Blida ravagée par la propagation rapide du coronavirus et l’équipe médicale chinoise se trouve toujours à l’hôpital militaire d’Ain Naadja : pourquoi ?

0
371

La délégation des médecins chinois est officiellement arrivée vendredi 27 mars à Alger. Mais deux jours plus tard, les médecins chinois n’ont donné aucun signe de vie sur le terrain là où les patients algérien contaminés par le COVID-19 ne cesse de se multiplier notamment à Blida, le foyer principal de l’épidémie en Algérie. 

Officiellement, la délégation chinoise a ramené des dons médicaux pour l’Algérie. Il s’agit de 500 000 masques chirurgicaux, 50 000 masques N95, 2000 tenues de protection ainsi que des masques médicaux et respirateurs, sans en préciser le nombre. Près de 10 mille kits de dépistage ont été également fournis gracieusement par cette délégation chinoise aux autorités algériennes. Mais où sont-elles toutes ces aides ? Pourquoi elles n’ont pas été affectées aux hôpitaux algériens notamment ceux de la région de Blida où les médecins manquent cruellement de kits de dépistage, de moyens de protection et d’équipements médicaux pour lutter contre la propagation du COVID-19 ?

Le ministère de la Santé brille par son absence et ne fournit aucune réponse à ces questions. Mais plusieurs sources médicales et sécuritaires ont assuré à Algérie Part que cette délégation chinoise a été envoyée dés son arrivée sur le territoire national à l’hôpital militaire d’Ain Naadja. Pourquoi ? Cet hôpital militaire n’est pas celui qui affronte sur le front l’épidémie du Coronavirus. Ce sont les hôpitaux de Boufarik, l’EPH de Blida et le CHU de Frantz Fanon à Blida qui sont saturés et dépassés face au nombreux cas contaminés et menacés par l’infection au COVID-19. Et pourtant, les médecins chinois se retrouvent toujours pour la deuxième journée consécutive à l’hôpital militaire d’Ain Naadja. Une anomalie qui soulève de nombreuses interrogations sur le « monopole » que l’institution militaire veut exercer sur l’aide médicale adressée à l’Algérie par la Chine.

Quant au matériel médical expédié généreusement vers l’Algérie par les autorités chinoises et financé par le géant du BTP China State Construction Corporation, en charge de la construction de la Grande Mosquée d’Alger entre autres en Algérie, aucune source fiable ne sait où il est stocké réellement en ce moment. Certaines sources assurent qu’il a été accordé à la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) comme le prévoit l’organisation mise en place par le ministère de la Santé, d’autres sources démentent cette information et affirment que c’est l’armée qui s’est appropriée ces aides médicales pour les redistribuer plus tard. Comment et au profit de qui ? Là encore, le mystère demeure entier.

Quoi qu’il en soit, ce black-out médiatique imposé autour de l’aide médicale chinoise et l’absence de toute communication officielle sur son utilisation sur le terrain renforcent les rumeurs sur son détournement par l’institution militaire qui cherche elle-même des moyens de protection pour préserver la vie de ses soldats et hauts gradés. Cette situation porte un préjudice gravissime au moral des Algériens et Algériennes. Elle peut susciter des troubles à l’ordre public si le sentiment d’abandon des Algériens est encore entretenu par l’opacité de la gouvernance de la crise sanitaire du coronavirus. Il est temps de dire la vérité aux Algériens en débloquant toutes les aides médicales possibles et imaginables. La santé publique de nos concitoyens est une priorité absolue.

 

LEAVE A REPLY