Exclusif. La DCSA élargit son enquête au colonel SALAH, l’homme de Wassini Bouazza à Oran

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Et c’est dans ce sillage que la DCSA vient d’élargir ses investigations jusqu’à Oran où la colonel Salah, le principal patron des services de la deuxième ville du pays, fait l’objet d’une enquête approfondie des services de la DCSA, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. La DCSA s’intéresse également à l’adjudant Zoheir, le bras droit du colonel Salah et son homme de main.
Les enquêtes vont porter sur plusieurs rapports suspects contenant des éléments  préfabriqués et fomentés par le colonel Salah sur ordre de Wassini Bouazza pour induire en erreur et manipuler les institutions sécuritaires et décideurs militaires de l’armée algérienne.
A titre d’exemple, l’adjudant Zoheir opère essentiellement au niveau de l’aéroport d’Oran. Et au lieu d’enquêter sérieusement sur les pratiques financières illicites qui entourent le chantier du nouvel aéroport international d’Oran, l’adjudant Zoheir a couvert les agissements d’Abdelkader Kessal, Directeur Général de l’EGSA d’ORAN qui faisait l’objet de plusieurs dénonciations pour sa très mauvaise gestion et les divers scandales ayant ébranlé le chantier de l’aéroport d’Oran et les retards successifs constatés dans les travaux de sa réalisation. Il s’agit d’un important projet de l’Etat dont le montant est en train d’avoisiner les 250 millions de dollars qui devait être réceptionné en décembre 2018 ! Aujourd’hui, les autorités algériennes espèrent l’inaugurer juillet 2020, mais d’après nos sources il est impossible d’achever les travaux à l’heure actuelle avant la fin de l’année 2021. Un retard monstrueux qui a occasionné des pertes financières importantes.
Toutes ces anomalies ont été couvertes par l’adjudant Zoheir dans le seul de but de protéger Abdelkader Kessal. Pourquoi ? Le colonel Salah a utilisé les nombreux marchés publics attribués par l’EGSA d’Oran à plusieurs équipementiers étrangers et privés algériens comme une « caisse noire » pour soutirer des financements juteux à des opérateurs ayant remporté les 46 marchés publics d’électricité, plomberie, climatisation, etc., pour l’achèvement définitif des travaux de l’aéroport international d’Oran. Le montant global de ces 46 marchés est estimé à près de 80 millions d’euros. Ce qui représente une énorme manne financière pour des décideurs cherchant des sources d’enrichissement illicite. Ainsi, plusieurs opérateurs étrangers ou privés algériens ont subi des blocages lors de la réalisation de ces marchés nécessaires à la réception finale de l’aéroport d’Oran.
Pour s’émanciper de ces blocages, plusieurs de ces opérateurs privés et internationaux ont été contraints de verser des pots-de-vin aux responsables de l’EGSA d’Oran notamment son premier responsable Abdelkader Kessal. Ce dernier partageait le « gâteau » avec l’adjudant Zoheir et son supérieur hiérarchique le colonel Salah.
Or, lors de la campagne électorale des élections présidentielles du 12 décembre 2019, une partie de cette manne financière a même servi à financer la campagne électorale d’Azzedine Mihoubi, le chouchou des réseaux du général Wassini.
Il s’agit de l’argent sale, à savoir des pots-de-vin versés par des opérateurs économiques et des entrepreneurs privés, blanchi au niveau du chantier de l’aéroport international d’Oran et qui a transité, par la suite, par le principal coordinateur de la campagne électorale du candidat Azzedine Mihoubi à l’ouest du pays, le député RND Nabil Louhibi, propriétaire de l’hôtel des Jasmins à Oran.
Et c’est avec cet argent qu’un meeting populaire a été financé à Oran au profit du candidat Azzedine Mihoubi. Le leader du RND a été traité comme un véritable Chef d’Etat lors de son arrivée à Oran. Preuve en est, dés sa descente de l’avion, sur la piste d’atterrissage de l’aéroport d’Oran, un autobus Mercedes attendait Mihoubi avec un comité d’accueil solennel composé de Nabil Louhibi et du directeur de l’aéroport d’Oran, Najib Allah Benchenane.
Et tous ces agissements ont été couverts, pis encore, organisés par les représentants et officiers de la DGSI à Oran, à savoir le colonel Salah et ses collaborateurs. Aujourd’hui, l’enquête de la DCSA doit approfondir ses investigations sur tous ces scandales pour établir la vérité sur cette dangereuse instrumentalisation affairiste et politique des services secrets algériens au profit des intérêts d’un clan du pouvoir.

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