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Algiers
jeudi 13 décembre 2018

Affaire des journalistes détenus : l’avocat d’Abdou Semmar porte plainte contre Anis Rahmani, le directeur d’Ennahar TV pour diffamation

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Abdou Semmar, éditeur du site d’informations Algérie Part, a été arrêté le 23 octobre dernier et placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach, le 25 octobre dernier. Abdou Semmar, de son vrai nom Mohamed Abderrahmane Semmar est poursuivi pour diffamation par voie de diffusion, menaces et atteinte à la vie privée des gens, selon son avocat Me Zakaria Benlahreche.
Les deux plaignants dans l’affaire ne sont autres que Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar et le wali d’Alger Abdelkader Zoukh pour des articles que ce dernier aurait rédigé sur son site. Malheureusement, la chaîne de télévision Ennahar a diffusé en boucle, pendant la journée du jeudi 25 octobre, des informations diffamatoires et erronées à l’encontre d’Abdou Semmar et de Merouane Boudiab les impliquant, sans aucune preuve, dans des délits plus graves, à savoir faire partie d’un réseau d’escrocs et de maîtres chanteurs qui extorquent des fonds et les transfèrent à l’étranger. La chaîne, représentée par son directeur Anis Rahmani, l’un des plaignants dans l’affaire de diffamation dans laquelle est impliqué Abdou Semmar n’a pas hésité à diffuser des images les montrant menottés au tribunal ou encore en train d’être transférés en prison.
Ce média est allé plus loin en diffusant des éléments de l’enquête censée être confidentiels jusqu’à la comparution des deux détenus, le 8 novembre prochain, en salissant leur réputation et en violant le principe de la présomption de l’innocence qui voudrait que tout accusé est innocent jusqu’à preuve de sa condamnation.
C’est pour ces raisons que l’avocat d’Abdou Semmar a déposé plainte auprès du Procureur de la République après de la Cour d’Alger contre Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar, pour acharnement médiatique et diffamation à l’encontre de son client.
L’attitude d’Ennahar en tant que média «est contraire à l’article 56 de la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie», a-t-il affirmé. «Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adnane Mellah sont innocents jusqu’à preuve du contraire et aucun média n’a le droit d’agir de la sorte en tentant d’influencer le déroulement du procès », a-t-il ajouté. Il est à rappeler que l’ONG Reporters sans frontières RSF a rédigé une lettre au Président de la République Abdelaziz Bouteflika pour lui demander d’intervenir « afin de libérer les trois journalistes poursuivis pour leur activité journalistique».

Visite d’une importante délégation d’entreprises françaises des industries parapétrolières et paragazières en Algérie

Evolen, le groupement des entreprises et des professionnels français des hydrocarbures et des énergies connexes, organise, du 10 au 13 décembre, en partenariat avec Business France, la venue en Algérie de dirigeants de 23 sociétés françaises des industries parapétrolières et paragazières.

Durant son séjour, cette délégation rencontrera les principaux acteurs du secteur
des hydrocarbures en Algérie. Cette mission collective vise à s’informer sur les projets de
développement dans le domaine des hydrocarbures et sur les possibilités de partenariats entre les acteurs des deux côtés de la Méditerranée.

Cette délégation est composée des dirigeants et représentants des entreprises:

– ALFA LAVAL : production d’échangeurs, systèmes de séparation et transfert des fluides
(www.alfalaval.fr)

– ATEX SYSTEM : études et fourniture de solutions électriques implantées en
atmosphères explosibles (www.atex-system.com)

– CIS : Services (restauration, hôtellerie, facility management, services supports) pour les
industries extractives (www.cis-integratedservices.com)

– COMSIP : ingénierie et experts pour le développement de projets industriels
(www.comsip.fr)

– DORIS Engineering : ingénierie pour le secteur de l’énergie (www.dorisengineering.com)

– ENTREPOSE : ingénierie et réalisation de projets industriels (www.entrepose.com)

FLUIDES SERVICE TECHNOLOGIES : conception et construction d’ensembles sur
mesure pour la génération de fluides industriels (www.fluides-service.com)

– IMS : assistance technique et ingénierie pour la réalisation et l’exploitation
d’installations industrielles

– INSTITUT DE SOUDURE : inspection, contrôle, expertise, formation et certification des
matériaux et soudures (www.isgroupe.com)

– JHC : produits et équipements pour les industries des hydrocarbures et des mines
(www.jhc-gaz.com)

– MANOIR AGRIANDRE : chaudronnerie spécialisée pour la pétrochimie, l’énergie et les hydrocarbures (www.manoir-industries.com)

– MASAP : assistance et support à l’ingénierie, à la gestion de projets, à l’audit et à
l’inspection pour les industries des hydrocarbures et des mines (www.masap.fr)

– NEOPOLIA : réseau de 250 entreprises industrielles de la Région des Pays de la Loire
(www.neopolia.fr)

– NEWREST : gestion de base-vie, catering, gestion hôtelière, services associés
(www.newrest.eu)

– NIEDAX FRANCE: fabricant de systèmes de supportage de câbles métalliques et
d’accessoires associés (www.niedaxfrance.fr)

– PROJECT MATERIALS :solutions d’approvisionnement pour tous les matériaux en acier
destinés au secteur de l’énergie (www.pmpiping.com)

PONTICELLI : travaux neufs et de maintenance pour l’industrie (www.ponticelli.fr)

– SAIPEM FRANCE: ingénierie et construction d’installations industrielles, forage,
ressources nouvelles

– SEAOWL ENERGY SERVICES: fourniture de services techniques pour la filière amont de
l’industrie des hydrocarbures (www.seaowlgroup.com)

– SEGULA : ingénierie multidiscipline (www.segulatechnologies.com)

– SPIE : ingénierie, intégrateur de solutions techniques et services à valeur ajoutée pour
la réalisation et l’exploitation d’installations industrielles dans le secteur des
hydrocarbures et de l’énergie (www.spie.com)

– TECHNOGENIA : carbure de tungstène, réparation d’outils de forage, revêtement laser
anti-usure (www.technogenia.com)

– VEOLIA : solutions pour la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie
(www.veolia.com)

 

Evolen est une association qui compte près de 1300 adhérents dont 250 entreprises et plus de 1000 professionnels. Les champs d’expertise couverts par ses membres portent sur tous les domaines de l’industrie des hydrocarbures, ainsi que sur les énergies nouvelles (éolien, énergie marine, stockage d’énergie, etc.)

