou quelques kilos de pomme de terre, au Ghana, le gouvernement a fait appel aux drones pour lutter contre le COVID-19. En effet, le gouvernement ghanéen a fait appel à Zipline, une société spécialisée dans la livraison de médicaments et de sang par drones. Depuis le début du mois d’avril, près de deux cents tests de dépistage ont été expédiés par les airs dans les zones les plus reculées du pays, pour évaluer des cas suspects. « Il nous suffit désormais de 30 minutes pour faire la jonction entre les deux villes », expliquent des officiers ghanéens.  Les tests sont ensuite expédiés par le même moyen à Kumasi ou Accra, la capitale du Ghana.

Par rapport à l’Algérie, le Ghana est un pays très modeste. Son produit intérieur brut (PIB) est de 65,56 milliards USD. Celui de l’Algérie est de 173,8 milliards USD, soit deux fois supérieurs. Mais le Ghana qui compte près de 30 millions d’habitants a fait de progrès importants en matière de bonne gouvernance et de croissance économique qui dépasse les 6 % par an. En Algérie, largement dépendante du pétrole ou du gaz, cette croissance ne dépasse les 1,4 %.

En Algérie, le Président de la République gaspille son temps pour salir la réputation des journalistes indépendants, au Kenya, un autre pays où la croissance économique dépasse les 6 % par an, les autorités gouvernementales ont travaillé main dans la main avec leurs chercheurs pour trouver  des solutions innovantes afin de remédier aux pénuries des kits de dépistage au coronavirus COVID-19.

En effet,  les chercheurs de l’Institut de recherche médicale du Kenya (Kemri)  ont trouvé une solution révolutionnaire concernant les kits de test Covid-19. En réalité, ces chercheurs ont pensé à convertir les machines existantes, 8 800, utilisées pour tester la tuberculose, la grippe aviaire et le VIH en machines pour tester le coronavirus. Un procédé qui permettra au Kenya de passer à la vitesse supérieure avec le test de pas moins de 35 000 échantillons en 24 heures. « L’une de ces machines peut effectuer de deux à trois mille tests en une à deux heures environ. Donc, si vous multipliez cela par le nombre d’installations que nous serons en mesure de déployer, vous pouvez le voir ici, c’est un énorme potentiel », a déclaré haut responsable du gouvernement kenyan, lors d’un point de presse samedi.

Le Kenya, qui compte à ce jour 189 cas confirmés de Covid-19, avec 7 décès et 22 guérisons, a pris des mesures proactives depuis la déclaration du premier cas confirmé du coronavirus, le 13 mars dernier, dont la fermeture des écoles et des universités, la suspension des vols aériens, un couvre-feu de 19 heures à 5 heures et l’arrêt des déplacements et des mouvements de et vers quatre comtés qui connaissent une grande prévalence de cas confirmés de Covid-19, à savoir Nairobi, Kilifi, Mombasa et Kwale.

En Algérie, on continue d’attendre à l’aéroport d’Alger l’arrivée des avions en provenance de Chine pour importer des produits pharmaceutiques payés en devises sonnantes et trébuchantes, au Mali, l’un des pays les plus pauvres du continent africain et du monde, le gouvernement a lancé un programme ambitieux appelé : « Un Malien Un masque ».

En clair, le Mali va fabriquer plus de  20 millions de masques lavables. Pour cela, l’atelier d’habillement de l’armée malienne a été mobilisé pour confectionner plus de  250 000 masques. « Au niveau national, tout sera mis en œuvre pour que les entreprises locales de textiles, grandes, moyennes ou petites y compris les tailleurs qualifiés puissent produire sur place des millions de masques au profit de la population. Il faut que cela se fasse, car impossible n’est pas malien. A cet effet, dans le cadre du programme ‘’Un malien, un masque’’ que j’ai le plaisir d’annoncer, une commande spéciale de 20 millions de masques lavables sera livrée à Bamako… », avait annoncé à ce sujet le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) dans son adresse à la nation prononcé le 10 avril dernier.

Pour la bonne qualité de ces masques, le Mali s’est doté d’un laboratoire pour analyser la qualité des tissus utilisés dans la fabrication. Et pendant ce temps-là, en Algérie, on gaspille le peu de devises qui nous reste pour tout importer depuis l’étranger…

Et pendant ce temps-là, les arrestations et incarcérations des activistes du Hirak se poursuivent

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Pas de répit pour la machine de la répression du pouvoir algérien. En plein confinement sanitaire et en plein jeûne du mois sacré du Ramadan, les services de sécurité ont procédé à l’arrestation de plusieurs activistes et manifestants du Hirak. Cette fois-ci, c’est au sud du pays et plus exactement à Adrar que l’appareil répressif du régime algérien a procédé à l’arrestation et le placement en détention d’un activiste très engagé en faveur du Hirak. 

Il s’agit effectivement de Djaafer Ahmed Sidi Moussa qui a été arrêté vendredi soir par des agents de police en civil près de son domicile familial à Timimoun dans la wilaya d’Adrar.
Il sera présenté dimanche 3 Mai devant le procureur du tribunal de Timimoun dans la wilaya d’Adrar, nous apprend à ce sujet le collectif national de libération des détenus (CNLD). Il s’agit de Djaafer Ahmed Sidi Moussa est l’une des figures emblématiques du Hirak dans la région de Timimoun et Adrar. Chaque vendredi, depuis le 22 février, Ahmed Sidi Moussa fut l’un des leaders des marches citoyennes et populaires.

