230 milliards de centimes et à peine 1 million de dollars : échec cuisant de la campagne de collecte de dons lancée par l’Etat algérien

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Algerian doctor Ahmed Bougroura (R), head of nephrology department at Batna's university hospital, 435 kms east of Algiers, talks to a transplanted patient on July 26, 2017. In Algeria and across the entire Maghreb in North Africa, many people continue to suffer or die because of the lack of donors. Part of the problem lies with laws restricting the harvesting of human organs, coupled with cultural or religious reticence, despite Muslim theologians' approval of organ donations. / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

La campagne de collecte de dons exceptionnelle lancée en grande pompe par l’Etat algérien pour financer la lutte contre le coronavirus COVID-19 s’est soldée par un échec cuisant. Et pour cause, jusqu’au mardi 21 avril dernier, « les dons numéraires versés dans les comptes dédiés à la lutte contre le COVID-19 s’élevaient, jusqu’à hier lundi, à quelque 230 milliards de centimes et près de 1 million de dollars ». Un montant dérisoire et ridicule qui ne suffit même pas pour acheter une quantité dérisoire de produits pharmaceutiques pour équiper un hôpital de proximité pendant deux semaines, voire une vingtaine de jours. 

Force est, en effet, de constater que cette collecte de dons n’a pas suscité l’enthousiasme ni des Algériens ni encore moins de la communauté algérienne à l’étranger. Et pour cause, l’Etat algérien est impliqué jusqu’au cou dans les gros scandales de corruption et les actuelles autorités qui président aux destinées du pays n’ont aucune légitimité démocratique sans oublier qu’elles souffrent d’un déficit de représentativité de la volonté populaire en raison du rejet massif des Algériens du dernier scrutin présidentiel datant du 12 décembre 2019.

Dans ces conditions, les Algériens et Algériennes ne font aucune confiance à leurs actuels dirigeants. Et de ce fait, ils n’ont pas voulu faire des dons à un Etat où ils ne se sentent pas représentés dignement au sein de ses diverses institutions. Le résultat de cette campagne de collecte de dons est une véritable gifle pour les autorités algériennes humiliées par les montants ridicules de ces dons versés dans les comptes bancaires dédiés à la lutte contre le coronavirus COVID-19.

A titre d’exemple, en Tunisie, un pays voisin dirigé par un Président élu démocratiquement et issu d’un suffrage universel ne  souffrant d’aucune ambiguïté,  « la collecte de dons » lancée par plusieurs médias pour combattre la pandémie a obtenu beaucoup plus de succès qu’en Algérie. Un téléthon national appelant à des dons a été même organisé le 20 mars sur les chaînes et radios publiques ainsi que sur de nombreux médias audiovisuels privés. L’émission a permis de recueillir plus de 27 millions de dinars de promesses de dons, soit l’équivalent de 9 millions d’euros en faveur des services de santé. Avec une seule émission de télévision, l’Etat tunisien a recueilli presqu’autant que l’Etat algérien ! C’est toute la différence entre un Etat dirigé démocratiquement et un autre monopolisé par une minorité au détriment de la majorité.

 

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