Enquête. Algérie : cette richesse minière du pays longtemps négligée au profit du pétrole

Alors que les ressources naturelles de l’Algérie sont considérables et variées, l’apport de la branche des mines et carrières ne dépasse pas 1% du PIB du pays. Les phosphates et les granulats pour la construction constituent les principaux moteurs de la branche.
La loi de 2001 sur les mines, simulant l’ouverture du secteur à l’investissement privé, a
permis au ministère d’attribuer plus de 1100 concessions dont plus 50% pour l’exploration
ou la prospection. Elle a aussi encouragé la réalisation de plusieurs investissements à
travers l’association avec des sociétés étrangères dans l’exploration ou l’exploitation de
gisements dor, zinc, plomb, fer et calcaire. L’Algérie produit 31 substances minérales à
travers 1146 unités de production. L’Algérie est le 5ème exportateur et le 10ème producteur de phosphate au monde.
La majorité des concessions est contrôlé par le secteur privé (80% des titres délivrés). La
plupart des équipements de production du secteur des mines et carrières vient de
l’importation. 104 millions de dollars US a été la valeur des importations de machines à
concasser ou broyer en 2010, alors que les acquisitions de tombereaux de l’étranger se sont élevés à plus de 15 millions de dollars US. La France est le premier fournisseur de
concasseurs avec 20% de parts de marché, puis l’Italie qui représente le deuxième
fournisseur (avec 17%) et en troisième place on trouve l’Espagne.
La production de granulats pour la construction constitue l’épine dorsale du secteur. Avec
un taux de croissance annuel moyen qui dépasse 30% depuis 2005. Et une production de
68,7 M m3 dont 55,3 M m3 d’agrégats et 13,4 M m3 de sable concassé durant l’année 2009. Le sable concassé connait une forte augmentation de la demande à cause d’une
réglementation qui limite l’exploitation de sablières depuis 2007. La production globale
des ciments au cours de l’année 2010, s’est élevée à plus de 18 millions de tonnes offertes
par 14 cimenteries, dont 12 étatiques.
La production globale de fer, en 2009, a grimpé à 1,3 M de tonnes dont 76% par Arcelor Mittal et 24% par l’entreprise publique  SOMIFER. Ces deux sociétés exploitent des réserves de 189 M de tonnes. Le groupe SONATRACH prévoit d’exploiter de considérables gisements situés dans le sud ouest saharien (à Gara Djebilet et Mecheri Abdelaziz) contenant près de 3 milliards de tonnes de minerais. Le sous sol algérien cache également près de 121 tonnes d’or dont uniquement une infime parcelle est exploitée par l’ENOR (détenue depuis la fin de l’année 2011 par le groupe SONATRACH). En 2009, cette société a produit 998 kg d’or et 200 kg d’argent  extraits des gisements situés dans le Hoggar. La société publique SOMIPHOS du groupe FERPHOS, contrôle de grands gisements de phosphate à Djebel Onk dont les réserves sont évaluées à 2,2 M de tonnes. Un ambitieux programme à été lancé par les pouvoirs publics dont l’objectif est de réaliser une production annuelle de phosphates de 1,5 à 10 M de  tonnes d’ici 2025
l’Etat détient la majorité des grandes sociétés minières 
À part les missions de régulation et de service public qui sont assurées par le ministère de
l’Energie et des Mines, l’Etat détient la majorité des grandes sociétés minières par le
biais de ses deux agences : l’agence nationale de la géologie et du contrôle minier
(ANGCM, sa fonction principale est la recherche géologique et le contrôle des activités
minières) ; et l’agence nationale du patrimoine minier (ANPM, dont le rôle est dadjuger
les concessions minières)
Le pourcentage des investissements étrangers dans la branche n’a pas cessé de grandir
depuis quelques années. Il a pris de l’ampleur avec certaines associations, notamment,
ARCELORMITTAL qui a repris en 2002 les mines de fer de Tébessa (Boukhadra et
Ouenza). LAFARGE qui exploite deux cimenteries totalisant 6 M de tonnes de production
annuelle.
En 2007, le bureau de l’exploration et de l’exploitation des ressources minérales et
géologiques de la province de Henan (Chine) a créé la société ABED MAADEN, dont
10% du capital est possédé par SONATRACH, pour relancer la production de plomb et
zinc des mines d’El Abed. 65% des actions de la société algérienne Western Mediterranean
Zinc Spa (WMZ) sont contrôlées par la société australienne TERRAMIN aux côtés des
entités publiques ENOF (32,5%) et ORGM (2,5%). La société dispose d’une concession
 d’exploration du gisement de zinc-plomb d’Oued Amizour qui contiendrait 68 M de tonnes
de minerais.
Pour l’identification et la mise en valeur du potentiel de l’Algérie dans le secteur minier,
les recommandations suivantes sont proposées :
– La décentralisation de la prise de décision pour éviter les problèmes de la lourdeur des
formalités administratives. « En effet, selon l’enquête de la CNUCED, les investisseurs
étrangers potentiels confirment l’intérêt qu’ils portent aux potentialités d’investissement de
l’Algérie, mais semblent être freinés par la bureaucratie qui caractérise l’administration
chargée des mines. Il est donc primordial, de faire en sorte que les décisions soient prises
de manière transparente et rapide »
– L’engagement dans une stratégie offensive de promotion de l’investissement, qui ne cible
pas uniquement les sociétés multinationales, mais aussi les sociétés nationales. En effet,
l’Algérie soufre d’un important déficit concernant son image à l’étranger.
– L’établissement d’un bilan exhaustif des potentialités d’investissement dans le domaine
minier, pour pouvoir offrir une cartographie parfaite aux investisseurs étrangers. Un
important travail a été fait dans ce domaine depuis quelques décennies, mais de nouveaux
instruments de recherche (méthodes modernes de géophysique aéroportée, images-
satellites, etc.) pourraient être bien utilisés afin d’améliorer les connaissances du potentiel
minier.
L’optimisme de l’ASGA 

Force est de constater que l’Algérie est longtemps restée focalisée sur les hydrocarbures pour assurer son développement et subvenir aux différents besoins du pays. Pourtant, son immense potentiel minier pouvaient non seulement venir en appoint au pétrole et au gaz, mais carrément constituer le fer de lance d’une industrialisation tant souhaitée.

D’ailleurs, l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA) est particulièrement optimiste quand à l’avenir de l’industrie minière algérienne : « La crise des hydrocarbures est une opportunité pour l’industrie minière, et les élites politiques en ont pleinement conscience », explique la responsable du stand, « et nous espérons donc que l’Etat va trouver les moyens financiers de ses ambitions ».

Sympathique, avenante, la responsable du stand de l’agence a passé ces quatre journées à expliquer aux professionnels et aux entrepreneurs du secteur le rôle d’information et d’accompagnement que joue le service géologique auprès des entreprises du secteur minier.

A l’ASGA, qui existe depuis 1883, ce sont 140 personnes, dont 60% de chercheurs, qui se chargent  « d’acquérir, de valider, de conserver et de restituer les connaissances de base relative à la géologie du pays au profit des activités économiques ». L’objectif est donc principalement économique, en apportant l’information aux entreprises, publiques et privées, qui cherchent à investir dans ce secteur.

La richesse minière du pays a longtemps été négligée au profit du pétrole, et la crise des prix du baril de pétrole peut en effet permettre à cette ressource prometteuse de revenir sur le devant de la scène. En plus des hydrocarbures, l’Algérie dispose en effet de riches ressources, grâce à ses régions aux sols divers, que ce soit dans l’Atlas saharien, dans les massifs kabyles, au sein de la chaîne de l’Ougarta, dans l’Oued El Kebir, etc. On y trouve notamment de l’argent, de l’arsenic, du baryum, du cuivre, du fer, du marbre, du mercure, de l’or, du plomb, du phosphate, et une multitude d’autres minerais.

