Attention, la faible capacité de dépistage de l’Algérie risque de priver les algériens de voyager en Europe

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Attention, c’est une information qui n’est pas encore officielle. Mais elle circule massivement dans les réseaux des observateurs et spécialistes de l’Union Européenne. A Bruxelles, des fonctionnaires et des députés européens appellent à  la mise en place supposée d’un test de dépistage du Covid-19 et d’une vaccination obligatoire pour obtenir un visa Schengen ou l’autorisation d’entrée sur le territoire de l’espace Schengen. 

La première source qui relaie cette information est, certes, un média en ligne qui n’a aucune relation avec l’exécutif de l’Union Européenne. Il s’agit de Schengenvisainfo. Mais ce site a enflammé la toile en  rapportant les propos anonymes d’un responsable de la Commission européenne. Selon les dires de ce dernier, lors de la réouverture des frontières de l’espace Schengen, tout demandeur de visa pourrait devoir se soumettre à un test de coronavirus qui devra se révéler négatif. Ce dépistage devra être « effectué au cours des deux dernières semaines avant la demande de visa ». Et lorsqu’un vaccin sera mis au point, il faudra pouvoir produire un certificat de vaccination en bonne et due forme, poursuit cette même source.

Naturellement, pour le moment, aucune source officielle à Bruxelles ne s’est exprimée sur le sujet pour infirmer ou confirmer cette information. Ceci dit, l’Union Européenne a bel et bien reconnu qu’elle va étudier une stratégie pour garantir la sécurité sanitaire des pays de l’espace Schengen. « Les Etats membres nous ont mandaté pour proposer une approche européenne coordonnée au déconfinement », annoncé sur son compte Twitter la Commission Européenne. Une feuille de route sera bientôt dévoilée et  « des mesures de restriction qui vont continuer à s’appliquer, et ne devraient être levées que dans un deuxième temps lorsque déconfinement s’amorcera, « en tenant compte de la propagation du virus en dehors de l’Union européenne », a précisé à ce sujet un porte-parole de la Commission.
Cela signifie indirectement que de nouvelles mesures sanitaires devront régir la réouverture des liaisons aériennes reliant l’espace Schengen à l’extérieur. Certes, pour l’heure, il n’y a aucune obligation d’un test de dépistage pour pouvoir voyager et se déplacer vers l’Europe. Ceci dit, les autorités des pays européens n’ont pas besoin d’inventer une nouvelle réglementation pour protéger la santé publique dans l’espace Schengen.
La réglementation actuelle régissant la délivrance des visas Schengen parle aisément du risque sanitaire et le considère comme un critère important pour étudier le dossier d’une demande de visa Schengen. Le 30 mars dernier, une note a été publiée officiellement par la Commission Européenne sur son internet. Cette note explique la restriction des déplacements non essentiels vers l’UE s’appliquant « aux ressortissants de pays tiers non-résidents qui présentent des symptômes pertinents ou ont été particulièrement exposés à un risque d’infection et qui sont considérés comme représentant une menace pour la santé publique, indique ainsi la Commission. Toute décision de refus d’entrée doit être proportionnée et non discriminatoire. Pour déterminer si un voyageur représente un tel risque, les garde-frontières sont invités à consulter les lignes directrices du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies« , lit-on dans cette note officielle.
Sur la base de cette note, les autorités des pays européens peuvent interdire aux voyageurs étrangers présentant un risque sanitaire élevé l’accès à l’espace Schengen. Néanmoins, cette orientation peut facilement évoluer et si l’Europe décide d’ouvrir son ciel et ses frontières, les autres pays tiers devraient se préparer à présenter des garanties sanitaires pour permettre le déplacement de leurs ressortissants  vers l’Europe.
Malheureusement, l’Algérie risque de faire les frais de toute nouvelle réglementation qui imposera le respect de nouvelles règles sanitaires. Et pour cause, la très faible capacité de dépistage du système de santé Algérien, à peine 200 tests de dépistage par jour sont menés en Algérie, risque de porter un énorme préjudice aux voyageurs algériens qui voudront partir en Europe.
L’Algérie est l’un des pays les plus faibles dans le monde en matière de dépistage au coronavirus COVID-19 et le test de dépistage est la seule solution qui permet à un patient sain de démontrer qu’il n’est pas porteur du virus COVID-19. Et pour ce faire, il doit trouver le moyen de se faire dépister. En Algérie, c’est presqu’une mission impossible au regard des capacités et organisation médiocre de l’Etat en matière de dépistage de la population. Et pour ce faire, les voyageurs algériens pourront être black-listés par les autorités européennes. Pour éviter cette mesure cauchemardesque pour des millions de voyageurs algériens, les autorités algériennes doivent absolument travailler sur une stratégie efficace et sérieuse pour se doter d’une véritable de dépistage de la population.

 

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