Affaire des journalistes détenus : l’avocat d’Abdou Semmar porte plainte contre Anis Rahmani, le directeur d’Ennahar TV pour diffamation

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Abdou Semmar, éditeur du site d’informations Algérie Part, a été arrêté le 23 octobre dernier et placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach, le 25 octobre dernier. Abdou Semmar, de son vrai nom Mohamed Abderrahmane Semmar est poursuivi pour diffamation par voie de diffusion, menaces et atteinte à la vie privée des gens, selon son avocat Me Zakaria Benlahreche.
Les deux plaignants dans l’affaire ne sont autres que Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar et le wali d’Alger Abdelkader Zoukh pour des articles que ce dernier aurait rédigé sur son site. Malheureusement, la chaîne de télévision Ennahar a diffusé en boucle, pendant la journée du jeudi 25 octobre, des informations diffamatoires et erronées à l’encontre d’Abdou Semmar et de Merouane Boudiab les impliquant, sans aucune preuve, dans des délits plus graves, à savoir faire partie d’un réseau d’escrocs et de maîtres chanteurs qui extorquent des fonds et les transfèrent à l’étranger. La chaîne, représentée par son directeur Anis Rahmani, l’un des plaignants dans l’affaire de diffamation dans laquelle est impliqué Abdou Semmar n’a pas hésité à diffuser des images les montrant menottés au tribunal ou encore en train d’être transférés en prison.
Ce média est allé plus loin en diffusant des éléments de l’enquête censée être confidentiels jusqu’à la comparution des deux détenus, le 8 novembre prochain, en salissant leur réputation et en violant le principe de la présomption de l’innocence qui voudrait que tout accusé est innocent jusqu’à preuve de sa condamnation.
C’est pour ces raisons que l’avocat d’Abdou Semmar a déposé plainte auprès du Procureur de la République après de la Cour d’Alger contre Mohamed Mokadem, alias Anis Rahmani, directeur du groupe Ennahar, pour acharnement médiatique et diffamation à l’encontre de son client.
L’attitude d’Ennahar en tant que média «est contraire à l’article 56 de la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie», a-t-il affirmé. «Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adnane Mellah sont innocents jusqu’à preuve du contraire et aucun média n’a le droit d’agir de la sorte en tentant d’influencer le déroulement du procès », a-t-il ajouté. Il est à rappeler que l’ONG Reporters sans frontières RSF a rédigé une lettre au Président de la République Abdelaziz Bouteflika pour lui demander d’intervenir « afin de libérer les trois journalistes poursuivis pour leur activité journalistique».

ENQUÊTE EXCLUSIVE – Le projet d’ascenseurs algériens déjà en panne. Que se passe-t-il à la CIAM Algérie ?

La Société d’étude et de réalisations métalloplastiques (SOREMEP) a été créée en 2001 dans le cadre de la filialisation de l’ENTC (Entreprise Nationale des Télécommunications). Elle fait partie du portefeuille du groupe industriel ELEC EL DJAZAIR, lui-même issu de la transformation par fusion-absorption des ex-Sociétés de Gestion des Participations de l’Etat INDELEC et CABELEQ.

Dotée d’un capital de 1 418 600 000 DZD, et ayant son siège dans la Zone Industrielle sur la route de CHETOUANE à Tlemcen, sa principale activité originelle résidait en la réalisation de mobilier métallique, sous différentes formes et pour différents usages.

Après avoir décidé de diversifier ses activités, SOREMEP s’est employée à mettre de nouveaux produits sur le marché dans le domaine de l’injection plastique, la signalisation ferroviaire, les circuits imprimés, puis en 2007, elle se lance dans la réalisation des portes d’ascenseurs de différentes dimensions.

Selon nos informations, une étude de marché sur les ascenseurs en Algérie avait été effectuée en 2015. Les conclusions de cette étude ont montré que le parc algérien est constitué de près de 40.000 ascenseurs dont plus de la moitié était en panne ou à l’arrêt.

Avec la montée de l’urbanisation de notre société, l’ascenseur est devenu désormais un système indispensable pour répondre aux exigences modernes de notre vie en matière d’autonomie, de mobilité, d’accessibilité et de rapidité. Il est ainsi un élément essentiel des immeubles résidentiels, des bureaux, des musées, des aéroports, des centres de soins, des bâtiments publics, etc…. Il contribue ainsi à gagner du temps, faciliter les déplacements, le transport et les courses.

Parties d’un ascenseur à traction. Source

Les professionnels de l’industrie des ascenseurs, des escaliers mécaniques et autres monte-charges, estiment le marché algérien à plus de 400 millions de dollars.

Désirant profiter de l’opportunité conjoncturelle qu’offrait le secteur des ascenseurs en Algérie, le groupe ELEC EL DJAZAIR a décidé il y a une 1 an, d’associer la SOREMEP à la société italienne CIAM ascensori e servizi, dont le propriétaire est Monsieur Sandro Citarei.

Sandro Citarei

L’accord d’association a été signé le 18 décembre 2017, suite à l’accord N°15/115 du Conseil de Participation de l’Etat (CPE) obtenu le 08 Novembre 2017.

La nouvelle entité créée dénommée CIAM Ascenseurs Algérie est alors dotée d’un capital social de 400 millions DA, détenu à 70 % par la partie algérienne et 30 % par le partenaire italien. Son objet social est dédié principalement à la fabrication et à la maintenance d’ascenseurs, de monte-malades et de monte-charges et son siège se situe à Tlemcen.

A ce titre, Mr Abdelkader Zazoua, en sa qualité de Président du Conseil d’Administration de la nouvelle entité et PDG de la SOMEREP, avait alors déclaré que CIAM Ascenseurs Algérie assurerait la fourniture et la maintenance des ascenseurs à l’entreprise « GEST Immo » de l’AADL, qui doit gérer selon lui un parc de 1.500 ascenseurs à l’échelle nationale.

« la nouvelle société est censée produire 2.400 ascenseurs/an à partir de sa troisième année d’exercice et répondre à un besoin national estimé entre 3.000 et 3.500 ascenseurs/an » Avait-il indiqué.

Selon une dépêche officielle de l’APS datant du mois de mai 2018, CIAM Ascenseurs Algérie devait entamer la production de ces équipements en janvier 2019. Mais il n’en a rien été.

L’optimisme excessif affiché par les parties prenantes a laissé place à un constat de défaillances dans les obligations du partenaire italien. Et pour cause.

Notre enquête nous a permis constater des faits assez surprenants sur cette entreprise italienne, qui active pourtant dans le domaine des ascenseurs depuis 40 ans au sein du Groupe CIAM.

En effet, nous avons tout d’abord été étonnés de constater que CIAM Ascensori et Servizi possédait un capital social s’élevant à 10.000 Euros dont seuls 2500 Euros ont été préalablement versés. Nous avons tenté de nous pencher sur les bilans fiscaux de l’entreprise et là encore nous avons appris que cette société n’avait plus, depuis quelques années, déposé ses états financiers comme l’exige la loi italienne.

Mais le plus troublant pour nous a été d’apprendre que plus plusieurs entreprises appartenant à Sandro Citarei faisaient l’objet de résiliations de contrats en Italie et en Allemagne pour manquements aux obligations contractuelles.

Le patron de la société CIAM Ascensori et Servizi, qui est né le 4 Mai 1958 à Terni, traine en effet une réputation bien sulfureuse…

Aussi, et comme il faut s’y attendre dans le cas d’une justice impartiale et équitable, Sandro Citarei continue de faire l’objet de plusieurs enquêtes lancées par la justice italienne pour falsifications, corruption et fraudes.

Déjà en 2014, Sandro Citarei avait été cité dans une affaire de corruption sur des marchés publics destinés à des universités italiennes.

Selon l’enquête portant sur des faits de corruption, menée par le procureur Massimo Terrile et les éléments de la Brigade Financière, autour de « faux » contrats avec l’Université de Gênes, il a été révèlé que Citarei Sandro avait falsifié des signatures, et aurait été l’auteur de fraudes aggravées en ayant participé à des « trucages de devis » dans des appels d’offres publics.

Dans une autre enquête menée par Marco Stramaglia , le procureur de Terni et par les services de la brigade financière de la même ville, le parquet régional de la Cour des comptes d’Ombrie, a demandé et obtenu la saisie préventive de près de 5 Millions d’euros sur les biens du patron de la CIAM, coupable selon eux de la mise en place d’un système frauduleux entre 2006 à 2015.