Selon nos sources, Ahmed Sidi Moussa a été arrêté en raison de ses publications sur Facebook où il n’a pas cessé de critiquer les dérives autoritaires du pouvoir en place. Ahmed Sidi Moussa risque, malheureusement, d’être incarcéré en prison demain dimanche.

Ahmed Sidi Moussa risque ainsi de subir le même triste sort que le militant Abdelkader Djabellah placé sous mandat de dépôt à Chlef jeudi dernier alors que son procès est programmé pour le mercredi 6 Mai prochain. Le mode d’emploi est toujours le même : interpellations musclées par des agents en civil, garde-à-vue et ensuite placement sous mandat de dépôt sur décision de la justice. Depuis le début du mois de Ramadan, chaque jour des arrestations et incarcérations des militants du Hirak sont déplorées à travers toutes les régions du pays.

 

Enquête. Torture, intimidations et affaires montées de toutes pièces : comment Gaid Salah a détourné à son profit la justice militaire

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Dans une première partie, Algérie Part avait publié une enquête approfondie pour expliquer les tenants et aboutissants de la confiscation de la justice militaire algérienne par l’ex-chef d’Etat-Major de l’ANP, le défunt Ahmed Gaid Salah. Nous avions expliqué les subterfuges qui ont été utilisés par Gaid Salah pour soumettre la justice militaire à son diktat. Nous avions également révélé les noms des hauts responsables militaires impliqués dans ce processus de confiscation qui a permis à Gaid Salah de devenir le maître absolue de l’institution militaire algérienne. Pis encore, nous avions relaté comment Gaid Salah s’est approprié les pouvoirs judiciaires pour neutraliser ses ennemis et éliminer ses adversaires. 

Dans cette deuxième partie, nous dévoilerons à nos lecteurs et lectrices d’autres chapitres sombres de cette histoire secrète de l’instrumentalisation de la justice militaire par Ahemd Gaid Salah dans sa quête du pouvoir absolu. Une instrumentalisation qui a pris définitivement forme depuis la nomination du général Ammar Bousis en juillet 2017 à la tête de la direction centrale de la justice militaire au niveau du ministère de la Défense nationale.

C’est grâce au travail du général Ammar Bousis que  le nouveau code de justice militaire, taillé sur mesure en fonction des besoins politiques de Gaid Salah, est adopté officiellement le 1er Aout 2018. A la suite de l’entrée en application de ce nouveau code de justice militaire, Ahmed Gaid Salah s’est lancé dans la préfabrication des dossiers judiciaires pour monter de toutes pièces des affaires pouvant justifier les incarcérations de ses adversaires qui lui sont hostiles.  Le général Ammar Bousis ne s’arrête pas là puisqu’il est l’artisan de la loi du 14/10/2019 complétant l’ordonnance du n°2-06 du 28 février 2006 portant statut général des personnels militaires. Cette loi a fixé de nouvelles conditions pour les anciens fonctionnaires de l’armée qui ne pourront plus prétendre à toute activité politique pendant une période de cinq ans suivant leur admission à la retraite.

La Présidence de la République, dirigée à l’époque par Abdelkader Bensalah, a expliqué que cet amendement « vise à la mise en conformité des dispositions du Statut général des personnels militaires et la loi organique N 10-16 du 25 août 2016 relative au Régime électoral, amandée et complétée, en faisant obligation au militaire en activité de service admis à cesser définitivement de servir dans les rangs de l’ANP de s’abstenir, pour une période de cinq (05) années à compter de la date d’effet de la cessation d’activité, d’exercer toute activité politique partisane ou de se porter candidat à une quelconque fonction politique élective ».

L’objectif étant d' »empêcher » toute atteinte à l’honneur et au respect des institutions de l’Etat ainsi qu’à l’image de marque de l’institution militaire, en ce sens que le militaire en activité de service admis à cesser définitivement de servir est placé, pour une durée fixée à cinq (05) années, en disponibilité ce qui le met à la disposition de l’ANP qui peut le rappeler à tout moment, conformément aux dispositions des articles 1 et 3 de l’Ordonnance N 76-110 du 09 décembre 1976  portant obligations militaires des citoyens algériens, avait tenté de rassurer la Présidence algérienne.

Or, dans les faits, ce texte fut concocté par le général Ammar Bousis pour empêcher que les anciens hauts gradés de l’armée ne s’aventurent dans la politique dans la perspective de s’opposer au pouvoir d’Ahmed Gaid Salah, le seul militaire autorisé à faire de la politique grâce à sa casquette de vice-ministre de la Défense nationale et de premier responsable de l’Etat-Major de l’ANP. Depuis l’avènement en politique d’un certain général à la retraite Ali Ghediri, Gaid Salah est traumatisé et craint l’enrôlement des anciens hauts gradés de l’ANP dans un mouvement politique qui lui portera du tort et contestera son pouvoir.

D’ailleurs, Ali Ghediri finira en prison le 13 juin 2019 après avoir été placé en détention par le tribunal de Dar El Beida dans une sombre affaire que la justice algérienne n’a toujours pas daigné éclaircir. L’objectif de Gaid Salah était à peine voilé : empêcher Ghediri et ses semblables de faire de la politique ou de prétendre à la magistrature suprême.

Le général Ammar Bousis avait même imaginé un subterfuge machiavélique pour garantir l’impunité au clan Gaid Salah. Il avait échafaudé un projet de loi portant sur la protection que l’Etat algérien engage à accorder à tout le personnel de la justice militaire pour le mettre à l’abri contre toutes les poursuites liées à l’exercice de ses fonctions…

Cette loi a été signée aussi par Abdelkader Bensalah dont Gaid Salah s’était servi pour faire aboutir ses projets totalitaires en les dissimulant dans des lois militaires scélérates.  Avec cette loi, le général Ammar Bousis a pu garantir aux juges et procureurs des tribunaux militaires une totale impunité lorsqu’ils sont amenés à « distribuer » les condamnations arbitraires à l’encontre des personnalités ciblées par Ahmed Gais Salah et son clan.