Les responsables de l’ASGA sont plutôt optimistes quant à l’avenir du secteur, mais toutes les entreprises présentes au salon n’étaient pas de leur avis. Pour beaucoup, l’Etat n’investit pas assez dans l’industrie minière, et l’espoir d’un déclic avec la crise pétrolière n’est aussi présent que chez les géologues de l’agence. Un responsable d’une entreprise spécialisée dans la vente de marbre raconte : « La demande nationale est forte, mais l’offre n’est pas présente ». Et sur le marché international ? « C’est pire, on n’exporte pas ou trop peu, un peu en Espagne, un peu en Italie, alors que nous disposons de ressources immenses ».

Mais en quoi serait-ce la faute de l’Etat ? « C’est de la mauvaise planification, il n’y pas de projet à long terme, juste des projets mineurs qui se mettent en place », continue ce responsable. Il remet aussi en cause le manque de suivi des entreprises algériennes : « C’est une politique sincère qu’il nous faut, plus de rigueur au niveau des unités, et un meilleur suivi ».

Comment  investir dans l’industrie minière ?

Un article récent paru dans la revue du Oxford Business Group (OBG) indique que beaucoup de progrès doivent aussi être faits dans le secteur de la recherche, afin d’en savoir plus sur les conditions d’exploitation de ces nombreuses ressources. Dans cette perspective, l’investissement dans la recherche, notamment grâce à l’agence du service géologique, doit être fortement encouragé.

D’après les données de l’ASGA, une part importante de ces minerais est située dans des zones éloignées et disposant de peu d’infrastructures. L’article de l’OBG montre que tout l’intérêt de ce secteur minier se trouve dans sa proximité avec le gros marché que représente le continent Européen. L’Europe est déjà le plus gros marché pour l’Algérie, mais cet état de fait devrait encourager l’Etat à investir massivement dans des infrastructures capables d’exploiter toutes ces richesses. De plus, pour l’OBG, l’Etat devrait faciliter l’implantation et l’investissement de sociétés étrangères, car le secteur algérien représente pour ces entreprises un milieu très attractif, avec un coût du travail faible et un riche environnement.

Les discussions avec les patrons et les experts présents au Salon, ainsi que l’avis de nombreux professionnels étrangers, montrent bien une prise de conscience de l’Etat de la richesse minière, et de la nécessité urgente face à la baisse des prix des hydrocarbures, d’investir largement dans le secteur. Le gouvernement a montré sa volonté d’accompagnement du développement de ce secteur. Les nombreux projets mis en avant lors du Salon, et l’existence même de ce salon, ainsi que les jeunes partenariats entrepris avec des entreprises étrangères, en sont le symbole.

Cependant, compte tenu de l’état actuel des ressources, sous-exploitées, et de la forte demande, il reste encore beaucoup de chemin à faire. La demande n’est pas seulement internationale, car tous ces projets d’exploitation des sols doivent aussi soutenir les grands projets de construction du gouvernement. Comment le pays peut-il importer tant des ressources nécessaires à ces projets d’envergure alors que ses sols sont si riches.

Sources de notre enquête :  l’Agence du service géologique de l’Algérie ainsi qu’une étude  de terrain menée par Ali Seddi, docteur en sciences commerciales option économie internationale à l’Université d’Oran 

Enquête. Un nord surpeuplé, un sud sous-peuplé : les dessous inquiétants du déséquilibre démographique et régional en Algérie

La colonisation a fondé les disparités territoriales de l’Algérie en ayant préférentiellement mis en valeur les zones de peuplement européen (plaines littorales et bassins intérieurs telliens) et développé les villes portuaires, alors que les régions intérieures ont été exploitées de façon minière (céréaliculture extensive, exploitation et exportation de matières premières) et donc bien moins équipées.

Cette distorsion va être pérennisée et même accentuée depuis l’indépendance, car les infrastructures déjà installées ont orienté la localisation des grands complexes industriels vers les villes telliennes et notamment côtières. C’est ce que traduit l’évolution du peuplement de notre territoire : à travers les cinq recensements effectués depuis l’indépendance (1966, 1977, 1987 ,1998 et 2008), il apparaît que la zone tellienne a maintenu la concentration de près des deux tiers de la population nationale, alors qu’elle ne représente que 4% du territoire national, contre 9% pour les Hauts Plateaux qui ne regroupent qu’environ le quart (25 %) de la même population totale et 87 % du territoire national pour le Sud où ne résident que 10 % des Algériens.

La carte « Densité de la population par wilaya en 2008 » illustre cette réalité en soulignant le net contraste qui oppose la densité d’occupation de la zone tellienne et notamment littorale par rapport aux régions intérieures.

Il faut ajouter pour compléter ce tableau que malgré la relative stabilité des proportions relatives de la population totale revenant à chaque ensemble 65 % pour la zone tellienne, 25 % pour les Hauts Plateaux et 10 % pour le Sud.

Le surpeuplement réel de la zone tellienne n’a pas en fait cessé de s’alourdir, par rapport aux deux autres ensembles. En valeurs absolues, les écarts de peuplement entre le Tell, les Hauts Plateaux et le Sud ont en effet évolué comme suit, en millions d’habitants :

C’est ainsi qu’entre 1966 et 2008 l’écart démographique entre le Tell et les Hauts Plateaux est passé de 7,5 millions en 1977 , 11,1 millions d’habitants en 1998 ( l’écart maximal) à 4.7 millions d’habitants en 2008 , alors que l’écart Tell/Sud est passé de 10,1 en 1977 , 16 millions d’habitants en 1998 à 13 millions d’habitants en 2008.

Exprimée en densité du peuplement, la projection tendancielle de cette évolution souligne que face au risque sismique et à la vulnérabilité des populations concernées, la situation sera de plus en plus préoccupante pour l’avenir. Et les prévisions concernant l’évolution des densités du peuplement par zones (habitants/km2) démontrent parfaitement ces inquiétudes :

La zone tellienne passera ainsi de 172,9 habitants /km2 en 1990 à 251habitants /km2 en 2010 et 283 habitants / Km2 en 2020.Ce résultat est plus significatif et d’autant plus préoccupant lorsque l’on défalque les espaces montagneux non habitables, car on constate que l’on passera pour les densités d’occupation réelle des espaces habitables du Tell à des moyennes de 592 habitants / km2 en 2010 et  687 habitants/km2 en 2020 : Cela suppose qu’il faut s’attendre à des densités encore plus fortes et quasiment urbaines dans les vastes conurbations qui ne manqueront pas de se constituer sur toutes les plaines littorales où sont installées de grandes villes ; la carte des densités de population en 1998 montre d’ailleurs que la wilaya d’Alger atteint déjà aujourd’hui 2160 habitants/km2 (ONS).

En effet, la concentration septentrionale des deux tiers de la population algérienne s’accompagne d’une surconcentration de cette même population dans la frange littorale, qui pour 1,6 % de la superficie du pays regroupe 40 % de sa population, soit 12 millions des quelques 20 millions d’habitants que totalise actuellement la zone tellienne.

La littoralisation accentuée du peuplement de notre territoire se double par ailleurs, notamment autour des grandes villes et métropoles telliennes, d’une urbanisation rapide et anarchique, qui outre l’occupation exagérée de terres à hautes potentialités agricoles, accroît la vulnérabilité des populations face aux risques naturels et en particulier sismique.

