Alger : la jambe cassée, un jeune se fait torturer et tabasser par les gendarmes de la brigade d’Ain Naadja

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Un scandale ébranlant la gendarmerie nationale à Alger a été étouffé honteusement par la justice algérienne. Le jeune Bazdour Youcef, âgé de 28 ans et originaire de la cité AADL d’Aïn Malha qui abrite les familles originaires du bidonville d’Ain Malha situé à Ain Naadja dans la banlieue d’Alger, accuse des membres des forces de la gendarmerie nationale de l’avoir torturé et tabassé lors de son arrestation musclée le lundi 6 avril dernier.

Ce jour-là, des éléments des forces de la gendarmerie nationale interviennent vers 14 H pour disperser des jeunes délinquants qui se battaient violemment dans cette cité AADL peuplée par près de 8000 habitants, l’une des plus grandes cités de toute la capitale Alger. Un cité populaire dépourvue de toutes les commodités de la vie moderne, ni infrastructures sportives de proximité ni centres culturels ni moyens de transport dignes de ce nom.  Un environnement propice à la délinquance et un terrain favorable aux bandes criminelles.

C’est justement pour mettre un terme à une grosse bagarre de rue que les gendarmes sont intervenus en premier lieu. Malheureusement, cette intervention réclamée et saluée au départ par les habitants suscitera très rapidement la colère populaire dus aux dérapages dont se rendent coupables les gendarmes. Leur intervention va envenimer la situation car la violence de leur répression va provoquer par la suite une émeute des jeunes désoeuvrés de la cité.

Une émeute et des affrontements qui finiront par provoquer un triste drame. En effet, Bazdour Youcef, l’un des jeunes ayant pris partie à ces affrontements violents, dans sa tentative de fuite a tenté de se réfugier dans l’appartement de l’un de ses amis du quartier. Les gendarmes forcent la porte de cet appartement dans le but de procéder à l’interpellation de Bazdour Youcef. Ce dernier, faisant preuve d’inconscience, saute du deuxième étage et se casse une jambe. En dépit de cet incident, les gendarmes ne relâchent pas la pression et poursuivent sa traque. Ils l’arrêtent et le tabassent. Le jeune Youcef sera transféré par la suite vers la brigade de la gendarmerie d’Ain Naadja où il sera encore une fois passé à tabac. La victime décrit même à sa famille des scènes de torture.

Après lui avoir infligé d’horribles sévices, Bazdour Youcef sera hospitalisé à l’hôpital Salim Zemirli d’El Harrach. Selon les proches et la famille de ce jeune habitant d’Ain Malha, Youcef risque d’être amputé de sa jambe dans les jours à venir. Mais, Youcef a surtout mal au coeur et veut dénoncer les violences disproportionnées dont il fut victime de la part des éléments de la gendarmerie nationale. Sa famille s’apprête à introduire officiellement une plainte au niveau du tribunal de Bir Mourad Rais à Alger. Elle réclame aujourd’hui des réparations et des excuses publiques. Le Procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Rais n’a pas encore pris en considération cette plainte. Pis encore, il aurait demandé aux forces de la gendarmerie nationale d’étouffer ce scandale en maintenant Youcef Bazdour à l’hôpital pour effacer toutes les traces des violences injustifiées.

 

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