Mais au-delà du volet judiciaire, les dérapages d’Ahmed Gaid Salah n’ont pas connu de fin puisque certains officiers algériens ont été non-seulement emprisonnés pour des faits imaginaires ou inventés par des juges aux ordres, mais aussi torturés et violentés dans les casernes des services secrets algériens. Ce fut le sort malheureux qui avait réservé au lieutenant-colonel Fouad Boukhari.

Ce jeune procureur militaire, fils de l’ancien Procureur Général près le tribunal militaire permanent de Blida et ancien directeur central de la justice militaire, le colonel à la retraite Boukhari Belkacem, a été au début muté vers la 6e région militaire sur instruction de Gaïd-Salah dans le seul but de l’éloigner de Blida où la nouvelle équipe de magistrats militaires ayant prêté allégeance à Gaid Salah exécutait en catimini l’agenda secret du défunt chef d’Etat-Major de l’ANP.

Mais Gaid Salah ne s’est pas contenté d’excommunier Fouad Boukhari. Il voulait à tout prix casser sa carrière pour se venger contre son père avec lequel il entretient un différend historique sur lequel Algérie Part reviendra dans ses prochaines investigations. Gaid Salah convoque le général major Mohamed-Salah Benbicha, le directeur du personnel du ministère de la Défense nationale, pour lui demande d’admettre Fouad Boukhazi à la retraite anticipée.

Cependant, enivré par son esprit de revanche, Gaid Salah va finalement passer à la vitesse supérieure et ordonne au général Ammar Bousis de monter une cabale judiciaire à l’encontre de Fouad Boukhari. Ce dernier va vivre un véritable calvaire. D’abord, il a été convoqué une première fois par le général Ammar Bousis et ce dernier a tenté de le forcer à signer une demande de mise à la retraite. Le lieutenant-colonel Fouad Boukhari résiste et refuse de céder aux menaces.

Face à cet entêtement, le général Ammar Bousis a usé d’un procédé ordurier : il a menacé tout bonnement Foued Boukhari d’incarcérer son propre père le colonel Belkacem Boukhari ! Face à cette ignominie, Foued Boukhari se retrouve contraint de satisfaire les exigences d’Ammar Bousis et accepte de signer sa demande de mise à la retraite qui va le priver de son droit de bénéficier d’une pension jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de 60 ans car il n’avait pas terminé ses 25 années de service.

Les déboires du jeune Fouad Boukhari avec Gaid Salah et son équipe se sont aggravés après qu’il ait regagné la vie civile. En effet, le général Wassini Bouazza, l’ex-patron de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), monte un guet-apens au lieutenant-colonel Fouad Boukhari.

A la suite d’une sombre et douteuse affaire ayant ébranlé toute la hiérarchie de la direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) à l’époque du colonel BOB, mais qui n’a jamais été élucidée par la justice militaire, Fouad Boukhari fut interpellé et emmené en juillet 2019 dans le plus important centre opérationnel de la DGSI, la fameuse caserne « Antar » à Ben Aknoun.

Le lieutenant-colonel à la retraite Fouad Boukhari a été descendu manu-militari aux sous-sols de la caserne « Antar » où rien ne lui a été épargné : insultes, crachats, coups de bâton, chiffon « nechaf », bref, des actes de torture qui renvoient les services algériens aux heures les plus horribles de notre histoire contemporaine. A la fin de cet interrogatoire musclé, Fouad Boukhari a été transféré à l’infirmerie de la prison militaire de Blida avant d’être incarcéré en bonne et due forme dans le cadre de son inculpation dans une affaire supposée de chantage, d’abus de fonction et d’enrichissement illicite.  8 mois plus tard, à savoir fin avril 2020, comme le colonel Bob, le lieutenant-colonel Fouad Boukhari a été innocenté par la justice militaire et bénéficie d’un non-lieu. Ahmed Gaid Salah était mort et il n’y a donc plus aucune raison qui pouvait justifier son incarcération. C’est vous dire qu’il n’y avait point de justice au tribunal militaire de Blida. Tout était dicté aux juges par le général Ammar Bousis selon les désirs et envies du pharaon Ahmed Gaid Salah…

Fake News. Non, l’Agriculture ne génère pas l’équivalent des recettes pétrolières en Algérie

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Encore une Fake News. Lors de son interview vendredi soir par l’ENTV et plusieurs autres chaînes de télévision privées algériennes, le président Abdelmadjid Tebboue a fait savoir que « l’Agriculture génère plus de 25 mds USD, soit l’équivalent des recettes pétrolières ». Cette information est totalement infondée et fausse. Explications. 

D’abord, il faut savoir que cette information donnée par Abdelmadjid Tebboune a été donnée en septembre 2017 par un ministre du régime Bouteflika. « Aujourd’hui, la production nationale a une valeur estimée à plus de 3 000 milliards de dinars (environ 30 milliards de dollars), alors que ce chiffre ne dépassait pas les 500 milliards en 2000 », disait Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche en septembre 2017.