On note d’abord pour évaluer globalement l’exposition au risque, que sur les 579 villes que compte actuellement le pays, 361, soit plus de 60% reviennent à la zone tellienne et plus de 100, dont trois des quatre grandes métropoles (Alger, Oran, Annaba), reviennent à la seule zone littorale.

La vulnérabilité au risque lié à la densité d’occupation du Tell est évidemment, accentuée par l’urbanisation anarchique qui caractérise la périphérie de toutes ces villes et plus particulièrement les aires métropolitaines.

Cette urbanisation anarchique implique en effet l’occupation de terrains non appropriés (sols meubles ou instables) qui accroissent les effets destructeurs des séismes, de même qu’elle peut entraîner également le non-respect des normes parasismiques de construction, autre cause de la maximisation des dégâts.

Le déséquilibre du peuplement du pays est évidemment lié aux distorsions territoriales qui
caractérisent la distribution des activités et des moyens de création de richesse, entre les différents ensembles du territoire algérien.

Avantagée par les conditions naturelles et notamment climatiques, la zone tellienne dispose du meilleur potentiel agricole du pays, avec naturellement la plupart des grands périmètres irrigués. A cet avantage qui a été à l’origine des migrations Sud-Nord de la main d’œuvre agricole pendant la période coloniale, s’est ajoutée depuis l’indépendance la concentration des activités industrielles vers la zone tellienne et particulièrement les villes littorales.
La zone tellienne regroupe ainsi près des deux tiers des unités industrielles du pays, alors que la zone littorale qui compte à elle seule 51 % de ces mêmes unités industrielles, concentre aussi l’essentiel des grands complexes industriels du pays, notamment à Oran et Arzew, à Alger, à Skikda et à Annaba.

Ces activités industrielles ont polarisé également vers les grandes villes telliennes, les activités de service induites dont les activités du tertiaire dit supérieur (sièges des grandes sociétés, grands établissements financiers et bancaires, activités d’étude…), alors que malgré les efforts consacrés par l’Etat au renforcement des équipements de base des régions intérieures, les Hauts Plateaux et le Sud (sauf pour l’exploitation des hydrocarbures) n’arrivent toujours pas à attirer l’investissement productif industriel et à fortiori les activités du tertiaire supérieur.

Cette répulsivité des Hauts Plateaux et du Sud vis à vis des investissements productifs qui
continuent à se concentrer préférentiellement sur la frange Nord du pays, est due évidemment à l’indigence de ces régions en moyens de création de richesse, à savoir en grandes infrastructures et équipements structurants également concentrés, pour l’essentiel et pour les plus performants, sur la frange tellienne.

Pour les raisons climatiques connues de tous (95 % des eaux de ruissellement liées à la pluviométrie reviennent à la seule zone tellienne), le Tell regroupe la presque totalité des grands barrages hydrauliques réalisés, comme il concentre la presque totalité des sites de barrages en cours de réalisation ou envisagés.

 

A ce potentiel hydraulique s’ajoutent toujours au plan des grandes infrastructures concentrées sur la zone tellienne, du fait de son meilleur dynamisme économique :

 le maillage le plus important et les axes routiers essentiels et les plus sollicités du pays,
avec notamment la totalité des tronçons autoroutiers en fonction ;

 l’essentiel du réseau ferroviaire du pays, avec la voie ferrée Est-Ouest qui aboutit au
Maroc et à la Tunisie et également un maillage que ne connaissent pas les autres régions ;

 les aéroports internationaux les plus nombreux et les plus importants ;

 l’essentiel du réseau de communication et de télécommunication, même si ce dernier
est loin d’être du niveau requis y compris pour la zone tellienne.

A ces éléments s’ajoutent les concentrations que l’on note pour les grandes villes et métropoles telliennes, en matière d’équipements structurants avec notamment les plus grandes universités et la quasi-totalité des centres de recherche, les principaux centres hospitalo-universitaires, l’essentiel des établissements de formation professionnel.

 

En prenant en compte toutes les concentrations qui se polarisent sur la zone tellienne et plus particulièrement sa partie littorale, qui regroupe à elle seule, rappelons-le, 40 % de la population totale du pays, il est facile de constater que cette frange septentrionale du pays, regroupe sur 4 % de sa superficie non seulement l’essentiel des 42 millions d’habitants que compte le pays, mais aussi la majeure partie de son potentiel économique et infrastructurel, alors qu’il s’agit de la zone la plus exposée au risque sismique et à d’autres risques naturels ou accidentels (risque industriel, pollutions marines accidentelles).

Enfin, des dispositions urgentes et particulières s’imposent donc pour la zone tellienne, tant au plan du renforcement des moyens de prévention des effets des catastrophes naturelles,
qu’au plan de la déconcentration démographique et du potentiel économique et infrastructurel à engager dans les plus brefs délais au profit des régions intérieures.  Le scénario catastrophe est toujours possible, notamment à la suite d’un séisme et ce pourrait être alors, les capacités de reconstruction et de développement du pays qui seraient remises en cause, pour un temps plus ou moins long.

Une enquête réalisée grâce aux données fournis par le travail de recherche menée par Boughazi Khadija, chercheur à l’université de Constantine, sur le risque sismique et l’urbanisation en Algérie

