Après Boufarik, les médecins et urgentistes de l’hôpital de Batna se révoltent contre le manque de moyens face à l’épidémie du COVID-19

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Au moment où les ministres algériens s’affichent en camisoles médicales et en tenues de protection sophistiquées, les médecins, eux, continuent de mendier les moyens de protection et exposent leurs vies au danger  sans possibilités de se protéger comme l’exige les consignes sanitaires internationales. Et après l’hôpital de Boufarik dans la wilaya de Blida, ce sont les médecins du CHU « Benflis Touhami » de Batna qui ont entamé ce mardi un mouvement de protestation afin de dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles ils doivent endiguer la pandémie du COVID-19. 

Ces médecins et urgentistes ont organisé un sit-in pour clamer leur colère et leur vive inquiétude. « On nous donne à peine 10 masques de protection pendant une semaine à 10 jours alors que nous transportons les cas suspects et tous les cas contaminés jusqu’à l’hôpital. C’est un suicide de travailler dans ces conditions », confie à Algérie Part un médecin urgentiste qui travaille au niveau de l’Unité du SAMU de ce CHU de Batna.

« On ne trouve même pas les combinaisons médicales alors que nous devons se protéger en tant que personnel soignant pour pouvoir sauver la vie des patients contaminés au  COVID-19 », s’indigne un autre médecin qui dénonce les comportements inconscients de la direction générale du CHU de Batna, dirigée par Boulegroune Messaoud. Ce dernier ne veut même pas recevoir les médecins et infirmiers inquiets face à ce manque de moyens.

« Au lieu de plaider notre cause et de nous défendre auprès de la direction de la santé de la wilaya, ils nous humilient et refusent de nous recevoir en nous demandant de travailler dans des conditions qui ne peuvent garantir ni notre protection ni la protection de nos patients », soulignent enfin nos interlocuteurs. Il s’agit du deuxième mouvement de protestation après celui du personnel soignant de l’hôpital de Boufarik. Cette vague de mécontentement risque de bouleverser plusieurs autres hôpitaux algériens et le gouvernement multiplie les promesses sans lendemain.

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