L’enquête a révélé que la CIAM, en plus d’avoir détourné des contributions publiques provenant du budget communautaire (Fonds européen de développement régional FEDER) et de plusieurs budgets nationaux, avait également commis des infractions fiscales qui s’élèvent à plus de 70 Millions d’Euros…

En mai 2017, Sandro Citarei s’était retrouvé au centre d’une autre enquête, surnommée par les éléments de la brigade financière : « Opération ascenseur en panne ».

Selon eux une fraude d’un million de dollars contre l’État aurait été commise dans le cadre de projets de développement dans le domaine de la recherche et de l’innovation technologique, financés par la région de l’Ombrie et de la Sardaigne portant sur 5 millions d’euros reçus en fonds publics, dont les coûts réels de mise en œuvre se sont avérés bien inférieurs à ceux déclarés par l’entreprise de Sandro Citarei.

Aussi, le jugement N°104/2018, présenté en Mars 2018 par la cour des comptes de la section régionale juridictionnelle de la région centrale italienne de l’Ombrie, condamne officiellement la CIAM et Mr Sandro Citarei à payer la somme de 4.920.570,48 Euros pour fraude, fausses déclarations et fausses factures. L’entreprise est au bord de la faillite.

A ce stade déjà, la première question que nos lecteurs partagent certainement avec nous serait : Sandro Citarei constituait-il le candidat idéal pour s’associer à l’entreprise publique SOREMEP ?

Pour tenter d’avoir une réponse, nous avons épluché les nombreux documents que nous avons pu obtenir lors de notre enquête et avons constaté que le Directeur Général de la CIAM Algérie, Mr Guieseppe Ghiani avait déjà apporté des explications quant au retard qu’accuse le projet algérien.

Les explications de Mr Ghiani sont sans équivoques. Ce serait selon lui, les agissements de Mr Sandro Citarei qui seraient à l’origine du blocage de la société Algéro-Italienne, avec toutes le conséquences économiques et fiscales pour le projet, la région et le Pays.

« J’ai dénoncé le dévoiement des engagements et les transgressions répétées de l’accord d’association par Mr Sandro Citarei dans une lettre et dans un rapport détaillé transmis respectivement au conseil d’Administration de l’entreprise au mois de Mai 2019, et à Mr Abdelkader Zazoua PDG du Conseil d’Administration et Mr Kinane Djilali, PDG du Groupe Elec El Djazair, en date du 4 juillet 2019 »

« Mais cela n’a pas suffi puisqu’en guise de réponse j’ai été démis de mes fonctions » a-t-il clairement déclaré.

Il faut savoir que les nominations du Directeur Général et du Directeur d’exploitation reviennent, conformément à l’accord d’association, à la partie italienne pendant une période de 6 années.

Ainsi, pendant cette période, libre à la CIAM Ascensori e Servizi d’avoir la main mise sur la gestion opérationnelle à travers des personnes qu’elle aura elle-même choisies, et ainsi pouvoir aisément asseoir une politique commerciale favorisant l’entité italienne, au détriment de CIAM Ascenseur Algérie.

Mr Citarei n’aurait plus qu’a limoger, à l’instar de Mr Ghiani, tous ceux qui s’opposeraient à son plan d’exploiter commercialement la CIAM Algérie en leur revendant des composants à des prix 30% plus élevés que la concurrence et en bénéficiant des avantages qu’offre la législation algérienne aux investisseurs étrangers ! La belle affaire.

Nous nous sommes de ce fait penchés sur les prix des éléments constitutifs des ascenseurs, proposés par le partenaire italien à la CIAM Algérie.

Il s’est avéré que les prix proposés par la société de Sandro Citarei étaient bien plus importants que ceux proposés par des distributeurs et importateurs locaux.

Dans l’un des mails échangés entre les dirigeants de la CIAM en langue italienne, et que nous mettons ci-après à votre disposition, nous avons pu confirmer que les prix pratiqués par l’entreprise du partenaire italien étaient largement prohibitifs.

Un inconvénient économique majeur qui freine les possibilités commerciales de CIAM Algérie sur le marché domestique et à l’export…

Mais en fait, CIAM Ascensori e Servizi fabrique-t-elle des ascenseurs ?

Ascenseur CIAM Algérie

Il faut savoir que le secteur des fabricants d’ascenseurs se concentre particulièrement autour de 4 grands leaders mondiaux, à savoir l’américain Otis, l’allemand ThyssenKrupp, le finlandais Kone et le suisse Schindler.

Le marché mondial, qui a représenté un chiffre d’affaires de plus de 45 milliards d’euros en 2016, est partagé à 80 % par ces quatre majors du secteur. Près de 120 Petites et Moyennes Entreprises (PME) se partagent les 20% restants aux côtés de Hitachi, Fujitec, Toshiba ou autres Hyundai Elevator.

Interrogé à cet effet, Mr Ghiani est formel, « la société italienne n’est pas un producteur industriel d’Ascenseurs’’ soutient-il.

Dans les nombreux échanges de mails entre la CIAM Italie et la CIAM Algérie, nous avons pu nous en convaincre en constatant le peu de maitrise des coûts, l’absence de dossier de fabrication et de documentations techniques détaillées des composants d’ascenseurs proposées par la partie italienne.

Serait-il possible qu’en réalité Mr Citarei vende à la société algérienne ou il est actionnaire, des composants qu’il ne fabrique pas mais qu’il se contente d’acheter chez des fournisseurs étrangers et à des prix lui permettant de dégager des marges et des bénéfices importants en Italie ? Si tel est le cas, cela représenterait une version du partenariat qui s’oppose manifestement aux engagements pris lors de la signature des accords. Un gâchis pour le pays. Mais on n’en est pas au bout encore.

Parmi les nombreux engagements pris par le partenaire italien et qui n’ont toujours pas été
convenablement honorés à ce jour, il y a lieu de citer le transfert de technologie et de savoir-faire.

Situation dénoncée par le Directeur Général de CIAM Algérie à Mr Zazoua Président du conseil d’Administration de la même entité.

En effet, dans le plan de formation présenté à l’Etat pour la mise en place de ce partenariat, la partie italienne s’était engagé à former 650 techniciens pour la maintenance des ascenseurs en Algérie.

« La société Italienne n’a pas su répondre à nos attentes. La faible qualité de la formation
transparaissait en termes de cohérence par rapport aux besoins effectifs des techniciens et ingénieurs en formation. En plus de ses insuffisances, nous butions sur la barrière linguistique et l’absence de matériel didactique. Une vraie mascarade » nous a rapporté un des participants.

Les questionnaires d’évaluation de la formation remplis par les participants sont on ne peut plus explicites. A vous de juger sur pièces.

 

‘’Il est évident que si le projet n’a à ce jour pas pu démarrer, il est du seul fait du partenaire italien qui ne possède aucune compétence ou certification dans la fabrication industrielle. Son seul but est la vente’’ insiste Guissepe Ghiani, le désormais ex Directeur de la Ciam Algérie.

 

Serait-ce justement parce qu’il aurait découvert les nombreuses incohérences et le manque de fiabilité de Sandro Citarei qu’il a été débarque de son poste ? Cela en a tout l’air.

Poursuivant notre enquête, nous nous sommes aperçus que CIAM Italie proposait les cabines de 630 Kg selon des normes 81.XX dépassées et obsolète qui répondent à l’année 1998.

Or ces normes harmonisées qui définissent les prescriptions de conception d’ascenseurs électriques et hydrauliques, ont pris fin le 1er septembre 2017 et ont été définitivement remplacées par les nouvelles normes harmonisées EN81-20 et EN81-50.

Cela veut dire que tous les ascenseurs qui ont été mis en service au sein de la Communauté européenne à partir du 1er septembre 2017 ont été conçus conformément aux prescriptions définies par les nouvelles normes, qui renforcent considérablement les niveaux de sécurité des ascenseurs. Mais la CIAM Italie a préféré envoyer du matériel dépassé.

L’article 10.9 et 10.12 de l’accord d’association dont nous avons une copie sont pourtant clairs.

Ce partenariat, qui a été présenté par ses dirigeants comme un projet féerique pour l’Algérie, tourne manifestement au fiasco et risque de couter à l’Algérie en plus du retard dans le projet, une saignée dans les comptes du trésor, car entre temps les factures gonflées d’assistance technique de la CIAM Italie, ne vont pas cessenr comme le démontre ce document confidentiel que nous savons pu obtenir.

En Septembre 2018 une demande d’éclaircissement a été adressé à CIAM Italie, portant sur le montant de la facture pour assistance technique prévu pour le dernier trimestre 2018 qui s’élevait à 34.000.000 DA. Aucune réelle explication n’a été fournie…

Est-il normal de payer des prestations à l’avance pour des services injustifiés alors que l‘usine n’a produit aucun ascenseur à ce jour ?