Les 6 raisons qui expliquent le sous-développement de l’Algérie

Le sous-développement économique de l’Algérie n’est pas un hasard. Ce n’est pas aussi une malédiction. Ce sous-développement s’explique par des raisons objectives, des faits concrets et des réalités socio-politiques palpables. En se basant sur plusieurs expertises et enquêtes de terrain, nous pouvons au moins recenser 6 raisons qui expliquent le sous-développement de notre pays. Les voici : 
 1 – Après plus de 20 ans des reformes engagées par l’Algérie, l’économie reste
encore dépendante vis-à-vis des hydrocarbures (pétrole et gaz). Les exportations hors hydrocarbures restent marginales (à peine 3% des exportations totales) et les résultats économiques sont quasiment liés aux changements de la demande et des prix des
hydrocarbures. Le secteur des hydrocarbures engendre d’environ 70 % des recettes
budgétaires, ce qui constitue une source de fragilité de l’économie algérienne. Vis-à-vis de
cette situation, le gouvernement a lancé des actions visant à étendre la participation des
autres secteurs (hors hydrocarbures) à la formation de la valeur ajoutée. C’est ainsi qu’il a
entrepris :
– le lancement d’une politique de développement des infrastructures, tournée vers le
rééquilibrage régional afin d’encourager le réaménagement spatial de l’activité
économique ;
– le renforcement du rôle de la PME via la garantie des crédits bancaires, l’utilisation de
nouveaux instruments de financement de l’économie (société de capital investissement,
leasing), la réduction de la pression fiscale et parafiscale et la création d’un Fonds national
d’investissement et de 48 Fonds locaux d’investissement, doté d’un capital de 1 milliard de
DZD. Ces mesures doivent être renforcées par des restructurations approfondies au niveau
sectoriel, afin de participer réellement à diversifier les sources de croissance et améliorer la
compétitivité de l’économie
2 – Hydrocarbures et syndrome hollandais en Algérie : Les économies exportatrices
d’hydrocarbures sont généralement confrontées au phénomène du syndrome hollandais.
Les pays victimes de ce phénomène touchent d’énormes revenus en devises, qui sont captés et exploités par l’Etat. Cette particularité se traduit par une surévaluation de la monnaie nationale, ce qui conduit en conséquence à un manque de compétitivité pour les autres  secteurs, d’où leur contraction et leur transformation à des économies de répartition de la rente plutôt que des économies de création de valeur à partir du travail. Le syndrome hollandais se figure dans :
– L’appréciation de la monnaie nationale,
– La création d’une économie rentière.
Finalement l’économie se transforme d’un système organisé autour de la production,
avec une interdépendance forte entre les différentes branches de l’économie, avec une
insertion sociale des individus par le travail, en une économie où les importations
remplacent de plus en plus la production nationale de biens industriels et agricoles autres
que les hydrocarbures, en une économie où les revenus sont perçus non plus comme la
rémunération d’un travail productif, mais comme le fruit d’un comportement de
clientélisme à l’égard des détenteurs du pouvoir de captation de la rente pétrolière et
gazière, dans une économie devenue économie de répartition ». Le vrai problème qui menace l’économie algérienne c’est sans doute celui de la  dépendance vis-à-vis les hydrocarbures (problème structurel). L’économie reste toujours dépendante d’une manière forte aux exportations d’hydrocarbures et elle est donc sensible  aux pressions exercées sur les cours du pétrole et sur la production pétrolière. Néanmoins, les perspectives de croissance à court terme sont prometteuses.
3 – Déséquilibres dans le développement régional : L’économie algérienne demeure
confrontée à de considérables déséquilibres régionaux. L’essentiel de la population et des
activités économiques sont regroupées dans la frange maritime, qui ne constitue qu’environ
4% du territoire. Damples territoires au sud, représentant près de 87% de la surface du
pays, demeurent sous peuplés (9% de la population) et dotées de manière insuffisante en
infrastructures économiques et sociales. En plus de cette fragmentation d’ordre territorial,
l’Algérie a connu entre 1980 et une importante urbanisation, avec une population urbaine
qui est passé de 40% en 1977 à près de 70% en 2010. Cette importante migration vers les
villes, est l’une des raisons de la dégradation des conditions de vie des populations tant en
zone urbaine que rurale. Ces considérables déséquilibres représentent un défi majeur pour
l’économie algérienne.
 4 – Climat des affaires non propice au développement du secteur privé : Le climat
des affaires constitue l’une des entraves majeures qui empêchent le développement du
secteur privé et son rôle en tant que moteur de croissance. Concernant cette contrainte,
examiner plus en profondeur les réformes pour doter l’Algérie d’un climat des affaires
propice à l’initiative privée, est un impératif. Il s’agit surtout de poursuivre la mise à
niveau et le développement des infrastructures, d’accroitre l’efficacité de certains services
publics (justice, impôts, douanes, etc.), d’améliorer les procédures administratives et de
faciliter les conditions d’accès des PME au financement.
5- Insuffisance de l’efficacité du secteur bancaire et financier : Encore beaucoup
dominé par le secteur public (Le secteur bancaire est dominé par six banques publiques,
qui représentent 90 % à 95 % de l’ensemble des dépôts et des actifs), le système bancaire
algérien1, participe de manière insuffisante au financement du secteur privé. Le marché des  capitaux reste pareillement en retard et n’offre qu’un nombre limité d’outils et de sources  alternatives au financement bancaire. Ce qui signifie:
– la prise des mesures qui assistent les banques à moderniser leurs pratiques et
procédures;
– la mise en place des instruments plus adaptés au financement de l’investissement privé;
– le renforcement du contrôle des banques.
6 – Faiblesse des capacités de l’administration publique : La réalisation efficace de
l’ample Programme d’Investissements Publics (PIP 2010-2014), d’environ 286 milliards
USD, exige une administration performante capable à gérer de manière efficace les
ressources publiques. Or, la faiblesse institutionnelle, de la planification stratégique, de
l’évaluation et du suivi des projets, qui demeurent des conditions sine qua non, sont encore
présents, pour que ce programme réalise ses objectifs.
En effet, les calendriers initiaux établis pour l’exécution des grands projets ne sont pas
généralement respectés. Le nombre important des acteurs impliqués dans la réalisation du
programme d’investissements publics constitue, pareillement, un grand problème pour
l’administration algérienne. Dans ce cadre, les pouvoirs publics devront, continuer leurs
efforts pour améliore et renforcer les capacités de l’administration concernant la
coordination de politiques publiques ainsi que de conception et de mise en œuvre du
programme d’investissements publics.
En guise de conclusion, nous pouvons aisément affirmer que l’Algérie ne pourra jamais se développer au sens propre du terme si elle ne remédie pas concrètement à ces 6 dysfonctionnements. Des solutions rationnelles et efficaces existent bel et bien. Mais il faut un mode de gouvernance politique qui peut insuffler une réelle dynamique de développement.

Décryptage. Qu’est-ce que l’Algérie doit faire pour attirer les investisseurs étrangers ?