D’après le même ministre, « la superficie des terres exploitée est passée de 8,5 à 9 millions d’hectares et les superficies irriguées sont aujourd’hui estimées à quelque 2 millions d’hectares ». A l’époque, la ministre de l’agriculture algérienne avait fait savoir que l’agriculture contribuait à environ 13% du PIB et emploie plus de 10,8% de la population active. Ainsi, les références actuelles de Tebboune sont les informations avancées par l’ancien régime Bouteflika.

Or, ces informations ne reposent sur aucune statistique fiable et sérieuse. Depuis l’époque d’Abdelaziz Bouteflika, les autorités algériennes n’ont jamais cessé d’affirmer que l’agriculture algérienne satisfait 70 % des besoins alimentaires de la population algérienne. Un chiffre totalement farfelu et démenti par de nombreux experts algériens de la sécurité alimentaire. « Une grande partie de l’alimentation que nous consommons est acquise à l’extérieur dans les marchés internationaux. Nos huiles, nos sucres et la majeure partie de nos poulets viennent de l’étranger sous forme de maïs et de soja (NDLR, leur alimentation). Quand on examine attentivement les disponibilités, on s’aperçoit que la sécurité alimentaire de l’Algérie n’est réellement couverte qu’à 55 % par la production nationale, bien inférieure au 70 % annoncés ici et là », avait affirmé en 29 janvier, Fouad Chehat, expert en agronomie et ancien directeur de l’INRA.

La dépendance accrue de l’Algérie vis-à-vis des importations alimentaires approuve le constat de Fouad Chehat. Le taux de la couverture de la production locale des besoins du marché algérien sont de 30% seulement pour les céréales, 30% pour le lait, 5% pour les huiles alimentaires et 0% pour le sucre. Ces chiffres ont été confirmés officiellement par des chercheurs du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) qui ont fourni un travail d’enquête approfondi à la demande du Programme alimentaire mondial (PAM).

En conclusion, l’agriculture algérienne ne peut pas satisfaire les besoins élémentaires des Algériens. Quant au chiffre de 25 milliards de dollars rapporté par Tebboune. Il s’agit de la conversion du montant de la production nationale agricole du dinar vers le dollar américain. Or, l’agriculture algérienne produit et vend en dinar. Une monnaie non-convertible qui n’est guère reconnue ou utilisée par les banques centrales des autres pays répartis à travers le monde. L’agriculture algérienne ne ramène aucun dollar ni le moindre euro à l’Algérie. Il n’y a donc aucune comparaison possible avec les hydrocarbures qui sont la seules ressources de devises de l’Algérie avec des exportations annuelles évoluant depuis 2017 entre 30 et 35 milliards de dollars. Les exportations algériennes sont monopolisées à 97 % par les hydrocarbures.

Prenant l’exemple de l’année 2019.  Les exportations algériennes ont atteint près de 32,62 milliards de dollars (mds usd) les onze premiers mois 2019, dont près de 93% des hydrocarbures alors que les exportations hors hydrocarbures restent toujours marginales, avec près de 2,36 mds usd, ce qui représente 7,24% du volume global des exportations, contre 2,67 mds usd à la même période en 2018, en baisse de 11,70%. Le pétrole et le gaz sont donc la seule source de revenus de notre pays.

Et dans la catégorie des produits hors hydrocarbures exportés à l’étranger, les produits agricoles représentent une quantité insignifiante et dérisoire. Preuve en est, cinq produits ont totalisé plus de 74,57% des exportations hors hydrocarbures (EHH) durant les onze premiers mois de 2019, selon les chiffres de la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

Il s’agit des exportations des engrais minéraux ou chimiques azotés avec une part de 30,99%, des huiles et autres produits provenant de la distillation des goudrons (18,46%), de l’ammoniac anhydre (11,75%), des sucres de canne et de betteraves (10,55%) et des phosphates de calcium naturels 2,82%. Quant aux exportations du ciment, elles ont représenté 2,51% des EHH globales (contre 0,65%) durant la même période en 2018. L’agriculture algérienne est donc totalement inexistante sur le plan de la balance commerciale et des paiements du pays. Tebboune a démontré une nouvelle fois son incapacité à maîtriser ses dossiers.

 

 

Fake News. De grandes réserves de diamants et d’or en Algérie selon Tebboune ? Non, c’est faux !

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Vendredi soir, lors de son interview diffusée sur l’ENTV et plusieurs autres chaînes de télévision algériennes privées, Abdelmadjid Tebboune a fait croire aux Algériens et Algériennes que notre pays regorge de réserves d’or et de diamants importantes. Il s’avère que cette affirmation est totalement infondée et relève d’une Fake News. Explications. 

 

D’abord, l’or. Le seul chiffre officiel date du 11 avril 2012. A l’époque, c’est le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi, qui avait fait une déclaration au Quotidien d’Oran affirmant que les réserves aurifères prouvées du pays s’élèvent à 100 tonnes. Lors de la même interview, l’ancien ministre de l’Energie avait promis que ce chiffre devrait être revu à la hausse, car l’Algérie a l’intention d’intensifier l’exploration par ses propres moyens et en partenariat avec des groupes étrangers.

Malheureusement, cette promesse n’a jamais été concrétisée parce que l’or algérien est produit dans une seule mine située dans l’extrême sud du pays, à Tirek-Amesmessa (wilaya de Tamanrasset), dans le Hoggar. Ce site était présenté au début des années 2000 comme l’un des plus importants du continent africain. La production y avait atteint une tonne en 2009, mais a reculé depuis le retrait, pour des contraintes d’ordre financier, du partenaire australien GMA Ressources en octobre 2011. Et depuis cette date-là, l’Algérie n’a jamais vu la moindre trace de ces grosses quantités d’or. Le fantasme n’est jamais devenu une réalité. Pourquoi ?

