Chronique – La Proche Fin du Régime d’Alger et le Triomphe d’une Jeunesse Éclairée

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Le produit intérieur brut de l’Algérie, qui était attendu à une croissance de 2,6% pour 2019, n’avait augmenté que de 0,8% durant cette période, bien en deçà des 1,4% de croissance de l’année 2018. Une piètre performance qu’expliquent les mauvais chiffres du secteur de l’énergie et de l’industrie dans un contexte de soulèvement populaire et d’instabilité politique.

En effet, la croissance dans le secteur du pétrole et du gaz a chuté de 4,9% l’an dernier après une baisse de 6,4% en 2018, selon les données du Bureau national des statistiques.

La production du secteur hors hydrocarbures n’a augmenté que de 2,4% l’an dernier alors que ce chiffre se situait à 3,3% en 2018, même si les secteurs de l’agriculture et de la construction et des travaux publics, ont enregistré de bons chiffres.

Pour 2020, la Banque Mondiale prévoit une contraction du produit intérieur brut de l’ordre de -3% en 2020 en Algérie, même si elle précise que les estimations de coûts de la crise actuelle sont fluctuantes, car il est difficile de prédire comment l’économie mondiale, les politiques nationales et les sociétés de manière générale réagiront à la propagation de la pandémie.

Le Fonds Monétaire International, plus pessimiste, a quant à lui révélé que l’Algérie connaîtrait un grave déficit budgétaire en 2020, estimé à -20% du PIB et que le déficit de la balance courante du Pays s’élèverait à -18,3% du PIB !

Des chiffres qui donnent des sueurs froides aux dirigeants Algériens, si bien qu’Abdelmadjid Tebboune, l’actuel Président algérien a exigé un plan d’austérité drastique enjoignant à l’entreprise Sonatrach de réduire son budget de fonctionnement et au gouvernement de réduire les importations… Véritable aveu d’impuissance.

Plusieurs pistes s’offrent pourtant à une sortie de crise comme la dévaluation du Dinar algérien, le recours contraignant mais momentané à la planche à billets, ou à la privatisation même partielle d’entreprises publiques, l’augmentation des investissements étrangers par un assouplissement de la législation… Mais rien de tout ça n’est envisagé par un exécutif dépassé et dont l’efficacité n’a pas été prouvé sur le terrain.

L’Algérie est pourtant un pays très peu endetté comparé à d’autres pays de la région, ce qui pourrait aisément le laisser emprunter de l’argent sur les marchés internationaux. Mais non, cette option fait encore hésiter Alger qui redoute, à l’heure de la mondialisation, une perte de sa souveraineté…

Il est fondamental que le Pays prenne cette crise comme une opportunité pour un changement structurel profond, et à l’élaboration d’une nouvelle vision basée sur un développement socio-économique durable, véritable locomotive à un réel projet de société basé sur des valeurs d’équité, de démocratie et de respect.

Et ce n’est qu’à cette jeunesse que reviendra le rôle de prendre le destin du Pays en main, comme en 1954 contre l’oppression et les harkis et comme en Février 2019 contre la hogra et pour une vie meilleure.

Elle aura certes fort à faire, car ils ne sont pas tous partis dit-on ci et là. Mais elle ne peut que réussir à l’aune des nouvelles technologies, du développement des services dans le domaine du digital et des télécoms, dans le choix de politiques futures liées aux sources d’énergie en mettant l’accent sur le renouvelable, la mise en place d’un environnement écologique responsable et d’une économie verte… Tant de possibilités s’offrent à elle.

Le plus dur sera certainement de pousser vers la sortie l’ancien régime, puis remplacer les habitudes et les pensées archaïques de l’élite installée aux commandes, incapable de créer des richesses pérennes et ne vivant que de subsides issus de la rente pétrolière… Une rente qui désormais, à l’instar du monde futur, n’existera plus comme on la connaissait avant. Et c’est tant mieux !

Lorsque j’entends de jeunes diplômés algériens, suggérant l’idée qu’on ne devrait plus octroyer de subventions ou de dérogations fiscales aux entreprises et hommes d’affaires qui auraient été impliqués dans des scandales financiers ou de corruption, je me dis que l’avenir est bien plus sain entre leurs mains…

Fabienne Outar

Photo © RYAD KRAMDI / AFP

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