La Tunisie a augmenté sa capacité de dépistage jusqu’à 10 mille analyses et l’Algérie piétine encore et attend l’aide étrangère

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Les autorités sanitaires algériennes font preuve d’un laisser-aller très dangereux qui est en train de mettre la vie des Algériens en péril. Alors que la plupart des pays dans le monde développe de nouveaux dispositifs pour augmenter les capacités de dépistage de leurs laboratoires afin d’endiguer la propagation du coronavirus, les autorités algériennes viennent à peine de se réveiller et cherchent des laboratoires privés pour les aider à augmenter les capacités de dépistage des cas contaminés au coronavirus.

Dans une note publiée sur sa page Facebook, l’institut Pasteur d’Algérie « porte à la connaissance de l’ensemble des Laboratoires du territoire national, que tout Laboratoire disposant des produits indiqués sur la liste ci-après, est en mesure d’effectuer le diagnostic du nouveau Coronavirus Covid-19 ». L’institut a précisé que « cette liste présente les réactifs, les équipements, les consommables et les matériels d’hygiène et de sécurité nécessaires à la réalisation du diagnostic », ajoutant que « dans ce cadre que ses équipes sont disposées à accompagner ces Laboratoires pour le démarrage de l’activité ».

Cette initiative, certes louable, intervient tout de même plus d’un mois après le début de l’épidémie en Algérie, à savoir l’apparition du premier cas à Blida le 26 février dernier. Aujourd’hui, nous sommes le 29 mars et l’Algérie déplore plus de 31 morts et plus de 511 cas contaminés dont 354 sont hospitalisés. Pourquoi avoir perdu autant de temps pour élargir les capacités du dépistage de ce nouveau virus alors que le pays court un grand danger ? Les lenteurs et manque de réactivité sont incompréhensibles et ont permis au COVID-19 d’infecter de nombreux algériens. Le nombre réel est certainement beaucoup plus élevé que ce qui est annoncé par l’Institut Pasteur d’Alger au regard de nos incapacités de dépistage qui nous empêchent de cerner la réalité de l’épidémie sur le terrain.

D’ailleurs, ce dernier a analysé uniquement 3000 échantillons suspects depuis le début de l’épidémie en Algérie. Un chiffre totalement dérisoire et humiliant pour un pays aussi riche que l’Algérie.

Ailleurs à l’étranger, les autorités sanitaires ont réagi avec beaucoup plus de prévoyance et d’efficacité. Ne partons pas trop loin. En Tunisie, notre petit voisin, Fathi Touzri, directeur du cabinet du chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh a annoncé jeudi 26 mars 2020, que 7 laboratoires effectueront, désormais, les tests de dépistage du Covid-19, ayant infecté seulement 200 personnes et coûté la vie à 6 victimes selon un bilan officiel actualisé. La Tunisie est donc beaucoup moins touchée que l’Algérie.

En dépit de cela, la Tunisie, avec ses moyens limités, a pu se doter de laboratoires qui seront capables de procéder à 10 mille analyses pendant une durée de 2 semaines. La Grande Algérie, pays des pétrodollars, en 5 semaines, elle n’a pas pu analyser plus de 3000 échantillons suspects.

Et comme l’Algérie, la Tunisie était dépendante d’un seul laboratoire, à savoir le laboratoire de l’hôpital Charles Nicolle à Tunis est habilité à effectuer les analyses Covid-19. En revanche, la matière spécifique aux tests de dépistage n’est disponible que dans les laboratoires de l’institut Pasteur et de l’hôpital militaire à Tunis, outre celui de l’hôpital Charles Nicolle. La Tunisie a pu donc s’affranchir de sa dépendance en augmentant ses capacités de dépistage.

Aujourd’hui, le dépistage massif est préconisé par les autorités de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour lutter contre la pandémie du coronavirus COVID-19. « Nous avons un message simple à tous les pays : testez, testez, testez les gens ! Vous ne pouvez pas combattre un incendie les yeux bandés ». Le message date du 16 mars et provient de Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’Algérie a entendu ce message, mais 15 jours plus tard. Et jusqu’à aujourd’hui, le ministère de la Santé n’a jamais communiqué sur ses capacités réelles de dépistage.

Aujourd’hui, l’Algérie se retrouve dans la même situation que le Maroc qui, lui aussi, n’arrive pas à  effectuer plus de tests. Joumana El Turk, microbiologiste et doyenne de la faculté des sciences de la santé à l’Université Internationale de Casablanca a reconnu dans les colonnes des médias marocains que « nous avons à peine de quoi faire les tests pour les personnes malades », explique la microbiologiste. La raison étant que «les tests actuels sont assez complexes et pour avoir les résultats il faut quasiment une demi-journée», poursuit-elle. De plus, seuls trois laboratoires sont habilités à effectuer ces tests, à savoir l’Institut Pasteur du Maroc à Casablanca, l’Institut d’Hygiène de Rabat et le Laboratoire de l’Hôpital d’Instruction Militaire Mohammed V de Rabat. Ces institutions sont les seules à disposer « de locaux adéquats et des personnes hautement qualifiées pour mener ces tests ».

Il est à souligner enfin que  l’OMS avait révélé qu’au début de l’épidémie, presque tous les laboratoires à travers le Continent n’avaient pas la capacité de réaliser des tests en raison de la nouveauté de ce virus, jamais détecté chez l’homme auparavant. Cependant, la réaction rapide des fabricants mondiaux de réactifs a notamment permis à deux laboratoires en Afrique du Sud et au Sénégal de s’équiper. Il y a encore deux semaines, les deux pays étaient les seuls du continent à pouvoir effectuer des tests covid-19. L’OMS Afrique prévoit des échanges de bons procédés entre pays ainsi que des formations pour outiller les ressources humaines de la santé à travers le Continent aux tests de covid-19.

 

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