Documents exclusifs. Acquisitions des kits de dépistage du coronavirus COVID-19 : Opacité à la PCH et Institut Pasteur d’Alger

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L’Algérie est confrontée depuis le début de l’épidémie du coronavirus COVID-19 à une pénurie chronique des tests de dépistage. Officiellement, l’Etat algérien a annoncé avoir débloqué des budgets important, une somme de 100 millions de dollars a été annoncée par le Président Abdelmadjid Tebboune, pour acquérir des équipements médicaux et des produits pharmaceutiques à l’étranger. Or, il s’avère que ces budgets sont gérés dans une totale opacité laissant craindre des pratiques de favoritisme au profit de certains fournisseurs étrangers dont les représentants en Algérie sont proches de l’entourage des hauts responsables du ministère de la Santé. 
Preuve en est, la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) et l’Institut Pasteur d’Alger ont été dotés des budgets nécessaires et autorisés à importer depuis l’étranger des kits de dépistage afin de remédier à la pénurie persistante de ces tests qui empêchent l’Algérie de cerner réellement les proportions réelles de l’épidémie sur son territoire national. La PCH et l’Institut Pasteur d’Alger ont lancé des consultations et des avis de prospection nationale et internationale.
Et à ce titre, deux importantes entreprises internationales ont proposé à l’Algérie de lui fournir des quantités de tests de dépistage. La première entreprise est française. Il s’agit du fabricant NG Biotech, l’un des leader des tests rapides en Europe. Dans l’immédiat, il réserve toute sa production à la France, mais il a proposé d’exporter quelques quantités vers l’Algérie. La proposition de  Biosynex est basée sur un prix unitaire qui dépend notamment du volume. Un premier prix de 6,5 euros l’unité a été proposé à la PCH et l’Institut Pasteur d’Alger.
Le test Biosynex est un autotest rapide d’orientation diagnostique. Il permet de détecter les anticorps à partir d’une goutte de sang (prélevée par piqûre au bout du doigt) en quelques minutes.
L’organisation du transport sera plus facile puisque le site de fabrication est en France et la marchandise pourra être acheminée par un avion depuis Alger.
La deuxième entreprise qui a formulé des propositions intéressantes à la PCH et l’Institut Pasteur d’Alger est américaine, à savoir Monocent  INC, qui a proposé un test sérologique classique  qui nécessite un prélèvement sanguin et une manipulation dans un laboratoire d’analyse biologique comme le montrent ces deux vidéos :
Monocent INC a proposé une boite qui contient 96 tests. Le prix unitaire par test est 5.8 USD.  Monocent INC et Biosynex ont fait parvenir le 8 Avril dernier à la PCH et Institut Pasteur d’Alger leurs offres et candidatures pour approvisionner l’Algérie en kits de dépistage. Une semaine plus tard, aucune réponse n’a été fournie à ces grosses entreprises internationales. Aucune explication ni la moindre réponse sérieuse. Pourquoi ? Nul le sait alors que l’Algérie souffre cruellement de kits de dépistage et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne cesse d’appeler les pays du monde entier à renforcer leur capacité de dépistage. L’Algérie veut-elle continuer à faire seulement 140 à 160 tests par jour ? Un silence intriguant règne au ministère de la Santé concernant l’attribution de ces marchés publics de produits pharmaceutiques et l’acquisition des kits de dépistage.
En pleine épidémie du coronavirus COVID-19, les intrigues malveillantes et les conflits d’intérêts ainsi les décisions prises dans l’opacité totale continuent de régenter le fonctionnement du ministère de la Santé. Cette situation entraîne des conséquences dramatiques que nous constatons quotidiennement et depuis de longues années dans le secteur de la santé.

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