Exclusif. Grave négligence à Sonatrach : 50 % des capacités de stockage de l’Algérie inopérationnelles à cause de la mauvaise maintenance

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C’est une grave négligence qui risque de coûter cher, très cher à Sonatrach en particulier et à l’Algérie en général. En pleine crise mondiale provoquée par la pandémie du coronavirus COVID-19, la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach ne peut plus se permettre de stocker son pétrole en raison de l’état actuel très délabré de ses centres de stockage. Explications. 

Comme tout le monde le sait, l’épidémie du coronavirus provoque une crise pétrolière aux conséquences inédites. Les mesures de confinement ont fait chuter le trafic routier et la consommation de carburant est en baisse de 70 à 90% dans la plupart des pays développés et les plus gros consommateurs des hydrocarbures. Dans ce contexte mondial si particulier, les compagnies pétrolières mondiales développent leurs capacités de stockage pour économiser leurs hydrocarbures.

En France, à titre d’exemple, les oléoducs, les wagons-citernes et les navires pétroliers servent désormais de réservoir. Face à la demande mondiale très élevée, les prix de location des supertankers ont été multipliés par cinq sur le marché mondial !

En Algérie, il est presqu’impossible de stocker les carburants ou les autres dérivés des hydrocarbures notamment du pétrole. Depuis 2018, un rapport confidentiel dressé par les équipes de la Division Activité Transport par Canalisation a tiré la sonnette d’alarme sur les bacs de stockage dans les centres logistiques de Sonatrach. Ces bacs n’ont pas fait l’objet d’une opération de maintenance en bonne et due forme. Par conséquent, la corrosion a rongé 50 % des bacs de stockage de Sonatrach. Et certains bacs sont remplis de résidus toxiques qui se sont accumulés faute d’opération de nettoyage conforme à certaines normes techniques en vigueur dans le secteur des hydrocarbures.

Par ailleurs, certaines pompes de filtrage utilisées dans les centres de stockage de Sonatrach sont défectueuses ou en panne, souligne-t-on dans le rapport confidentiel de la direction transport et canalisation qui est resté, malheureusement, lettre morte à la direction générale  de Sonatrach. Même l’état de certains pipelines est inquiétant. Mais aucun effort de modernisation n’a été consenti par l’actuelle direction générale de Sonatrach qui reste les bras croisés face à un épineux dossier faisant perdre ainsi à l’Algérie des revenus en devises que l’Algérie aurait pu économiser si elle pouvait stocker les hydrocarbures qu’elle peine à écouler ou vendre sur le marché mondial.

Il est à noter que depuis 2017, l’infrastructure de stockage de carburants n’offre à l’Algérie que 11 à 12 jours d’autonomie, alors que le déficit en carburants, dont le diesel, est compensé par des importations, avec une enveloppe annuelle de deux milliards de dollars.

Sonatrach avait financé la mise en place d’un programme d’investissement qui devait permettre à l’Algérie d’améliorer ses capacités de stockage dés  2020 avec l’entrée en production des nouvelles raffineries et la réalisation de grands bacs de stockage de produits pétroliers pour augmenter la couverture des besoins nationaux. L’objectif était de faire passer le stockage de carburants de 600.000 mètres cubes actuellement à 2 millions m3 en 2021. « Cet ambitieux » programme devait permettre d’atteindre une autonomie de stockage de carburant de 30 jours contre 11 jours actuellement. Mais sur le terrain, rien de concret n’a été accompli. Et cette situation risque d’exposer Sonatrach à des pertes financières considérables si la conjoncture actuelle provoquée par l’épidémie du coronavirus COVID-19 dure encore longtemps dans les semaines, voire mois à venir

 

 

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