Le TOP 5 des Fake News propagées et diffusées par les dirigeants algériens

0
203

L’Etat algérien a adopté officiellement la criminalisation des Fake News imposant ainsi des peines de prison ferme à l’encontre des personnes jugées coupables de diffuser des fausses informations sur le Web et les réseaux sociaux. Ceci dit, le gouvernement algérien a oublié que ses propres dirigeants sont les premières sources des Fake News les plus affolantes de l’actualité. Voici un tour d’horizon des grosses annonces mensongères faites par des hauts responsables de l’Etat algérien. 

1 – Kamel Rezig, le ministre du Commerce, sur sa page Facebook officielle, avait récemment annoncé aux Algériens que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a félicité l’Algérie pour sa maîtrise de l’épidémie du COVID-19 affirmant que notre pays sortira victorieux face à cette pandémie mondiale. Cette information est totalement fausse et infondée. L’OMS n’a jamais fait la moindre déclaration dans ce sens. Il s’agit d’une Fake News. La seule déclaration de l’OMS sur l’Algérie a été faite le 26 février 2020.

Elle avait été faite par le représentant de l’Organisation mondial de la santé (OMS) en Algérie Dr. Nguessan Bla Francois. Ce dernier avait salué les efforts des pouvoirs publics algériens en ce qui concerne les mesures préventives initiées pour faire face au Coronavirus. Le même interlocuteur avait fait savoir que le bureau de l’OMS à Genève (Suisse) a été sollicité pour doter le bureau d’Alger en moyens techniques et en experts pour faire faire face à toute urgence.

2 – Mohamed Arkab, ministère de l’Energie : L’accord de l’OPEP+ n’affectera pas les revenues de l’Algérie. C’est certainement l’une des plus grosses Fake News propagées par les autorités algériennes. Le ministre de l’Energie a fait savoir le 12 avril dernier  que l’impact de cet accord convenu par l’OPEP et les autres pays producteurs de pétrole comme la Russie et les Etats-Unis n’aura pas d’impact sur les revenus en devises de l’Algérie ! Pour rappel, les pays de l’OPEP+ ont décidé, à l’issue de la réunion extraordinaire tenue jeudi par visioconférence, de réduire la production de pétrole de 10 millions de barils par jour (mbj) dont 240 000 barils pour l’Algérie durant les mois de mai et juin.

Contrairement à ce qu’affirme Mohamed Arkab, cet accord comme la chute brutale des prix du baril de pétrole vont provoquer une saignée des revenus des devises du pays. La réduction de la production signifie beaucoup moins de barils de pétrole à exporter. Avec une  réduction de 240 mille par jour, l’Algérie se prive de 220 millions de dollars par mois. Et avec la chute actuelle des prix du baril, l’Algérie perd encore plus d’argent puisqu’elle vendra son pétrole à des prix inférieurs à ses coûts de production. Les pertes dépasseront les 150 millions de dollars par mois. 

3 – La direction générale de Sonatrach et le mémorandum avec ExxonMobil. Le 20 avril dernier, la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a affirmé avoir signé avec le groupe pétrolier et gazier américain ExxonMobil un Mémorandum d’Entente (MoU) pour engager des discussions conjointes sur les opportunités potentielles d’exploration et de développement en Algérie, a-t-elle indiqué dans un communiqué. La signature de ce Mémorandum d’Entente « montre l’intérêt des parties à évaluer les options de collaboration à la suite de la récente promulgation de la nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures », a commenté Sonatrach dans son communiqué.

Il s’avère que cette information est une grossière Fake News car un mémorandum n’a aucune valeur marchande et ne constitue pas un engagement commercial. Il s’agit d’une juste d’une déclaration ou d’une intention pour une éventuelle collaboration. En plus, ExxonMobil n’a jamais dévoilé le moindre intérêt pour des opportunités d’exploration ou de développement en Algérie puisque le 7 avril dernier, le géant pétrolier américain avait annoncé la réduction de 30% de son budget dédié aux investissements, notamment à l’exploration de gisements d’hydrocarbures et au forage de puits pétroliers, en réponse à la chute des prix de l’or noir et à une baisse de la demande de brut pour cause de pandémie de coronavirus.