Sur quels documents et attestations s’appuient les ordres de transferts bancaires sur le compte italien de la société de Sandro Citarei ?

Mr Zazoua, mandaté par l’Etat algérien pour cet ambitieux projet, a-t-il véritablement les
compétences lui permettant pour le mener à bien et de défendre les intérêts de l’Algérie ?

Va-t-il user de l’article 18.2 de l’accord d’association, lui permettant de mettre en demeure la partie italienne, pour manquements graves aux dispositions dudit accord ?

La gestion du projet d’ascenseurs en Algérie soulève de bien trop nombreuses questions. L’Etat doit impérativement faire valoir ses droits et redresser la situation avant qu’il ne soit trop tard.

 

Documents exclusifs. Plainte à la brigade de recherches de Bab Jedid contre la BNA et l’oligarque Mohamed Laid Benamor

En  2010, dans la région de Skikda, à l’est du pays, le bradage surprenant de la conserverie Ben Azzouz de Boumaïza qui défraye la chronique dans le nord-est du pays, terroir de la tomate industrielle. La conserverie produisait, avec ses 18 unités de transformation, 90 000 tonnes de concentré, soit 150% des besoins nationaux. Aujourd’hui, grâce au Hirak et la mobilisation des Algériens qui a permis de briser les tabous de la corruption et des malversations financières, ce dossier atterrit à la brigade de recherches de la gendarmerie nationale de Bab Jedid, l’unité d’élite chargée d’enquêter sur les plus gros dossiers de corruption dans le pays. 

En effet, Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations la copie de la plainte qui a été déposée par Benamara Mohamed, l’ex-gérant de la conserverie Ben Azzouz. Dans cette plainte, ce gérant infortuné qui dit se battre tout seul contre l’arbitraire pendant de nombreuses années, a dévoilé des pratiques scabreuses qui impliquent directement une agence bancaire de la BNA, l’une des plus grosses banques étatiques en Algérie, à Annaba, et l’oligarque Mohamed Laid Benamor, le patron du groupe Benamor, l’une des plus grosses fortunes du pays et l’un des soutiens les plus actifs au régime de Bouteflika lors de ces dernières années.

Benamara Mohamed a révélé dans sa plainte toutes les manoeuvres cachées entourant l’histoire de la vente directe des installations industrielles de cette conserverie décidée le 23 septembre 2010 par le tribunal de Azzaba (Skikda) qui avait procédé à la vente directe. Cette vente a été décidée par ce tribunal dès la première séance, de cette grande conserverie au prix de 180 millions de dinars alors qu’en vérité, cette conserverie valait au moins « au bas mot aujourd’hui 270 millions de Da ». Mohamed Benamara affirme également disposer d’une expertise de 2003 où la valeur de l’unité a été estimée à 800 millions de dinars. Une usine qui s’étend sur 4 ha, avec le tiers, 12 000 m², couvert. Une capacité de production de 7000 tonnes/an, soit 600 tonnes/24h. Elle employait 85 personnes en permanence et faisait vivre 1200 petits producteurs de tomate en absorbant la production de toute la région de Ben Azouz.

Mais à qui profitait cette vente ? Au groupe Benamor dirigé par l’oligarque Mohamed Laid Benamor qui dispose de nombreux relais d’influence au sein des appareils de l’Etat au niveau de l’est du pays. Dans sa plainte, Mohamed Benamara soupçonne clairement Mohamed Laid Benamor d’avoir exercé des pressions sur la BNA et des hauts commis de la Justice pour accélérer la mise en vente de la conserverie Ben Azzouz en septembre 2010 dans l’optique de l’utiliser comme une « hypothèque » afin d’obtenir un conséquent crédit bancaire auprès de la BEA en présentant une expertise financière qui évalue la valeur de cette conserverie privée à un montant nettement plus élevé que les 18 milliards de centimes déboursés initialement lors de son rachat par le groupe Benamor.

Les informations révélées dans sa plainte par Mohamed Benamara jettent un véritable pavé dans la mare. Elles indiquent des manoeuvres douteuses déployées par un milliardaire en complicité avec une banque publique et les responsables du tribunal d’Azzaba afin de subtiliser une usine industrielle à son véritable propriétaire pour la transformer en fonds de commerce et développer d’autres business juteux.  Nous avons tenté de joindre la direction générale du groupe Benamor pour obtenir des explications et des réponses aux questions soulevées par cette plainte déposée au niveau de la brigade de recherches de Bab Jedid à Alger.

Malheureusement, nos demandes n’ont pas abouti et le groupe Benamor ainsi que son patron Mohamed Laid Benamor n’ont pas daigné nous répondre.

Il est à souligner enfin que le gérant de la conserverie Ben Azzouz appelle à l’ouverture d’une véritable enquête de la gendarmerie nationale parce que cette usine aurait pu être conservée et sauvée sans la brader directement au profit de l’oligarque Mohamed Laid Benamor.

En effet, nous avons obtenu au cours de nos investigations d’autres documents qui démontrent tous les efforts accomplis par les propriétaires de la conserverie Ben Azzouz pour sauver leur business et les emplois. Force est de reconnaître que la conserverie Ben Azzouz n’a pas pu bénéficier de crédits de campagne durant une période 8 ans et elle n’avait pu ainsi payer les agriculteurs, ses fournisseurs en tomate fraîche. Comme les autres conserveries, elle a eu à faire face à la mévente de ses produits concurrencés par ceux de l’importation. La BNA, sa banque, a réagi à l’époque sous la pression d’un très fort lobbying et l’usine a été mise sous scellés, alors qu’elle était en pleine production.

Le coulis de tomate est jeté aux égouts et des pertes ont été évaluées à 30 millions de dinars en double concentré de tomates (DCT). En 2004, il y a une procédure de vente aux enchères qui est engagée. Elle ne trouve pas preneur au prix fixé mais des équipements de l’usine sont vendus sans autre forme de procès. L’affaire emprunte alors un dédale de procédures judiciaires assez déroutantes. En 2007, la saisie est prononcée, mais la procédure de vente est rejetée par le tribunal. Un expert a été désigné pour fixer la mise à prix à 290 millions de dinars. Mais le 23 septembre 2010, l’usine est vendue à 180 millions de dinars par le tribunal de Azzaba en une séance unique et avec un seul acheteur dans la salle, à savoir monsieur Mohamed Laid Benamor. Avant ce bradage étonnant et douteux, Mohamed Benamara a tapé à toutes les portes. Il a obtenu le soutien de plusieurs organisations professionnelles et directions du ministère de l’Agriculture. En vain. Le diktat de la justice et de la BNA a penché en faveur de Mohamed Laid Benamor.

Pétition. Algérie : N’oublions pas les détenus d’opinion qui croupissent encore en prison

Au moment où le peuple algérien continue pacifiquement à battre le pavé par millions et à revendiquer la fin d’un régime totalitaire et le passage à un régime véritablement démocratique, une répression inouïe et une compagne d’intimidations s’abattent sur les militants et les manifestants pacifiques en Algérie.

Face à l’escalade de la répression et des arrestations arbitraires commanditées par le commandement militaire incarné par Gaid Salah qui, pour se maintenir, tente de diviser le mouvement par la diversion et le mensonge, l’urgence de mener des actions et de maintenir la mobilisation dans la prudence devient vitale.

Aujourd’hui, M.Lakhdar BOUREGAA commandant de la wilaya 4 historique et beaucoup d’autres détenus croupissent dans les prisons algériennes. Leur seul tort est d’avoir brandi le drapeau amazigh, réclamé une transition démocratique, un Etat-civil de droit et démasqué les manœuvres du commandement militaire. En effet, pour ce dernier, tous ceux et toutes celles qui n’adhèrent pas à sa feuille de route, sont naturellement et systématiquement des traîtres à la solde des puissances étrangères ennemies de l’Algérie.

Le collectif « libérons l’Algérie » dénonce et condamne fermement toutes les arrestations arbitraires et appelle à leur libération immédiate et sans conditions. Il exige également, la cessation des intimidations à l’encontre des manifestants et des militants. Et réclame aussi, l’ouverture de la capitale «Alger » à tous les Algériens et les Algériennes désirant se manifester pacifiquement. Dans le sens d’exercer la pression pour la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, nous lançons une pétition citoyenne et militante.