Selon le rapport du CNUCED de l’année 2004 : « Le processus de transition d’un
système économique centralisé à une économie de marché a imposé au pouvoir public algérien, dès le début des années 90, une politique de réformes structurelles qui a rendu possible le rétablissement des équilibres macroéconomiques et la libéralisation de l’économie. Ces réformes ont permis d’améliorer certaines performances en termes de croissance du produit intérieur brut et le développement d’un secteur privé plus dynamique, entraînant par conséquent un plus grand flux entrant d’investissements directs étrangers ».
Cependant, les résultats sont faibles par rapport aux possibilités d’investissement du pays.
Malgré que l’Algérie ait accompli de bonnes performances dans quelques secteurs, à
l’instar des hydrocarbures, les télécommunications, et la chimie, les réformes exécutées au
cours des années quatre-vingt-dix ont été insuffisantes pour aider le pays à bénéficier, de
manière significative, des externalités positives de l’IDE (transfert de technologie et de
savoir-faire, accès aux marchés internationaux et création d’emplois).
Cela s’ajoute à un retard dans l’application des réformes structurelles est à constater,
particulièrement concernant la privatisation des entreprises, la restructuration du secteur
bancaire et financier, l’amélioration de la bonne gouvernance d’entreprise, la réforme
fiscale et la mise en place des règlements sur la concurrence. Or toutes ces réformes sont
essentielles pour faire progresser le cadre national de l’investissement.
En outre, l’Algérie souffre d’un manque de communication à l’étranger. Ce déficit est
caractérisé par une insuffisance de visibilité des politiques nationales d’investissement, lié
particulièrement à l’absence d’informations qualitatives sur les flux et tendances des IDE
par pays d’origine et par secteur; une lourdeur dans les formalités administratives ; une
insuffisance dans la coordination entre les différents acteurs de l’investissement ; une
économie informelle croissante et, enfin, à des difficultés d’accès au foncier industriel.
Ces entraves risquent d’empêcher la persistance des IDE en Algérie et, par conséquent, de
freiner le processus de modernisation et de développement du pays entamé depuis le début des années quatre-vingt-dix.
Flux entrants et sortants d’investissement direct étranger (IDE)
Les statistiques  sur les flux entrants des IDE en Algérie montrent une chute à partir de 2009. Cela s’explique par deux événements :
– Les mesures incluent dans les lois de finances complémentaires de 2009 et 2010 qui ont
affecté profondément le poids des IDE entrants.
Cela s’est accru avec la crise économique et financière qui frappe le monde depuis 2008,
et la récession mondiale qui s’en est suivie. Ces deux événements ont contribué à cette
situation. Généralement, l’économie algérienne n’accueille que peu d’IDE. Entre 1980 et 2010, leur  taux n’a cessé de chuter pour atteindre 0.1% des IDE internationaux de 2009 à 2010. Ce  taux infime s’explique par la faiblesse de l’attractivité de l’Algérie mais aussi par le volume des IDE vers les pays développés, et encore vers les pays émergents.
Potentiel en matière d’investissements directs étrangers :
En dépit des bonnes  performances enregistrées récemment (2006-2009 tableau 8-19) par l’Algérie en matière des flux entrants d’IDE, il reste beaucoup à faire concernant les faiblesses et les menaces du potentiel d’investissement.
Autres indicateurs et dimensions de la compétitivité
– La productivité : En ce qui concerne la productivité, selon une étude de la Banque
Mondiale, l’économie algérienne se classe à la 85ème place sur 93 pays analysés, malgré
qu’environ 32% de son PIB soient destinés à l’investissement
– L’Indice de développement humain IDH (PNUD) : Selon l’Indice de  développement humain (IDH) publié par le PNUD en 2010 (Tableau 8-19), l’Algérie  occupe la 84ème place sur un ensemble de 169 pays. Le pourcentage de la population vivant en extrême pauvreté a été estimé à 0,5% en 2009 par rapport à 1,9% en 1988. Concernant la santé, l’espérance de vie à la naissance est passée de 71 ans en 2000 à plus de 75,5 ans en 2009. Dans le domaine de l’éducation, des progrès ont pareillement été réalisés avec un taux de scolarisation des enfants âgés de 6 ans d’environ 97,96% en 2009, contre 93% en
1999.
Selon l’indice de perception de la corruption publié en 2010 par Transparency
International, l’Algérie est classée au 105ème rang sur un total de 178 pays (contre 111ème position sur 180 pays en 2009), Ce classement montre que des efforts devront être renforcés pour prévenir et lutter contre ce phénomène.
Au final, force est de constater que le secteur des hydrocarbures est sans doute le pilier de l’économie algérienne. Il constitue à lui seul près de 50% du PIB. Sa contribution au PIB en 2010 a atteint près de 40%. Il représente, en plus, l’essentielle source de croissance même si le PIB hors hydrocarbures a affiché une excellente évolution au cours des dernières années.
En 2010, outre les hydrocarbures, c’est la réalisation et l’élargissement des gigantesques
investissements publics, ainsi que la consommation des ménages, qui ont tiré la croissance. Cependant, la croissance de 3.4 %, obtenue en 2010, reste faible au regard des potentialités de l’économie algérienne, et insuffisante pour résoudre le problème du chômage et faire  face à la crise du logement.
En 2010, La croissance du PIB hors hydrocarbures était inférieure à celle des deux
années précédentes : 5.5 % contre 9.3 % en 2009 et 6.1 % en 2008. Les estimations des
chiffres de croissance à moyen terme sont très favorables, mais elles restent liées aux
fluctuations des cours des hydrocarbures. La croissance devrait être maintenue à court
terme par :
– la reprise de la croissance au niveau mondial ;
– les dépenses publiques considérables ;
– et enfin l’augmentation du rythme de réalisation du programme d’investissements publics dans le cadre du plan quinquennal 2010-14. Pour renforcer les résultats économiques enregistrés depuis l’année 2000, l’Algérie  doit continuer à mener les réformes concernant l’amélioration de l’environnement des affaires, la promotion de l’investissement privé et la compétitivité, nécessaires pour la diversification de l’économie et la création d’emplois. 

D’après une étude réalisée par  Ali Seddi, chercheur à l’Université Ibn Khaldoun Tiaret

L’école algérienne a trop négligé les « langues des sciences et du savoir »

C’est un véritable appel au réveil qui vient d’être lancé par le président du Conseil supérieur de la langue arabe (CSLA), Salah Belaid. Ce dernier a beaucoup insisté sur l’impératif pour l’école algérienne d’évoluer vers le plurilinguisme car le développement de l’Algérie ne peut pas être assuré avec uniquement la maîtrise des deux langues officielles que sont l’arabe et tamazight. 

« S’attacher aux langues arabe et tamazight ne veut pas dire s’enfermer et négliger la langue de l’Internet (anglais) et d’autres langues (espagnol, chinois), qui ont leur place sur l’échiquier mondial », a plaidé ce haut responsable lors d’une rencontre consacrée aux « Réformes des ouvrages de 2ème génération dans l’école algérienne », organisée au centre universitaire de Tipasa. Ce haut commis de l’Etat a reconnu que les élèves algériens ne sont pas « ouverts aux langues des sciences et du savoir » avant d’ajouter que « rester attaché à une seule langue, mène vers une voie de garage (…) ».

Salah Belaid a tiré donc la sonnette d’alarme concernant l’enfermement idéologique et linguistique dont souffre l’école algérienne. Il a prévenu dans ce sillage que les nations se sont développées grâce à la critique constructive qui met en avant les spécialistes et savants dans différents domaines des sciences et leur fait écho, estimant enfin que la langue arabe est une « langue universelle du fait qu’elle n’a pas disparue et a résisté au temps. Mais demande toutefois un enrichissement dans le domaine scientifique pour remédier à certaines insuffisances ».

 

 

Vidéos. Des milliers de manifestants battent le pavé pour la cause de Cevital à Béjaïa

Des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Béjaïa pour exprimer leur colère à l’encontre des blocages administratifs dont est victime le groupe privé CEVITAL du milliardaire Issad Rebrab. La marche a été organisée par la Coordination nationale de soutien aux investissements et d’organisations de la société civile qui a mobilisé, d’après plusieurs sources locales, au moins 30 mille personnes !  

Une marche qui fut donc grandiose. Elle a bénéficié également de l’appui politique de plusieurs personnalités politiques et députés ainsi que des responsables des trois clubs de football phares de la Kabylie, à savoir la JSK, le MOB et la JSMB. La présence de Cherif Mellal, le président de la JSK, n’est pas passée inaperçue et elle a attiré de nombreux supporters de la JSK renforçant ainsi la légitimité des revendications des organisateurs de cette marche. 

En marge de cette marche, les députés Athmane Mazouz, Khaled Tazaghart, Nora Ouali, Lila Hadj Arab ont animé un meeting pour dénoncer vigoureusement le blocage au niveau des ports algériens de l’importation de matériel industriel par Cevital pour son projet d’unité de trituration de graines oléagineuses dans la région de Béjaïa. 

La foule, de sa part, a crié haut et fort sa colère en réclamant aux autorités algériennes de libérer les projets de CEVITAL. “Nos frères meurent en mer, nous voulons vivre et travailler !”, « Y en a marre du blocage !“,  “libérez les projets !“, “Cevital a appelé au sec ours, la Kabylie a répondu, Cevital a appelé au secours, l’Algérie a répondu”, ont crié ces milliers de manifestants. Cette marche est une énorme démonstration de force du richissime homme d’affaires Issad Rebrab. Certes, ce dernier n’a pas encore gagné son bras-de-fer avec le gouvernement. Mais il engrange aujourd’hui de précieux points et le soutien de la rue peut lui permettre de renverser les rapports de force en sa faveur. 

