Exclusif. Fourniture des moyens de protection contre le coronavirus COVID-19 : l’Algérie rassure la Chine sur les paiements en lui proposant « des concessions » et des « marchés »

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Entre l’Algérie et la Chine, des négociations très ardues sont menées en ce moment dans les coulisses pour l’acquisition de quantités considérables de moyens de protection et d’équipements médicaux nécessaires à la lutte contre l’épidémie du coronavirus COVID-19. Mais les partenaires chinois ne sont pas rassurés et sont inquiets face aux défaillances de l’Etat algérien et les retards de paiement dont font preuve régulièrement les clients algériens. 

Les partenaires chinois connaissent parfaitement l’Algérie. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Algérie ces dernières années. La Chine connaît par coeur le fonctionnement de l’Algérie. Et cette fois-ci, comme il a été révélé précédemment par Algérie Part, les autorités chinoises veulent des garanties de paiement. Face aux inquiétudes chinoises, l’Algérie sort plusieurs arguments et les dévoile sur la table des négociations, a-t-on appris au cours de nos investigations. Et parmi ces arguments phares, les autorités algériennes ont proposé aux autorités chinoises des « concession » ou des « marchés publics » comme des garanties de paiement en échange de la livraison d’importantes quantités de produits médicaux et de moyens de prévention contre le coronavirus COVID-19.

A titre d’exemple, l’Algérie a proposé des concessions pétrolières et gazières aux entreprises chinoises qui financeront l’acquisition du matériel sanitaire dont a besoin l’Algérie. C’est dans ce sillage que la société pétrolière chinoise Zhongman Petroleum and naturel Gas Group Co (ZPEC) est en train de négocier pour remporter des contrats pétroliers en Algérie. Elle vient, d’ailleurs, tout juste de signer un contrat important pour le forage au champ pétrolier de Bir Seba, dans la région de Hassi Messaoud. Il s’agit d’un premier marché de 36 millions de dollars. L’Algérie a fait savoir à ses partenaires chinois qu’elle est prête à octroyer d’autres marchés beaucoup plus importants en échange de la fourniture des produits pharmaceutiques et matériel sanitaire.

Même les méga-projets gelés comme ceux du futur grand Port de Cherchell seront relancés et leur exploitation commerciale sera confiée pendant une longue période à des groupes chinois. Avec ce mécanisme, l’Algérie espère rassurer la Chine et gagner ses faveurs en ces temps durs.

Il faut savoir que l’Algérie a d’ores et déjà commandé à la Chine 100 millions masques chirurgicaux (bavettes) et 30.000 kits de dépistage. Or, cette commande n’est guère suffisante pour ralentir la propagation de l’épidémie du COVID-19. L’Algérie a besoin de beaucoup plus de moyens notamment pour se doter de services de réanimation capables de placer sous respiration artificielle les patients algériens en état grave. Et pour ce faire, il faudra importer beaucoup de respirateurs artificiels et autres équipements médicaux. Pour ce faire, les autorités algériennes réfléchissent à mettre en place un plan de financement de 1 milliard de dollars. Or, pour se prémunir contre l’épuisement des ressources en devises du pays, les autorités algériennes préfèrent payer la Chine en « concessions », des contrats et des privilèges commerciaux accordés sur une longue durée, ou « en marchés publics ». Reste à savoir enfin la réaction officielle et les réponses des partenaires chinois.

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