Face à la crise, l’Egypte lance la construction en toute urgence de 7 géants centres de stockage. Et en Algérie, aucune réaction !

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Les autorités égyptiennes ont pris une décision importante. Face à la dégringolade des prix du baril du pétrole, la panique inédite et historique sur les marchés mondiaux, la crise provoquée par la pandémie du COVID-19, la Présidence Egyptienne a lancé en toute urgence la construction de 7 centres de stockage dans le but d’augmenter les capacités de stockage des produits alimentaires afin d’épargner aux égyptiens les menaces incontrôlables des pénuries mondiales de produits alimentaires. 

Les 7 villes égyptiennes qui devront abriter les sites de ces futurs centres de stockage ont été d’ores et déjà sélectionnées, ont annoncé hier lundi 20 avril les autorités égyptiennes dans une déclaration reprise et diffusée par l’agence de presse internationale Reuters. Un budget de 1,33 milliard de dollars a été débloqué par le gouvernement égyptien pour financer la construction de ces 7 centres de stockage de très grande taille.

La réalisation de ces centres de stockage sera confiée à la société Agility, basée au Koweit, et considérée comme l’un des leaders mondiaux dans la gestion et construction des infrastructures de logistique. Agility offre et développe des solutions d’approvisionnement à travers la construction des sites logistiques et centres de stockage ou des parcs d’entreposage.

Depuis fin mars, le président Abdel Fattah al-Sissi (photo) avait demandé aux autorités compétentes d’augmenter les réserves alimentaires stratégiques du pays. Cette décision rapportée par Reuters s’inscrit dans un contexte global marqué par des craintes concernant la sécurité alimentaire en raison de la pandémie du coronavirus.

Les autorités égyptiennes veulent se préparer à affronter le rebond de la consommation alimentaire prévu entre la fin de mois d’avril et du mois de mai, période de ramadan. Actuellement, selon le ministère de l’Approvisionnement égyptien, les stocks domestiques en produits de base sont confortables. Alors que les stocks de blé pourront satisfaire la demande pour 3,5 mois, ceux de riz permettront de tenir 4,6 mois et les réserves d’huile végétale tiendront jusqu’en octobre.

En Algérie, un pays certes de petite taille par rapport au 100 millions égyptiens, demeure aussi très dépendante de ses importations alimentaires. Et en ces temps troublants où le marché mondial vit au rythme des incertitudes de la pandémie du coronavirus COVID-19, les approvisionnements mondiaux en produits alimentaires risquent de connaître des perturbations importantes.

Le 3 avril dernier, l’économiste en chef du Programme alimentaire mondial (PAM), Arif Husain, a fait part de sa préoccupation pour de nombreux pays pauvres.

« En général, nous sommes confrontés à un choc d’approvisionnement, comme une sécheresse, ou à un choc de demande, comme une récession, mais ici, ce sont les deux à la fois « , a souligné M. Husain, mettant en exergue l’aspect inédit de la situation. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a de son côté affirmé que la pandémie « [était] aussi une menace pour la sécurité alimentaire », principalement pour les Etats d’Afrique qui dépendent des importations de denrées alimentaires et des exportations pour les financer. L’Algérie se retrouve exactement dans ce cas de figure.

Mais au lieu d’agir vite, d’anticiper les problèmes pour leur trouver des solutions, les autorités algériennes font preuve d’une insouciance très dangereuse. Un immobilisme général et une incapacité à trouver des solutions.l’Algérie dispose d’une capacité de stockage de seulement 31 millions de quintaux.

L’Algérie avait lancé un programme d’investissement de plus de 200 millions de dollars pour permettre l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) de se doter d’une capacité de stockage de 3 millions de quintaux. L’OAIC avait également lancé avec une société mixte (Batimétal et une entreprise italienne) la réalisation de 30 silos d’une capacité de 5 millions de quintaux. Mais le chantier a piétiné plusieurs années à cause d’un scandale de corruption et de dilapidation des deniers publics impliquant essentiellement l’ex-ministre des Transports et ancien PDG de batimétal, Boudjemaâ Talai.  Algérie Part avait publié sur ce dossier scandaleux des révélations détaillées que nous vous invitons à relire.

En juin 2018, le taux d’avancement des travaux est de seulement 21%. L’Algérie ambitionnait la réception d’au moins 10 silos en 2018. Malheureusement, cet objectif n’a pas été atteint et l’Algérie s’expose aujourd’hui aux dangers des pénuries alimentaires. Tebboune va-t-il se réveiller enfin pour prendre en charge ce problème crucial pour la survie de l’économie nationale ?

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