Exclusif. Mohamed Hamzaoui, le juge bourreau de Karim Tabbou, faisait l’objet de plusieurs plaintes pour corruption et harcèlement sexuel

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Mohamed Hamzaoui, le président de la 5e chambre correctionnelle de la Cour d’Alger, est le juge qui avait décidé de manière arbitraire et sans respecter la moindre disposition judiciaire de prolonger l’emprisonnement de Karim Tabbou de 6 mois supplémentaires. Un verdict inédit et inhumain, au regard de l’état de santé inquiétant de l’opposant algérien et des circonstances immorales dans lesquelles s’est déroulé ce procès, qui avait suscité un scandale international puisque l’Algérie avait condamné et critiqué par de nombreuses organisations internationales de protection des Droits de l’Homme. 

Mais le juge Mohamed Hamzaoui n’est pas à son premier scandale. Ce juge fait l’objet depuis plusieurs années de plusieurs plaintes pour corruption, abus de fonctions, trafic d’influence et… harcèlement sexuel,  a appris Algérie Part au cours de ses investigations. En effet, Mohamed Hamzaoui, originaire de la ville de Cherchell, était le procureur de la République Adjoint à la Cour de Djelfa de 2006 jusqu’à 2010. Il était le bras droit d’un certain Abdelhafid Djarir, l’actuel directeur des affaires judiciaire et juridique au ministère de la justice, qui était à l’époque le procureur de la République principal de la Cour de Djelfa.

Mohamed Hamzaoui était le principal homme de main d’Abdelhafid Djarir et il lui servait d’intermédiaire avec les notables de Djelfa désireux de payer en monnaie sonnante et trébuchante des interventions pour régulariser leurs problèmes avec la justice algérienne. Il s’avère que Mohamed Hamzaoui a beaucoup abusé de sa proximité avec Abdelhafid Djarir suscitant ainsi le mécontentement de plusieurs personnalités de la wilaya de Djelfa. Des plaintes sont rapidement déposées contre le procureur de la République adjoint Mohamed Hamzaoui pour corruption, trafic d’influence ou abus de fonction.

Abdelhafid Djarir tente à chaque fois d’étouffer le scandale pour protéger son poulain.  Mais la situation n’est pas tenable. Le ministère de la Justice intervient et finit par décider de transférer Mohamed Hamzaoui à la Cour de Blida en 2011-2012 où il était nommé président de la chambre correctionnelle de cette Cour de Blida. Mais là encore, Mohamed Hamzaoui va rapidement défrayer la chronique et provoquera un scandale de moeurs dans lequel il jouera le premier rôle.

Et pour cause, le magistrat Mohamed Hamzaoui va harceler sexuellement et à plusieurs reprises des magistrates qui ne vont pas se laisser faire et dénonceront ouvertement son comportement immoral. Cette fois-ci, personne ne pourra protéger Mohamed Hamzaoui qui est amené à quitter ses fonctions à la Cour de Blida pour se retrouver simple conseiller à la Cour d’Alger, une voie de garage qu’il doit emprunter pour ne pas se retrouver devant le conseil de discipline du conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Au grand bonheur de Mohamed Hmazaoui, son ancien mentor Abdelhafid Djarir monte en puissance au ministère de la Justice grâce à Belkacem Zeghmati. Abdelhafid Djarir devient le 10 juin 2019 le  directeur des affaires judiciaire et juridique au ministère de la justice. C’est lui le véritable cerveau qui a dessiné du controversé mouvement annuel opéré dans le corps de la justice en octobre 2019. Il exerce une énorme influence sur le ministre Belkacem Zeghmati et joue un rôle incontournable dans la répression déployée par les autorités judiciaires à l’encontre des militants et activistes du Hirak.

Abdelhafid Djarir remet Mohamed Hamzaoui sur les rails et défend sa nomination à la tête de la 5e chambre correctionnelle de la Cour d’Alger. Le mardi 24 mars dernier, Mohamed Hamzaoui renvoie l’ascenseur à son mentor et applique à la lettre le mot d’ordre consistant à infliger un emprisonnement arbitraire à l’infortuné Karim Tabbou qui risque, désormais, de ne pas survivre à ses conditions de détention en raison de ses graves problèmes de santé.

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