Vulnérabilité de l’Algérie face aux épidémies : l’OMS a tiré la sonnette d’alarme depuis 2016

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L’Algérie est un pays très vulnérable face aux épidémies. Et c’est l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui a tiré la sonnette d’alarme depuis 2016 lors d’un diagnostic effectué sur le système sanitaire algérien. Tout un rapport détaillé et précis avait été fourni en 2016 aux autorités algériennes pour améliorer de nombreux dispositifs défaillants. Malheureusement, ces recommandations n’ont pas été appliquées aggravant ainsi les fragilités les capacités de l’Algérie de protéger sa population face aux épidémies mortelles. 

« En dépit d’une couverture sanitaire relativement dense et des bonnes capacités de riposte, l’Algérie, à l’instar d’autres pays, reste sujette à la survenue d’épidémies de maladies émergentes ou réémergentes, d’ampleur variable », avait noté le bureau régional de l’Afrique de l’OMS dans un rapport officiel transmis en 2016 aux autorités algériennes, un rapport dont nous détenons une copie.

 » Son dispositif de surveillance sanitaire doit donc s’adapter aux nouvelles exigences de prévention et de lutte contre les maladies, dans le cadre du nouveau Règlement sanitaire international qui a du reste été adopté et intégré dans l’arsenal réglementaire national, par décret présidentiel27, et qui a fait par la suite l’objet d’un plan de mise en œuvre, avec l’appui de l’OMS », explique le même rapport.

L’Algérie adopte donc des recommandations internationales, mais ses directives sont maintenues uniquement dans le domaine de la théorie. Preuve en est, l’OMS cite les exemples très concrets des dangers des catastrophes naturelles face auxquelles le système sanitaire algérien n’est pas du tout préparé.

« Les tremblements de terre sont récurrents dans le nord de l’Algérie. Les deux derniers séismes enregistrés dans le pays (à El Asnam en 1980, et à Boumerdès en 2003) ont entraîné le décès de plus de 7000 personnes et d’énormes dégâts matériels. Il n’y a pas de programmes visibles de préparation de la population aux séismes et d’information à ce sujet. Les inondations constituent une menace constante. Les tempêtes, souvent soudaines, entraînent l’inondation des oueds, avec souvent des crues éclairs. En octobre 2011, huit personnes sont décédées lors de crues soudaines à El-Bayadh (à 700 km au sud-ouest d’Alger) », explique à ce sujet l’OMS d’après laquelle l’Algérie devrait adapter en urgence son système de santé face à ces menaces de catastrophes naturelles pour prendre en charge de façon convenable les victimes potentielles.

Néanmoins, le problème du système de santé algérien demeure sa faiblesse à prendre en charge les malades chroniques dont le nombre ne cesse d’augmenter en Algérie depuis 2005.

Des maladies qui se propagent parmi les individus âgés de 35 à 70 ans. Chez ces adultes algériens, l’hypertension artérielle représente 26 % des pathologies chroniques, suivie du diabète (13 %), de l’asthme (8 %), des rhumatismes (8 %) et d’autres pathologies cardiovasculaires (7 %). Les maladies mentales, avec un taux de 5 %, constituent chez l’adulte algérien une cause de morbidité chronique non négligeable. La répartition des pathologies chroniques chez l’enfant est totalement différente. Les deux pathologies les plus fréquentes chez l’enfant concernent l’appareil respiratoire, en l’occurrence l’asthme (22 %), et les rhinites allergiques (11 %). Les handicaps sensoriels constituent la troisième cause de morbidité chronique (10 %). Les maladies mentales représentent un groupe de pathologies chroniques non négligeables puisqu’elles occupent la 4ème position (8 %).

Si une épidémie, comme aujourd’hui celle du nouveau coronavirus COVID-19, éclate et se propage en Algérie, elle risque de faire de gros dégâts sur la santé des malades chroniques algériens.

L’OMS a reconnu, néanmoins, que l’Algérie a enregistré des progrès notables en termes de vaccination de la population.  « Le Programme élargi de vaccination (PEV)1 est obligatoire et gratuit. Le taux de couverture nationale est supérieur à 90 %. Les processus de certification par l’OMS de l’élimination du tétanos néonatal et de l’éradication de la poliomyélite sont en cours. Si la quasi-disparition des maladies ciblées par le PEV est une preuve de l’efficacité de ce programme, la pérennisation de ces acquis est un défi réel », explique à ce sujet l’OMS.

« Par contre, l’on observe une augmentation des cas de tuberculose extra-pulmonaire, essentiellement ganglionnaire, ce qui constitue un défi nouveau pour l’Algérie », a noté enfin ce rapport de l’OMS.

 

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