Parmi tous les pays pétroliers, l’Algérie est la plus dépendante d’un prix élevé du baril pour éviter la faillite

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L’Algérie est le pays pétrolier qui a le plus besoin d’un prix élevé du baril de pétrole pour se protéger contre le danger d’une faillite financière et équilibrer ses budgets. C’est ce qui ressort de la dernière étude publiée par le baromètre COFACE sur les risques pays sur les risques pays. Le baromètre COFACE est une étude économique trimestrielle qui résume les évolutions des marchés mondiaux à travers plusieurs secteurs économiques et évaluent également les risques auxquels sont confrontés les entreprises lorsqu’elles s’implantent dans un pays précis sur la planète. 

Pour ce premier trimestre de l’année 2020, le baromètre COFACE a étudié les principaux risques économiques provoqués par la pandémie du COVID-19 dans le monde entier. Et concernant la chute des prix du pétrole, ce baromètre a fait savoir que les pays pétroliers seront énormément ébranlés par les conséquences de cette crise inédite. « Cette baisse des prix sera particulièrement préjudiciable aux pays exportateurs de pétrole qui peinaient encore à se relever du contre-choc pétrolier de 2014-2016. Les prix du pétrole assurant l’équilibre budgétaire et extérieur sont supérieurs à notre prévision dans la grande majorité des pays exportateurs de pétrole. L’Angola, l’Algérie et le Nigéria en Afrique ; l’Irak, le Koweït, Oman ou Bahreïn au MoyenOrient ; ou encore l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan en Asie centrale sont particulièrement exposés à l’effondrement des cours », explique ainsi le baromètre COFACE.

D’après la même étude, les vont osciller de 60 à 45 USD en moyenne sur l’année 2020 pour un baril de Brent. Les prix du pétrole devraient  graduellement remonter au second semestre de l’année 2020 « à mesure que l’activité et, avec elle, la soif d’or noir se reprennent », explique le baromètre de la COFACE. La reprise des cours pourrait même être exacerbée si la production américaine s’effondrait en réaction aux prix plus bas. En effet, l’expérience suggère qu’une baisse de prix du pétrole se répercute sur les nouveaux forages aux États-Unis avec un retard moyen d’environ 4 mois, puis sur la production », note encore cette étude internationale.

En revanche, tous les pays pétroliers ne sont pas logés à la même enseigne. Certains pays seront beaucoup plus fragilisés que d’autres. L’Algérie fait partie, malheureusement, des pays les plus fragiles. Plus que l’Iran, l’Iran ou le Bahrein, l’Algérie a besoin d’un prix de baril de pétrole supérieur à 100 dollars pour garantir son équilibre budgétaire et se protéger ainsi contre la faillite ! A titre de comparaison, l’Iran, un pays sous embargo et en guerre ouverte contre la première puissance mondiale les Etats-Unis,  a besoin d’un prix de 85 dollars le baril pour ne sombrer dans la faillite financière. Le Kazakhstan, un pays qui produit plus de 1,6 million de barils de pétrole par jour, a besoin d’un baril à 80 dollars pour se maintenir en équilibre financier.

Un prix de 60 dollars le baril suffit à l’Irak et la Libye pour survivre à une crise financière. Idem pour l’Azerbaïdjan qui produit à peine 873 mille barils de pétrole par jour. La dépendance de l’Algérie vis-à-vis un prix élevé du baril de pétrole est donc la plus dangereuse de toutes les autres dépendances développées par les pays producteurs de pétrole sur la planète.

Cette situation démontre enfin la fragilité inquiétante de l’Etat algérien qui sera privé pendant longtemps de ressources budgétaires importantes avec la chute durable des prix du pétrole et du gaz. L’Etat algérien vit sur la base d’un modèle qui ne peut plus continuer d’exister car le monde demain ne permettra pas l’avènement d’un baril de pétrole écoulé à 100 dollars. Le changement rapide, urgent ou la faillite. Voici l’issue qui attend l’Algérie.

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