Cette pétition est appelée à être signée par les militants politiques, les syndicalistes, les militants associatifs, les intellectuels, les universitaires, le monde culturel et tous les citoyens et citoyennes libres, épris de démocratie, révoltés contre la répression, l’injustice et l’arbitraire en Algérie.

Paris, le 17/07/2019

Collectif libérons l’Algérie :

– AJOUAD Algérie mémoire
– ACDA (Agir pour la Changement et la Démocratie en Algérie)
– Association Communauté algérienne à l’étranger (ALCAEE).
– Association ADDRA – Collectif « Debout l’Algérie ».
– FFS France Nord.
– Les humanistes.
– Les amis de l’académie berbère.
– Les progressistes.
– Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC).
– Riposte Internationale.
– Union pour le changement et le progrès (UCP) France.
– Union des étudiants algériens de France (UEAٍF Sorbonne Université).

Listes des premiers signataires en ordre alphabétique :

– ABANE Meziane, militant des droits de l’homme.
– ACHAB Ramdane, éditeur, Tizi Ouzou.
– ADDAD Hakim, militant politique, membre du collectif CSVM 22 Fev.
– ADDI Lahouari, universitaire.
– ADIB Fayçal, médecin, militant politique.
– AGRAW Boudjemaa, artiste, chanteur.
– AHMIME Noureddine, avocat et militant des DH.
– AINOUCHE Ghilas, caricaturiste et dessinateur.
– AISSANI Farid, militant politique.
– AIT AHMED Sonia, journaliste.
– AIT YAHIATENE Noureddine, architecte.
– AKNINE Arab, ingénieur.
– ALI RACHEDI Abdesselam, Prof de médecine, retraité, militant de la démocratie.
– ALMI Boubekeur dit koukou militant.
– AMAROUCHE Belkacem, ex député, membre de la chancellerie diplomatique du FFS, Belgique.
– AMOKRANE Lakhdar, médecin, premier secrétaire, Jil Jadid.
– ARAB Hachimi, militant démocrate.
– ATMIMOU Mourad, journaliste.
– ATTAR Salem, administratrateur, conseiller retraité de l’UMMTO.
– AZZI Arab, militant politique, ex député.
– BAKIR Mohand, citoyen
– BELABBAS Tahar, syndicaliste défenseur des droits des chômeurs.
– BELAHCEN Hakim chirurgien, 1er secrétaire national du FFS.
– BENCHICOU Mohamed, écrivain.
– BETATACHE Ahmed, maître de conférences en droit.
– BOUCHERGHUINE Adel, journaliste.
– BOUICH Mahrez, enseignant Universitaire et vice-président de la LADDH.
– BOUAICHI yekhlef,militant politique, ancien député.
– BOUFENIK Fatma, Maîtresse de Conférences, Université Oran 2, militante féministe.
– BOUKHELIFA Habib, docteur en art dramatique.
– BOUKHEROUF Belkacem, enseignant à l’UMMTO.
– BOUMALA Fodil, Universitaire, militant politique.
– BOUSSAG Redouane, journaliste – CHILI Nora, militante politique.
– DERRAIS Bachir, réalisateur.
– DJABI Nacer, sociologue.
– DOMRANE Malika, artiste, chanteuse.
– FALI Ammar, médecin, militant pour la démocratie.
– FERHATI Hacene, membre de SOS disparus.
– FERSAOUI Abdelouhab, président de l’association RAJ.
– FILALI Elias, blogueur
– HADAD Nacer, juriste.
– HAMMACHE Said, militant.
– HEBIB Youcef, militant amazigh.
– HERICHE Ahcène, Universitaire.
– IKHLOUFI Djamel, militant politique.
– GRAICHI Ahcene, enseignant.
– KACI Kaissa, militante politique, Canada
– KACI Lounas, militant démocrate, membre de la chancellerie diplomatique du FFS, CANADA.
– KHALFOUNE Tahar, Universitaire.
– KHELIL Said, ancien 1er secrétaire du FFS.
– KHELIL Abdelmoume, SG de la LDDAH.
– LAMROUS Smail, militant démocrate.
– LOUCIF Hacen, journaliste.
– MAARAF Ismail, politologue et enseignant à l’Institut des sciences politiques et relations internationales d’Alger.
– MAHOUI Sonia, militante féministe.
– MAHOUIT nora, avocate.
– MEDJAHED Hamid, artiste.
– MIMOUNI Boualem, Architecte.
– OUALI Hacen, journaliste.
– OUAMRANE Mohammed, Universitaire.
– OUCHICHI Mourad, universitaire.
– OULD OULHADJ Md said, militant démocrate.
– OULEBSIR Rachid, auteur, éditeur.
– OURABAH Said, syndicaliste.
– OUTERBAH Chafia, militante.
– RAHMOUNE Aissa, avocat vice-président de la LADDH.
– REZZOUG Youcef, journaliste.
– SAADI Hend, militant politique, écrivain.
– SIAD Achour, prof à l’université à Montréal.
– SADALI med salem, militant démocrate.
– SAIDI Khellaf, militant Politique.
– SARNI M’hand, militant politique.
– SI AHMED Hamid, militant syndicaliste.
– SI SAID Yahou, militant démocrate.
– SIDHOUM Salah-Eddine, chirurgien.
– TABOU Karim, président de l’UDS.
– TAGUEMOUT Mokrane, militant.
– TAZAGAHRT khaled, député démissionnaire.
– TAZEROUT Idir, journaliste.
– TAZIBT Ramdane Youssef, dirigent du PT.
– ZAID Yacine syndicaliste, militant des DH.
– ZAOUI Amine, écrivain.
– ZENATI Djamel, militant démocrate.
– ZIANI Abdenour, militant démocrate.
– ZIHRAOUI Ahcène, Universitaire.

PS. Cette liste n’est pas définitive, elle sera actualisée au fil des jours.

Prison d’El-Harrach : Les enfants de Hamel au coeur de toutes les spéculations et de tous les fantasmes

Depuis bientôt une semaine, les enfants d’Abdelghani Hamel, l’ex- puissant patron de la DGSN, suscitent une énorme polémique. Jeudi dernier, une député RCD a révélé dans les colonnes du quotidien El Watan que « tous les enfants de Hamel ont été libérés » de la prison d’El-Harrach. Cette déclaration a fait l’effet d’une bombe au moment où de nombreux détenus politiques et d’opinion sont maintenus en prison.

A-t-on vraiment relâché les enfants d’Abdelghani Hamel ? Non, absolument pas, ont répondu de nombreuses sources judiciaires consultées par Algérie Part. Abdelghani Hamel a quatre enfants : Mourad, Ameyar, Chafik et une fille Chahinez. Toutes les sources judiciaires contactées par nos soins ont confirmé à Algérie Part que les trois fils de Hamel sont toujours maintenus en prison à El-Harrach.

En revanche, une source judiciaire bien introduite dans le cabinet de Zeghmati Belkacem, le  Procureur général de la Cour d’Alger, a assuré à Algérie Part que Chahinez Hamel, la fille d’Abdelghani Hamel, a été relâchée depuis dimanche dernier en raison de son état de santé chancelant et de sa situation familiale où elle a laissé derrière elle un bébé en bas âge. Cette source est affirmative et catégorique : il n’y a que Chahinez Hamel qui a retrouvé sa famille.

Néanmoins, cette information n’a pas été confirmée par la famille et l’entourage d’Abdelghani Hamel. Nous avons approché plusieurs membres de la famille Hamel qui ont démenti ensuite cette information. D’après ces sources, même l’épouse d’Abdelghani Hamel est placée sous contrôle judiciaire et ne peut pas rendre visite à ses enfants à la prison d’El-Harrach. L’épouse d’Ameyar Hamel est également sous contrôle judiciaire. Quant à Chahinez Hamel, elle n’aurait jamais retrouvé le domicile de son père qui croupit encore à la prison d’El-Harrach, assurent ces sources familiales. Face à toutes ces informations contradictoires, il n’y a que la justice qui doit sortir de son silence pour démêler le vrai du faux et éclairer enfin l’opinion publique.

Portrait – Lazhar Bounafaâ. L’intrigant homme de l’ombre à la tête du tourisme algérien.

Le secteur du tourisme du plus grand pays du continent africain et le 10e pays le plus grand au monde en superficie totale, peine à décoller malgré ses atouts et principalement le plus grand désert au monde qu’est le Sahara ou ses 1200 Km de littoral.

Certes le secteur du tourisme a dû subir les tragiques années du terrorisme au tout début des années 1990, ce qui en a indubitablement freiné le développement.