Il faut savoir si l’Algérie recèle une importante quantité d’or dans son sous-sol, le climat joue un rôle majeur dans l’exploitation des gisements d’or. La faille monumentale qui a découpé le Hoggar occidental est certes riche en métal jaune, mais le climat de ce désert rend l’extraction difficile, ce à quoi s’ajoutent les problèmes de sécurité liés à des installations éloignées de tout. C’est pour cette raison qu’en 2011, l’Australien GMA-ressources s’est d’ailleurs retiré en laissant la place à la société nationale Sonatrach, mais aussi à des investisseurs chinois. Les australiens ont investi 33 M€ dans la mine d’Amesmessa jusqu’à 2011 et ce depuis 2003. Et cet investissement n’a rien donné de grandiose ni réussi à dévoiler les richesses de l’or du sous-sol algérien.

En novembre 2018, les autorités algériennes ont voulu relancer l’exploration et l’exploitation de l’or dans le Hoggar.  L’Algérie avait lancé la recherche des partenaires fiables pour accomplir ce projet, dans ce sens. « Des pourparlers avec plusieurs partenaires étrangers et entre autres une entreprise canadienne présente à cette rencontre », avait indiqué à l’époque le directeur des mines au niveau du ministère de l’industrie et des mines, Hanifi Mourad, en marge de la rencontre de la Mission économique « Mines et développement durable » organisée pour une délégation d’entreprises québécoise.

Mais depuis ces annonces, sur le terrain rien, absolument rien n’a été réalisé car les informations fournies par les autorités algériennes n’ont jamais été confirmées par des organismes indépendants et fiables. Dans ces conditions, la production réelle de l’or en Algérie est restée dérisoire et selon plusieurs experts contactés par Algérie Part, elle est d’à peine 100 KG d’or par an. En 2018, le ministère de l’Energie avait fait croire aux Algériens que la production aurifère devrait passer de 137 kg en 2016 à 286 KG. Encore une annonce qui n’a jamais été démontrée ni vérifiée. L’Entreprise d’exploitation des mines d’or « ENOR », filiale du groupe Sonatrach, n’a jamais été une entreprise bénéficiaire ! Son déficit était de -1,4 milliards Da en 2016 et -600 millions Da en 2017,  -400 millions Da fin 2018. Où est donc cet or caché dans notre sous-sol ? Il ne s’agit, malheureusement, que d’un fantasme entretenu par les médias algériens à la suite d’annonce fantasmagorique des autorités algériennes.

D’ailleurs, ces annonces ont nourri l’imaginaire collectif. Preuve en est, l’annonce de traces aurifères en surface de la société canadienne Mines Cancor inc. a donné le départ d’une véritable invasion du Hoggar de la part de chercheurs clandestins majoritairement venus du Niger. Équipés de détecteurs de métaux « Made in China », ces chercheurs se déplacent en 4X4 et creusent des tranchées dès que des traces d’or sont repérées.

Cette ruée vers l’or n’est pas uniquement l’œuvre de personnes désœuvrées en attirant les mafias précédemment spécialisées dans les armes et la cocaïne. Cet attrait soudain pour le métal jaune de la part de ces organisations criminelles trouve son origine dans la rumeur faisant état de la faillite des mines d’Amessemessa-Tirek. De quelques chercheurs isolés, le désert du Hoggar est à présent un lieu de concurrence entre bandes mafieuses rivales. Celles-ci débarquent avec du matériel de détection professionnel financé par les activités historiques. Plusieurs meurtres ont été constatés et chaque mois, la police algérienne procède à des arrestations et à des expulsions des chercheurs clandestins vers leur pays d’origine.

Et maintenant, le Diamant. Ce matériau le plus prestigieux et le plus prisé dans le monde a nourri tous les fantasmes en Algérie. Et ces fantasmes datent depuis l’époque du colonialisme français notamment à partir de 1833 où Paolo Francesco Peloso, consul de Piémont-Sardaigne à Alger, négocia la vente de trois diamants trouvés dans l’Oued Ghoumel, près de Constantine. La découverte fut présentée à l’Académie des Sciences de Paris et à la Société géologique de France, et l’un des diamants furent acheté en 1834 par le Muséum national d’Histoire Naturelle (MNHN) de Paris. Les géologues qui ont travaillé en Algérie au cours du 19ème siècle étaient embarrassés par cette découverte, qu’ils ont considérée comme peu fiable et ont vite oubliée. Le manque de nouvelles découvertes ainsi que la géologie de cette région du Sahara algérien, faite de sédiments marins mésozoïques, rendaient peu crédible la présence de diamant dans la région. Ainsi, Henri Fournel (1849) imaginait que ces diamants aient appartenu à l’une des femmes adultères qui, selon une légende, étaient jetées dans les gorges du Ghoumel à Constantine au temps des Romains.

Mais depuis la légende est restée vivace et même le Président Abdelmadjid Tebboune croit savoir que l’Algérie détient réellement de grandes réserves de diamant. Ce qui est encore une fois totalement faux.

En 2013, l’Agence nationale du patrimoine minier (ANPM) avait révélé que des recherches ont été menées à Reggane, dans la wilaya d’Adrar, pour identifier deux sites, dont l’un, Dar El Mass, porte un nom très évocateur. “Nous avons trouvé 1 400 grains de diamant dans un emplacement secondaire”,  avait affirmé l’ANPM qui pensait que cette découverte laisse penser qu’il y a une source principale encore inexplorée.

