73 000 tests de dépistage réalisés en Afrique du Sud, 6500 en Algérie : le COVID-19 révèle l’ampleur du sous-développement du pays

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Les pays du monde entier se sont lancés en ce moment dans une véritable compétition pour augmenter leurs capacités de dépistage du coronavirus COVID-19 afin de protéger leurs populations et identifier d’autres solutions que le confinement qui ralentit dangereusement l’activité économique et fige la vie sociale. Malheureusement, dans cette compétition mondiale, l’Algérie déplore un énorme retard sur plusieurs pays africains. En dépit de ses pétrodollars et de ses richesses longtemps accumulées, l’Algérie n’arrive pas à même pas à égaler 10 % des capacités de dépistage d’un pays comme l’Afrique du Sud. 

Les chiffres sont, en effet, effrayants. Fawzi Derrar. Virologue et directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, a reconnu officiellement dans les colonnes du quotidien El-Watan que « L’Institut Pasteur d’Algérie a analysé 6500 prélèvements depuis le début de l’épidémie ». « L’Institut Pasteur d’Algérie a dépassé hier la barre des 6500 analyses moléculaires réalisées jusqu’à présent, ce qui représente, depuis le premier cas répertorié en Algérie, une moyenne de 141 prélèvements par jour, avec des maximums de 240 prélèvements par jour », a reconnu le même responsable dans ses déclarations.

Ces informations indiquent clairement un retard énorme de l’Algérie par rapport à de nombreux pays du monde. A titre d’exemple, en Afrique du Sud, un pays de 57 millions d’habitants, plus de 73 000 tests de dépistage ont été réalisés à ce jour, soit 11 fois plus que l’Algérie ! Le ministre de la Santé sud-africain Zweli Mkhize a annoncé que son pays va monter la capacité quotidienne à 30 000 tests de dépistage.

La comparaison avec l’Afrique du Sud est humiliante pour l’Algérie. Elle révèle que notre pays accumule un retard monstrueux qui le relègue au rang des pays les plus sous-développés en matière de protection sanitaire. Et pourtant, il y a quelques années l’Algérie prétendait faire partie des pays ayant la volonté d’intégrer le club des puissances africaines émergentes avec l’Afrique du Sud ou le Nigeria. Aujourd’hui, l’épidémie du coronavirus COVID-19 démontre que l’Algérie est loin, encore très loin d’égaler avec ces pays. Du moins dans le secteur de la santé.

Au Maghreb, l’Algérie n’égale même pas encore le Maroc en matière de capacités de dépistage. Jusque-là, plus de 9600 tests de dépistage ont été effectués par les autorités sanitaires marocaines. C’est beaucoup plus que les 6500 tests effectués en Algérie. Et pourtant, l’Algérie est un pays beaucoup plus riche que le Maroc, nettement plus puissant financièrement. Mais cette aisance ne se traduit pas par un Etat capable de réagir avec réactivité face à l’épidémie la plus meurtrière du monde d’aujourd’hui.

Les capacités de dépistage d’un pays sont aujourd’hui le principal critère pour évaluer les performances de son dispositif de protection sanitaire de sa population. Il s’agit enfin du premier critère pour classer un pays en fonction de sa force et capacité à faire face  à cette pandémie mondiale.

 

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