Le Hoggar algérien

Aujourd’hui un homme, désigné par l’ancienne équipe au pouvoir, concentre le destin touristique de l’Algérie entre ses mains. Il s’agit de Lazhar Bounafaâ.

L’homme ne laisse pas indifférent. Si certaines personnes l’estiment, d’autres le jugent controversé et n’apprécient guère son caractère. Selon nos infos, Benmessaoud Abdelkader, à la tête du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat chercherait même à le remplacer.

Qui est donc Bounafaâ Lazhar ?

Nommé premier Directeur de l’Agence Nationale de l’Amélioration et du Développement du
Logement (AADL), Lazhar Bounafaâ en a été limogé le 20 Novembre 2003 pour avoir, selon nos infos, affiché publiquement sa préférence au candidat Ali Benflis à la présidentielle de 2004.

 Lazhar Bounafaa

D’autres sources nous informent que Bounafaâ avait été écarté pour sa déclaration aux médias à propos de la formule location-vente chère au Président Bouteflika. « C’est le dernier atout que détient l’État pour se racheter devant le peuple »

Après plusieurs années de mise au placard, Lazhar se retrouve en 2013, désigné à la tête de l’Agence Nationale de Gestion des Réalisations et d’Equipements des Etablissement de Santé (AREES) avant sa dissolution en 2016, car aucun soumissionnaire n’avait alors accepté les ‘’exigences financières’’ du programme de réalisation de 10 CHU en Algérie.

‘’S’il est revenu aux devants de la scène c’est pour avoir prêté allégeance au cercle présidentiel. Car il était notoire qu’il ne s’entendait pas du tout avec le Ministre de la Santé de l’époque’’ Nous ont informé nos contacts au Ministère.

Il faut dire que le retournement de veste faisait ravage à cette époque. M.Bounafaâ s’implique personnellement dans la direction de campagne du Président-candidat Abdelaziz Bouteflika en 2014.

En Novembre 2016, succédant à Abdenacer El Ouardi qui avait fait valoir ses droits à la retraite, Lazhar Bounafaâ est nommé à la tête de la Société de Gestion des Participations Tourisme & Hôtellerie, (SGP Gestour), l’organisme en charge de la gestion du tourisme.

A ce titre, il gère les actifs de plusieurs dizaines d’établissements à travers le territoire national que sont :

12 Hôtels urbains, 8 Hôtels d’Affaires, 3 Centres touristiques, 19 Hôtels du Sud, 4 Stations climatiques et 8 Stations thermales, 12 Unités balnéaires ainsi que le Centre de thalassothérapie de Sidi-Fredj et le Centre de bien être des Andalouses.

Signature Convention UGTA-HTT

Le chiffre d’affaire du groupe public Hôtellerie Tourisme et Thermalisme (HTT), ne cesse pourtant de décliner et a même connu une baisse de 8% au cours de l’année 2018 !

Un recul qui serait dû, selon le PDG du groupe public Lazhar Bounafaâ, aux travaux de rénovations qui ont touchés plusieurs établissements.

« Reculer de 8% sur le chiffre d’affaires avec 43 établissements en travaux, je considère que c’est une performance », a souligné le PDG du groupe…

Pour rappel, le Groupe HTT est issu de la transformation de la SGP Gestour, décidée par l’Assemblée Générale de cette dernière, le 20 décembre 2015.

En Mai 2019, alors que l’activité hôtelière est dans le rouge avec plus de 85% de régression par rapport à la même période de l’année précédente, Lazhar Bounafaâ va cette fois-ci imputer cette piètre performance à la situation politique du pays… Et ce malgré une enveloppe budgétaire affectée à l’investissement touristique au sein du Groupe estimée à plus de 100 milliards de DA !

En clair, pour Bounafaâ, ce n’est guère à cause de l’incompétence de certains de ses gouvernants, de l’archaïsme organisationnel du secteur ou du manque de volonté et de professionnalisme de ses dirigeants, que la mission de valorisation du tourisme, dont il a la charge, enregistre un tel passif.

Prenons un exemple basique que nous avons vécu, qui met la lumière sur le manque de
professionnalisme de la profession, et sur le traitement inadapté des estivants en termes de communication.

Les usagers des plages ne le savent peut-être pas mais l’Etat est chargé d’effectuer des analyses périodiques et régulières de la qualité des eaux de baignade. La loi du 17 février 2003, fixant les règles générales d’utilisation et d’exploitation touristiques des plages, prévoit que les usagers des plages doivent être informés des résultats de ces analyses. En avez-vous déjà vu ?

La Direction du Tourisme de la Wilaya d’Alger n’a pas daigné répondre à notre question de savoir pourquoi les plages visitées étaient dépourvues de cette précieuse indication.

Le secteur géré par Bounafaâ peine visiblement à améliorer le niveau des prestations et à assurer la consolidation des opérations de contrôle et d’inspection au niveau des hôtels et des plages, en vue de veiller au confort des citoyens.

Chemin des touristes – Constantine

De même nous avons voulu nous intéresser au projet de réhabilitation du Chemin des touristes à Constantine. Taillé dans la roche, cet itinéraire est constitué de tunnels creusés dans la roche, d’escaliers et de petits ponts métalliques, permettant de relier la rive droite à la rive gauche du ravin, en passant par des lieux symboles du patrimoine matériel et mémoriel de la ville. Le budget de 60 milliards de centimes alloué au projet devait être réévalué. Nous avons voulu en savoir plus et avons contacté par mail Bounafaâ Noureddine, le Directeur du Tourisme et de l’Artisanat à la Wilaya de Constantine. En vain. Un trait de famille ?

Aujourd’hui, à l’heure des grandes alliances, des chaînes, des standards et des spécialisations, il est tout aussi impératif de valoriser le patrimoine historique, culturel et religieux, que de développer le tourisme individuel ou de montagnes, le tourisme thermal ou saharien.

En somme faire du tourisme en général, un des moteurs de la croissance économique. Et cela est largement à la portée des jeunes cadres formés depuis quelques années aux écoles de notre pays et à l’étranger.

De plus et pour le bien de notre dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, la relance du secteur du tourisme pourra assurer un effet d’entrainement sur les autres secteurs tels l’architecture, la formation professionnelle, l’agriculture, la culture…

A la fin de l’année 2016, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) avait classé L’Algérie à la 124e place sur 184 pays concernant la contribution du secteur touristique à la richesse nationale.

Le tour opérateur français Voyageurs du Monde avait désigné l’Algérie comme destination à
découvrir pour l’année 2018.

Il y a quelques mois de cela, le bateau de croisière Viking Sun avec près de 1000 touristes américains avait fait escale à Alger et ce grâce à l’initiative de Mourad Larbi, patron de l’agence de voyages Magic Tours, spécialisée dans le tourisme réceptif.

Si nul ne peut en effet nier le magnifique potentiel touristique de l’Algérie, d’aucun ne pourra contester le manque flagrant, en cette période estivale, de protection et de valorisation de nos plages en vue de faire bénéficier les estivants de baignades et de toutes les prestations de loisirs afférentes.

Vestiges El Djemila – Setif

Heureusement que des solutions existent. Ne serait-ce que celle ayant trait au tourisme interne, alors que plus d’un million et demi d’algériens traversent la frontière est pour profiter des complexes tunisiens ? Une manne de plusieurs centaines de millions d’euros que perd le tourisme domestique.

L’Etat a fait des efforts pour inciter les professionnels privés à investir le secteur et de créer des projets d’aménagement de zones d’expansion touristique.

Mais le saut qualitatif ne pourra se faire que dans un environnement soumis aux normes de qualités internationales et assaini de tout affairisme dans le mode de gestion.

Faut-il rappeler que Lazhar Bounafaâ était alors un fervent défenseur du partenariat public-privé (PPP), chère au gouvernement d’Ahmed Ouyahia et au Forum des chefs d’entreprise (FCE) d’Ali Haddad…

Certains dirigeants d’entreprises publiques ou privées qui se sont lancés dans des affaires de corruption mêlant certains hommes politiques ont été la source du mal que vit notre pays. Ces derniers jours, la justice s’est emballée et les mises en détention d’oligarques et politiques de tous bords font la une des journaux.

Plusieurs voix ont dénoncé la corruption qui gangrène l’administration du secteur du tourisme en Algérie. Les réseaux sociaux se sont même fait récemment échos de la gestion catastrophique du centre de Thalassothérapie de Sidi Fredj, déclenchant une enquête des services de sécurité, à la demande de la justice.

