La nécessité de reporter jusqu’à six mois les remboursements de crédits pour les entreprises algériennes paralysées par le coronavirus COVID-19

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Face à la pandémie du coronavirus COVID-19, de nombreux pays à travers le monde ont adopté des mesures économiques et financières très concrètes pour soulager leurs entreprises et les sauver de la faillite dans l’optique de préserver les emplois. 
Malheureusement, en Algérie, cette dimension économique est totalement occultée par les autorités algériennes alors qu’elle revêt une importance stratégique puisqu’il y a des emplois, beaucoup d’emplois qui sont en jeu. Jusqu’à maintenant, les autorités algériennes ont adopté des  facilitations prises par l’administration fiscale au profit des entreprises nationales impactées par la pandémie du coronavirus que traverse actuellement l’Algérie et le monde entier. Mais ces mesures portent seulement sur le report des déclarations fiscales.

Il a été décidé ainsi la prorogation du délai de souscription de cette déclaration (IRG/salaires janvier- février-mars), jusqu’au 20 mai 2020. Quant à la déclaration annuelle de résultats (Régime du réel), le délai de souscription de la déclaration annuelle de résultats (bilan et annexes) est prorogé jusqu’au 30 juin 2020.

Pour les sociétés de grande taille, le délai de souscription de la déclaration annuelle de résultats est prorogé jusqu’au 31 mai 2020. Il est rappelé, par ailleurs, que le délai d’acquittement du solde de liquidation de l’IBS est de vingt (20) jours à compter de la date de souscription de la déclaration annuelle. Concernant la déclaration annuelle de revenus série G n 1 (Exploitants d’entreprises individuelles), le délai de souscription de la déclaration annuelle de revenus (IRG/domicile) est prorogé jusqu’au 30 juin 2020.

D’autre part, il a été décidé de reconduire le report du paiement du premier acompte provisionnel IRG/IBS jusqu’au 20 juin 2020. Pour les contribuables qui se trouvent dans une situation financière difficile, ils peuvent, souligne la même source, « solliciter un échéancier de paiement de leurs dettes fiscales ». De même, ceux bénéficiant déjà d’un échéancier de paiement ont la faculté de solliciter le réaménagement de celui-ci, en cas de difficultés de trésorerie.

On le voit, l’Algérie a uniquement reporté le paiement des impôts pour faire croire qu’elle soutient ses entreprises. Un processus totalement défaillant car la crise économique provoquée par l’épidémie du coronavirus COVID-19 est en train de porter un énorme préjudice à l’économie algérienne et les entreprises sont les premières victimes.

Dans ce contexte, l’Algérie aurait du imaginer un dispositif beaucoup plus sérieux et efficace. Et la première des mesures qu’il faut prendre est, certainement, le report jusqu’à six mois des remboursements de crédits pour les entreprises. Aujourd’hui, les revenus des entreprises ont beaucoup baissé et les capacités des entreprises algériennes à honorer leurs engagements bancaires pour rembourser leurs crédits seront totalement compromis.

A l’image de plusieurs pays à travers le monde comme l’Egypte ou la France, l’Algérie pourrait reporter jusqu’à six mois des remboursements de crédits pour les entreprises et compenser les pertes déplorées par les banques en renflouant leurs caisses à travers la Banque Centrale. Il est également essentiel de supprimer les pénalités et des coûts additionnels de reports d’échéances et de crédits des entreprises pour ne pas pénaliser les emplois et provoquer des faillites au moment même où l’Algérie traverse une crise économique aiguë depuis le début de 2019 à cause de l’instabilité politique du pays.

Et pourquoi ne pas mettre en place des prêts bancaires au profit des entreprises en grosse difficulté assortis d’un différé de remboursement du capital.

Les autorités algériennes devront réagir vite car dans les jours à venir, plusieurs banques vont avoir des impayés en raison de ce contexte mondial marqué par l’épidémie du coronavirus COVID-19.  Un soutien public de l’Etat algérien est enfin plus que jamais nécessaire pour permettra à plusieurs entreprises de garder les salaires de leurs employés au lieu de les arrêter et permettra aussi à ces entreprises de continuer à tourner au minimum vital en attendant une amélioration de la situation du pays face à l’épidémie du coronavirus COVID-19.

Rappelons enfin que le secteur privé emploie 6,95 millions de travailleurs, soit 63% de l’emploi total en Algérie. Quant au secteur public, il absorbe près de 4,09 millions de travailleurs, soit 37% de la population occupée qui est de 11,048 millions de travailleurs.

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