Comme les autres majors, ExxonMobil est en effet affecté par les mesures de confinement prises par les autorités à travers le monde pour endiguer la propagation de la pandémie de Covid-19.

BP, Chevron-Royal Dutch Shell et Saudi Aramco ont réduit leurs investissements dans une fourchette comprise entre 20% et 25%. Les dépenses opérationnelles d’ExxonMobil vont également être réduites de 15%. Le groupe reporte également sa décision sur un investissement dans un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique et sur des investissements dans le Guyana, pays situé au nord du Brésil où un consortium, emmené par ExxonMobil, a découvert un des plus importants gisements d’hydrocarbures de ces dernières années. ExxonMobil ne travaille sur aucun projet en Algérie. Ces informations de la Sonatrach sont infondées et fausses.

4 – L’ENTV : aucun journaliste emprisonné en Algérie. Le 18 avril dernier, l’ENTV  a donné la parole aux juges Allaeddine Bouchib et Hakim Maazouzi, deux magistrats du tribunal de Sidi M’hamed, qui ont réfuté les accusations selon lesquelles des journalistes ont été emprisonnés pour l’exercice de leurs fonctions. Dans une intervention à la télévision publique, ils assurent qu’il n’y aucun journaliste en prison. En effet, Allaeddine Bouchib, procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), et Hakim Maazouzi, procureur général adjoint, ont affirmé conjointement, sur le plateau de la télévision publique, que les journalistes Khaled Derarni et Sofiane Merakchi n’ont pas été mis aux arrêt en raison de leur métier de journaliste. Pour les deux magistrats, aucun journaliste algérien n’est incarcéré pour l’accomplissement de son travail.

Il s’agit d’une grossière Fake News car Khaled Drareni a été arrêté alors qu’il exerçait son travail de journaliste au moment où il filmait et rendait compte d’une manifestation populaire organisée par les manifestants du Hirak. Sofiane Merrakchi a été aussi incarcéré pour avoir transmis des images du Hirak à une télévision étrangère sans autorisation du ministère de la communication. Il s’agit donc de deux chefs d’inculpation relevant de l’exercice du métier du journalisme.

5 – Un don de 40 millions d’euros pour l’Algérie par un célèbre sportif algérien. Le 1 avril dernier,  Abderrahmane Benbouzid a défrayé la chronique.  Et pour cause, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, avait déclaré qu’un célèbre sportif algérien serait prêt à faire un don de 40 millions d’euros pour la lutte contre le coronavirus en Algérie. Il avait souligné, néanmoins, que cette personne souhaiterait rester dans l’anonymat. Une déclaration qui a soulevé de nombreuses interrogations et doutes, surtout sur le montant colossal annoncé par le ministre.

En réalité, cette information est totalement fausse et inexistante. Preuve en est, le porte-parole de la Présidence algérienne, Belaïd Mohand Oussaïd avait fait savoir que « les dons numéraires versés dans les comptes dédiés à la lutte contre le COVID-19 s’élevaient, jusqu’à hier lundi 20 avril, à quelque 230 milliards de centimes et près de 1 million de dollars ».

Il n’y a aucune trace des 40 millions d’euros promis par un sportif mystérieux au ministre de la Santé. Tous les dons faits à l’Algérie sont transférés dans des comptes supervisés et gérés par les autorités algériennes.  « Par souci de transparence et d’honnêteté dans l’Algérie Nouvelle et afin de barrer la route à toute mauvaise interprétation de la part de ceux, habitués à pêcher en eaux troubles, je vous informe qu’une commission composée du Croissant rouge algérien (CRA) et des représentants de la société civile, sera mise en place sous la supervision du Premier ministre, après la fin de cette pandémie, a, d’ailleurs, fait savoir à ce sujet le porte-parole du Palais Présidentiel d’El-Mouradia.

Cette commission « aura pour mission de présenter des propositions au Président de la République sur les modalités de distribution de ces dons à qui droit, impactés par la pandémie », a précisé enfin le porte-parole officiel de la présidence de la République.

 

LEAVE A REPLY