Ahmed Slimani, l’ancien président du conseil d’administration de l’EGT Zéralda ne garde pas un bon souvenir du passage de Bounafaâ à la tête du secteur du tourisme. Ahmed Slimani a adressé une lettre au ministre du Tourisme dans laquelle il liste un ensemble d’irrégularités dans la gestion du secteur.

Ahmed Slimani y cite des irrégularités dans la passation de marchés de concessions des plages, de travaux, dans le versement de salaires indus et dans la non-déclaration de vols…

‘’Les concessions de plages cadrées par l’Etat, font l’objet de marchandage de la part des premiers responsables du secteur. Allez demander à l’exploitant de Khelwi Plage, à la plage attenante à l’’hôtel Riyad à Sidi Fredj. Vous comprendrez l’ampleur de la corruption dans le secteur.’’ Nous a déclaré un jeune cadre du Ministère. Promis nous enquêterons.

Ahmed Slimani a par ailleurs demandé, dans sa lettre adressée à la tutelle en mai 2019, une mission d’audit de l’inspection générale des finances (IGF). En guise de réponse, Ahmed Slimani s’est vu… écarté de son poste.

Lazhar Bounafaâ a visiblement bien du mal à gérer toutes les unités touristiques placées sous sa coupe depuis son installation à la tête du groupe HTT. Des insuffisances dans la gestion publique dont il a eu à répondre auparavant.

Siège de l’OPGI

En effet, l’Office Public de Gestion Immobilière (OPGI) de Dar El Beida avait décidé, à l’instar de nombreuses autres unités, de placer dès 1999, plusieurs Milliards de Dinars dans les caisses d’El khalifa Bank.

En 2015, lors du procès de cette banque impliquant les directeurs des OPGI qui répondaient aux accusations de corruption, de trafic d’influence et bénéfice de privilèges et d’avantages en contrepartie de placements, Lazhar Bounafaâ avait indiqué au tribunal de Blida qu’il avait procédé à des dépôts d’argent que dans le cadre du renouvellement de la convention entre Khalifa Bank et l’OPGI.

Là encore, il s’est contenté, comme bien trop souvent, de charger ses prédécesseurs à l’OPGI, tout en prenant le soin d’épargner le Ministre de tutelle de l’époque, un certain Abdelmadjid Tebboune !

Pourtant ce dernier recevait mensuellement des états détaillés du budget de l’OPGI, où étaient même précisés les noms des banques de domiciliation…

En tout, ce sont plus de 10 milliards de dinars que les responsables des OPGI ont placés auprès de Khalifa Bank. Tout cet argent est parti en fumée.

Lazhar Bounafaâ au siège du conseil constitutionnel

Alors finalement, Lazhar Bounafaâ est-il à la hauteur de la tâche qu’on lui désigné ?

Cet homme, qui a recueilli les 5 millions de signatures pour le 5 ème mandat d’Abdelaziz Bouteflika, et qui était présent lorsque les 7 fourgons de type Master transportant les signatures sont entrés au niveau du conseil constitutionnel, est-il protégé ?

Les 7 fourgons des signatures de Bouteflika

Alors que le procès de Khalifa Bank va être rouvert, le natif de Batna sera-t-il finalement inculpé ?

 

Leçons du sacre de l’Algérie à la CAN 2019 : de l’urgence de supprimer l’article 51 de la constitution

La victoire finale de la sélection algérienne de football à la CAN 2019 en Egypte devrait fournir en toute urgence l’opportunité de procéder à la suppression de l’article 51 de la constitution qui interdit aux Algériens binationaux de s’engager pour la Nation.

L’équipe nationale de football qui a remporté cette précieuse Coupe d’Afrique des Nation s’appuie sur un grand nombre de joueurs binationaux, des Algériens nés et formés en France, mais qui ont l’amour du pays dans les veines comme le talentueux capitaine des Verts Riyad Mahrez.

14 des joueurs de l’équipe nationale sont nés en France et la grande majorité est de nationalité française. « Au delà du sport nous avons beaucoup à donner à notre pays Nous demandons donc de manière irrévocable l’annulation de cet article 51 qui est l’article de la honte de l’ancien régime. L’Algérie appartient aux Algériens d’Algérie et du monde entier », a plaidé dans ce sens le président de l’Association Diaspora des Algériens Résidents à l’Etranger (DARE), Otman Douidi.

Cette revendication ne date pas d’aujourd’hui. Depuis l’adoption de cet article controversé lors de la révision constitutionnelle de 2016, la polémique n’a jamais cessé d’enfler. L’Algérie empêche ainsi ses talents nés à l’étranger d’occuper des fonctions politiques en raison de leur binationalité. Cet article de l’actuelle constitution stipule clairement que « la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques ».

L’obstacle est énorme et des milliers de hauts cadres algériens très compétents et formés  dans les meilleures universités au monde sont, ainsi, privé de la possibilité de servir leur pays d’origine. Le patriotisme est remis en cause de manière radicale. « On veut nous faire oublier  les origines politiques de la guerre de libération, on veut nous faire oublier que le parti populaire algérien a été créé en 1936 à Nanterre,  on veut nous faire oublier l’Etoile Nord-Africaine, la Wilaya 7 et ses courageux militants et on veut nous faire oublier les morts du 17 octobre 1961 », s’était indigné en 2016 une pétition largement diffusée sur les réseaux sociaux.

 

« Cette fierté derrière le drapeau nationale ne peut être effacer par aucun article. Notre ascension démocratique est au niveau de notre ascension sportive, l’Algérien du peuple veut s’imposer plus que jamais et nous sommes tous unis derrière nos valeurs communes et notre histoire commune avec la France qui a qu’on le veuille ou non élevé des champions au plus niveau sportif en France pour le bonheur des supporters Africains Sénégalais, Marocains, Tunisiens et aujourd’hui les plus forts de cette CAN sont Algériens, Vive l’Algérie et vive la France ! », s’écrie enfin le président de l’association DARE. A lumière de cette victoire éclatante et joyeuse de l’Algérie à la CAN 2019, les manifestants algériens mobilisés chaque vendredi sur le terrain en faveur du changement radical du régime politique doivent tenir compte de l’importance de la suppression de l’article 51.

Des Mahez en politique, économie, sciences et technologies, il y en a énormément à l’étranger. Pourquoi saboter encore et toujours ses « cerveaux » ?

Finale de la CAN au Caire : les couacs d’une récupération politique bête et méchante

L’équipe nationale a gagné sa deuxième étoile. Toute l’Algérie a exulté au bout d’une finale très dure, haletante, passionnante et exceptionnellement tendue. Les poulains de Djamel Belmadi l’ont fait : ils ont donné du bonheur à tout un peuple qui attendait un trophée sportif international pour retrouver sa communion et se libérer de son angoisse collective. L’Algérie, championne d’Afrique des Nations de football. C’est aussi un rêve qui se réalise pour le régime algérien. Contesté, rejeté, illégitime depuis le 9 juillet dernier, date de l’expiration du mandat présidentiel d’Abdelkader Bensalah, ce sacre des Verts a été récupéré politiquement par un régime aux abois. 

Et cette récupération a marié l’absurde avec le ridicule. Dés le coup de sifflet final, une image a été immortalisée par les caméras du monde entier : un militaire, un haut gradé de l’armée algérienne, foule la pelouse du stade du Caire pour serrer la main des joueurs de l’équipe nationale et les féliciter. Les joueurs sont surpris, les spectateurs ébahis. Non, ce n’était pas un haut gradé de la dictature militaire de l’égyptien Sissi. C’était l’attaché militaire et de défense de l’ambassade d’Algérie en Egypte.

La scène est hallucinante. Du jamais dans l’histoire des finales des compétions sportives internationales. Des militaires sur les pelouses pour s’afficher avec les champions adulés par tout un peuple. Le message politique est clair et précis : l’institution militaire algérienne est bel et bien présente dans l’arène et les caméras des médias internationaux peuvent en témoigner. « Le pouvoir, c’est nous ! » Est-ce le message que ce militaire voulait transmettre à tous les Algériens ? A-t-il été instruit de se frotter sciemment aux joueurs de l’équipe nationale ? Est-ce un moyen de retrouver une légitimité internationale que le régime algérien recherche désespérément ?

Ces questions ont suscité durant toute la nuit du vendredi au samedi un vif débat sur les réseaux sociaux. Les commentaires les plus déchaînés ont été postés et les échanges virulents entre défenseurs et partisans de l’institution militaire algérienne ont inondé le Facebook algérien.