Or, à la suite de quelques vérifications, nous avons découvert que ces informations sur des réserves supposées de diamants sont disponibles en Algérie depuis au moins 2007 ! Il s’agit de recherches qui ont été menées dans une zone appelée « Bled El Mass », littéralement « le pays du diamant », qui est en réalité une zone d’alluvions sableuses située au sud-ouest de Reggane, au nord de l’Assedjrad, autour des champs gaziers du Djebel Aberraz. Depuis 2006/2007, des chercheurs ont trouvé des grains de diamants, ne dépassant pas les quatre millimètres de diamètre, enfouis dans des sables récents du quaternaire.

En 2007, les autorités algériennes ont tenté de trouver des investisseurs étranger pour exploiter cette concession à Reggane présentée comme une  concessions minières diamantifères. Or, aucune société internationale spécialisée dans l’exploitation des diamants n’a manifesté son intérêt car les 1500 grains de diamants étudiés recelant une faible valeur en joaillerie. Ce qui a découragé les investisseurs et même la Sonatrach n’a pas voulu investir dans cette mine de diamants car elle ne croyait pas à la fiabilité des informations communiquées par l’Office national de géologie minière (ORGM). D’autres recherches ont été menées également dans la partie  algérienne du massif de l’Eglab. Mais ces recherches n’ont rencontré aucun succès. Et  nouvelles campagnes de prospection n’ont pas abouti depuis des années à des découvertes majeures. Entre 2005 et 2007, la société sud-africaine De Beers, numéro un mondial de l’exploration et de l’exploitation des mines de diamant, a été bel bet bien contactée par l’Office national de géologie minière. Une délégation de spécialistes sud-africains s’est déplacée à l’extrême-sud algérien pour une campagne de prospection. Et elle n’a pas trouvée de grandes réserves de diamants en Algérie. Les informations de Tebboune sont une nouvelle fois infondées.

FAKE NEWS. Robert Ménard n’a plus aucune relation avec RSF depuis septembre 2008

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Vendredi soir, Abdelmadjid Tebboune a dit de nombreux mensonges totalement infondés sur l’organisation non gouvernementale (ONG) Reporters Sans Frontières (RSF). Lors de son interview diffusée sur l’ENTV, le Président algérien a fait savoir que le président de RSF, une influente ONG dans le monde qui n’a jamais cessé de dénoncer les atteintes du régime algérien à la liberté d’expression, est dirigée par un « fils de colon dont les parents ont massacré des Algériens avant l’indépendance dans la Mitidja ». Tebboune faisait référence à Robert Ménard qui est devenu maire de Bézier au sud de la France depuis 2014. 

Abdelmadjid Tebboune a de nombreuses informations totalement fausses dans ses déclarations. D’abord, Robert Ménard n’a plus aucune relation directe ou indirecte avec RSF depuis septembre 2008, c’est-à-dire depuis 12 ans ! En effet, Robert Ménard a quitté RSF en septembre 2008. Il n’occupe plus aucune fonction au sein de RSF depuis cette date-là.

Plusieurs membres historiques de RSF ont pris depuis longtemps leur distance avec Robert Ménard. Preuve en est, co-fondateurs de RSF en 1985 avec Robert Ménard, Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud ont quitté l’organisation au milieu des années 1990, pointant pour l’un « l’autoritarisme » de Robert Ménard, pour l’autre, son absence de critique des médias français, comme l’observe en 2008 un blog hébergé sur Mediapart.

Robert Ménard ne s’est pas distingué uniquement par ses polémiques anti-immigration et islamophobes. Il avait aussi adopté des positions anti-système en France comme en 2004 lorsqu’il était venu  défendre à la barre du tribunal Dieudonné, accusé de « diffamation publique à caractère racial » pour son sketch polémique de décembre 2003, réalisé dans l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » de Marc-Olivier Fogiel. En treillis, chapeau de juif orthodoxe, cagoule et papillotes, Dieudonné avait appelé les jeunes des cités « à rejoindre l’axe américano-sioniste qui [vous] offrira beaucoup de débouchés », et lancé, bras tendu, « Israheil ».

Malgré ses démêlés avec la justice, Robert Ménard continue à inviter Dieudonné dans son émission sur Sud Radio, notamment en avril 2012. A plusieurs reprises, il convie également Alain Soral, essayiste proche de l’extrême droite et ancienne plume de Jean-Marie Le Pen. En 2007, il lui ouvre même les colonnes de sa revue Médias, qu’il a fondée en 2004, alors qu’il était encore secrétaire général de RSF.

En 2012, Robert Ménard lance le site internet Boulevard Voltaire et en 2014, il entame sa carrière politique lors des élections municipales. A l’issue des élections municipales de 2014, il est élu maire de Béziers avec le soutien du Front national de l’extrême droite française. Et contrairement à ce qui a été affirmé malencontreusement par Tebboune, Robert Ménard n’est pas un colon originaire de la Mitidja. Il est né en juillet 1953 à Oran. Son père et son oncle ont milité effectivement dans les rangs de l’OAS, organisation terroriste fondée pour empêché l’Indépendance de l’Algérie. Mais ils ne sont pas de la Mitidja et vivaient à Oran.

L’actuel Président de RSF s’appelle Christophe Deloire. C’est un  journaliste, auteur et éditeur français. Il était le directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) de mai 2008 à juillet 2012.De 2006 à 2009, Christophe Deloire était directeur de collection au département « Littérature générale » de Flammarion. Sur Twitter, Christophe Deloire a répondu sèchement aux accusations de Tebboune en affirmant que « les attaques du président algérien contre RSF sont incompréhensibles ». « Sa montre semble s’être arrêtée il y a soixante ans et il est très mal renseigné. Peut-on parler du monde d’aujourd’hui sur la base de faits actuels et pas d’allégations anachroniques ? », s’est interrogé en dernier lieu le premier responsable de RSF dans son tweet.

