11 aéroports algériens de l’ouest menacés de faillite : les salaires de 900 employés menacés et les caisses sont vides

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Situation catastrophique au niveau de 11 aéroports publics à l’ouest du pays. 900 salariés n’ont pas été encore payés faute de revenus à cause de la paralysie du trafic aérien provoquée par la pandémie mondiale du COVID-19 et la suspension de toutes les liaisons aériennes. Dans ce contexte, les aéroports des régions Ouest et Sud-Ouest du pays, ceux d’Oran, Tlemcen, El Bayadh, Mascara, Bechar, Mechria, Tiaret, Adrar, Timimoun, Tindouf et Bordj Badji Mokhtar, sont tout simplement au bord de la faillite. 

Les 900 salariés de ces aéroports n’ont pas perçu leurs salaires du mois d’avril alors qu’ils devaient être payés entre le 20 et 20 de ce mois en cours. La direction générale de l’entreprise de gestion des services aéroportuaires de l’Ouest (EGSAO) basée à Oran, qui dirige et gère les activités de ces 11 aéroports de l’ouest et sud-ouest du pays, a reconnu que la situation est désastreuse.

La baisse du chiffre d’affaires de l’EGSAO  est de l’ordre de 95 % en raison de la crise sanitaire mondiale du Coronavirus, a annoncé le PDG de l’EGSAO Abdelkader Kessal. Ce dernier a voulu se montrer rassurant en affirmant que ces difficultés financières n’auraient pas des répercussions sur le versement des salaires des travailleurs, du moins… jusqu’au mois de mai prochain. D’après Abdelkader Kessela, si la crise sanitaire du Covid-19 persiste jusqu’au mois de juin, la recherche de « solutions  » à cette situation sera alors indispensable avec le partenaire social. En clair, il ne reste dans les caisses de l’EGSAO une enveloppe budgétaire qui suffit à peine de quoi payer les salaires jusqu’au mois de mai. Au delà de cette échéance, les 11 aéroports de l’ouest et sud-ouest du pays gérés par l’EGSAO seront en faillite puisqu’il ne restera plus rien dans les caisses fautes de revenus en provenance des activités du trafic aérien.

Selon nos investigations, il reste plus exactement à peine 9 milliards de centimes dans les caisses de l’EGSAO. Et pourtant en 2016, cette entreprise stratégique du secteur du transport avait dans ses caisses plus de 460 milliards de centimes. D’après nos sources, la pandémie du COVID-19 n’explique pas à elle seule la très mauvaise situation financière des 11 aéroports gérés par l’EGSAO. La mauvaise gestion de la direction générale qui relève d’Abdelkader Kessal et de son équipe explique largement cette faillite quasi-inévitable de l’EGSAO au regard de la paralysie du trafic aérien qui devrait durer encore dans le temps.

Des recrutements de complaisance, postes fictifs, plusieurs nouveaux projets surfacturés et bâclés, l’EGSAO a beaucoup souffert de la gestion de Kessal et ses collaborateurs. Le nombre des employés est monté de 600 jusqu’à 900 alors que ces postes nouvellement créés ne sont justifiés par aucune logique économique. Il s’agit, a-t-on confirmé au cours de nos investigations, d’emplois de complaisance dictés par des considérations liées au favoritisme. Rien que l’officier adjudant-chef Zoheir, l’officier de la DGSI (DRS) détaché à l’aéroport d’Oran a fait recruter 50 personnes issues de son entourage en faisant jouer sa relation privilégiée avec Abdelkader Kessal.

Le nouveau parking à étages de l’aéroport d’Oran dont la nouvelle aérogare internationale  est toujours en construction et accuse un retard monstrueux a coûté 160 milliards de centimes alors que le budget initial ne devait pas dépasser les 90 milliards de centimes. Cette dilapidation de l’argent public a fragilisé les finances de l’EGSAO qui paie aujourd’hui les pots cassés et risque de se retrouver en faillite à partir du mois de mai prochain.

 

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