Du point de vue protocolaire, cette apparition est un grave couac. Et pour cause, l’institution militaire a utilisé l’équipe nationale de football pour signifier sa prééminence politique. D’habitude, seuls les diplomates civils comme l’ambassadeur ou les membres de son staff partent à la rencontre des joueurs de football pour les féliciter et les remercier. Un attaché de défense est un militaire qui ne doit nullement attirer les projecteurs des médias. Son rôle est de gérer les dossiers de la coopération militaire avec le pays hôte, en l’occurence l’Egypte. Les questions sportives ou politiques dépassent de loin toutes ses prérogatives. Cette intervention intempestive dans le champ sportif est un grave précédent car elle marque une réponse cinglante aux millions de manifestants algériens qui sortent chaque vendredi pour dire non à l’Etat militaire tout en réclamant un « Etat civil ».

C’est, peut-être, la première fois dans l’histoire qu’un militaire s’ingère aussi « brutalement », du point de vue de la sémiotique, dans un protocole purement civil et diplomatique.

Cette entorse est venue s’ajouter aux autres bêtises commises par Abdelkader Bensalah. Ce chef d’Etat intérimaire dont le mandat légitime a expiré officiellement le 9 juillet dernier  s’est retrouvé seul dans le « carré VIP » des dirigeants politiques  au stade du Caire. Il était entouré uniquement par des responsables du football africain et mondial, incarnés par les présidents de la Fifa et de la CAF et un membre du gouvernement égyptien. Ni Abdelafattah Al-Sissi ni le président sénégalais, Macky Sall, n’ont participé à la finale de la CAN-2019. Les caméras du monde entier ont filmé ainsi un Bensalah malade, affaibli et esseulé au stade du Caire. Un Président auquel personne ne s’est frotté alors que son employeur, le régime algérien, espérait désespérément tirer des « dividendes » de ce déplacement en Egypte. Raté. Et ce ratage ne manquera pas de renforcer le hirak algérien dans sa détermination pour le changement démocratique.

Documents exclusifs. Le régime algériens savait depuis décembre 1997 que l’autoroute est-ouest coûte à peine 3 milliards de dollars

Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui démontrent que le régime algérien a largement surfacturé et gonflé le montant du projet de l’autoroute est-ouest. Depuis décembre 1997, les autorités algériennes disposaient d’une étude technique approfondie et complète indiquant que le montant de ce méga-projet était évalué à près de 3 milliards de dollars. Or, des années plus tard, l’autoroute est-ouest a fini par coûter à l’Algérie plus de 13 milliards de dollars ! Comment est-ce possible ? 

Algérie Part possède effectivement le rapport final de l’étude réalisée par la Société Algérienne d’Etude d’Infrastructures (SAETI), un bureau d’études très sérieux placé sous la coupe du ministère des Travaux Publics. En effet, créée le 01 octobre 1974 en partenariat avec la société Dorsch Consult INGENIEURGESEUSCHAFT MBH de droit Allemand. la Société algérienne d’étude d’infrastructures (SAETI) a connu une modification de ses statuts, elle est devenue depuis le 1er janvier 2012 EPE-SAETI-Spa à 100%, filiale du groupe d’Entreprises GEICA en 2016, sous tutelle du ministère des Travaux publics et des transports. L’EPE-SAETI-Spa a à son actif un capital d’expérience de plus de 40 ans , au fil duquel a développé un savoir-faire de niveau national et international dans le domaine d’études, de contrôle, de suivi, d’assistance et d’expertise d’infrastructures routières, autoroutières, ouvrages d’art, aérodromes et ferroviaires.

Ce rapport final en notre possession avait évalué depuis décembre 1997 tous les coûts du projet de l’autoroute est-ouest. Il avait également étudié et disséqué toutes les parties de ce projet de la réalisation des travaux jusqu’à l’installation des stations pour le péage et l’entretient des divers tronçons de l’autoroute est-ouest.

Ce rapport contient plus de 230 pages et fournit toutes les indications techniques et financières sur ce méga-projet que l’Etat algérien envisageait de réaliser depuis la fin des années 90. Il faut effectivement savoir que les études d’avant projet sommaires (APS) sur environ 1 100 km entre Annaba et Tlemcen ont été engagées en 1988 et terminées en 1994. Et en décembre 1997, l’Etat algérien a engagé une étude finale qui trace une feuille de route pour le réalisation de cette autoroute est-ouest.  C’est dire que beaucoup de travail a été effectué avant le 25 juillet 2005, le jour où  le décret exécutif a été publié pour déclarer d’utilité publique l’opération portant réalisation de l’autoroute Est-Ouest sur l’ensemble de son tracé. 

Les autorités algériennes disposaient d’un véritable guide pour assurer le management de ce projet stratégique. Malheureusement, ce guide n’a pas été suivi et l’Algérie s’est retrouvée au coeur d’un énorme scandale de corruption à cause des pratiques obscures ayant entouré l’autoroute est-ouest. Et pour cause, comme l’indiquent les documents exclusifs en notre possession, le coût d’investissement global de l’autoroute est-ouest ne devait pas dépasser les 300 milliards de Da, à savoir à peine plus de 3 milliards de dollars. Cette étude technique et expertise financière avait conclu qu’il faudrait dépenser 220 millions de Da par KM pour réaliser toute l’autoroute est-ouest. Et même si ce montant global a été calculé en hors taxes, il n’a quasiment aucune commune mesure avec le montant final de cette autoroute dont chaque KM a coûté à l’Algérie près d’un milliard de DA, soit prés de 8 fois plus le montant initial prévu par cette étude officielle commandé par le gouvernement en 1997. Que s’est-il donc passé pour perdre autant d’argent, soit plus de 10 milliards de dollars dans ce méga-projet ? Seul Amar Ghoul, ministre en charge de ce projet du siècle entre 2002 et 2013, peut répondre à cette question.

 

 

L’affaire Mohamed Bairi, l’autre dossier qui a va éclabousser les dirigeants algériens

L’homme d’affaires Mohamed Bairi, le bras droit du milliardaire Ali Haddad, comparaît aujourd’hui devant le tribunal de Sidi M’hamed dans un lourd dossier de dilapidation des deniers publics et de privilèges illégaux qui ont coûté énormément cher au Trésor Public. 

Mohamed Bairi était l’un des vice-présidents les plus influents du Forum des Chefs d’entreprises (FCE), le patronat qui avait été dirigé d’une main de fer par Ali Haddad, la deuxième fortune du pays. Mohamed Bairi sera entendu aujourd’hui dans plusieurs projets controversés notamment celui concernant L’usine de montage des véhicules de la marque italienne IVECO lancée en juillet 2017. Mohamed Bairi est PDG et l’un des propriétaires de Ival, concessionnaire de la marque italienne IVECO. L’usine a été implantée à Ouled Hadadj à l’est d’Alger procédait à l’assemblage des utilitaires Iveco Daily. Cette usine était très discrète et Mohamed Bairi n’a jamais voulu faire une longue publicité. Et pourtant, comme Tahkout, Oulmi et les autres propriétaires d’usines de montage des véhicules, Bairi avait bénéficié des mêmes privilèges troublants. Des avantages financiers et para-financiers qui démontrent une proximité politique importante avec les hauts responsables du pays. Bairi a été pendant longtemps le président de l’Association des concessionnaires automobiles d’Algérie (AC2A), un puissant lobby d’affairistes. L’ancien vendeur des pièces détachées des camions Sonacome est devenu depuis 2014 l’un des milliardaires algériens les plus actifs et dynamiques sur la scène politique. A l’hôtel El-Aurassi, il multipliait les rencontres discrètes pour faire du lobbying et des pressions sur les décideurs politiques.

En effet, Mohamed Bairi, l’ancien représentant de FIAT et de Mazda ainsi que de plusieurs autres marques internationales en Algérie, est l’un des fins connaisseurs du marché automobile. Il était l‘associé de Farès Sellal, le fils d’Abdelmalek Sellal, qui croupit lui-aussi à la prison d’El-Harrach. Mohamed Bairi est également le cousin de l’homme d’affaires Ahmed Mazouz, placé lui-aussi en détention provisoire. Ce jeudi soir, Mohamed Bairi a de fortes chances de retrouver son cousin et ancien associé à la prison d’El-Harrach.

 

Amar Ghoul aujourd’hui à la Cour Suprême et dés ce soir à El-Harrach : l’incroyable histoire du scandale de l’autoroute est-ouest

Amar Ghoul, un autre poids lourd, de la scène politique algérienne et l’un des dirigeants les plus influents durant le règne d’Abdelaziz Bouteflika pendant ces 20 dernières années comparait depuis ce jeudi matin devant la Cour Suprême. 

