Nouvelle chute brutale des prix du pétrole et absence de toute stratégie d’urgence du gouvernement : une catastrophe en vue pour l’Algérie

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C’est une véritable catastrophe économique qui se profile à l’horizon pour l’Algérie. Ce lundi 20 avril, les prix du baril du pétrole ont connu une nouvelle et terrifiante chute libre. Cette chute a été entraînée par la dégringolade des prix du baril du pétrole américain qui s’est venu à partir de 19 H 30 à moins de deux dollars le baril ! Du jamais vu. 

Cette chute s’explique par le plongeon de la consommation sur le marché américain à cause des dégâts provoqués par la pandémie du COVID-19 aux Etats-Unis. Et en même temps, les stocks sont pleins à craquer aux Etats-Unis et les compagnies pétrolières cherchent à renforcer leurs stocks flottants, à savoir des tankers remplis de pétrole.

Pour l’heure, le prix du baril de Brent sur lequel est indexé le prix du baril de pétrole algérien est à moins de 26 dollars. Cependant, ce prix est en train de descendre et il se fixera à moins de 19 dollars d’ici jeudi, voire même 10 dollars, concernant les ventes du pétrole pour le mois de mai prochain. Le pétrole du Brent subit les mêmes problèmes que le pétrole américain : Absence totale de consommation, sur-stock et panique sur le marché boursier américain.

Rien, absolument, rien ne risque de pouvoir redresser ces prix du baril du pétrole. L’OPEP est totalement dépassée par les évènements et son accord sur la baisse de la production pétrolière par jour n’a plus aucun sens.

Les observations des experts et spécialistes du marché mondial des hydrocarbures estiment que cette chute libre va se poursuivre durant les jours à venir. Aucune vente notable de grosses quantités de pétrole ne pourra se faire sur le marché mondial et brut devrait rester en l’état avant d’être envoyé vers les raffineries.  Le plongeon de la consommation pourrait pousser davantage de raffineurs à réduire, ou même stopper, leurs opérations, faute d’environnement économique favorable, de capacités de stockage disponibles ou même d’employés disponibles, notent plusieurs notes de conjoncture publiées ce lundi par plusieurs cabinets et agences de notation spécialisées en hydrocarbures.

C’est particulièrement le cas des raffineries en Europe face à la surabondance d’essence et de diesel sur le marché, ont fait observer plusieurs médias européens. Cette situation aura un impact terrifiant sur les équilibres financiers de l’Etat algérien. Cette dégringolade des cours du pétrole risque d’entraîner une réaction en chaîne et d’accélérer la récession économique de notre pays. La fermeture de certains puits de pétrole est même envisageable.  Selon les analystes, la prochaine réunion de l’Opep qui doit se tenir en juin pourrait encore être tentée de fermer les robinets au risque de voir exploser cette organisation avec des pays qui n’accepteront pas cette nouvelle baisse.

Mais la situation de l’Algérie est encore beaucoup plus fragile car aucun pouvoir sérieux n’est aux commandes du pays. L’Etat n’entreprend aucune stratégie d’urgence pour limiter les dégâts de cette crise mondiale sur la situation du pays. Seules quelques mesurettes ont été adoptées pour réduire les dépenses de Sonatrach. Une réduction des importations a été annoncée, mais aucun objectif chiffré n’a été affiché. Que des paroles, rien que des paroles. En attendant, contrairement à d’autres pays qui se remettent en cause pour changer radicalement leur fonctionnement interne et rompre avec la dépendance vis-à-vis des importations, l’Etat algérien poursuit ses achats à l’étranger de produits de premières nécessité et n’affiche pas la moindre intention de réformer profondément et en extrême urgence l’économie du pays.

Pis encore, les principaux budgets de l’Etat algérien, Présidence, ministère de la Défense Nationale, salaires de la fonction publique, budgets des équipements et fonctionnements des ministères, n’ont connu aucune baisse et ont été maintenus alors que les revenus de l’Algérie vont chuter de presque 80 %, voire de 100 % dans les jours à venir. Cette inconscience risque de coûter cher, très cher à l’Algérie. Le pays n’a jamais été proche d’un péril majeur…

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