Adlène Mellah incarcéré une nouvelle fois à la prison d’El-Harrach

Le journaliste et directeur du média électronique Dzaïrpresse, Adlène Mellah, a été incarcéré une nouvelle fois à la prison d’El-Harrach. Il a été placé ce mardi sous mandat de dépôt lors de sa présentation devant le procureur de la République près du tribunal de Bab El-Oued. 

Les autorités publiques l’accusent d’avoir participé à un rassemblement non-autorisé le 9 décembre dernier à Alger-centre. Son photographe, Abdelaziz Laadjel, a été, en revanche, relaxé en compagnie d’un troisième manifestant qui a été arrêté également le samedi dernier. Notons enfin que le journaliste Adlène Mellah sera jugé le 18 décembre prochain par le tribunal de Bab El Oued. Ses avocats et ses proches espèrent sa libération ce jour-là.

Pour rappel, Adlène Mellah a fait partie de la vague des journalistes qui ont été interpellés et incarcérés à la prison d’El-Harrach le 25 octobre dernier en compagnie d’Abdou Semmar et Merouane Boudiab, les journalistes d’Algérie Part. Ces journalistes ont été remis en liberté à la suite d’un énorme mouvement de mobilisation en faveur de la liberté d’expression et du respect de l’indépendance des journalistes.

 

Enquête. 2 à 3 secousses par jour : Pourquoi l’Algérie est gravement menacée par les séismes

L’Algérie est un pays à forte activité sismique qui risque de subir des séismes dévastateurs à n’importe quel moment. C’est la sonnette d’alarme que vient de tirer le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG). Ce dernier vient de révéler qu’une moyenne de 100 secousses par mois, soit entre 2 à 3 secousses/Jour, est enregistrée en Algérie. Pour l’heure, ces secousses ne dépassent généralement pas trois degrés sur l’échelle ouverte de Richter, a rassuré le Directeur général du CRAAG, Abdelkrim Yellès. Mais l’Algérie n’est pas à l’abri d’un séisme ravageur et elle doit se protéger en toute urgence. Explications. 

« L’Algérie, au même titre que de nombreux pays européens (comme l’Italie et le Portugal), est caractérisée par une activité sismique intense, en enregistrant plus d’une centaine de séismes /mois, dont 90% sont des microséismes(de 2 à 3 degrés), non ressentis par la population », a indiqué M.Yellés, , dans une déclaration à la presse, en marge de la clôture des travaux d’un projet de recherche sur les mécanismes de réduction des risques liés aux séismes, réalisé en collaboration avec l’Union Européenne.

Mais pourquoi l’Algérie est-elle si exposée à cette activité sismique ?

Il faut savoir que l’Algérie se trouve sur la plaque africaine laquelle est en collision avec la plaque eurasienne les deux plaques étant limitées par une longue zone sismique qui s’étant des Açoces à la Turquie en passant par Gibaltar, le Maghreb , l’Italie , les pays Balkans , la Grèce…

Le mouvement de la confrontation entre la plaque eurasienne et la plaque africaine a donné
naissance à de gigantesques fracturations sous formes de failles géologiques dont la conséquence la naissance du relief important de l’Algérie du nord. Les vitesses de rapprochement entre la plaque africaine et eurasienne varient de 0.5 à 1 cm/an en méditerranée occidentale, à 2.5 cm/an en méditerranée orientale. Ces vitesses sont déduites des vecteurs déplacements obtenus à partir de l’expansion océanique dans l’atlantique.

Les principales structures compressives récentes dans la chaine tellienne sont :
 Le pli-faille d’el Asnam
 Le pli-faille de Bou Kadir
 Le pli-faille de Dahra
 Le pli-faille de Ténès-Abou el -Hassan
 Le pli-faille de Sahel D’Alger
 Le pli-faille de Murdjadjo.

Les séismes qui se produisent en Algérie s’expliquent par une accumulation des contraintes autour des failles actives qui au-delà d’un seuil relâche l’énergie emmagasinée sous forme d’ondes sismiques. C’est donc ces ondes que les personnes ressentent, lorsque le séisme qui se produit est important. Les failles actives de l’Atlas tellien sont : la faille D’el Asnam, la faille du Dahra, la faille de Ténès Abou el –Hassan (Ouled Abdallah), la faille du Sahel d’Alger, la faille Murdjadjo, la faille de Chott El hammam et la Faille de Kherrata. Les autres régions sismoactives d’Algérie sont : la région de Mascara, la région de l’Atlas de Blida-Médéa, la région de Jijel, la région de Guelma et la région de Constantine.

Nous pouvons ainsi dire que cette activité se concentre essentiellement dans la région Nord du pays, quoique de façon très épisodique, quelques micro secousses sont enregistrées dans la partie saharienne. Dans la région Nord, la région tellienne est la plus active. Le zonage effectué indique que les régions d’El Asnam, Oran et Alger sont les régions les plus menacées puisque dans ces zones, les séismes les plus importants se sont produits.

L’analyse de la carte de sismicité de la région maghrébine montre que la sismicité est localisée principalement dans les zones côtières, en mer d’Alboran au Nord d’Oran et sur l’ensemble de la marge méditerranéenne. Cette sismicité est liée aux mouvements tectoniques complexes de convergence de la plaque africaine au Sud et de la plaque européenne au Nord. Elle est essentiellement marquée par des séismes superficiels (voir annexe 1 , le séisme, classification des séismes) -profondeur inférieure à 20 km- qui causent des dégâts considérables dans les zones épicentrales.

Jusqu’au 21 mai 2003, cette activité était localisée dans les régions de l’Ouest algérien, d’Ech Cheliff et de la Mitidja à l’Ouest d’Alger. La région de l’Est algérois, reconnue sismotectoniquement active depuis 1988 (M.H.A.T 2004) 17 a été sérieusement affectée le 21 mai 2003 par un tremblement de terre de Magnitude MI= 6,8 causant d’importants dégâts humains et matériels. Les autres régions du pays sont caractérisées par une sismicité diffuse localisée dans les zones tectoniques et bassins quaternaires des régions des Babors, du Hodna et du Constantinois.

Une importante activité sismique se trouve localisée dans les zones côtières et en mer Méditerranée. Dans cette région de la Méditerranée occidentale, le contact entre les plaques africaine et eurasienne, a souvent été simplifié et souvent associé à la direction linéaire Est-Ouest que décrit la sismicité depuis l’arc de Gibralatar à l’Ouest jusqu’à l’arc Calabro-sicilien à l’Est.

Cependant, «ce contact est beaucoup plus complexe et correspond à une juxtaposition de blocs continentaux et océaniques, plus ou moins mobiles et déformables» (BADDARI.K ; DJEDDI.M 2002) 18. Cette situation est marquée par la confrontation des deux domaines stables et rigides formés par les plates-formes européenne et africaine. L’étude des séismes récents a permis de préciser considérablement les caractéristiques des séismes qui se produisent en Algérie. C’est ainsi, que nous pouvons affirmer que les séismes qui se produisent dans notre région sont en général faibles à modérés atteignant parfois
la magnitude 6.0.

