Algérie : Il faut libérer le journaliste Khaled Drareni et mettre fin au harcèlement ciblé des médias indépendants

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Les autorités algériennes doivent mettre fin aux poursuites illégales à l’encontre du journaliste Khaled Drareni, fondateur du site d’information CasbahTribune, correspondant de la chaîne de télévision française Tv5Monde et un représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Algérie, a déclaré Amnesty International à l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

L’appel s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus large lancée le 3 mai par l’organisation pour demander aux sympathisants et aux journalistes du monde entier de faire preuve de solidarité et appeler les autorités à mettre fin aux restrictions injustifiées imposées aux journalistes et aux médias indépendants en Algérie.

Les autorités doivent immédiatement et sans condition libérer Khaled et mettre fin à ces poursuites scandaleuses. Il est puni simplement pour avoir osé faire son travail journalistique de façon indépendante et courageuse. Le journalisme ne devrait jamais être un crime punissable.

Heba Morayef, Directrice Moyen Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

« Au plus fort de la pandémie de COVID-19, la Journée mondiale de la liberté de la presse devrait rappeler de façon pressante aux autorités que le journalisme, la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique doivent être respectés en tout temps. »

Les forces de sécurité ont arrêté Drareni le 7 mars alors qu’il couvrait une manifestation du mouvement Hirak qui appelle à un changement politique radical en Algérie depuis février 2019.  Drareni a été libéré quelques jours plus tard, le 10 mars, et placé sous surveillance judiciaire, mais la police l’a de nouveau arrêté le 27 mars.

Khaled est accusé d’ »incitation à un rassemblement non armé » et de « porter atteinte à l’intégrité du territoire national », ce qui pourrait conduire à dix ans de prison simplement pour ses reportages en tant que journaliste couvrant les manifestations du Hirak. Drareni a fait des reportages importants sur les manifestations du Hirak et a exposé la répression du gouvernement sur la liberté d’expression et de réunion en Algérie à travers ses vidéos et photos mises en ligne. Il a vivement critiqué la façon dont les autorités ont traité les revendications du mouvement, les qualifiant de superficielles. Khaled Drareni est actuellement détenu à la prison de Kolea à Tipaza.

Le 15 avril, le ministre de la Communication, Ammar Belhimer, a admis que les autorités, sans notification préalable, avaient bloqué deux médias indépendants en ligne, Maghreb Emergent et Radiompost, dans l’attente de « nouvelles poursuites » contre son directeur pour « diffamation et insulte » contre le président Abdelmadjid Tebboune.

Amnesty International a récemment appelé les autorités à mettre fin aux poursuites contre les militants, manifestants et journalistes du Hirak détenus uniquement pour avoir exprimé leur point de vue en ligne et hors ligne et/ou appelé à un changement démocratique. L’organisation a averti qu’en arrêtant et en emprisonnant les militants, les autorités mettaient également en danger leur santé étant donné les risques d’une épidémie de COVID 19 dans les prisons et les lieux de détention.

Le site d’information Interlignes affirme qu’il a également été censuré puisqu’il était inaccessible depuis le 19 avril aux adresses IP algériennes. Ils nient l’affirmation du ministre de la Communication selon laquelle les administrateurs sont à l’origine de l’indisponibilité du site Internet en Algérie, tout en étant disponible pour les adresses IP étrangères.

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