Epidémie du COVID-19 : Sans un confinement total et strict, l’Algérie risque de subir près de 2600 morts d’ici le mois de mai

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Oui, la vérité fait peur. Oui, certains ne veulent pas la voir, ni l’entendre ni l’apercevoir. Elle est, pourtant, bel et bien là et notre devoir est d’alerter, avertir et mettre en garde : l’Algérie, au regarde de la situation épidémiologique qu’elle est en train de vivre, prend un énorme risque sanitaire si elle n’adopte pas rapidement le confinement général et strict pour ralentir la propagation du COVID-19 sur son territoire national. Si le laisser-aller et les négligences actuelles sont maintenues, l’Algérie pourrait pleurer un bilan macabre avoisinant les 6000 morts d’ici le mois de mai prochain. Explications. 

Soyons, tout d’abord, clair et franc : aucune étude scientifique ne permet jusqu’à maintenant de  prédire à l’heure actuelle  avec une quelconque certitude le nombre exact de cas pour un pays donné ou la mortalité précise et le poids de l’épidémie qui pourrait en résulter. C’est la très sérieuse Imperial College London qui l’affirme. Cette prestigieuse université britannique a été fondée en 1907 et se situe à Londres. Elle est spécialisée dans les sciences, l’ingénierie, la médecine et les études commerciales. L’université compte 14 prix Nobels, 3 médaillés Fields et 74 Fellows of the Royal Society.

Cette éminente université a publié un rapport mi-mars qu’aucun dirigeant algérien n’a lu ou consulté. Et pourtant, ce rapport très approfondi nous fournit des informations précieuses sur « les trajectoires possibles de l’épidémie du COVID-19 et l’impact des mesures pour aider à réduire la diffusion du virus, basés sur l’expérience des pays affectés au début de l’épidémie. »

Les spécialistes de cette université britannique ont travaillé sur des modélisations mathématiques portant sur la réduction attendue des taux de mortalité selon la rapidité d’entrée en vigueur de mesures de lutte contre l’épidémie, notamment le dépistage par tests, la quarantaine des personnes infectées et des mesures de distanciation sociale.

Le rapport savant de l’Imperial College nous apprend que le monde devra faire face à deux situations différentes.

La première, celle des mesures strictes de confinement. Si ces mesures sont suffisamment prises tôt, elles permettront de contenir le taux de mortalité à 0,2 pour 100 000 par semaine. La modélisation de l’université britannique aboutit à un total mondial de 1,85 million de morts pour près de 470 millions de personnes infectées.

La deuxième situation est celle où des mesures de confinement sont prises plus tardivement. Et dans ce cas, nous aurons un taux de mortalité à 1,6 pour 100 000 par semaine ils aboutissent à 10,45 millions de décès, pour 2,4 milliards de personnes touchées.

Revenons maintenant au cas de l’Algérie. Aucune donnée officielle ne peut être considérée comme fiable en raison de l’incapacité à dépister massivement et sérieusement la population sans oublier le caractère archaîque du système de santé. Or, nous pouvons affirmer que depuis le 26 février 2020, date du début de l’épidémie en Algérie, les autorités n’ont pris aucune mesure de confinement strict. Cela signifie que l’Algérie navigue dans les eaux troubles de la deuxième situation, celle qui nous donne un taux de mort de 1,6 pour 100 mille personnes par semaine. Cela signifie, malheureusement, que l’Algérie risque de pleurer la mort approximativement près de 640 personnes par semaine. Par mois, 2560 morts peuvent être comptabilisés . Ainsi, d’ici la fin de ce mois d’avril, l’Algérie prend le risque de se retrouver avec un bilan de plus de 2600 morts.

Mais ce n’est pas tout. Ces chiffres ne prennent pas en considération la rapidité de la contagion du COVID-19. Les chercheurs estiment pour l’heure que son taux de reproduction (nombre de personnes contaminées par un malade) est de 2,2. Et encore ce chiffre ne suscite pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique car d’autres chercheurs d’un taux de reproduction avoisinant les 4. Quoi qu’il en soit, l’Algérie enregistre officiellement 846 cas contaminés. Ce chiffre ne reflète pas naturellement la réalité en raison des capacités ridicules de dépistage et l’absence d’un système d’information sur les données hospitalières en Algérie. Mais admettons que ce chiffre est vrai. Cela signifie qu’il faut chaque jour envisager le risque de doubler les chiffres des cas contaminés de jour en jour. Et si on additionne toutes les probabilités, on se retrouve avec un bilan de plus de 60.000 personnes « officiellement » contaminés d’ici le mois de mai. Oui, « officiellement » car dans la réalité avec les cas des « porteurs sains » et les cas confirmés qui ne seront pas confirmés, le bilan peut être beaucoup plus lourd.

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