Dans certains cas, ils peuvent être violents comme ce fut le cas à El Asnam ; ce séisme est d’ailleurs considéré comme le plus important qu’ait connu la Méditerranée Occidentale. Toutefois, les séismes algériens sont d’autre part superficiels (P.C.A 2007)20 ne dépassant pas en profondeur les km, ce qui les rend plus perceptibles par la population et donc plus dangereux.

Tous les séismes récents ont souvent mis en relief des structures actives non connues
précédemment, indiquant la complexité de l’identification des structures actives profondes. Il est donc important de noter que des efforts importants doivent être réalisés pour localiser de nouvelles structures actives.

On peut conclure ainsi qu’à travers l’ensemble des informations recueillies jusqu’à présent, l’activité sismique en Algérie commence à être connue puisqu’aujourd’hui nous en connaissons la cause majeure, la localisation et la répartition sur le territoire national, ainsi que l’ampleur. Mais beaucoup d’efforts restent à déployer pour parvenir à comprendre l’ensemble des failles liées à cette sismicité, sa récurrence…

Aujourd’hui, il faut poursuivre les efforts qui ont été déployés jusqu’à présent en améliorant les performances de la surveillance sismique du territoire par la densification du réseau et l’utilisation des nouvelles technologies de communication, en multipliant les investigations de terrain (sismotectonique, paléosismologie), mais également en formant le maximum de chercheurs.

Toutes ces actions permettront ainsi de lever peu à peu le voile sur l’existence de zones à faible sismicité (Hauts Plateaux), sur l’occurrence des séismes violents dans la région Ouest et peu dans la région Est, la réorientation du champ de contrainte entre l’Est et l’Ouest.

Ces efforts doivent servir non seulement à améliorer nos connaissances scientifiques mais aussi et avant tout, à améliorer la prévention et de façon générale la réduction du risque sismique. Il faut espérer ainsi qu’un jour la conjugaison de tous les efforts déployés puissent permettre d’atténuer considérablement les effets désastreux de certains séismes et qu’enfin, le séisme puisse être considéré comme un phénomène naturel et non pas comme une catastrophe.

Quelles mesures concrètes pour limiter les dégâts et protéger les vies humaines ?

Reste à maintenant à mettre en place des mesures concrètes pour protéger l’Algérie des dégâts des séismes. Et pour cela, le CRAAG , en coordination avec l’université Saàd Dahlab de Blida , et en partenariat avec les universités de Porto ( Portugal) et de Pavia(Italie) , vient de lancer un projet de recherche dont la première étape a été clôturée cette semaine après deux années d’études et de recherches. Ce projet  vise « la mise en place de mécanismes susceptibles de prévenir les risques liés aux séismes, tout en réduisant les dégâts matériels occasionnés par cette catastrophe naturelle », explique-t-on.

Selon Hamoud Beldjoudi, chercheur au niveau du CRAAG, le projet en question aborde notamment le niveau de résistance des vieilles bâtisses aux séismes, en prenant pour modèle la wilaya de Blida. Il a fait part d’une recommandation émise, au titre des conclusions de ce projet, en vue du « recensement de l’ensemble des bâtisses précaires sujettes à un effondrement éventuel à Blida », et ce dans la perspective de leur réaménagement, ou leur démolition, dans le cas où elles constituent un danger pour leurs occupants, « dans l’attente de la généralisation graduelle de cette démarche à toutes les wilayas du pays » , a-t-il fait savoir.

Toutes les constructions érigées par l’Etat prennent désormais en compte le risque sismique, en adoptant des méthodes de construction parasismiques », a assuré, à l’occasion, M Yellés, précisant, également, l’obligation faite aux promoteurs immobiliers privés, ces dernières années, de respecter ce système parasismique. Quant au coordinateur de ce projet, Ricardo Monteniro de l’université de Porto, il a souligné la contribution de ce projet, dicté par l’importance du risque sismique partagé entre l’Algérie, l’Italie et le Portugal, à « un échange entre les experts des trois parties, parallèlement à l’actualisation et amélioration de leurs connaissances liées à ce sujet, au même titre que des moyens à mettre en £uvre pour en réduire les dommages ».

Les deux années consacrées à la réalisation de la première étape de ce projet « paraissent peu de chose, si l’on considère l’enjeu de son sujet, qui est la sauvegarde de la vie humaine » a estimé la même source.  Reste à enfin à espérer que ce projet soit concrétisé dans les plus brefs délais car l’Algérie est dangereusement exposée au risque d’un séisme destructeur.

Une enquête réalisée grâce aux données fournis par le travail de recherche menée par Boughazi Khadija, chercheur à l’université de Constantine, sur le risque sismique et l’urbanisation en Algérie

Décryptage. Comment peut-on réellement démocratiser l’Algérie ?

C’est un constat amer, mais véridique. Les Algériens étouffent dans leur pays en raison d’un contexte politique très rude qui empêche l’épanouissement de l’individu et le prive de plusieurs de ses libertés publiques. Mais que faut-il faire pour changer cette situation ?

La solution existe bel et bien. Il faut procéder en urgence au renforcement des libertés fondamentales des citoyens algériens. Et pour ce faire, quatre organisations de défense des droits de l’homme ont lancé un appel commun aux autorités pour le respect des libertés fondamentales en proposant des mesures concrètes et efficaces. Ces organisations sont Amnesty International Algérie, Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADH), Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH, aile Zehouane), Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH, bureau d’Oran).

Que préconisent ces 4 organisations pour améliorer le climat politique et juridique en Algérie ? D’abord, la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Il n’est pas question qu’un citoyen soit enfermé en prison ou condamné par la justice pour avoir usé de son droit légitime d’exprimer une opinion sur un décideur ou une institution politique.

C’est la base nécessaire pour construire un Etat qui protège les libertés de ses habitants. Il faut, ensuite, réviser en urgence les dispositions qui érigent en infraction le droit à la liberté d’expression. Ces dispositions sont arriérées et empêchent l’Algérien de jouir de sa liberté. Ce travail doit être accompagné par la modification des textes qui érigent en infraction le droit à la liberté de réunion, notamment les articles 97 et 98 du Code pénal.

D’autre part, il est nécessaire de modifier les articles 15, 17, 19 et 23 de la Loi n° 89-28 relative aux réunions et manifestations publiques. Les Algériens font partie des derniers peuples dans le monde qui sont empêchés de manifester publiquement dans leur propre pays.

Il est également nécessaire de réviser dans les meilleurs délais la Loi n° 12-06 relative aux associations pour une mise en conformité aux normes internationales applicables en matière de droits humains. Aujourd’hui, à cause de cet arsenal juridique répressif, la quasi totalité des associations algériennes sont en situation irrégulière ! Sur le plan économique, il est important de donner de la considération aux syndicats algériens. Et pour ce faire,il faut impliquer les organisations syndicales dans l’élaboration du nouveau code de travail. Et avant cela, il faut enregistrer les syndicats ayant déposé leur dossier et réintégrer des syndicalistes licenciés et suspendus. De cette manière, les Algériens de tous les bords seront légitiment représentés et pourront enfin aspirer à un droit de parole qui leur procurera un sentiment de liberté dans leur propre pays.