Il est auditionné dans le cadre de l’énorme scandale de l’autoroute est-est, le méga-projet qui a coûté plus de 11 milliards de dollars sans compter la construction des pénétrantes, des rocades, ainsi que l’équipement des autoroutes (aires de repos et aires de service notamment). En réalité, cette autoroute est-ouest a coûté plus de 13 milliards de dollars. Oui « 13 milliards de dollars pour 1 216 kilomètres”. Ce qui fixe le prix moyen de réalisation d’un kilomètre d’autoroute à près de 11 millions de dollars (soit un milliard de dinars).

Un énorme coût qui a soulevé de nombreux soupçons de corruption. Qui soupçons qui vont s’avérer réels puisqu’un grand scandale de corruption a éclaté et en 2015 et un procès s’était ouvert devant le tribunal criminel d’Alger à la fin du mois d’avril 2015.

A l’époque, seize personnes et sept sociétés étrangères sont été accusées notamment de «corruption, blanchiment d’argent et dilapidation de deniers publics» dans le cadre de l’affaire de l’autoroute est-ouest. Lancé en 2006 pour une durée de quatre ans et un coût de six milliards de dollars, ce chantier-phare de la présidence Bouteflika, encore inachevé et entaché de malfaçons, a vu son prix grimper à plus de 13 milliards de dollars, selon des estimations officielles.

Or, en 2015, ce premier procès de l’autoroute est-ouest a été expédié de manière arbitraire et tout ce scandale a été réduit à l’affaire du consultant et homme d’affaires Chani Mejdoub, titulaire de la double nationalité algérienne et luxembourgeoise et consultant juridique et financier du consortium chinois Citic CRCC. Ce dernier a été détenu depuis  2009/2010 après avoir été arrêté à Alger par les services secrets. Ses défenseurs, dont le célèbre avocat Me William Bourdon du barreau de Paris, avaient contesté l’instruction et se sont retirés quand le tribunal a rejeté leur demande de déclarer nulle l’ensemble de la procédure.

Au final ce procès va tourner à la comédie et en mai 2015, seules « les petits mains » seront condamnées par la justice algérienne. En effet,  le tribunal criminel d’Alger avait rendu son jugement en prononçant des peines de prison ferme allant de 10 ans à l’acquittement ont été prononcées contre 22 personnes morales et physiques impliquées dans cette affaire.

Une amende de cinq millions de dinars a été infligée à chacune des sept entreprises étrangères impliquées dans cette affaire: Citic Crcc Chine, Cojaal Japon, Pizarroti suisse, Caraventa Suisse, Isolux Corsan Espagne, SMI Canada et COBA Portugal. Une peine de 10 ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de trois millions de DA ont été requises contre le principal accusé, Chani Medjdoub (conseiller de Citic Crcc Chine).

Une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans assortie d’une amende de trois millions de DA ont été également requises contre Khelladi Mohamed (directeur des  nouveaux programmes de l’Autoroute). Par ailleurs, Hamdane Rachid Salim (ex-directeur de la planification au ministère des travaux publics) avait été condamné à une peine de sept ans de réclusion et un million de DA d’amende. La même peine (7 ans) de prison et trois millions de DA d’amende ont été requises contre Adou Tadj Eddine, homme d’affaires.

L’ex-SG du ministère des travaux publics Bouchama Mohamed a été acquitté, ainsi que Allab El Khier, investisseur, et Ferrachi Belkacem, ex-cadre au ministère des Transport. Adou Sid Ahmed a été condamné à trois ans de prison dont une année ferme. Trois ans de réclusion criminelle et 500.000 DA d’amende ont été requises contre Ouezane Mohamed, dit Colonel Khaled, fonctionnaire au ministère de la Justice. Ghazali Ahmed Rafik, ex-directeur des études à l’Agence nationale des autoroutes (ANA ) a été de son côté condamné à une année de prison avec sursis. Les trois sœurs Ghrieb ont été condamnées à une année de prison avec sursis et une amende de 500.000 dinars.

Les frères Bouznacha ont été quant à eux condamnés à un an de prison avec sursis. Le président du tribunal criminel d’Alger avait par ailleurs ordonné la saisie de tous les biens mobiliers, immobiliers et comptes bancaires de Chani Medjdoub, ainsi que Khelladi Mohamed.

Par ailleurs, le Tribunal criminel d’Alger avait rejeté les demandes de dédommagement matériel et moral des parties civiles, dont le Trésor public, qui se sont estimées lésées dans l’affaire de l’autoroute est-ouest. Le montant qui avait été demandé par le trésor public s’élève à 12 millions de DA à l’encontre de Khelladi Mohamed et Chani Medjdoub, les deux principaux accusés dans cette affaire. Quant à l’Agence nationale des autoroutes (ANA), elle avait demandé que les accusés lui versent solidairement cinq millions de DA pour la dédommager du préjudice moral qu’elle a subi suite à cette affaire.

Le tribunal avait refusé également la constitution comme partie civile de l’administration douanière, considérant que cette dernière n’a pas subi de  »préjudices en relation avec cette affaire ». Vous l’avez bien compris : en 2015, cet incroyable scandale de corruption a été entièrement bâclé par les autorités judiciaires et aucun haut responsable ou dirigeant politique n’a été convoqué ou inquiété. A cette époque-là, Amar Ghoul était encore un pilier du régime Bouteflika.

Après avoir été ministre travaux publics de 2002 jusqu’à 2013, Amar Ghoul occupait les fonctions de ministre du Tourisme en 2015. Membre incontournable de l’alliance des partis politiques, avec le FLN et le RND, qui avait milité en faveur du 4e mandat de Bouteflika, Amar Ghoul était « intouchable ». Et pourtant, c’est bel et bien lui le cerveau qui détient le secret de tout le dossier de l’autoroute est-ouest.

 

C’est lui seulement qui peut expliquer pourquoi les prix de réalisation d’autoroutes ont été largement surfacturés. Une surfacturation que le gouvernement algérien a toujours nié et récusé prétextant que « la moyenne du coût de réalisation du kilomètre en France varie entre 8,8 et 22 millions d’euros alors qu’en Espagne, elle oscille entre 7,8 et 17,5 millions d’euros. En Suisse, elle peut atteindre les 45 millions d’euros”, avait argué en novembre 2014, l’ex-ministre des Travaux publics, Abdelkader Kadi.

 

Un discours totalement mensonger puisqu’une simple recherche sur Internet contredit les chiffres avancés par Abdelkader Kadi. Selon l’organisme français Setra (Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements), “la mise en service d’un kilomètre d’autoroute flambant neuf revient à 6,2 millions d’euros (équivalent à 7,7 millions de dollars, soit 30% moins cher que le prix moyen du kilomètre de l’autoroute Est-Ouest)” ! La même source précise que ce coût a été calculé sur la base d’un tronçon de
10 kilomètres avec échangeurs et ponts.

En utilisant ainsi des arguments fallacieux, le gouvernement algérien avait totalement éludé la question sur les soupçons de corruption. Les différents ministres qui ont succédé à Amar Ghoul n’ont jamais expliqué les nombreux cas de malfaçons dont souffre cette autoroute est-ouest. En avril 2015, le DG de la Caisse Nationale d’Equipement pour le Développement (C.N.E.D), un organisme public dépendant du ministère des Finances en Algérie, avait reconnu que l’énorme coût de l’autoroute est-ouest n’est pas due « à la non-maîtrise du projet » mais à l’introduction de certains chapitres qui n’étaient pas prévus au départ tels « le changement des glissières de sécurité, l’introduction de la fibre optique, les nouvelles brettelles ». Il a reconnu, toutefois, qu’en Algérie, il existe un problème dans l’uniformité des prix. Il faut noter que la loi algérienne fixe à 15% le plafond de réévaluation ; à défaut, le maître de l’ouvrage (le ministre) « aura à le défendre de nouveau devant le conseil des ministres pour pouvoir l’avaliser ». Rappelons que la Cned, dont un décret de juin 2004, fixe les attributions et ne traite que des projets dont le montant est supérieur à 20 milliards DA, sans oublier ceux qui ont « un impact stratégique, social ou environnemental ».

Amar Ghoul devra donc ce jeudi fournir des explications aux juges de la Cour Suprême à propos de toutes ces données démontrant qu’un énorme scandale de corruption et de dilapidation des deniers publics a été étouffé pendant des années pour couvrir des hauts responsables du régime Bouteflika. C’est pour cette raison qu’Amar Ghoul, à sa sortie de la Cour Suprême, finira sa soirée à la prison d’El-Harrach.