Exclusif. D’anciens dirigeants grillés pour des scandales de corruption : L’inquiétant retour de la Issaba (bande) à Sonatrach

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Alors que le monde entier subit la crise financière et économique la plus dangereuse du monde depuis le 1929, en Algérie, des lobbys malintentionnés profitent de cette situation de chaos et d’anarchie pour asseoir leur domination sur un secteur stratégique, à savoir le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. En effet, à Sonatrach, plusieurs anciens dirigeants grillés pour leur implication directe ou indirecte dans des scandales de corruption sont en train de signer leur retour pour conseiller ou orienter l’actuel PDG, Toufik Hakkar, un homme inexpérimenté totalement dépassé par les évènements. 

Parmi ces revenants, nous comptons un certain Ali Hached. L’homme est connu dans le secteur des hydrocarbures. Il était l’ex-vice-président de la Sonatrach chargé de la commercialisation, un département rongé par les scandales et l’opacité dans laquelle sont conclus les contrats de vente du pétrole et gaz algérien. Fin 2010 et début 2011, Ali Hached a failli être nommé PDG de Sonatrach pour remplacer le controversé Mohamed Meziane, l’ex-PDG limogé et placé sous contrôle judiciaire  en janvier 2010 à la suite du scandale Sonatrach 1 dans lequel lui et ses deux enfants vont jouer un rôle majeur. 

A l’époque, un rapport accablant de la police judiciaire du DRS, les services secrets algériens, a empêché Ali Hache d’accéder au poste de PDG de Sonatrach en raison des dénonciations parvenues aux enquêteurs du DRS de la part l’épouse même d’Ali Hached qui avait acquis des biens immobiliers, deux appartements, à Paris et ouvert des comptes bancaires en Suisse lors de l’exercice de ses fonctions à la tête de la direction commerciale de Sonatrach. Mis à l’écart, Ali Hached suivra son mentor, l’ex-ministre de l’Energie, Youcef Yousfi. Lorsque ce dernier dirigeait le ministère de l’Energie entre 2010 et mai 2015, il prendra avec lui Ali Hached comme conseiller. Ce dernier fut l’artisan des prises de position hasardeuses du ministère de l’Energie sur la question de l’exploitation du gaz de schiste qui avait suscité un large mouvement de protestation populaire à In Salah à partir de décembre 2014. En janvier 2015, Ali Hached a causé un énorme préjudice au ministère de l’Energie en faisant des déclarations  fracassantes sur les bienfaits de l’exploitation du gaz de schiste.

« Le gaz de schiste est une révélation technologique dont l’Algérie ne peut se passer », disait-il à la presse algérienne à l’époque. Ali Hached est allé jusqu’à affirmer que « le risque sur l’environnement est quasi nul » ! En janvier 2015, il avait fait croire aux Algériens que  la plupart des nuisances considérées sont « maîtrisés et ne constituent aucun danger sur la population ».

« Il n’y a pas un élément extrêmement différencié par rapport aux méthodes actuelles de production qui pourraient supposer que les risques encourus par ces méthodes pourraient être nuisibles pour la population », disait Ali Hached sur les ondes de la radio Chaîne III. Après la tempête provoquée à In Salah par ses déclarations insensées et irréfléchies, Youcef Yousfi est démis de ses fonctions au ministère de l’Energie à partir de mai 2015. Mais en août 2017, Youcef Yousfi revient au gouvernement à la tête du ministère de l’Industrie et des Mines. Et Ali Hached suivra encore son mentor pour le « conseiller ». Ses conseils finiront par déclencher de gros scandales de corruption dans le secteur du montage des véhicules neufs et Youcef Yousfi fut condamné le 10 décembre 2019 à 10 ans de prison, peine ramenée à cinq ans en appel lors d’un procès organisé à la Cour d’Alger le 25 mars 2020.

De toutes ces mésaventures, Ali Hached en sort indemne. Et en dépit de ce parcours chaotique, le PDG de Sonatrach, Toufik Haddar, le récupère comme conseiller. En réalité, selon nos sources, c’est Ali Hached qui s’occupe réellement de la stratégie commerciale de Sonatrach car NEFFAH Fatiha, la nouvelle Vice-Président Activité Commercialisation, âgée de 49 ans, n’a aucune expérience dans le domaine et elle fait uniquement office de façade pour tromper la vigilance de la Présidence. Toufik Hakkar et le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, s’appuie sur ces jeunes vice-présidents inexpérimentés pour pouvoir les manipuler en faisant passer les projets qui leur seront soumis par les « anciens patrons » comme Ali Hached en matière de commercialisation des hydrocarbures produits par Sonatrach.

Malheureusement, le retour d’Ali Hached n’est guère un cas isolé. Le PDG de Sonatrach veut faire revenir dans les prochains jours deux autres anciens hauts responsables très sulfureux. Il s’agit de Smail Bellala, l’ancien directeur de la Division associations de Sonatrach qui officie, désormais, comme conseiller auprès du PDG de Toufik Hakkar. Et pourtant, ce cadre dirigeant suscite depuis des années une énorme polémique en raison de son implication dans plusieurs affaires douteuses. Son surnom en dit long sur sa réputation : « Hadj Tchippa » ! Ce sobriquet, Smail Bellala le traîne avec lui depuis Hassi Messaoud du temps où il était manager au célèbre groupement FCP créé par Sonatrach et First Calgary Petroleum, une filiale de l’italien ENI.

Smail Bellala possède, selon des informations que nous avons pu recouper auprès de plusieurs sources concordantes, un investissement important dans un grand poulailler industriel situé à Biskra. Il s’agit d’un projet dont la valeur des actifs dépassent les 40 milliards de centimes. Comment un simple fonctionnaire de Sonatrach peut-il mobiliser les ressources financières pour un tel investissement industriel ? La question revient sur toutes les lèvres des employés de Sonatrach notamment des pétroliers de Hassi Messaoud qui ont bien connu Smail Bellala, le fameux Hadj Tchippa !

Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a également rappelé à la direction générale à Alger certain Mohamed Ben Nezzar qui occupait les fonctions de directeur général du groupement SonatrachAnadarko de hassi-Berkine (Ouargla). Un autre manager dont le bilan est entaché d’irrégularités et d’anomalies dévoilant des pratiques illicites. Nous y reviendrons dans nos prochaines publications car nos investigations sont toujours en cours.

Le retour à la direction générale de Sonatrach de ces dirigeants grillés par le passé pour leur implication dans de nombreux scandales, sévèrement critiqués ou sanctionnés pour leur piètre prestation et mauvais bilans,  témoigne de la gouvernance opaque qui prévaut en ce moment à Sonatrach. Selon nos sources, Toufik Hakkar, le nouveau PDG, n’est pas le véritable artisan de cette gouvernance qui aggrave la mauvaise santé financière de Sonatrach. Toufik Hakkar, un manager inexpérimenté et amateur en prise de décision stratégique, applique un plan machiavélique établi par un clan puissant qui veut faire main basse sur le secteur de l’énergie et ses énormes marchés juteux. Les principaux piliers de ce clan sont l’actuel ministre Mohamed Arkab et son mentor discret, le milliardaire et homme d’affaires Kheir Allab, l’ex beau-fils du défunt général-major Smain Lamari, ancien patron de la Direction du contre-espionnage, l’une des trois branches du DRS et l’homme qui des années 1980 jusqu’à sa mort, l’un des hommes les plus influents du régime algérien…

 

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