Exclusif. La Chine exige à l’Algérie le paiement de 3 milliards de dollars d’impayés avant de lui vendre de grosses quantités d’équipements médicaux

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Les autorités chinoises ont fait parvenir officiellement par le biais de leur ambassadeur à Alger une requête aux autorités algériennes. Cette requête porte sur le remboursement par l’Etat algérien des dettes contractées auprès de plusieurs entreprises chinoises ayant réalisé des marchés publics en Algérie. Les autorités chinoises réclament le remboursement de ses dettes avant de vendre de grosses quantités de produits pharmaceutiques et équipements médicaux à l’Algérie pour stopper la propagation de l’épidémie du coronavirus COVID-19, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. 

Selon nos sources, ces dettes que l’Algérie doit payer aux entreprises chinoises sont évaluées à 3 milliards de dollars. Il s’agit des montants des cautions de retenue sur la garantie. De quoi s’agit-il concrètement ? Dans le cadre des marchés publics accordés ou confiés aux entreprises chinoises ces 10 dernières années, l’Algérie avait retenu jusqu’à 10 % du montant du marché toutes taxes comprises pour la bonne exécution du contrat. En clair, la retenue de garantie est une disposition légale qui permet au maître d’ouvrage ou à l’entreprise principale de retenir un maximum de 5% à 10 % des paiements dus à l’entrepreneur, pour couvrir les éventuelles réserves constatées à l’achèvement des travaux.  Ce n’est pas une exception algérienne, mais une disposition réglementaire qui existe dans de nombreux pays à travers le monde notamment les pays développés.

Or, en Algérie, l’Etat, principal maître-d’ouvrage des projets de BTP confiés aux entreprises publiques, n’a pas payé les entreprises chinoises dans plusieurs marchés retenant ainsi les 10 % de ces cautions des retenues de garantie au lieu de les verser au profit des entreprises chinoises ayant réalisé des marchés importants et stratégiques en Algérie.

La facture totale de ces cautions des retenues de garantie que l’Etat algérien devait verser aux entreprises chinoises atteint aujourd’hui l’équivalent de… 3 milliards de dollars. Les autorités chinoises exigent la mise en place de leur remboursement comme préalable pour toute bonne coopération économique entre l’Algérie et la Chine, assurent nos sources.

Les autorités chinoises se disent toujours prêtes à soutenir l’Algérie et lui accorder des aides médicales pour la soulager  dans sa lutte contre l’épidémie du COVID-19. Cependant, pour vendre de grosses quantités de produits pharmaceutiques et équipements médicaux, la Chine exige des garanties et le remboursement des dettes de l’Etat algérien envers ses entreprises nationales publiques et privées. Algérie Part reviendra dans une prochaine publication avec de nouvelles révélations sur ce dossier.

 

 

 

 

 

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