Financement étranger des médias étatiques : Ces vérités que cache le pouvoir algérien

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Ces derniers jours, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amar Belhimer, tente de faire croire aux Algériens que certains médias privés ou électroniques indépendants sont financés par des organismes internationaux et étrangers hostiles à l’Algérie. Ces graves accusations sont des signes avant-coureurs d’une nouvelle campagne de muselage des médias algériens dont le seul but est de restreindre définitivement la liberté d’expression. 

Mais le porte-parole du gouvernement n’est pas honnête et cache des vérités aux Algériens car le premier bénéficiaire des financements étrangers au sein de la presse algérienne sont les titres de la presse étatique et gouvernementale. « Le dossier du financement étranger des médias sera ouvert avec force et sans exception, car nous le considérons comme une forme d’intervention étrangère et de complicité interne. Aucun État ne peut l’accepter », a déclaré ainsi Amar Belhimer dans une interview parue dans l’édition de ce jeudi 23 avril du journal saoudien Al Ryadh.

Amar Belhimer s’érige ainsi en opposant à l’intervention étrangère. C’est, pourtant, cette même intervention étrangère qui a permis à plusieurs journalistes de la radio algérienne de bénéficier d’une formation offerte par la BBC à Londres. Des séjours payés et financés par qui ? Le Fonds britannique de partenariat arabe et l’ambassade du Royaume-Uni en Algérie.

En septembre 2013, un groupe de journalistes et managers de la Radio algérienne a été pris en charge à Londres, en Grande-Bretagne, afin de suivre une formation d’une semaine prodiguée par la BBC Media Action (anciennement BBC World Service.  A l’époque, la radio algérienne avait intégré le projet de la BBC Media Action pour une transition vers un service public de radiodiffusion à travers une gamme de formations, de développement et d’activités de mentorat destinées aux gestionnaires, rédacteurs et journalistes de toutes les stations de la Radio algérienne.

Tout le programme a été financé naturellement par les autorités britanniques. Pas un sou n’a été dépensé par les autorités algériennes. Amar Belhimer fera-t-il une enquête sur « cette intervention étrangère » ? Pas si sûr.

En janvier 2017, c’est le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Algérie qui avait financé en grande partie le séminaire de formation/production pour journalistes sur le thème « Les médias en faveur des femmes entrepreneures » qui s’était déroulé à Tipaza. Qui avait bénéficié à l’époque de cette formation financée par « l »intervention étrangère » ? 15 journalistes de la radio et de la télévision publiques algériennes, ainsi que de l’APS-Algérie Press Service ! Qu’en pense Amar Belhimer ?

Plus récemment encore, l’Union Européenne, dont le parlement a été diabolisé outrageusement par le régime algérien ces derniers, avait financé en février 2019 une session de formation au profit de plusieurs journalistes des radios publiques algériennes. Cette formation s’était déroulée au Centre de formation de radio publique algérienne de Tipaza. Il s’agit d’une formation qui avait été financée et mise en place dans le cadre de l’application du Programme d’appui à la mise en œuvre de l’Accord d’association (P3A), en partenariat avec l’UE (Union européenne). Tous les bénéficiaires de ce programme sont des journalistes des radions locales étatiques algériennes. Il n’y avait aucun journaliste de la rédaction d’un organe privé de la presse algérienne.

Naturellement, ces interventions étrangères ont été bien accueillies et saluées par les autorités algériennes puisqu’elles sont les premières bénéficiaires pour moderniser leurs médias de propagande. De nombreux autres financements étrangers ont été accordés à la presse étatique algérienne. Amar Bekhimer, ne veut pas dire cette vérité aux Algériens. Algérie Part reviendra sur ce dossier avec de nouvelles révélations dans ses prochaines publications.

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