Une commission scientifique analyse le bilan du confinement partiel en Algérie et constate son échec face à la propagation du Coronavirus

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La commission santé du Conseil Scientifique du parti Jil Jadid, en réunion ouverte, et après étude approfondie de l’évolution de l’épidémie du corona virus relève les éléments suivants :

Bilan du confinement :

1)        Les mesures sanitaires prises jusqu’à présent n’ont pas bloqué ni infléchi la courbe des nouvelles contaminations. Celle-ci continue à croitre régulièrement, n’ayant pas encore atteint son pic. L’issue de cette crise sanitaire se fera, à l’évidence, avec l’acquisition de l’immunité collective, en cours d’établissement. Certaines caractéristiques de la population algérienne, en particulier sa jeunesse, permettent d’espérer une réaction immunitaire protectrice. Toutefois, plusieurs franges de la population sont très sensibles et devraient être surveillées avec beaucoup plus de rigueur (Personnes âgées, diabétiques, cardiaques, hypertendus, obèses, immunodéprimés…).

2)        Le confinement rigoureux doit être maintenu tant que la courbe de l’expansion de l’infection est exponentielle. Considérant les moyens médicaux et logistiques limités du pays, le dépistage systématique étant impossible, celui-ci doit néanmoins être renforcé au niveau de chaque wilaya par l’utilisation des moyens étatiques et privés, pour mieux circonscrire l’évolution de l’épidémie. L’analyse épidémiologique se fonde essentiellement sur la courbe des décès, dont les chiffres sont beaucoup plus proches de la réalité du terrain.

3)        Un confinement plus drastique pourrait par ailleurs faire baisser plus significativement le taux de contagiosité. En principe, l’immunité collective acquise naturellement ou par vaccination est le seul remède à l’horizon. Malheureusement, pour le moment, aucun vaccin opérationnel n’existe.

 

 

4)        Enfin, la commission réitère sa proposition d’isoler les zones indemnes de virus et y interdire l’accès par les citoyens provenant d’autres régions. Ce confinement « positif » permet de maintenir hors épidémie des régions et des zones où l’activité socio-économique reste opérationnelle.

Mesures prophylactiques :

5)        Dans la gestion des centres de soins, il est important que les patients suspects d’être porteurs du covid19 ne soient pas en relation avec les autres malades. Il serait indiqué d’avoir des centres isolés dédiés au traitement du coronavirus, en particulier dans des hôpitaux de campagne. Dans le cas où des pavillons d’hôpitaux sont destinés spécialement à cette infection, il serait important d’aiguiller les malades dès l’entrée de l’hôpital et non pas dans les services d’urgences qui deviendraient malheureusement des milieux de contamination massive. Les personnes suspectées d’être contaminées doivent être immédiatement séparées des autres malades en les orientant sur des circuits sanitaires isolés.

6)        Pour alléger les structures hospitalières, le réseau des médecins privés, généralistes et spécialistes, doit être mis à contribution dans le suivi régulier des autres malades en cours de soin et non porteurs du virus. Un soutien des caisses d’assurances doit permettre aux patients habituels du secteur public d’être pris en charge sans alourdir, pour eux, le coût des soins.

7)        Les circuits de la médecine privée doivent être mobilisés et se mettre à la disposition de la population. La médecine ne doit pas être une source exclusive de gains mais surtout, à l’heure actuelle, un appoint vital à la solidarité nationale.

La protection des personnes

8)        La protection personnelle du corps médical est une condition incontournable pour le maintien de la mobilisation de cette première ligne de front. Le matériel de base doit être assuré au mieux et au plus vite par les pouvoirs publics. Masques, gants, autres kits de protection, mais aussi médicaments d’urgence. Ces moyens de base doivent être disponibles au niveau de toutes les structures à travers le territoire national, en quantité suffisantes et autant pour le secteur public que le secteur privé. Le corps médical doit être uni et accomplir les mêmes devoirs et être protégé de la même manière quelque soit son secteur d’activité.

 

 

 

9)        La sensibilisation de nos concitoyens doit être maintenue à haut niveau d’intensité. L’hygiène publique et les mesures prophylactiques doivent être, dorénavant, intégrées dans l’esprit de tous les citoyens. Cette dimension devra être prise en charge par les programmes de l’éducation nationale à l’avenir. Cette pandémie ne sera, à l’évidence, pas la dernière. En attendant, des formations accélérées, y compris par vidéo conférence, doivent être dispensées au personnel soignant pour leur donner une information de qualité.

Gestion de la crise :

10)      L’opération de gestion de la crise doit être assumée au plus haut niveau de coordination. Tous les secteurs ministériels doivent être impliqués. L’industrie, l’agriculture, les transports, la défense… doivent coordonner leurs actions dans le cadre d’une stratégie partagée et mise en application par un pouvoir centralisé de sécurité nationale au moins au niveau du Premier Ministre.

Conclusion :

Les Algériens doivent être extrêmement vigilants durant les 15 prochains jours. C’est la phase d’expansion la plus importante du virus. Le confinement doit être respecté au mieux pour préserver la vie de nos aînés. Il ne faut recevoir aucune visite, même des proches durant cette période.

Le personnel de la santé, doit trouver, auprès de tous les Algériens, reconnaissance et soutien. Ils font un remarquable travail au service du pays.

 

 

 

Signataires : Les membres de la commission santé du Conseil Scientifique.

Les Docteurs : Amir Mahdjoubi, Lakhdar Amokrane, Fouad Kahia-Thani, Abdelaziz Ghédia, Nouh Rouabhia, Ibrahim Choual, Abdelnasser Brahami, Faycal Derdour, Nabil Chaabane Ait Ali, Meriem Bahmed, Fatah Bendali et Fares Bedhouche.

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