Révélations. Le très lourd dossier du patron des « doubabs » en Algérie : le général-major Abdelkader Lechkham

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Placé officiellement sous enquête, le dossier du Général-major Abdelkader Lachkhem, chef de Département des Transmissions, Systèmes d’Information et Guerre Electronique, risque d’apporter des révélations explosives sur le fonctionnement mafieux et opaques des institutions sécuritaires les plus sensibles de l’Etat algérien. Des institutions prises en otage par des généraux avides de pouvoir et d’argent qui sont capables d’élever le machiavélisme à un niveau supérieur pour défendre leurs intérêts mercantiles personnels au détriment de l’intérêt général. 

C’est le cas du général-major Lachkhem qui a constitué l’une des pierres angulaires du nouveau système de gouvernance du pays, un système purement militaire, mis en place par le défunt Ahmed Gaid Salah, patron emblématique de l’institution militaire algérienne, au lendemain de la chute des Bouteflika en avril 2019. Le général-major Lachkhem avait un immense pouvoir entre ses mains en raison des infrastructures sensibles qu’il dirige ces dernières années à l’image du Centre national des transmissions de l’ANP situé à Alger.

Ce centre comprend des laboratoires, des salles de maitrise des différents systèmes de télécommunication ainsi que des salles techniques et de formation.Le Centre National des Transmissions de l’ANP constitue l’élément central par excellence du système des Transmissions de l’ANP puisqu’il assure la connexion, à travers des relais de transmission sécurisés en fibre optique, de tous les Centres de télécommunication, en concrétisation de la stratégie d’acquisition de la parfaite maitrise des technologies modernes et leur emploi optimal dans un travail empreint d’assiduité et de complémentarité. Plusieurs autres établissements sont placés sous l’égide du département des Transmissions, Systèmes d’Information et Guerre Electronique. Le général-major Abdelkader Lachkhem travaille dans ce département depuis 2005. Au fur des années, il a grimpé tous les échelons jusqu’à devenir l’un des hommes clés du ministère de la Défense nationale en assurant la direction d’un département technique incontournable dans le domaine militaire du monde d’aujourd’hui, un monde dominé par les mutations technologiques.

Grâce à ses moyens logistiques et humaines sans oublier ses budgets conséquents, le général-major Abdelkader Lachkhem lancera une offensive de guerre contre le Hirak et l’opposition algérienne à travers un dispositif inédit : « les mouches électroniques », appelés les doubabs par les Algériens. Des brigades de trolls qui vont inonder le web algérien sur toutes les plateformes notamment les réseau sociaux tout particulièrement Facebook avec pour objectif d’imposer la propagande du régime Gaid Salah, violer et attenter à la vie privée des journalistes et opposants indépendants, diaboliser le Hirak et semer la division parmi les Algériens. Une sale besogne qui fera entrer le général-major Lachkhem dans l’histoire sans oublier tout le filtrage des contenus numériques et sites internet jugés hostiles au nouveau pouvoir militaire algérien à l’image de votre site Algérie Part.

Pour mener sa mission, Abdelkader Lachkhem pouvait orchestrer tous les censures qu’il désirait grâce à l’organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication qui a été retiré du ministère de la justice pour le rattacher au ministère de la Défense nationale.

Abdelkader Lachkhem va recourir outrageusement à cet organe pour « nettoyer tout le web algérien » de toutes les expressions libres qui dérangent le nouveau pouvoir militaire de Gaid Salah. Tout site internet qui véhicule les revendications du Hirak est censuré, interdit d’accès depuis l’Algérie. Une opération de censure inédite qui fait de l’Algérie l’équivalent de la Chine ou de la Corée du Nord.

Mais la politique n’était pas la seule priorité du général Lachkhem. Dans l’instabilité générale qui caractérise le pays depuis février 2019, Abdelkader Lachkhem va tisser un puissant réseau qui lui permettra de s’enrichir et d’accumuler une fortune considérable.

Preuve en est, le fils du général Abdelkader Lachkhem se lance dans le secteur des télécommunications avec une entreprise spécialisée dans les systèmes électroniques. Le fils du général obtient un marché conséquent de 500 milliards de centimes avec le ministère de l’Education nationale consistant à lui fournir des brouilleurs pour empêcher l’usage des smartphones lors des examens des épreuves du baccalauréat de l’année scolaire 2019/2018. Au ministère de l’Education nationale, ce marché a fait beaucoup jaser. Mais les membres de la commission d’attribution ce marché public ont subi des pressions, d’autres ont été remplacés pour supprimer tous les obstacles qui pourraient bloquer l’octroi de ce marché à l’entreprise du fils du général Abdelkader Lachkhem.

Comme par hasard, le général Abdelkader Lachkhem a permis à son fils d’obtenir un autre marché de… 700 milliards de centimes. Mais cette fois-ci, avec le ministère des TIC et de la Poste, Houda Feraoun ! En contrepartie de ce marché, le général-major Abdelkader Lachkhem est devenu le premier protecteur de Houda Feraoun, l’un des symboles du régime Bouteflika, qui a été épargné par l’extraordinaire machine judiciaire qui a broyé les parrains de la corruption de ces 20 dernières années.

D’un simple général, Abdelkader Lachkhem est devenu un puissant lobbyiste sollicité en permanence par des hommes d’affaires ou personnalités politiques qui cherchent désespérément de nouvelles opportunités pour rebondir sur la scène politique de cette Algérie en recomposition.

 

 

 

 

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