Documents – Que Comprendre de la Récente Libération des Oligarques Serridj ?

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Après la mise en liberté provisoire de l’hommes d’affaires et PDG du Groupe condor, Benhamadi abdelmalek le 22 Avril 2020, c’est au tour d’autres hommes d’affaires qui vont bénéficier d’une mise en liberté provisoire sur décision de la justice algérienne.

Placés sous mandat de dépôt au mois de janvier 2020, Djamel Serridj et son frère Tarek, ont bénéficié d’une liberté provisoire le 26 Avril 2020, après un recours introduit par leurs avocats à la chambre d’accusation près la cour d’Alger.

Rappelons que les frères Serridj avait été accusés par les services de sécurité d’être impliqués dans un réseau spécialisé dans le chantage et l’escroquerie, que dirigerait selon eux, Said Bensedira.

Les Serridj étaient poursuivis pour « non dénonciation de crime et octroie d’indu avantage » pour inciter des fonctionnaires à exploiter leur influence et verser de l’argent à Said Bensedira. Ce dernier fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par un juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Rais (Alger) depuis le 14 Janvier 2020.

Réputé proche d’Abdelghani Hamel au point d’être convoqué lors du procès de l’ex-patron de la DGSN, Djamel Serridj est un homme d’affaires très connu sur la place d’Alger.

C’est grâce à ses soutiens au sein de la Issaba qu’il a pu obtenir des crédits bancaires, dont plusieurs n’ont, selon nos informations, jamais été remboursés. Parmi eux, 40 milliards de centimes débloqués par la CNEP en 2010-2011 et 80 milliards de centimes octroyés par la BEA en 2016…

Ce promoteur immobilier, né le 4 juin 1964 et originaire de Bouira, a également pu se diversifier dans bien d’autres secteurs, à l’image de ces oligarques de l’ère Bouteflika, et même exploiter de nombreuses autres affaires à l’étranger et y acquérir des biens immobiliers.

En exemple la société BS Machinery Ltd qu’il a ouvert avec Mme Baya Chenaf à Londres, dans la capitale britannique, le 03 Janvier 2018.

Ou encore la société BMA Wholesalers Ltd, créée dans la capitale britannique en Mai 2015 au capital partagé à égalité également avec Baya Chenaf. En 2016, le rapport financier de l’entreprise affichait un solde bancaire positif de 57.000 Livres qui rapportées au taux de conversion de l’époque équivalaient à plus de 75.000 Euros…Comment Serridj a pu transférer la moitié de cette somme à l’étranger ?

Et ses sociétés sont nombreuses, en France, à Dubaï ou en Algérie, toutes accumulent des zones d’ombres et de graves infractions à la loi.

C’est dire si ces récentes libérations posent plusieurs questions quant à la cohérence et l’impartialité de la démarche judiciaire qui accuse, emprisonne puis libère quelques individus poursuivis pour de lourds crimes, et néglige d’autres dans une intolérable iniquité…

De plus le code de procédure pénale ne prévoit la détention qu’en cas de faits très graves, et les juges y devraient avoir recours que pour protéger les moyens de preuve de l’infraction ou lorsqu’un prévenu n’offre pas de garanties pour sa présentation.

Actuellement, pour de nombreux cas, le recours systématique à la détention provisoire ne peut être justifié alors que toutes les frontières sont fermées.

De plus la pandémie du coronavirus constitue un risque élevé pour la santé de ces dizaines de prisonniers qui vivent dans une promiscuité certaine, au vu de la surpopulation carcérale qui caractérise les prisons algériennes…

Alors pourquoi libérer que quelques-uns à l’instar d’un Serridj et d’un Benhamadi, Mr Zeghmati ? Quelle est cette nouvelle feuille de route Mr Tebboune ? Est-ce là l’Etat de droit que vous étiez censé construire ?

Dans ce cas, libérez-les tous ou abstenez-vous de nous laisser croire à travers ces agissements, qu’il y en a qui savent bien mieux  »négocier » que d’autres. Dans le sillage du modus operandi de l’ancienne Issaba !

Changement vous avez dit ? On laissera à chacun d’y apporter sa réponse.

Amir Youness

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