Les graves accusations d’espionnage de Tebboune à l’égard de Khaled Drarerni suscitent une vague d’indignation en Algérie

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C’est un dérapage inédit. Vendredi soir, Abdelmadjid Tebboune a proféré de graves accusations à l’encontre du journaliste Khaled Drareni, emprisonné arbitrairement depuis le 29 mars dernier à la suite d’un mandat de dépôt émis à son encontre par le tribunal de Sidi M’hamed. Selon Tebboune, dont les propos ont été rendus publics lors d’une interview diffusée vendredi soir sur l’ENTV, Khaled Drarerni, correspondant de l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF), entretenait des liaisons dangereuses avec les ambassades étrangères à Alger et faisait des comptes rendus aux diplomates étrangers notamment occidentaux. D’après Tebboune, il n’y a aucune différence entre ce « correspondant de RSF » et un « espion ». 

Ces graves accusations sonnent comme une injure et des calomnies à l’égard de toute la famille d’un journaliste pacifique et incapable de se défendre puisqu’il est enfermé dans une cellule de prison. Ces accusations inédites émanant d’un Président de la République n’ont pas manqué de susciter une vague d’indignation en Algérie notamment au sein de la famille des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme.

« Tebboune juge Khaled Drareni à la place de la justice. Il a accablé un détenu dont le dossier judiciaire est encore au niveau du juge d’instruction », a dénoncé à ce sujet l’avocat Abdelghani Badi, l’un des plus célèbres défenseurs de la cause des détenus d’opinion en Algérie et membre actif de la corporation des avocats qui défendent Khaled Drareni.

« Ces déclarations sont effrayantes qui préfigurent le pire. Nous ne sommes plus dans un Etat de droit », ajoute l’avocat Abdelghani Badi pour exprimer toute son indignation sur sa page Facebook.

« Il a condamné Khaled Drareni alors que son procès ne s’est même pas encore tenu. N’est-ce pas là une ingérence dans les affaires de la justice ? » s’interroge à ce sujet le journaliste Lamine Mohamed, directeur du média en ligne Tariq News. « Khaled Drareni est un patriote. Tabbou est un patriote. Ali Ghedira est un patriote. Belarbi est un patriote. Et les militants en prison sont des patriotes. L’histoire jugera », a assuré à ce propos Amira Bouraoui, opposante et ex-leader du mouvement Barakat qui s’était mobilisé contre le 4e mandat successif d’Abdelaziz Bouteflika.

« S’ils avaient la moindre preuve concrète contre Khaled Drareni, ils l’auraient fuité à leurs relais médiatiques pour la diffuser. Ils n’ont rien contre ce journaliste. C’est juste une tentative de justifier la répression », explique, de son côté, Khelaf Benhadda, journaliste et chroniqueur sur El Hayet TV.

Saïd Salhi, vice-président de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH), a réagi avec véhémence aux propos de Tebboune en affirmant que le « régime doit rattraper la situation et cesser sa politique d’embargo sur les libertés publiques », a-t-il dit sur sa page Facebook. « La poursuite des pressions et des provocations à l’encontre du Hirak va mener le pays vers de multiples dangers qui vont aggraver la situation politique et sanitaire », décrète enfin Said Salhi, l’une des figures les plus engagées en faveur de la défense  des droits civiques et politiques des activistes du Hirak réprimés durement par le pouvoir algérien.

 

Changement politique, startutps, test de dépistage made in Algérie : faut-il croire aux promesses de Tebboune ?

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Ce vendredi soir, Abdelmadjid Tebboune a fait de « belles » promesses lors de sa rencontre avec 4 représentants d’organes de presse au palais présidentiel d’El-Mouradia. Diffusée sur l’ENTV, cette interview a été l’opportunité pour Tebboune de s’expliquer sur le contexte politique actuel caractérisé par les dégâts sanitaires, sociaux et économiques de l’épidémie du COVID-19. 

Et face à ce contexte, Abdelmadjid Tebboune a fait savoir qu’il faut rester optimiste. « La crise actuelle est conjoncturelle, elle n’est pas structurelle », dit-il. Selon Tebboune, les prix du baril du pétrole vont remonter jusqu’à 45-50 dollars d’ici le mois de juin. « Les conséquences de cette crise sont très difficiles, mais elles ne sont pas terribles. Nous avons perdu deux mois à cause de l’épidémie. Mais nous n’avons pas encore perdu toute l’année et nous pouvons encore tout rattraper », précise-t-il.

Et pour rassurer les Algériens et Algériennes, Tebboune a fait de nombreuses promesses. Des promesses qui paraissent utopiques. Mais Abdelmadjid Tebboune signe et persiste : ces promesses seront réalisées. De quoi s’agit-il ? Tebboune a promis, d’abord, d’accélérer le changement politique dans le pays.

« La semaine prochaine, la première copie de la nouvelle constitution sera adressée aux partis politiques et à la presse nationale pour qu’ils puissent l’étudier et nous soumettre leurs propositions », a indiqué à ce sujet Tebboune. L’actuel Chef de l’Etat a fait savoir également que le chantier de la future loi électorale avance bien et une première mouture sera prête dans les jours à venir.

Concernant la création de nouveaux emplois, Tebboune a promis aux Algériens des centaiens de nouvelles startups d’ici la fin de cette année. « Nous avons mis en place un fonds qui va financer les projets novateurs et nous donnerons une chance à tous les jeunes porteurs de projets ambitieux », a souligné Abdelmadjid Tebboune.

S’agissant des catégories de la population ayant beaucoup souffert des conséquences économiques et sociales de l’épidémie du COVID-19, Tebboune a promis de procéder au recensement des travailleurs journaliers qui ont été touchés de plein fouet par le confinement et la paralysie du pays provoquée par l’épidémie du COVID-19. D’ores et déjà, Abdelmadjid Tebboune a fait référence aux plombiers, maçons, coiffeurs, chauffeurs de Taxis, il a promis d’identifier ces catégories et de recenser les personnes fragilisées par la crise pour leur proposer des indemnités.

Concernant enfin la situation sanitaire du pays, Abdelmadjid Tebboune a promis que le premier kit de dépistage au coronavirus COVID-19 fabriqué en Algérie verra le jour d’ici 10 jours à Bouira. Tebboune n’a fourni aucune précision ou détails supplémentaires concernant ce test de dépistage made in Algérie. Mais Abdelmadjid Tebboune assure qu’il sera fabriqué entièrement en Algérie.

Avec toutes ces promesses, Tebboune tente de rassurer des Algériens très inquiets face à la décadence continue de la situation économique, politique et sociale de leur pays. Tebboune appelle les algériens et algériennes à s’émanciper de leur pessimisme . Faut-il le croire ? Faut-il le prendre au sérieux ?

Deux mois après le début de l’épidémie du COVID-19, l’Algérie n’a pas pu effectuer plus de 400 tests de dépistage par jour

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Le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le Dr Fawzi Derrar, a fait savoir ce vendredi que l’Algérie a pu augmenter le nombre des tests de dépistage du nouveau coronavirus (Covid-19) dans les laboratoires de l’Institut à travers le pays, évoquant une moyenne de plus de 400 tests quotidiens. 

D’après les informations fournis par ce haut responsable de l’Institut Pasteur à l’APS, les 20 laboratoires répartis à travers le pays réalisent actuellement plus de 400 tests de dépistage du Covid-19 par jour en moyenne contre environ 200/ jour au début de l’épidémie. Le patron de l’Institut Pasteur d’Algérie a présenté cette hausse comme étant une performance dont il faut se réjouir.

Il a expliqué également que l’Etat qui a importé 80.000 kits de dépistage a fourni à l’Institut Pasteur tous les moyens nécessaires pour la prise en charge de la santé des citoyens. Or, lorsqu’on ne peut à peine dépister 400 citoyens par jour dans un pays qui compte plus de 43 millions d’habitants peut-on réellement prétendre disposer des « moyens nécessaires » pour lutter contre l’épidémie du COVID-19 ? La réponse est malheureusement non car ces chiffres indiquent au contraire que l’Algérie  est très sous-développée et en retard par rapport à de très nombreux pays à travers le monde en matière de dépistage de la population et de diagnostic de l’épidémie du coronavirus COVID-19.

400 tests de dépistage est un chiffre sincèrement ridicule pour un pays naguère riche de ses pétrodollars et qui a dépensé plus de 4 milliards de dollars pan pour le secteur de la santé durant ces 15 dernières années. En Tunisie, notre petit voisin où le budget du secteur  de la Santé est d’à peine 1,2 milliard de dollars, les autorités sanitaires ont réussi à réaliser plus de 315 tests de dépistage au coronavirus COVID-19 par jour. Et ce depuis le début de l’épidémie ! Il faut savoir qu’en Tunisie, entre le 2 mars et le 23 avril dernier, 18.861 tests de dépistage ont été effectués. La Tunisie avec ses moyens modestes et limités égale donc l’Algérie avec ses pétrodollars. Il y a bel et bien quelque chose qui cloche.

Les chiffres avancées effectivement par les autorités sanitaires algériennes suscitent des doutes et contredisent les réalités de l’épidémie sur le terrain. A titre d’exemple, si l’Etat algérien a réellement importé 80 mille kits de dépistage, cela signifie que durant les deux mois d’avril et de mois, l’Algérie peut effectuer jusqu’à près 1333 tests de dépistages par jour. Or, aujourd’hui encore, c’est-à-dire au moment où ces tests de dépistage ont été importés, l’Algérie ne peut dépister plus de 400 cas suspects par jour. Cela signifie que l’Etat algérien n’a jamais distribué réellement 80 mille tests de dépistage au 20 laboratoires habilités à réaliser des tests de dépistage sur le territoire national. Si l’on prend en considération le chiffre de 400 tests de dépistage par jour annoncé par le directeur de l’Institut Pasteur d’Algérie, nous pouvons conclure qu’il y a à peine 24 mille kits de dépistage qui ont été distribués durant ces deux derniers mois en Algérie.

Il y a donc une terrifiante incohérence dans les chiffres et données publiées par les autorités algériennes. Cette incohérence reflète une non-maîtrise de la situation de l’épidémie COVID-19 et un amateurisme flagrant dans la gestion de cette crise sanitaire.

C’est dire que l’Algérie est vraiment un pays sous-développé en matière de santé publique. En Afrique du Sud, un pays véritablement émergent et en voie de développement, les autorités sanitaires réalisent jusqu’à 5000 tests de dépistage par jour. Plus de 143.000 tests ont été effectués en Afrique du Sud jusqu’à la mi-avril. C’est dire tout le retard qu’accumule l’Algérie par rapport à un pays émergent comme l’Afrique du Sud.